INFLUENCE DE SOCRATE
une habile interrogation, ce qui } est renfermé et enfoui. Ou la accuse à tort d'avoir fondé Feudémonisme ou la morale égoïste du bouheur. Si Socrate a plus d'une fois énuméré avec complaisance les résultats heureux pour l'homme, de la tempérance, de la simplicité de mœurs et de la vertu en général, il n'y avait là que l'accommodation légitime d'un philosophe qui se faisait tout à tous, et cherchait à rendre le bien attrayant à ses auditeurs sans faire du bonheur qu'il procure le mobile premier de la morale. On se tromperait également si l'on pensait que Socrate, en insistant sur le côté pratique de la philosophie, a combattu la vraie science. Il n'a combattu que la curiosité frivole qui cherche une pâture dans le spectacle de l'univers, et néglige l'âme humaine et les trésors qu'elle renferme; mais la meilleure preuve que Socrate n'a pas proscrit la métaphysique en soi, c'est qu'il a eu pour disciples Platon et Aristote. Il n'a pas laissé sans doute un système achevé : mais telle n'était pas sa mission. Il est beaucoup plus grand par ce qu'il a inspiré que par ce qu'il a enseigné lui-môme , bien que dans cet enseignement fragmentaire on retrouve les solides assises sur lesquelles repose le platonisme, et ce caractère moral qui permet de remonter du divin dans l'homme au divin absolu et éternel. Socrate a donné simultanément une impulsion féconde à la conscience et à la pensée, et si l'impulsion morale a été plus énergique que l'impulsion intellectuelle, les besoins d'un temps où régnait encore l'influence des sophistes le réclamaient ainsi. C'est d'ailleurs dans cette pénétration profonde