‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 84 sur 613 · MORALE DE PLATON · texte numérisé non relu

MORALE DE PLATON

cation avec l'homme, c'est par l'intermédiaire des démons, qui sont comme les entremetteurs entre le ciel et la terre, que la Divinité converse et s'entretient avec nous, soit pendant l'état de veille soit pendant le sommeil \ » Tels sont les traits généraux de la physique de Platon. Il nous suffit de les avoir indiqués. On y retrouve la grandeur et l'imperfection de sa dialectique, c'est-à-dire un puissant effort pour tout ramener à l'imité de la pensée divine, constamment déjoué par un dualisme invincible. Le dieu de Platon subit, au travers de toutes les sphères de la vie, un véritable supplice de Mézence, en étant éternellement attaché à cette matière indisciplinée qu'il n'a pas produite et qu'il ne peut détruire. L'idée du bien, principe de l'unité, est comme rivée à la diversité incohérente qu'elle ne dompte jamais qu'à moitié. Le mal est au fond de ses plus belles créations, et plus ses œuvres se multiplient, plus le mal abonde; les êtres forment une échelle décroissante. L'homme est une dégénérescence des dieux, la femme est une dégénérescence de l'homme, et ainsi de suite. Le dualisme platonicien rejoint ainsi l'émanatisme indien, sans cependant arriver à ses dernières conclusions, grâce au développement de l'élément moral.

Déjà nous avons reconnu que Platon, tout en admettant la nécessité du mal, admet chez l'homme la capacité de le vaincre, au moins en partie; il accorde une part à la liberté. La terre est à ses yeux un lieu d'épreuve et même d'expiation ; car nul plus que lui n'est éloigné

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