‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 68 sur 613 · L'ECOLE IONIENNE · texte numérisé non relu

L'ECOLE IONIENNE

demeure ()as moins, dans son ensemble, entachée de matérialisme.

La tendance mécaniste^ qui admettait, comme nous l'avons dit, un principe d'organisation en deliors de la nature, se rapproche du spiritualisme sans l'atteindre. Anaximandre de Milet se contente d'une idée \ague qui n'explique rien; pour lui le premier principe est l'iufini, d'où les êtres se dégagent par la séparation des contraires. Anaxagore de Clazomène enseigne que l'organisation du monde a été opérée par l'esprit. Il donne le nom d'esprit à une puissance intellectuelle qui est en dehors de la nature. « Toutes choses, dit-il, étaient ensemble et l'esprit a tout ordonné '. »

Ce spiritualisme n'est encore qu'à l'état d'informe ébauche; il aboutit au dualisme. En effet, si l'esprit ordonne le monde confus de la matière, d'où vient celle-ci? qu'est-ce, en définitive, que ces éléments chaotiques en fusion que l'esprit a organisés? Anaxagore ne donne aucune réponse à cette question. Aussi n'est-il pas étonnant de voir l'école pytiiagoricienne, qui succède à l'école ionienne, plutôt peut-être dans l'ordre logique que dans l'ordre du temps, accepter le dualisme et le formuler avec rigueur-. La fameuse théorie des nombres porte évidemment un caractère dualiste. En ell'el, le nombre primitif, duquel tout sen-

Diog. Laert., H, 6.

* Brandis (vol. I, 430) place l'école pythagoricienne après l'école d'Elée. Les remaniements de la doctrine pythagoricienne peuvent être placés à cette date, mais sa première élaboration remonte bien plus haut. Les indications chronologiques sont d'accord avec la logique.

Page 1