‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 79 sur 613 · SUBTILITE D'ARGUMENTATION · texte numérisé non relu

SUBTILITE D'ARGUMENTATION

Pour définir l'être véritable, il avait à se garder d'une double exagératiou, car il était en présence do la doctrine de Xénoplmne et de Zenon, qui niait la contingence et le mouvement, et du système de Démocrite qui niait l'unité et l'absolu. Platon cherche avant tout à établir que l'on doit admettre l'unité aussi bien que la pluralité et le mouvement, le mouvement aussi bien que luuité, et concilier ainsi les contradictions qui avaient fait la fortune des sophistes. On est étonné eu lisant le Parménide et le Théétète du caractère ingénieux de l'argumentation ; elle roule souvent sur de subtiles analyses grammaticales. Platon montre que le langage humain implique à la fois l'unité et la pluralité; car les mots isolés n'ont aucun sens, ils ne s'éclairent pour l'esprit que quand ils sont rattachés les uns aux autres. La phrase réunit ainsi la multiplicité et l'unité. Les lois de la connaissance conduisent au même résultat; dans toute connaissance il y a une dualité, un sujet et un objet, celui qui connaît et ce qui est connu. Nous sommes donc obligés de rejeter l'unité abstraite et absolue de l'école d'EIée sans tomber dans l'atomisme. Celte dialectique subtile, parfaitement appropriée d'ailleurs aux adversaires qu'avait à combattre Platon, cache une vue profonde qui est liée à tout l'ensemble de sa philosophie. Appartenant au grand mouvement de l'humanisme hellénique, il admet, comme son maître, que l'homme a été fait à l'image de la Divinité. Sa raison est divine. En conséquence les lois de sa raison, manifestées par les lois du langage, sont celles de l'être en général. La

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