‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 30 sur 177 · Le mérite de condi|;nUé · texte numérisé non relu

Le mérite de condi|;nUé

Quant au mérite de condignité , outre que le concile de 3nte ne s'est pas servi de ce terme, la chose en elle-même . aucune difficulté; puisqu'au fond on est d'accord qu'après justitication , c'est-à-dire après que la personne est agréa- I, que le Saint-Esprit y habite, et que la charité y règne, criture lui attribue une espèce de dignité : Ils marcheront 9Cfnoi en habit blanc, parce qu'ils en sont dignes (Apoc. . 4. ). Mais le concile de Trente a clairement expliqué que ite cette dignité vient de la grâce ( Conc. Trid. Sess. vi. 16, etc.); et les Catholiques le déclarèrent aux Luthériens s le temps de la Confession d'Ausbourg, comme il paroît r l'histoire de David Chytré, et par celle de Georges Céitin, auteurs luthériens ( Chyt. hist. Conf. Aug. post. Conf. org. Cœl. Hist, Conf. Aug. T. m. ). (]es deux historiens pportent la réfutation de la Confession d'Ausbourg faite par ) Catholiques par ordre de l'Empereur, où il est porté : Que l'homme ne peut mériter la vie éternelle par ses propres forces, et sans la grâce de Dieu , et que tous les Catholiques confessent que nos œuvres ne sont par ellesmêmes d'aucun mérite ; mais que la grâce de Dieu les rend lignes de la vie éternelle. »

o2. Le mérite de congmité.

Pour ce qui regarde les bonnes œuvres que nous faisons int que d'être justifiés, parce qu'alors la personne n'est s agréable ni juste, qu'au contraire elle est regardée comme nt encore en péché , et comme ennemie : en cet état elle ; incapable d'un véritable mérite ; et le mérite de congruité de convenance, que les théologiens y reconnoissent, n'est s selon eux un véritable mérite ; mais un mérite improprejnt dit, qui ne signifie autre chose , sinon qu'il est conveble à la divine bonté d'avoir égard aux gémissements et aux îurs qu'il a lui-même inspirés au pécheur qui commence ;e convertir.

Il faut répondre la même chose des aumônes que fait \kv cheur pour racMer ses péchés , selon \e \^rèe(i\)Ve A^i \i^\>Àft\

{Dan» IV. 24. ) ; et de la charité qui couvre .la multitude àts péchés, selon saint Pierre (/. Pet. iv. 8.), et da pardon promis par Jésus-Christ même à ceux qui pardonnent à km frères (Luc yi. 37. ). L'Apologie répond ici que Jésus-Christ n'igoute pas qu'en faisant V aumône, ou en pardonnant, o» mérite le pardon, ex opère operato, en vertu de cette action, mais en vertu de la foi (Resp. ad Arg. p. iil.). liais qû aussi le prétend autrement? Qui a jamais dit que les bonne» œuvres qui plaisent à Dieu ne dussent pas être faites seioi Tesprit de la foi, sans laquelle, comme dit saint Paul , iln'tfl pas possible de plaire à Dieu {Heb. xi. 6. )? Ou qui a jamais pensé que ces bonnes œuvres , et la foi qui les produit, méritassent la rémission des péchés ex opère operato, et fussent capables de Topérer par elles-mêmes? On n'avoit pas seulement songé à employer cette locution , ex opère operato, dam les bonnes œuvres des fidèles, on ne Tappliquoit qu'aux sacrements, qui ne sont que de simples instruments de Dieu : on Temployoit pour montrer que leur action étoit divine, toutepuissante et efficace par elle-même ; et c'étoit une calomnie ou une ignorance grossière de supposer que dans la doctrine catholique les bonnes œuvres opérassent de cette sorte la rémission de^ péchés, et la grâce justifiante. Dieu, qui les impire, y a égard par sa bonté , à cause de Jésus-Christ; non à cause que nous sommes dignes qu'il y ait égard pour nous justifier, mais parce qu'il est digne de lui de regarder en pitié des cœurs humiliés, et d'y achever son ouvrage. Voilà le mérite de convenance, qui peut être attribué à l'homme, avant même qu'il soit justifié. La chose au fond est incontestable; et si le terme déplaît , l'Eglise aussi ne s'en sert pas dans le concile de Trente.

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