‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 120 sur 177 · C8 HISTOIRE · texte numérisé non relu

C8 HISTOIRE

» tous les hommes pour être sauvés, et que les réprouvés de- » venoient tels par leur faute. Mais si tout arrive par néces- » site, comm^ dit Luther, et que les prédeslinés ne puissenl » pas devenir reprouvés, et au contraire ; pourquoi tant de » prédications et tant d'écritures, puisqu'il n'en sera ni pig » ni mieux, et que tout arrive par nécessité? » Quelque ignorance qui paroisse dans tou^ce discours, on .voit que ces malheureux avec leur esprit grossier disoient mieux que ceux qu'ils choisissoient pour Réformateurs ; et voilà, si Dieu le permet, ceux qu'on nous donne pour les restes et pour la ressource du christianisme.

On ne trouve rien ici de particulier sur l'Eucharistie ; ce qui fait croire que la conférence n'est pas rapportée en «on entier; et il n'est pas malaisé d'en deviner la raison. C'est, en un mot, que sur ce point les Vaudois, comme on a pu voir, étoient plus papistes que ne vouloient les Zuingliens et \e^ Luthériens. Au reste, ce député ne parle à Œcolampade d'aucune Confession de foi dont on usât parmi eux: nous avons aussi déjà vu que Bèze n'en rapporte aucune que celle que les Vaudois firent en 1341 si longtemps après Luther et Calvin : ce qui fait voir manifestement que les Confessions de foi qu'on nous produit, comme étant des anciens Vaudois, ne peuvent être que très-modernes, ainsi que nous Je dirons bientôt.

• 420. Les Vaudois nullement Calvinistes: preuve par Crespin.

Après toutes ces conférences. avec ceux de Strasbourg et de Baie, en 1536, Genève fut consultée par les Vaudois ses voisins; et c'est alors que commença leur société avec les Calvinistes, parles instructions de Farel, ministre de Genève. Mais il ne faut qu'entendre parler des Calvinistes eux-mêmes, pour voir combien les Vaudois étoient éloignés de leur Réforme. Crespin, dans l'histoire des Martyrs ( Cres. HisL des Mart. en 1536. f. 111.), dit : « que ceux d'Angrogne, par longue sucw cession et comme de père en fils avoicnt suivi quelque puî> reté de doctrine. » Mais pour montrer combien à leur gré •cette pureté de doctrine étoit légère, il dit en un autre endroit où il parle des \aiudo\^ ^^ ^\(^\\w<iQ\ \ y. Que si peu de vraie

criture et le Fils de Dieu lui-même avoit tant recommandé la sainteté (/6td. 9.).

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