‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 113 sur 177 · Sxùto dn même passa.ifn · texte numérisé non relu

Sxùto dn même passa.ifn

Quel pays c'rst que la Drungarie, je n'ai pas besoin do /examiner. Renier, Vyv?»-\w^Vt\\\\,, ç-Qvev\^ct uous verrons, de

toutes ces hérésies, nous parle des Églises manichéennes de Dugranicie et de Bulgarie (Ren. cont. Vald. c. 6. t. iv. BihI. PP. part. H. p. 739. ) , d'où viennent toutes les autres de la secte en Italie et en France; ce qui , comme Ton voit, s'accorde très-bien avec l'auteur de Vignier. On voit, dans ce même ancien auteur de Vignier ( Vignier. ibid, ) , que celle hérésie « apportée d'outre-mer, à savoir de Bulgarie , de la w s'étoit épanchée par les autres provinces, où elle fut après » en grande vogue au pays de Languedoc, de Toulouse et de D Gascogne signamment, qui la fit dire aussi des Albigeois, » C[u'on appela semblablement Bulgares, » Iv cau^e de leur origine. Je ne veux pas répéter ce que Vignier remarque de la manière dont on tournoit ce nom de Bulgares dans notre langue. Le mot en est trop infâme; mais Forigine en est certaine , et il n'est pas moins assuré qu'on appeloit de ce nom les Albigeois pour marque du lieu d'où ils venoient, c'est-à-dire, de Bulgarie.

26. Conciles de Tours et de Toulouse contre les Manicliécun de cirtte dt;rnière ville.

Il n'en faudroit pas davantage pour convaincre ces hérétiques de manichéisme. Mais le mal se déclara davantage dans la suite, principalement dans le Languedoc et- à Toulouse; car cette ville étoit comme le chef de la secte , d'où l'hérésie s étendant, comme porte le canon d'Alexandre 11! dans le > concile de Tours, « à la manière d'un cancer, dans les pays » voisins, a infecté la Gascogne et les autres provinces » {Conc. Tur. III. c. A. Conc. Labb. t. x. col. 1419.). Comme c'étoil là, pour ainsi dire, la source du mal, c'étoit là aussi que l'on commença d'y appliquer le remède. Le Pape (Àiiixle II tint un concile à Toulouse (Conc. Toi. an. H 19. Conc. Labb. t. \. col. 857. Can. 5.), où l'on condamne les hérétiques qui « rejettent le sacrement du corps et du sanj^ de notre Sei- » gneur, le baptême des petits enfaîils, le sacerdoce et tous » les ordres ecclésiastiques, el le mariage légitime. » Le même canon fut répété dans le concile général de Latran sous Innocent \\(Conc. Laf. n. an. 11?)9. Can. 25.). On voit ici le carartèrr du manirhéi^iine dans la rouda\WKV9.U<>\\

du mariage. Cen est encore un autre de rejeter le sacrement de rËucharistie ; car il faut bien remarquer que le canon porte, non pas que ces hérétiques eussent quelque erreur sur ce sacrement, mais quils le rejetoient, comme on a vu que faisoient aussi les Manichéens.

