‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 22 sur 177 · G HISTOIRE · texte numérisé non relu

G HISTOIRE

mencc parut être en quelque façou un autre Luther , €Ecolampadc ressembloit plus à Melancton: dont aussi il étoit ami particulier. On voit dans une lettre qu'il écrit à Erasme dans sa jeunesse {Ep, Erasm. lib. vu. ep, 42. 43.), arec beaucoup d'esprit et de politesse , des marques d'une piété aussi affectueuse qu'éclairée : des pieds d'un crucifix, devant lequel il avoit accoutumé de faire sa prière, il écrit à Erasme des choses si tendres sur les douceurs ineffables de Jésus- Christ, que cette pieuse image retraçoit si vivement dans son souvenir, qu'on ne peut s'empêcher d'en être touché. La Réforme qui venoit troubler ces dévotions , et les traiter d'idolâtrie , commençoit alors : car c'étoit en 1517 que ce jeuùe homme écrivoit cette lettre. Dans les premières années de ces brouilleries , et comme le remarque Erasme {Ép. Erasm. lib, XIII. ep, 12, 13.) , dans un âge déjà assez mûr pour n'avoir à se reprocher aucune surprise , il se fit religieux avec beaucoup de courage et de réflexion. Aussi les lettres d'Erasme nous font-elles voir qu'il étoit trèfT-affectionné au genre de vie qu'il avoit choisi {Lib, xiii. 27.); qu'il y goûtoit Dieu tranquillement; et qu'il y vivoit très-éloigné des nouveautés qui couroient. Cependant, ô foiblesse humaine et dangereuse contagion de la nouveauté ! il sortit de son monastère , prêcha la nouvelle Réforme à Râle où il fut pasteur ; pt fatigué du célibat, comme les autres Réformateurs, il épousa une jeune fille dont la beauté l'avoit touché. C'est ainsi, disoit Erasme (Lib. xix. ep, 41 . ) , qu'ils se mortifient ; et il ne cessoit d'admirer ces nouveaux apôtres qui ne manquoient point de quitter la profession solennelle du célibat pour prendre des femmes; au lieu que les vrais apôtres de notre Seigneur, selon la tradition de tous les Pères, afin de n'être occupés que de Dieu et de l'Evangile , quitloient leurs femmes pour embrasser le célibat. « Il semble , disoit-il (Ep, » Erasm, lib, xix. 5. ) , que la Réforme aboutisse à défroquer » quelques moines et à marier quelques prêtres ; et celte » grande tragédie se termine enfin par un événement tout à » fait comique, puisque tout finit en se mariant, comme dans » les comédies. » Le même Erasme se plaint aussi , en d'autres endroits (Lib, xviii. ep, 2o. xix. H 5. xxxi. 47. col

S057, etc.) , que depuis que son ami OEcolampade eut quitté avec TEglise et le monastère sa tendre dévotion , pour embrasser cette sèche et dédaigneuse Réforme , il ne le recon- Qoisssoit plus ; et qu'au lieu de la candeur dont ce ministre faisoit profession tant qu'il agissoit par lui-même, il n'y trouva plus que dissimulation et artifice lorsqu'il fut entré dans les intérêts et dans les mouvements d'un parti.

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