Jean Hus imite Yiclef dans sa haine contre le pape
e qui a donné à Yiclef un si grand rang parmi les prédéeurs de nos Réformés, c'est d'avoir dit que le Pape étoit techrist, et que depuis l'an mil de notre Seigneur, où .n devoit être déchaîné selon la prophétie de saint Jean, lise romaine étoit devenue la prostituée et la Babylone . l. IV. c. 1. etc). Jean Hus, disciple de Yiclef, a mérité
les mêmes honneurs, puisqu'il a bien suivi son maître dans cette doctrine.
405. Jean Hus dit la messe, et n*a point d*autret sentiment sur TEocbaristie que ceux de TE^lise romaine.
Il Tavoit abandonné dans d'autres chefs. Autrefois on a disputé de ses sentiments sur TEucharistie : mais la question est jugée du consentement des adversaires, depuis que M. de la Roque, dans son histoire de TEucharistie (//. part, c. 19. p. 484.)» a fait voir par les auteurs du temps, par le témoignage des premiers disciples,de Hus, et par ses propres écritt ^ qu'on a encore, qu'il a cru la transsubstantiation et touslei autres articles de la croyance romaine, sans en excepter on seul, si ce n'est la communion sous les deux espèces; et qu'il a persisté dans ce sentiment jusqu'à la mort. Le même mi nistre démontre la même chose de Jérôme de Prague, disciple de Jean Hus : et le fait est incontestable.
iG4. Pourquoi on a douté de la doctrine de Jean Hus.
Ce qui faisoit douter de Jean IIus étoit quelques paroW qu'il avoit inconsidérément proférées, et qu'on avoit mal entendues, ou qu'il avoit rétractées. Mais ce qui le fit plusqne tout le reste tenir pour suspect en cette matière, c'étoit les louanges excessives qu'il donnoit à Viclef ennemi de la transsubstantiation. Viclef étoit en effet le grand docteur de Jean Hus, aussi bien que de tout le parti des Hussites : mais il est constant qu'ils n'en suivoient pas la doctrine toute crue, et qu'ils tâchoientde l'expliquer, comme faisoit aussi Jean Hus, à qui Rudiger donne la louange « d'avoir adroitement expli- » que, et courageusement défendu les sentiments de Viclef {Rudig. narr, p. 155.). On demeuroit donc d'accord dans le parti, que Yiclef, qui, à vrai dire, en étoit le chef, avoit bien outré les matières, et avoit grand besoin d'être expliqué. Mais! quoi qu'il en soit, il est bien constant que Jean Hus s'est glorifié de son sacerdoce jusqu'à la fin, et n'a jamais discontinué de dire la messe tant qu'il a pu.
165. Jean Hus catholique en tout dans les points controversés, excepté la coaimunion sous les deux espèces, et le Pape.
M. de la Roque le jeuue soutient fortement les sentiments
le son père ; et il est même assez sincère pour avouer <x qu'ils déplaisent à bien des gens du parti, et surtout au fameux
M qui n'aimoit pas d'ordinaire les vérités qui avoient
' échappé à ses lumières» (Nouv, ace, cont Varil, p, 148 et uiv.). Tout le monde sait que c'est M. Claude, dont il sup- )rime le nom. Mais ce jeune auteur pousse ses recherches )lus avant que n'avoit fait encore aucun Protestant. Personne 16 peut plus douter, après les preuves qu'il rapporte ( Ibid. >. 140. 150. 159 etsuiv,), que Jean Hus n'ait prié les saints, lonoré leurs images, reconnu le mérita des œuvres, les sept sacrements , la Confession sacramentale et le purgatoire. La lispute rouloit principalement sur la Communion sous les leux espèces; et ce qui otoit le plus important, sur cette ïamnable doctrine de Yiclef, que l'autorité, et surtout l'autorité ecclésiastique se perdoit par le péché {Conc, Const, Sess. XV. prop, 11. 12. 13. etc.); car Jean Hus soutenoit dans cet article des choses aussi outrées que celles que Yiclef avoit avancées, et c'est de là qu'il tiroit ses pernicieuses consé- {uences.
166. Que tout est bon aux protestants , pourvu qu^on crie contre le Pape.
Si avec une semblable doctrine, et encore en disant la messe tous les jours jusqu'à la fin de saii^ie, on peut être nonjeulement un vrai fidèle, mais encore un saint et un martyr, comme tous les Protestants le publient de Jean Hus, aussi bien que son disciple Jérôme de Prague, il ne faut plus» disputer des articles fondamentaux : le seul article fondamental est de crier contre le Pape et l'Église romaine : mais surtout si Ton s'emporte avec Yiclef et Jean Hus jusqu'à appeler cette Église, l'Églfse de l'Antéchrist, cette doctrine est la rémission de tous les péchés, et couvre toutes les erreurs.