‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 105 sur 177 · Suite de l'esprit violent qui dominoit dans la Réfomie · texte numérisé non relu

Suite de l'esprit violent qui dominoit dans la Réfomie

Mais plusieurs sages , dit- on , improuvèrent ces placards,: tant pis pour le parti protestant, où Temportement étoitsi extrême, que ce qu'il y i^stoit de sages ne le pouvoit réprimer. Les placards furent répandus dans tout Paris, attachés et semés dans tous les carrefours , attachés jusqu'à la porte de la chambre du Roi (Bèze, liv. i. p. 46.); et les sages, qui rimprouvoient , ne prenoient aucun moyen efficace pour l'empêcher. Lorsque ce prétendu martyr, Anne du Bourg, eut déclaré, d'un ton de prophète, au président Minard qu'il récusoit , que malgré le refus qu'il fit de s'abstenir de la connoissance de ce procès , il ne seroit point de ses juges ( Thuan. lib. xxm. an, 1559. p. 669 Bèze, lii\ i. La Poplin. liv, V. p. 144.) , les Protestants surent bien accomplir sa prophétie , et le président fut massacré sur le soir en rentrant dans sa maison. On sut depuis que le Maistre et Saint-André, très-opposés au nouvel Évangile , auroient eu le même sort, s'ils étoient venus au palais : tant il étoit dangereux d'offenser la Réforme , quoique foible ; et nous apprenons de Bèze même, que Sluart, parent de là Reine, et homme d'exécution, et Irès-zélé Protestant, visitoit souvent en la Conciergerie des , prisonniers pour le fait de la religion (Liv. m. p. 248. an. 1560.). On ne put pas le convaincre d'avoir fait le coup ; mais toujours voit-on le canal par où Ton pouvoit communiquer; et quoi qu'il en soit, ni le parti ne manquoit.de gens de main, ni on ne peut accuser de ce complot que ceux qui s'intéressoient pour Anne du Bourg. 11 est aisé de prophétiser quand on a de tels ans^es çouv exécuteurs. L'assurance d'Anne du lUmrg à marquer si pTfee\%^mç^v\^N^xi\^, \^\\. ^^^^x wrle

DES YABIATIONS, Ll¥. 3L. 467

bon avis qu'il avoit reçu; et ce que dit Thistoire de M. de Thou , pour Dous en faire un devin plutôt qu'un complice d'un tel crime , ressent bien une addition de Genève. Il ne faut donc pas s'étonner qu'un parti qui nourrissoit de tels esprits se soit déclaré aussitôt qu'il a trouvé des règnes foibles : et c'est à quoi nous avons vu qu'on ne manqua pas.

Page 1