‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 111 sur 177 · Le niérito des CDiiTre« comment rejeté · texte numérisé non relu

Le niérito des CDiiTre« comment rejeté

Au chapitre des bonnes œuvres on en parle dans le mêi sens que font les autres Protestants, comme des fruits néa saires de la foi, et en rejetant leur mérite, dont nous avons qu'on ne disoit mot dans les Confessions précédentes. On sert ici, pour les condamner, d'un mot souvent inculqué p saint Augustin ; mais on le rapporte mal ; et au lieu que sai Augustin dit et répète sans cesse que Dieu couronne ses ai en couronnant nos mérites, on lui fait dire qu'f7 couronne i nous non pas nos mérites, mais ses dons (Conf. fid. cap. ï Synt. Gen. I. part. pag. 26.). On voit bien la différence! ces deux expressions, dont Tune joint les mérites avec dons, et Tautre les en sépare. Il semble pourtant qu'à laâ on ait voulu faire entendre qu'on ne condamnoit le méril que comme opposé à la grâce, puisqu'on finit par ces p» rôles : Nous condamnons donc tous ceux qui défendent tell» ment le mérite^ qu'ils nient la grâce, A vrai dire, ce n'est doa ici que les Pélagiens dont on condamne l'erreur; et le méiil que nous admettons est si peu 'contraire à la grâce, qu'il est le don et le fruit.

6S. La foi propre aux élus. La certitude du salut. L'inamissibiiité de justice.

Dans le chapitre x, la vraie foi est attribuée aux seuls prédestinés par ces paroles : « Chacun doit tenir pour indubi- » table, que s'^il croit, et qu'il soit en Jésus-Christ, il «s^ » prédestiné » (Cap, x. p. 15,). Et un peu après : a Si nous : » communiquons avec Jésus-Christ, et qu'il soit à nous, et » nous à lui par la vraie foi ; ce nous est un témoignage assef » ckir et asseï ferme que nous sommes écrits au livre de » vie» » Par là il paroit que la vraie foi, c'est-à-dire, Jâ foi jUHtiDftAte, n'appartient qu'aux seuls élus; que cette foi et K^Wt imïkf' ii« se perd jamais finalement ; et que la foi teiDpoiniib nVftI |HI9 If vraie foi justifiante. Ces mêmes paroles

DES VARIATIONS, LIV. XI. 48î)

ïérieiir d'une vie non-seulement belle, mais encore morrifiée ; et c'étoit une partie de la sédudion de venir comme [)ar degrés à re qu'on croyoit plus parfait, à cause qu'il éloil caché.

I-. Troisième raractèr»* : se mêler avec hs CaUiolitiuos dans lex K«{;iis(*Sf et se caclier.

Pour troisième caractère de ces hérétiques, nous y pouvons encore observer une adresse inconcevable à se mêler parmi les fidèles, et à s'y cacher sous la profession de la foi catholique; car cette dissimulation étoit un des arlilices dont ils se servoient pour attirer les hommes dans leurs sentiments. On les voyoit dans les églises avec les autres : ils y reccvoient la communion ; et encore qu'ils n'y reçussent. jamais le sang de notre Seigneur, tant à cause qu'ils détestoient le vin dont on se servoit pour le consacrer, qu'à cause aussi qu'ils necroyoient pas que Jésus-Christ eût eu du vrai sang ; la liberté qu'on avoit dans l'Église de participer ou à une ou à deux espèces, fit qu'on fut longtemps sans s'apercevoir de leur perpétuelle affectation à rejeter celle du vin consacré. Ils furent donc à la fin reconnus par saint Léon à cette marque (Léo i. serm. -41, qui est IV de Quadr. cap. 4 et 5.) : mais leur adresse à tromper les yeux, quoique vigilants, des Catholiques, étoit si grande, qu'ils se cachèrent encore, et furent à peine découverts sous le pontificat de saint Gélase. Alors donc, pour les rendre tout à fait reconnoissables au peuple, il en fallut venir aune défense expresse de communier autrement que sous les deux espèces, et pour montrer que celte défense n'étoit pas fondée sur la nécessité de les prendre toujours ensemble, saint Gélase l'appuie en termes formels, sur ce que ceux qui refusoient le vin sacré le faisoient par une certaine superstition (Gelas, in Dec. Grat. de cons. distinct, i. cap. Comperimus. Ivo. Microl., etc.) : preuve certaine que hors la superstition , qui rejetoit comme mauvaise une des parties du mystère, l'usage de sa nature en eût été libre et indifl'érent. même dans les assemblées solennelles. Les Protestants, qui fnt cru que ce mot de superstition n'étoit pas assez fort pour exprimer les abominables pratiques des Manichéens, ne songent pas que ce mot signifie dans la langue latine toute fausse-

lèbre historien , ait donné dans cette errear ; car c'est constammeut le plus ignorant , comme le plus hardi de tous les hommes. Mais il y a sujet de s'étonner que Bèze Tait embrassée, et qu'il aitécrit dans son histoire ecclésiastiqiie , non-seulement que « les Yaudois de temps immémorial s'étoient opw posés aux abus de TÉglise romaine» {Liv. i. p. 35.); mais encore qu'en Tan 1541 <c ils couchèrent par acte public eii » bonne forme la doctrine à eux enseignée comme de père| » en ûls, depuis Tan 120 , après la nativité de Jésus-ChrL< » comme ils Tavoient toujours entendu par leurs anciens » et ancêtres » {Ibid, p, 39.). ,

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