Deux causes d^nstabilité dans les hérésies
Deux choses causent ce désordre dans les hérésies : Tune est tirée du génie de l'esprit humain, qui depuis qu'il a goûté une fois l'appât de la nouveauté , ne cesse de recherclier avec un appétit dér^é cette trompeuse douceur : l'autre est tirée de la différenoe de ce que Dieu fait d'avec ce que font les hommes. La vérité catholique, venue de Dieu, a d'abord sa perfection : l'hérésie, foible production de l'esprit humain, ne se peut faire que par pièces mal assorties. Pendant qu'on veut renverser, contre le
précepte du Sage (Proverb. xxii. 28.), les anciennes bornes posées par nos pères, et réformer la doctrine une fois reçue parmi les fidèles, on s'engage sans biten pénétrer toutes les suites de ce qu'on avance. Ce qu'une fausse lueur avoit fait hasarder au corn- 1 mencement , se trouve avoir des inconvénients qui obligent les Réformateurs à se réformer tous les jours : de sorte qu'ils ne peuvent dire quand finiront les innovations, ni jamais se contenter] eux-mêmes.
8. Quelles variations on prétend montrer dans les Efjlises protestantes.
Voilà les principes solides et inébranlables par lesquels je prétends démontrer aux Protestants la fausseté de leur doctrine dans leurs continuelles variations, et dans la manière changeante dont ils ont expliqué leurs dogmes; je ne dis pas seulement en particulier, mais en corps d'Eglise; dans les livres qu'ils appellent symboliques, c'est-à-dire, dans ceux qu'on a faits pour exprimer le consentement des Eglises, en un mot, dans leurs propres Confessions de foi, arrêtées, signées, publiées, dont on a donné la doctrine comme une doctrine qui ne contenoit que la pure parole de Dieu , et qu'on a changées néanmoins en tant de manières dans les articles principaux.