‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 136 sur 177 · La même chose appuyée · texte numérisé non relu

La même chose appuyée

'est encore une autre preuve de leur sentiment de dire Jésus-Christ est présent dans le pain et dans le vin par son )s et par son sang : autrement, eontinuent-ils (Ibid. 309.),

I ceux qui sont dignes ne recevroient que du pain et du n, ni ceux qui sont indignes ne seroient coupables du )rps et du sang, ne pouvant être coupables de ce qui n'y ;t pas. » D'où il s'ensuit qu'ils y sont, non-seulement pour dignes, mais encore pour les indignes.

La manière dont ils refusent Tadoration confirme qu'ils crurent la réalité , et même hors Vusage.

est vrai qu'ils ne veulent pas qu'on adore Jésus-Christ s l'Eucharistie pour deux raisons : l'une, qu'il ne l'a pas imandé ; l'autre, qu'il y a deux présences de Jésus-Christ^ ersonuelle, la corporelle et la sensible, laquelle seule doit •er nos adorations ; et la spirituelle ou sacramentelle, qui les dort pas attirer {Apol, ad Lad, p, 67. et aUbi passim,), s encore qu'ils parlent ainsi, ils ne laissent pas de recon- Lre la substance du corps de Jésus- Christ dans le sacrent (Ibid. p. 501. 306. 307. 509. 511. etc.) : « il ne nous 5t pas ordonné, disent-ils (Apoh ad Lad, Ibid, p, 67.), ^honorer cette substance du corps de Jésus-Christ consaré ; mais la substance de Jésus-Christ qui est à la droite

II Père, » Voilà donc dans le sacrement et dans le ciel la istance du corps de Jésus-Christ, mais adorable dans le [, et non pas dans le sacrement. Et de peur qu'on ne s'en nne , ils ajoutent que Jésus-Christ « n'a pas même voulu obliger les hommes à l'adorer sur la terre, encore qu'il y ût présent, à cause qu'il attendoit le temps de sa gloire » '-of, fid, ad Lad, p. 29. Apol, ad eumd, p. 68.) : ce qui mtre que leur intention n'étoit pas d'exclure la présence istantielle, en excluant l'adoration, et qu'au conlraire ils ïupposoient, puisque s'ils ne l'eussent pas cru, ils n'auroient

en aucune sorte à s'excuser de n'adorer pas dans le sacreînt ce qui en effet n'y eût pas été.

trième siècle les Manichéens d'Afrique contraires au culte des saints : un seul Vigilance les suit dans ce seul point : mais on ne trouvera point plus haut d'auteur certain : et c'est de quoi il s'agit. On ira un peu plus loin sur l'ohlation pour les morts. Le prêtre Aérius paroîtra; mais seul et sans suite, Arien de plus : c'est tout ce qu'on trouvera de positif; tout ce qu'on alléguera au dessus sera visiblement allégué en l'air. Mais voyons ce qu'on trouvera sur la présence réelle, et souvenonsnous qu'il s'agit de faits positifs et constants. Carlostad n'est pas le premier qui a soutenu que le pain n'ait pas fait le corps : Bérenger ï'avoit déjà dit quatre cents ans auparavant, dans le onzième siècle. Mais Bérenger n'est pas le premier: ces Manichéens d'Orléans venoient de le dire : et le monde étoit plein encore du bruit de leur mauvaise doctrine, quand Bérenger en recueillit cette petite partie. Plus haut je trouve bien des prétentions et des procès qu'on nous fait sur celte matière ; mais non pas des faits avérés et positifs.

2u9. Quelle successiun ont les hértHiqne^ .

Au reste les Sociniens ont une suite plus manifeste : en prenant un mot d'un côté et un mot de l'autre, ils nommeront dans tous les siècles des ennemis déclarés de la divinité de Jésus-Christ, et à la lin ils trouveront Cérinthus sous les apôtres. Ils n'en seront *pas mieux fondés, pour avoir trouvé quelque chose de semblable parmi tant de témoins discordants d'ailleurs ; puisqu'au fond la suite leur manque avec l'uniformité. A le prendre de cette sorte, c'est-à-dire, en composant chacun son Église de tout ce qu'on trouvera de conforme à ses sentiments deçà et delà, sans aucune liaison ; rien n'empêche, comme on l'aura pu remarquer, que de toutes les sectes qu'on voit aujourd'hui, et de toutes celles qu'on verra jamais, on ne remonte jusqu'à Simon le Magicien, et jusqu'à ce mystère d'iniquité, qui commençoit du temps de saint Paul (//. Thess. ii. 7.).

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