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Usés. A la réserve de ce point, on est d'accord que les Calixtins convenoient de tous les dogmes avec FÉglise romaine ; et leurs disputes avec les Taborites le font voir. Lydius un ministre de Dordrect en a recueilli les actes (Lyd. Valdens, t, i. Rotero, 1616.) ; et ils ne sont pas révoqués en doute par les Protestants.
^70. Les Galisiins disposés à reconnoitre le Pape.
On y voit donc que les Calixtins ne conviennent pas seulementde la transsubstantiation, mais encore en tout et partout sur lamatièrede TEucharistie, de la doctrine et des pratiques reçues dans l'Église romaine, à la réserve de la Communion sous les deux espèces; et pourvu que le Pape l'accordât, ils étoient prêts à reconnoitre son autorité {Syn, Prag, an, 1451. ap, Lyd, p. 304. et an. 1454. Ibtd, p, 3e2. 354.).
^71. D'où ▼ient donc qu'ils respectoient tant la mémoire de Viclef.
On pourroit ici demander d'où vient donc qu'avec de tels sentiments ils conservoient tant de respect pour Viclef, qu'ils appeloient aussi bien que les Taborites le docteur évangélique par excellence? (Disp. cumRoyks, Can. 15. Ant, lect. tom. m. //. part.). C'est en un mot qu'on ne trouve rien de régulier dans ces sectes séparées. Quoique Yiclef eût parlé avec tout l'emportement possible contre la doctrine de l'Église romaine, et en particulier contre la transsubstantiation, les Calixtins l'excusoient, en répondant que ce qu'il avoit dit contre ce dogme, il ne l'avoit pas dit décisivement, mais scholastiquement (Disp. cum Rokys. Can. 15. Ant. lect tom. m. II. part, p. 472.), comme on parloit, c'est-à-dire par manière de dispute ; et on peut Juger par là combien ils trouvoient de facilité à justifier, quoi qu'on leur pût dire, un auteur dont ils étoient entêtés.
472. L'ambition de Roquesane et des Calixtins empêche lenr réunion ,avec l'E/çlise.
Ils n'en étoient pas moins bien disposés à reconnoitre le Pape; et les seuls intérêts de Roquesane empêchèrent leur réunion. Ce docteur avoit lui-même ménagé l'accommodement, dans l'espêraTice c\vv'\V îy^oxl eov^c^ue, qu'après un si
grand service le Pape se porteioit aisément à le pourvoir de Tarchevêché de Prague, qui étoit l'objet de ses vœux (Camer, hist. narr, Àpol. frat. p, il 5. etc). Mais le Pape, qui ne vouloit pas commettre les âmes et le dépôt de la foi à un homme si factieux, donna cette prélature à Budovix, autant supérieur à Roquesane en mérite qu'en naissance. Tout manqua par cet endroit. La Bohême se vit replongée dans des guerres plus sanglantes que toutes les précédentes : Roquesane, malgré le Pape, s'érigea en archevêque de Prague, ou plutôt en Pape dans la Bohême : et Pogiebrac qu'il éleva par ses intrigues à la royauté ne lui pouvoit rien refuser.
475- Origine des Frères de Bohême qui se séparent de Roquesane et des Galiztins.
Durant ces troubles, des gens de métier qui commençoient à gronder dès le 'règne précédent, se mirent plus que jamais à parler entre eux de la réforme de l'Église. La messe, la transsubstantiation, la prière pour les morts,, les honneurs des saints, et surtout la puissance du Pape les choquoit. Eniiu ils se plaignoient que les Calixtins romanisoient en tout et partout, à la réserve de la coupe (Apol. 1532. L part.). Ils entreprirent de les corriger. Roquesane irrité contre le saintsiége leur parut un instrument propre à entreprendre cette affaire. Rebutés par ses superbes réponses qui ne respiroient que l'amour du monde, ils lui reprochèrent son ambition , qu'il n'étoit qu'un mondain, et qu'il les abandonneroit plutôt que ses honneurs {Camer. deEccles, frat. p. 67. 84,c^c. Apol. frat, 1532. /. part.). En même temps ils mirent à leur tête un Kelesiski, maître cordonnier, qui leur fit un corps de doctrine qu'on appela les formes de Kelesiski. Dans la suite ils se choisirent un pasteur nommé Matthias Convalde, homme laïque et ignorant ; et en l'an 1467, ils se séparèrent publiquement des Calixtins, comme les Calixtins avoient fait de Rome. Telle a été la naissance des Frères de Bohême ; et voilà ce que Camérarius, et eux-mêmes, tant dans leurs Annales que dans leurs Apologies et dans les préfaces de leurs Confessions de foi, nous racontent de leur origine; si ce n'est qu'ils mettent leur séparation en 1457 ; et il me paroit plus net de la
mettre dix ans après en 1467, dans le temps qu'ils marquent eux-mêmes la création de leurs nouveaux pasteurs.