LA SCIENCE
un auxiliaire plus puissant que l'amour '. » « Celui qui, dans les mystères de l'amour, s'est élevé jusqu'à ce point, après avoir parcouru selon l'ordre tous les degrés du beau, parvenu enfin au terme de l'initiation, aperçoit tout à coup cette beauté merveilleuse, sacrée et impérissable -. » Platon nous donne l'idée la plus haute et la plus austère de cet amour de la vérité et de la beauté, quand il déclare que celui qui en est possédé doit s'élever complètement au-dessus de la vie corporelle et ne jamais oublier que ce qui est pur n'appartient qu'aux purs^. Le vrai philosophe est celui qui aime à contempler la vérité pour elle-même. « Celui, dit-il, qui fait son unique étude de la contemplation de la vérité, n'a pas le temps d'abaisser ses regards sur la conduite des hommes pour la censurer et se remplir l'esprit d'aigreur; mais ayant l'esprit sans cesse fixé sur des objets qui gardent entre eux un ordre constant et immuable, c'est à imiter cet ordre qu'il s'applique. Est41 possible qu'on admire la beauté d'un objet et qu'on aime à s'en rapprocher continuellement sans s'efiForcer de lui ressembler '? » Il est temps de chercher les grandes lignes d'un système dont nous connaissons d'avance la généreuse inspiration.
Platon s'attache d'abord à définir la science, la vraie science, celle qui est digne de ce nom. Elle se distingue
> Toutou TOJ y.TYjiJLaTOç Tf( avOpwxEi'a ^ujci cuvepYov àtieivo) IpWTOç où/, àv Ti'ç pa5((i)ç \d6o'.. Banquet, c. XXIX.
2 Idem.
' Mï] y.aOapw y.aOapoû èçàTrcsffOa'. [j.îr, ci G£[;.'.tcv yj. Phédon., c. XI.
* Répub., liv. VI. c. XIII.