Autre décision
C'est un acte si chrétien et si héroïque dans la nouvelle Rf>' forme , de faire la guerre à son souverain pour la religioo, qu'on fait un crime à un ministre de s'en être repenti, etd'eo avoir demandé pardon à la reine. Il faut faire réparation devant tout le peuple , dans l'action la plus célèbre de la religion , c'est-à-dire dans la Cène , des excuses respectueuse» qu'on en a faites à la Reine, et pousser l'insolence jusqu'àloi déclarer à elle-même qu'on désavoue ce respect , afln qu'elle sache que dorénavant on ne veut garder aucunes mesures : ' encore ne sait-on pas, après cette réparation et ce désaveu, si on a ôté le scandale que cette soumission avoit causé parmi le peuple réformé. Ainsi on ne peut nier que l'obéissance n'y fût scandaleuse : un synode national le décide ainsi. Mais voici, dans l'article xlviii, une autre décision qui ne paroîtra pas moins étrange : « Un abbé , venu à la connoissance de » l'Évangile , a brûlé ses titres, et n'a pas permis, depuis » six ans , qu'on ait chanté messe en l'abbaye. » Quelle Réforme ! Mais voici le comble de la louange : « Ains s'est tou- » jours porté fidèlement, et a porté les armes pour mainte- » nir l'évangile. » C'est un saint abbé , qui , très-éloigné du papisme, et tout ensemble de la discipline de saint Bernard nt de saint BenôU , u'a souffert dan» son abbaye ni messe ni
dnns le conseil , avec la participation et de Tavis du roi de Navarre, comme premier prince du sang et lieutenant-général établi du consentement des États dans toutes les provinces et daîis toutes les armées durant la minorité (Thuan. lih, xxvi. pag, 1%1. etc.). Comme donc le roi de Navarre reconnut qu'elle perdoit tout par le désir inquiet qui la tourmentoit de conserver son autorité, et qu'elle se tournoit entièrement vers le prince et les Huguenots, la just-e crainte qu'il eut qu'ils ne devinssent les maîtres, et qu'à la fin la Reine même, par un conp de désespoir, ne se mît entre leurs mains avec le Roi , lui fit rompre toutes les mesures de cette princesse. Les autres princes du sang lui étoient unis, aussi bien que les principaux du royaume et le Parlement. Le duc de Guise ne fit rien que par les ordres de ce Roi ; et la Reine connut si bien qu'elle passoit son pouvoir dans ce qu'elle demandoit au prince, qu'elle n'osa jamais user envers lui d'autres paroles que de celles d'invitation ; de sorte que ces lettres tant vantées ne sont à vrai dire que des inquiétudes de Catherine, et non pas des ordres légitimes de la Régente ; d'autant plus, et c'est la seconde démonstration, que la Reine n'écoutoit le prince que pour un moment (Thuan. ibid. 79.), et par la vaine terreur qu'elle avoit conçue d'être dépouillée de son autorité; en sorte qu'on croyoit bien, dit M. de Thou, qu'elle reviendroit de ce dessein aussitôt qu'elle se seroit rassurée.