L'ÊTRE ET LE NON-ÈTIŒ
grammaire, à ce point de vue, a une portée considérable et on ne s'étonne plus des révélations qui lui sont demandées et qui d'abord semblaient bien puériles. Ainsi en face de l'être absolu, se trouve un être contingent, multiple, doué de mouvement. Il n'est pas l'opposé de l'être, parce qu'il a une existence à lui, mais il n'est pas non plus l'être par excellence. Il occupe une position intermédiaire, il est Vautre éternel, toujours mêlé à l'être absolu '. C'est l'élément de la contingence, de la pluralité, du changement, et, pour lui donner son vrai nom, la matière, non pas cette matière grossière qui se palpe avec la main, mais une matière subtile, partout répandue et attachée à l'être absolu. Aous touchons ici à l'erreur fondamentale du platonisme, qui était celle du paganisme lui-même. L'humanisme ne parvint pas chez lui, pas plus que chez aucun philosophe de l'antiquité, à se dégager des liens du dualisme.
Le mal est inhérent à la condition de l'être fini et multiple, parce qu'il est inhérent à la matière. Eternel comme l'être, le non-être relatif n'aura pas plus de fin qu'il n'a eu de commencement -. C'est là l'erreur première du platonisme, celle d'où découlent toutes ses erreurs en physique, en morale et en politique; il aboutirait logiquement au nihilisme panthéiste s'il n'était pénétré du plus admirable sentiment moral.
L'être véritable est donc partout mêlé à l'être contiugent. Il constitue partout l'élément de l'unité, tandis que l'être contingent représente la diversité et la mul-
» Voir le Sophiste, c. XXXV.
> 'AaX'c'j-:' àzo/véïOa'. -x v.t/.'x cjvaTCv. Théét.,c. XXV, 176.