‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 129 sur 177 · Qu'elle est fausse par Yiclef même · texte numérisé non relu

Qu'elle est fausse par Yiclef même

Mais sans m'informer davantage de celte Confession def(M,| dont nous parlerons avec plus de certitude quand nous en I aurons vu toute la suite, je puis bien assurer par avance P qu'elle ne peut pas avoir été proposée à Yiclef par le concile, p Je le prouve par Yiclef même, qui répète quatre foiyquerfanlfc U concile de Londres où la terre trembla ; In suo concilio terra Ji motus, on définit en termes exprès, que la substance du pain n et du vin ne demeuroit 'pas après la consécration (Lib. iv. c. 56. 57. 58.) : donc il est plus clair que le jour que la ConfessioB de foi, où ce changement de substance est rejeté, ne peut pas J> être de ce concile.

J'iO. Viclef renonce à sa doctrine, et meurt dans la communion extérieure de rEj'Iise.

Je crois M. de la Roque d'assez bonne foi pour se rendre à une preuve si constante. En attendant, nous lui sommes obligés de nous avoir épargné la peine de prouver ici la lâcheté de Yiclef; sa palinodie devant le concile; celle « de ses dis- » ciples qui n'eurent pas d'abord plus de fermeté que lui » (La Roque, ibid, 70.); la honte qu'il eut de sa lâcheté, ou » bien.des'être écarté des sentiments reçusalors» (Ibid.p.Si- 85. 88. 89. 98.), qui lui fit rompre commerce avec les hommes, d'où vient que depuis sa rétractation on n'entend plus parler de lui; et enfin sa mort dans sa cure et dans l'exercice de sa charge : ce qui àèmoxvUe ^w'Ss'èx V^v^w a^vie sa sépulture en

e sainte, qn^il étoit mort à rexlérieur dans la communion 'Église.

ne me reste donc plus qu'à conclure avec cet auteur, 1 n^y a que de la honte à tirer pour les Protestants de In duite de Yiclef, « ou hypocrite prévaricateur, ou Catholile romain, qui mourut dans TÉglise même , en assistant I sacrifice, ob Ton mettoit Téloignement entre les deux irtis » {La Roque, ibid.),

iOL Sentimentu de Melanctoii sur Yiclef.

leux qui voudront savoir le sentiment de Melancton sur ef le trouveront dans la préface de ses Lieux communs, 1 dit qu'on « peut juger de l'esprit de \iclef par les erreurs ont il est plein {Prœf. ad Mycon, Hosp, IL part, ad L 1550. f, 115.). Il n'a, dit-il, rien compris dans la jus- ;e de la foi : il brouille l'Évangile et la politique : il soutînt qu'il n'est pas permis aux prêtres d'avoir rien en opre : il parle de la puissance civile d'une manière sédi- 5use et pleine de sophisterie ; par la même sophistcrie il licane sur l'opinion universellement reçue touchîyit la ne du Seigneur. » Voilà ce qu'a dit Melancton après avoir irîef. Il en auroit dit davantage, et il auroit relevé ce que luteur avoit décidé tant contre le libre arbitre, que pour 5 Dieu auteur du péché, s'il n' avoit craint en le reprenant es excès de déchirer son maître Luther sous le nom de ef.

Page 1