‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 133 sur 177 · Foibles comniencements de cette secte · texte numérisé non relu

Foibles comniencements de cette secte

Je trouve ici un peu de contradiction entre ce qu'ils racontent de leur histoire dans leur Apologie de 1532, et ce qu'ils en disent dans la préface de 1572 : car ils disent dans cette préface qu'en 1457, dans le temps qu'ils se séparèrent d'avec les Calixdns, ils étoient un peuple ramassé de toute sorte de conditions (De orig. EccL Boh, post. hist, Camer, p. 267.) : et dans leur Apologie de 1532 où ils étoient un peu moins fiers, ils reconnoissent franchement qu'ils étoient ramassés du menu peuple et de quelques prêtres Bohémiens en petit nombre, tou^ ensemble un très-petit nombre de gens, petit reste, et méprisables ordures, ou comme on voudra traduire, miser abileê quisquiliœ, laissées dans le monde par Jean Hus (ï. part. Apol. Lyd. t. ii. 221. et 222. 232. etc.). C'est ainsi qu'ils se séparèrent des Calixtins, c'est-à-dire des seuls Hussites qui fussent alors. Voilà comme ils sont disciples de Jean Hus : morceau rompu d'un morceau; schisme séparé d'un schisme ; Hussites divisés des Hussites, et qui n'en avoient presque retenu que la désobéissance et la rupture avec l'Église romaine.

'ITÔ. lis ne prenoient que le nom de Jean Hus , et n'en sui^oicnt pas la doctrine.

Si on demande comment ils pouvoient reconnoître Jean Hus, comme ils font partout, pour un docteur évangélique, pour un saint martyr, pour leur maître, et pour l'apôtre des Bohémiens, et en même temps rejeter comme sacrilège la messe que leur apôtre avoit dite constamment jusqu'à la fin, la transsubstantiation et les autres dogmes qu'il avoit toujours retenus ; c'est qu'ils disoient que Jean Hus ri avoit fait que commencer le rétablissement de l'Évangile; et ils vouloient croire quHl auroit bien changé d'autres choses, si on lui en eût laissé le temps (Apol. 1552. I. part. ap. Lyd. t. ii. p. 116. 117. 118. etc.). En attendant il ne laissoit pas d'être martyr et apôtre, encore q\V'\\ \>eY9s^N^\'^\.^^\v^ ^^s ^^^llc^ies si dam-

uables selon eux; elles Frères encélébroient le martyre duns leurs églises le huitième juillet, comme nous rupprenouH de Rudiger {Rudig, narr. post. Cam. hist, p. 151 .).

'176. Leur extrême ignorance, et leur audace à rebnptiser toute la tnno

Camérarius demeure d'accord de leur extrême ignorauce » et fait ce quMl peut pour Texcuser. Ce qui est de bien certain, c'est que Dieu ne fit pas des miracles, pour les éclairer. Tantiiu siècles après que la question du baptêmedes hérétiques avoil Ole si bien éclaircie du commun consentement de toute ri'igliso, ils furent si ignorants qu'ils rebaptisèrent tous ceux qui venoionf a eux des autres Églises (Camér. hist narr. p. i02.). Ils persistèrent cent ans durant dans cette erreur, comme il» l'avoutînt dans tous leurs écrits; et ils reconnoissent dans la préface de 1558 qu'il n'y a?oit que très-peu de temps qu'ils en étoient revenus (Prœf. Apol. 1538, apud, Lyd. t. ii. p. 10.*). Ibid. ApoLp.IV.p. 274. Conf. fid. 1558. art. i'^. Synt. Cen. p. 195. Ibid, p, 170.). Il ne faut pas s'imaginer que ce lût une erreur médiocre, puisque c'étoit dire que le Baptême étoit perdu dans toute l'Église, et ne restoit que parmi eux. C'est ce qu'osèrent penser deux ou trois mille hommes, plus ou moins, également révoltés et contre les Calixtins parmi lesquels ils vivoient, et contre l'Église romaine dont ils s'étoient séparés les uns et les autres trente ou quarante ans auparavant. Une si petite parcelle d'une autre parcelle, déta- ■ chée depuis si peu d'années de l'Église catholique, osoit rebaptiser tout le reste de l'univers, et réduire tout l'héritage de Jésus-Christ à un coin de la Bohême. Ils se croyoienl donc les seuls chrétiens, puisqu'ils se croyoient les seuls baptisés; et quoi qu'ils aient pu dire pour se défendre de ce crime, leur rebaptisation les en convainquoit. Pour toute excuse, ils répondoient que s'ils rebaptisoient les Catholiques, les Catholiques aussi les rebaptisoient. Mais on sait assez que l'Église romaine n'a jamais rebaptisé ceux qui avoient été baptisés par qui que ce fut au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit; et quand il y auroit eu dans la Bohème des Catholiques assez ignorants pour ne savoir pas une chose si triviale, ceux qui se disoient leurs Réformateurs ne devoient-ils pas en savo'u:

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