‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 14 sur 177 · Ses emportertients , dont il demande pardon · texte numérisé non relu

Ses emportertients , dont il demande pardon

On ressentoit cependant dans ses écrits je ne sais quoi de fier et d'emporté. Mais encore qu'il attribuât ses emportements à la violence de ses adversaires , dont les excès en effet n'étoient pas petits , il ne laissoit pas de demander pardon de ceux où il tomboit. « Je confesse , écrivoit-il au car- » dînai Cajetan, légat alors en Allemagne {Ihid, f, 215.), » que je me suis emporté indiscrètement, et que j'ai manqué » de respect envers le Pape. Je m'en repens. Quoique poussé, w je ne devois pas répondre au fou qui écrivoit contre moi, » selon sa folie. Daignez, poursuivoit-il , rapporter l'affaire » au saint Père : je ne demande qu'à écouter la voix de l'Eglise, » et la suivre. »

23. NooveUe protestation' de soumission envers le Pape : .il offre le silence à Léon X et à Charles Y.

Après qu'il eut été cité à Rome, en formant son appel du Pape mal informé au Pape mieux informé, il ne laissoit pas de dire , que Vappellation , quant à lui, ne lui semblait pas nécessaire (Ad Card. Caj.), puisqu'il demeuroit toujours soumis au jugement dit Pape ; mais il s'excusoit d'aller à Rome à cause des frais. Et d'ailleurs, disoit^l {Ad Card. Caj.), cette citation devant le Pape étoit inutile contre un homme qui n'attendoit que son jugement pour y obéir.

Dans la suite de la procédure , il appela du Pape au concile le dimanche 28 novembre 1518. Mais dans son acte

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d'appel il persista toujours à dire, uqu^il ne prétendoit ni » douter de la primauté et de Tautorité du saint-siége, ni » rien dire qui fût contraire à la puissance dS pape bien » avisé et bien instruit» (Ibid. appell. Lut. adConc,},

En effet, le 3 mars 1519, il écrivoit encore à Léon X, qu'il ne prétendoit en aucune sorte toucher à sa puissance , ni à celle de VEglise romaine (Luth, ad Léon. X. 1519. ibid.). Il s'obligeoit à un silence éternel , comme il avoit toujours fait , pourvu qu'on imposât une loi semblable à ses adversaires : car il ne pouvoit soutenir un jugement inégal; et il fût demeuré content du pape , à ce qu'il disoit , s'il eût voulu seulement ordonner aux deux partis un égal silence; tant il jugeoit.la réformation qu'on a depuis tant vantée, peu nécessaire au bien de l'Eglise.

Pour ce qui est de rétractation , il n'en voulut jamais entendre parler, encore qu'il y en eût assez de matiè^^ comme on a pu voir : et cependant je n'ai pas tout dit ; il s'en faut beaucoup. Mais, disoit- il, étant engagé, sa réputation chrétienne ne permettoit pas qu'il se cachât dans un coin, ou qu'il reculât en arrière. Voilà ce qu'il dit pour s'excuser après la rupture ouverte. Mais durant la contention il alléguoit une excuse plus vraisemblable comme plus soumise. Car après tout, dit- il (Ad Card, Cajet. T. 1. p. 216 et seq.), «Je ne » vois pas à quoi est bonne ma rétractation ; puisqu'il ne s'agit » pas de ce que j'ai dit , mais de ce que dira l'Eglise , à la-^ )> quelle je ne prétends pas répondre comme un adversaire, )> mais l'écouter comme un disciple. »

(1520. ) Au commencement de 15^0, il le prit d'un ton un peu plus haut : aussi la dispute s'échauffoit-elle , et le parti grossissoit. Il écrivit donc au pape ( Ad Léon, X. T. ii. /. 2. 6 April. 1520,) : a Je hais les disputes : je n'attaquerai person- » ne; mais aussi je ne veux pas être .attaqué. Si on m'attaque, » puisque j'ai Jésus-Christ pour maître , je ne demeurerai » pas sans réplique. Pour ce qui est de chanter la palinodie , » que personne ne s'y attende. Votre Sainteté peut finir toute» )> ces contentions par- un seul mot , en évoquant l'affaire à » elle , et en imposant silence aux uns et aux autres. » Voilà ce qu'il écrivit à Léon X, en lui dédiant le livre de la Liberté

chrétienne, plein de nouveaux paradoxes, dont nous verrons bientôt les ||îets funestes. La même année , après la censure des universités de Louvain et de Cologne , tant contre ce Jivre que contre les autres, Luther s'en plaignit en cette sorte : « En quoi est-ce que notre saint Père Léon a offensé ces uni- » versités , pour lui avoir arraché des mains un livre dédié à y> son nom , et mis à ses pieds pour y attendre sa sentence? » Enfin il écrivit à Charles V, a qu'il seroit jusqu'à la mort un » fîl^ humble et obéissant de l'Eglise catholique , Bi promet- » toit de se taire si ses ennemis le lui permettoient » {Prot. Luth, ad Car. v. ibid:AA,). Il prenoit ainsi à témoin tout l'univers , et ses deux plus grandes puissances , qu'on pou voit cesser de parler de toutes les choses qu'il avoit remuées ; et lui-même il s'y obligeoit de la manière du monde la plus solennelle.

iennelle^

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