‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 76 sur 613 · SON AMOUR DE LA VERITE · texte numérisé non relu

SON AMOUR DE LA VERITE

(]ui donnait une forme tr.ins|'arente à ses pensées, artiste inspiré autant que profond métaphysicien, Platon a laissé dans ses Dialogues une de ces œuvres parfaites comme l'humanité n'en compte pas une en plusieurs siècles. Quand il dit dans sa République que le plus ravissant spectacle serait celui d'une âme et d'un corps également beaux, « unis entre eux, en qui toutes les qualités seraient dans un complet accord. >• il a défini sans le savoir sa manière; car, chez lui, la pensée a trouvé dans le style une forme égale à sa pensée '.

Platon, comme Socrate, a eu pour la vérité l'amour le plus fervent. « Si quelque chose, lisons-nous dans le Hanquet, donne du prix à la vie humaine, c'est la contemplation de la beauté absolue. Que pourrionsnous penser d'un mortel à qui il serait donné de contempler la beauté pure, simple, sans mélange, non revêtue de chairs et de couleurs humaines, et de toutes les autres vanités périssables, la beauté divine, homogène et absolue? Ne crois tu pas que cet homme, étant le seul ici bas qui perçoive le beau par l'organe auquel le beau est perceptible, seul engendre des vertus véritables, puisque c'est à la vérité qu'il s'attache? Or, c'est j> celui qui enfante et nourrit la véritable vertu qu'il appartient d'être chéri de Dieu, et si quelque autre doit être immortel c'est celui-là surtout. Pour atteindre à ce •'raud bieu, la nature humaine trouverait diflicilement

• Voir les Dialogues de Platon, \.TiAnc\.\on de M. Cousin; voir aussi la traduction de Schwalbé, dans l'édition Charpentier. Pour le texte, nous citons d'après l'édition de Bekkler.

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