‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 131 sur 177 · Les Taborites · texte numérisé non relu

Les Taborites

Revenons aux Frères de Bohème, et voyons comme ils sont disciples de Jean Hus. Incontinent après sa condamnation et son supplice, on vit deux sectes s'élever en Bohême sous son nom ; la secte des Calixtins et la secte des Taborites : les Calixtins, sous Boquesane, qui, du commun consentement de

tous les auteurs catholiques et protestants, fut, sous prétexte de réforme, le plus ambitieux de tous les hommes : les Taborites, sous Zisca, dont les actions sanguinaires ne sont pas moins connues que sa valeur et ses succès. Sans nous informerde ladoctrine des Taborites, leur rébellion et leurcruauté les ont rendus odieux à la plupart des Protestants. Des gens 1' qui ont porté le fer et le feu dans le sein de leur patrie vingt ' ans durant, et qui ont laissé pour marque de leur passage, tout en sang et tout en cendres, ne sont guère propres à être tenus pour les principaux défenseurs de la vérité, ni adonner à des Églises une origine chrétienne. Rudiger, qui seul de sa secte, faute d'avoir trouvé mieux, a voulu que les Frères bohémiens descendissent des Taborites (De frat. narrât, p. 158.), demeure d'accord que Zisca, « poussé par ses inimitiés par- » ticulières, porta si loin la haine qu'il avoit contre les moi- » nés et contre les prêtres, que non-seulement il raettoit le » feu aux églises et aux monastères {oh. ils servoient Dien); » mais encore que, pour ne leur laisser aucune demeure sur » la terre, il faisoit passer au fil de l'épée tous les habitant»? » des lieux qu'ils occiipoient)) (De frat. narrât, p. 155.). C'est ce. que dit Rudiger, auteur non suspect; et il ajoute que les Frères, qu'il faisoit descendre de ces barbares Taborites, avoient honte de cette origine (Ibid.). En effet, ils y renoncent en termes formels dans toutes leurs Confessions de foi et dans toutes leurs apologies, et ils montrent même qu'il est impossible qu'ils soient sortis des Taborites, parce que dans le temps qu'ils ont commencé de paroître, cette secte abattue par la mort de ses généraux, et par la paix générale des Catholiques et des Calixtins, qui réunirent toutes les forces de l'État pour la détruire, « ne fit plus que traîner jusqu'à ce » que Pogiebrac et Roquesane achevassent d'en ruiner les » misérables restes; en sorte, disent-ils qu'il ne resta plus de » Taborites dans le monde » (Prœf. Confess. 1572, seu de orig. Eccl. Boh. etc. post. Hist. Camer. init. prœf.) : ce que Camérarius confirme dans son histoire {Pag, 176.).

IGI. Les Calixtins.

L'antre secte, (\m se ^\on^\^dw wom de Jean IIus, fut celle

es Calixtius, ainsi appelés, parce qu'ils croyoient îo calice bsolument nécessaire au peuple. Et c'est constamment de ette secte que sortirent les Frères en l^rn, selon qu'ils le iéclarent eux-mêmes dans la préface de leur Confession do oï de 1558, et encore dans celle de 1572 que nous avons tant le fois citées, où ils parlent en ces termes : Ceux qui ont onde nos Églises se séparèrent alors des Galixtins par une louyelle séparation » {De frat. narrât, p. 267. Prœf, ttoh, lonf. 1558. Synt. Gen. p. 16^.); c'est-à-dire, comme ils Texdiquent dans leur apologie de 1532, que de même que les 'alixtins s'étoient séparés de Rome, ainsi les Frères se sépaèrent des Galixtins (ÀpoL frat. i. /. part. ap. Lyd. t. il. K 129.) : de sorte que ce fut un schisme et une division dans me autre division et dans un autre schisme. Mais quelles fuent les causes de cette séparation? On ne les peut pas bien lomprendre sans connoître et la croyance et l'état où se rouvèrent alors les Galixtins.

469. Le Compactatum , ou les quatre articlen accordées par le concile de Uàle.

Leur doctrine consistoit d'abord en quatre articles. Le premier ;oncernoit la coupe : les trois autres regardoient la correction les péchés publics et particuliers qu'ils portoient à certains îxcès; la libre prédication de la parole de Dieu, qu'ils ne rouloient pas qu'on put défendre à personne ; et les biens l'Église. Il y avoit là quelque mélange dçs erreurs des Vaulois. Ces quatre articles furent réglés dans le concile de 5âle d'une manière dont les Galixtins furent d'accord, et la îoupe leur fut accordée à certaines conditions, dont ils continrent. Cet accord s'appela Compactatum, nom célèbre dans l'histoire de Bohême. Mais une partie des Hussitcs, qui ne voulut pas se contenter de ces articles, commença, sous le Qom de Taborites, ces sanglantes guerres dont nous venons de parler; et les Galixtins, l'autre partie des Hussites qui avoit accepté l'accord, ne s'y tint pas; puisqu'au lieu de déclarer comme on en éloit convenu à Baie que la coupe n'éloit pas nécessaire, ni commandée de Jésus-Christ, ils en pressèrent la nécessité, même à l'égard des enfants nouvellement bap-

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