27. Convenance avec h'H Manichéens «connus par saint Auf^ustin. La même hérésie en Allema{;ne.

Pour le sacerdoce et tous les ordres ecclésiastiques, on peut voir dans saint Augustin et dans les autres auteurs le renversement qu'introduisirent les Manichéens dans toute la hiérarchie, et le mépris qu'ils faisoient de tout Tordre ecclésiastique. A l'égard du baptême des petits enfants, nous remarquerons dans la suite que les nouveaux Manichéens Tat-' taquèrent avec un soin particulier : et encore qu'en général ils rejetassent le Baptême {Aug, de Hcer, in hœr, Manich. tom. VIII. col, 17.), ce qui frappoil les yeux des hommes étoit principalement le refus qu'ils faisoient de ce sacrement aux petits enfants, qui étoient presque les seuls à qui on le donnât alors {Ecb, serm. i. Bih, PP. tom. iv. //. part. p. 81. Ren. cont. Vald. c. 6.). On marqua donc dans ce canon de Toulouse et de Latran les caractères sensibles par où cette hérésie toulousaine, qu'on appela depuis albigeoise, se faisoit connoître. Le fond de leur erreur demeuroit plus caché. Mais à mesure que cotte race maudite venue de la Bulgarie se répandoit dans l'Occident, on y découvrit de plus en plus le* dogmes des Manichéens. Ils pénétrèrent jusqu'au fond de l'Allemagne, ctTempereur Henri IV les y découvrit à Goslar, ville de Suabe, au milieu de l'onzième siècle, étonné d'où pouvoit venir cette engeance du manichéisme (Herm. Cont. ad an. 1052. Bar. tom. \i. ad eumd. an. Centuriat. in Cent, xic. 5. sub. fin. ). Ceux-ci furent reconnus à cause qu'ils s'abstenoient de la chair df\s animaux, quels qu'ils fussent, et en* croyoientV usage défendu. L^erreurse répandit bientôt de tous côtés en Allemagne ; et dans le douzième siècle on découvrit beaucoup de ces hérétiques autour de Cologne. Le nom de Cathares faisoit connoître la secte ; et Ecbert, auteur du temps //'ès-versé dans la théoloe^ie , nous fait voir dans ce? Cathares

f!frm. xiii. adv. Cath, t. iv. Bibl. PP. part. II.); la même (létestation de la viande et du mariage , le même mépris du Baptême, la même horreur pour la communiuu , la même répugnance à croire la vérité de rihcarnation et de la passion du Fils de Dieu ; et enfin les autres marques semblables que je n'ai plus besoin de répéter.

28. Suite des sentiments d'Ecbert sur les Manichéens d'AUetnagni».

Mais comme les hérésies changent, ou se découvrent davantage avec le temps, on y voit beaucoup de nouveaux dogmes et de nouvelles pratiques. Par exemple, en nous expliquant avec les autres le mépris que ces Manichéens faisoient du Baptême , Ecbert nous apprend que s'ils rejeloient le baptême d'eau {Serm, i. 8. ii.), ils donnoient avec des flambeaux allumés un certain baptême de feu, dont il explique la cérémonie (Ibid, serm, 7.). Ils s'achamoient contre le baptême des petits enfants : ce que je remarque encore une fois, parce que c'est là un des caractères de ces nouveaux Manichéens. Ils en avoient encore un autre qui n'est pas moins remarquable; c'est qu'ils disoient que les sacrements perdoient leur vertu par la mauvaise vie de ceux qui les administroient {Ecb. serm. iv. etc.). C'est pourquoi ils exagéroient la corruption du clergé , pour faire voir qu'il n'y avoit plus de sacrements parnli nous; et c'est une des raisons pour lesquelles nous avons vu qu'on les accusoit de rejeter le sacerdoce et tous les ordres ecclésiastiques.

2P. On découvre qu'ils teiioient deux premiers principes.

On n'avoit pas encore tout à fait pénétré la croyance des deux principes dans ces nouveaux hérétiques. Oar encore qu'on sentit bien que c'étoit la raison profonde qui leur faisoit rejeter et l'union des deux sexes et toutes ses suites dans tous les animaux, comme les chairs, les œufs, et le laitage; Ecbert est le premier, que je sache, qui leur objecte cette erreur en termes formels. Il dit même qu'il a découvert très-certainement, que c'étoit la raison secrète qu'ils avoient entre eux d'éviter la viande , parce que le diable en étoit le créateur (Ibid. serm. vi. p. 90. ). On voit la peine (\u on avoU

de pénétrer le fond de leur doctrine : mais eiJe paroissoit assez par ses suites.

:i^\ Vnri.itiotis i\e ces hôrétiquL's.

On apprend du même auteur que ces hérétiques se miligeoient quelquefois à Tégard du mariage (Serm, v. p. 94.). Un certain Hartuvin le permettoit parmi eux à un garçon qui épousoit une fille , et il vouloit qu'on fût vierge de part et d'autre; encore ne devojt-on pas aller au delà du premier enfant : ce que je remarque afin qu'on voie les bizarreries d'une secte qui n'éloit pas d'accord avec elle-même, et se trouvoit souvent contrainte à démentir ses principes.

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