‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 3 sur 177 · Le parti protestant divisé en deux corps principaux · texte numérisé non relu

Le parti protestant divisé en deux corps principaux

Au reste, quand je parierai de ceux qui se sont dits Réformés en ces derniers siècles, mon dessein n'est point de parler des Sociniens , ni des différentes sociétés d'Anabaptistes , ni de tant de diverses sectes qui s'élèvent en Angleterre et -ailleurs, dans le sein de la nouvelle Réforme; mais seulement de ces deux corps, dont l'un comprend les Luthériens, c'est-à-dire , ceux qui ont pour règle la Confession d'Ausbourg , et l'autre suit les sentiments de Zuingle et de Calvin. Les premiers, dans l'institution de l'Eucharistie, sont défenseurs du sens littéral , et les autres du sens figuré. C'est aussi par ce caractère que nous les distin^erons principalement les uns des autres, quoiqu'il y ait entre eux beaucoup d'autres démêlés très-graves et très-importants, comme la suite le fera paroître.

40. Que les variations de Tun des partis est une preuve contre Tautre, principalement celles de Luther et des Luthériens.

Les Luthériens nous diront ici qu'ils prennent fort peu de part aux variations et à la conduite des Zuingliens et des Calvinistes ; et

quelques-uns de ceux-ci pourront penser à leur tiour que l'inconstance des Luthériens ne les touche pas ; mais ils se trompent les uns lés autres, puisque les Luthériens peuvent voir dans les Calvinistes les suites du mouvement qu'ils ont excité; et au contraire , les Calvinistes doivent remarquer dans les Luthériens le désordre et l'incertitude du commencement qu'ils ont suivi : mais surtout les Calvinistes ne peuvent nier qu'ils n'aient toujours regardé Luther et les Luthériens comme leurs auteurs.; et sans parler de Calvin, qui a souvent nommé Luther avec respect, comme le chef do la Réforme, on verra dans la suite de cette histoire {Lib. xn.) > tous les Calvinistes (j'appelle ici de ce nom le second parti des Protestants) Allemands, Anglais, Hongrois, Polonais, Hollandais, et tous les autres généralement assemblés à Francfort ( Act. Auth, Blond, p. 65.), par les soins de la reine Elisabeth, après avoir reconnu ceuac cfe la Confession (VA usbour g , c'est-à-dire, lès Luthériens, comme les premiers qui ont fait renaître V Eglise, reconnoitre encore la Confession d'Ausbourg, comme une pièce commune de tout le parti , qu'ils ne veulent pas contredire , mais seulement la bien entendre; et encore dans un seul article, qui est celui de la Cène, nommant aussi pour cette raison parmi leurs Pères, non-seulement Zuingle, Bucer et Calvin , mais encore Luther et Melancton; et mettant Luther à la tête de tous les Réformateurs.

Qu'ils disent après cola que les variations de Luther et des Luthériens ne les touchent pas : nous leur dirons au contraire, que, selon leurs propres principes et leurs propres déclarations , montrer les variations et les inconstances de Luther et des Luthériens, c'est montrer l'esprit de vertige dans la source de la Réforme et dans la tête oii elle a été premièrement conçue.

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