‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 67 sur 613 · L'ÉCOLE IONIENNE · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE IONIENNE

(1 • toutes choics dans la nature. Vaincu par elle depuis lu chute, l'homme commence par constater sa propre défaite; mais la constater et s'efforcer de s'en rendre compte, c'est déjà la réparer en partie. Le roseau pensant, pour parler avec Pascal, se relève vis-à-vis des forces aveufïles qui l'ont courbé à terre. La philosophie du naturalisme est déjà un affranchissement, par le fait seul qu'elle est une philosophie. La première de toutes les écoles, l'école d'Ionie , parvient sur son déclin à entrevoir le spiritualisme. Elle se partage, comme on le sait, en deux branches: la branche djnamiste et la branche mécaniste. Tandis que la première admetlait, dans la nature elle-même, une force interne présidant à son développement, la seconde attribuait l'ordonnance et le gouvernement du monde matériel à un principe qui lui était étranger. Il est évident que la fraction de l'école ionienne qui plaçait le germe de la vie et le principe de l'organisation dans la nature, était bien plus près d'un matérialisme absolu que la fraction qui cherchait en dehors d'elle ce germe et ce principe. Thaïes de Milet voyait ce premier principe dans l'eau, qui finit par se solidifier; Anaximènes le voyait dans l'air, dont l'inspiration et l'expiration expliquent les fluctuations de la vie; tandis qu'Heraclite l'assimilait au feu, éternellement en mouvement. Ces philosophes représentent, en philosophie, le naturalisme grossier qui a prédominé en Asie Mineure. Si Diogène d'Apollonie donne à l'air les attributs de la raison et de r intelligence, il n'y a là qu'une heureuse inconséquence. La tendance dynamiste de l'école ionienne n'en

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