Histoire du même concile par un auteur du temps
Un historien du temps, récite au long ce concile (Roger, Iloved, in Annal, Angl,) , et donne un lidèle abrégé des actes plus amples qu'on a recouvrés depuis. Voici comme il commence son récit. « Il y avoit dans la province de Toulouse deshé- » rétiques quisefaisoienlappelerlesbons hommes, maintenus » par les soldats de Lombez. Ceux-là disoient qu'ils ne rece- » voient ni la loi de Moïse , ni les prophètes, ni les psaumes, » ni l'ancien Testament, ni les docteurs du nouveau; à la ré- »» serve des Évangiles , des Épîtnîs de saint Paul , des sept M Épîtres canoniques, des Actes et do rApoca!y|;>se,« C'eu eç»l
testants, qui ne cessent de nous vanter la belle peinture qu'il a faite des mœurs des Yaudois {Ren. cont. Val, tom, iv. Bib. PP. part. II. p. 746. prœf. ibid. 746. Ibid. 756. 757. Ibid. c. 7. p. 765. Ibid. c. 3. p. 748.). Il en est d'autant plus croyable, puisqu'il nous dit si sincèrement le bien et le mal. Au reste, on ne peut pas dire qu'il n'ait pas été bien instruit de toutes les sectes de son temps. 11 avoit souvent assisté à l'examen des hérétiques ; et c'étoit là qu'on approfondissoit avec un soin extrême jusques aux moindres différences de tant de sectes obscures et artificieuses, c^ont la chrétienté étoit alors inondée. Plusieurs se convertissoient et révéloienl tous les secrets de leur secte, qu'on prenoit grand soin de retenir. C'étoit une partie de la guérison, de bien connoître le mal. Outre cela Renier s'appliquoit à lire les livres des hérétiques, comme il fit le grand volume de Jean de Lyon, un des chefs des nouveaux Manichéens {Ren. con. Val. tom. iv. Bib. PP. part. II. cap. 6. p. 762. 765.); et c'est de là qu'il a extrait les articles de sa doctrine qu'il a rapportés. Il ne faut donc pas s'étonner que cet auteur nous ait raconté plus exactement qu'aucun autre les différences des sectes de son temps.
55. U les distingue très-bien des Yaudois. Caractères du manichéisme dans les Gathnres.
La première dont il nous parle est celle des pauvres de Lyon, descendus de Pierre Yaldo; et il en rapporte tous les dogmes jusques aux moindres précisions (Ibid. c. 5. p. 749. et seq.). Tout y est très-éloigné des Manichéens, comme on verra dans la suite. De là il passe aux autres sectes qui tiennent du manichéisme ; et il vient enfin aux Cathares, dont il savoit tout le secret, car outre qu'il avoit été, comme on a vu, dix-sept ans entiers parmi eux, et des plus avant dans la secte, il avoit entendu prêcher leurs plus grands docteurs, et entre autres un nommé Nazarius le plus ancien de tous, qui se vantoit d'avoir pris ses instructions, il y avoit soixante ans, des deux principaux pasteurs de l'Église de Bulgarie {Ren. cont. Val. tom. iv. Bib. PP. part. II. c. 6 p. 755. 7.S4. 755. 763.). Voilà toujours cette descendance delà Bulgarie. C'est de là que Jes Cathares d'Italie, parmi lesquels Renier vivoil, tiroient leur aulonVfe-, Çi\.çcimTîv^*A^4,v4'^armi eux du-
rant tant d'années, il ne faut pas s'étonner qu*il nous ait mieux expliqué, et plus en particulier, leurs erreurs, tours sacrements, leurs cérémonies, les divers partis qui s'étoient formés parmi eux avec les rapports aussi bien que les diffé* rences des uns et des autres. On y voit partout très-clairement les principes, les impiétés et tout Tesprit du manichéisme. La distinction des élus et des auditeurs, caractère particulier de la secte célèbre dans saint Augustin et dans les autres auteurs, se trouve ici marquée sous un autre nom. Nous apprenons de Renier que ces hérétiques, outre les Cathares et les Purs, qui étoient les parfaits de la secte, avoient encore un autre ordre qu'ils appeloient leurs croyants {Ibid, 756.), composés de toutes sortes de gens. Ceux-ci n'étoient pas admis à tous les mystères; et le même Renier raconte que le nombre des parfaits Cathares de son temps où la secte étoit aiïoiblie, ne passoit pas quatre mille dans toute la chrétienté; mais les croyants étoient innombrables : compte, dit-il {Ibid, 759.), qui a été fait plusieurs fois parmi eux,
oU. Déiiombreniènt mémorable Hei Eglises nmiiicliéennes. Lef Albigeois y sunt compris. Tout est venu du Bul<;ane.
Parmi les sacrements de ces hérétiques, il faut remarquer principalement leur imposition des mains pour remettre les péchés : ils Tappeloient la consolation : elle tenoit lieu de Baptême et de pénitence tout ensemble. On la voit dans le concile d'Orléans dont nous avons parlé, dans Ecbert, dans Enervin, et dans Ermengard. Renier (iten. c. 14. t. iv. Bib, PP. I. part. p. 1254. Ibid. 759.) l'explique mieux que les autres, comme un homme qui était nourri dans le secret de la secte. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans le livre de Renier, c'est le dénombrement exact des Églises des Cathares et de l'état ou elles étaient de son temps. On en comptoit seize dans tout le monde , et il range avec les autres V Église de France, V Église de Toulouse, l'Église de Cahors, V Église d'Albi; et enfin V Église de Bulgarie et l'Église de Dugranicie , d'où , dit-il , sont venues toutes les autres. Après cela , je ne vois pas comment on pourroit douter du manichéisme des Albigeois, ni qu'ils ne soient descendus des Manichéens de la Bulgarie. On n'a qu'à se souvenir de% daww