L'accord qu«* Ducer propose n'est que dans fes mots
Il eût parlé plus juste , en disant qu'on ne s'accordoit que dans les mots , puisqu'enfin cette substance qu'on disoit préscntc, étoif aussi éloignée de l'Eucharistie que le ciel Tétoit
de ia terre, et ifétoit non plus reçue par les fidèles que la substance du soleil est reçue dans Toeil. C'est ce (pie disoient Inther et Melaucton. Le premier appeloil les SacrauienUiires une faction à deux langues (Luth. ep. ad Sen. Francof. Ilosp. ad io33. 128.), à cause de leurs équivoques , et disoil qu'ils feisoient un jeu diabolique des paroles de notre Seigneur. La présence que Bucer admet, disoit le dernier (Epist, Mel. ap. Hosp. 1530. 110.), n'esta qu'une présence en [parole, et une » présence de vertu. Or, c'est la présence du corps et du )) sang, et non celle de leur vertu , que nous demandons. Si » ce corps de Jésus-Christ n'est que dans le ciel, et n'est point s avec le pain ni dans le pain ; si enfin elle ne se trouve dans ^ l'Eucharistie que par la contemplation de la loi , ce n'est » qu'une présence imaginaire » .
G. Equivoque de la présence spiritueUe et de In pr^-seiicf' n*rll<:.
Bucer et les siens se fàchoient ici de ce qu'on aftpeloil imaginaire ce qui se faisoit par la foi , comme; si la loi n'eut été qu'une pure imagination. « N'est-ce pas assfîz, disoit Huccr "i* (Epist, Mel. ap. Hosp. 1540. IH.), que Jésus-Christ soit » présent au pur esprit et à l'ame élevée en haut » ?
Il y avoit dans ce discours hien de Técpiivoque. L(;s Luthériens convenoient que la présence du corps et du sanj: dans TEacharistie étoit au-dessus des sens , et de nature à n'être aperçue que par l'esprit et par la foi. Mais ils n'en vouloient pas moins que Jésus-Christ fût présent en sa [)ro[>n; substance dans le sacrement: au lieu que Hucer \ouloit qu'il ne fût présent en effet que dans le ciel , où l'esprit l'alloit chercher par la foi ; ce qui n'avoit rien de réel , rien (pii répondît à l'idée que donnoient ces mots sacrés : Ceci est mon corps , ceci est mon sang.