Présence du corps, comment spiritiirll
Mais quoi donc? ce qui est spirituel n'est-il pas réel? et n'y îi-t-il rien de réel dans le Baptême , à cause (pi'il n'y a rien de corporel? autre équivoque. Les choses spirituelles. comme la gnice et le Saint-Es[)rit , sont autant présentes «pi'elles pcMvent Fétre quand elles le sont s\ûv\U\oto\w\\V.
Mais qu'est-cô qu'un corps présent en esprit seulement, si ce n'est un corps absent en effet , et présent seulement par la pensée? Présence qui ne peut, sans illusion, être appelée réelle et substantielle.
Mais i^oulez-vous donc, disoit Bucer , que Jésus-Christ soit présent corporellement? et vous-même n'avouez- vous pas que la présence de son corps dans TEucharistie est spirituelle?
Luther et les siens ne nioient non plus que les Catholiques que la présence de Jésus-Christ dans TEucharistie ne fût spirituelle quant à la manière, pourvu qu'on leur avouât qu'elle étoit corporelle quant à la substance; c'est-à-dire en termes plus simples, que le corps de Jésus-Christ étoit présent, mais d'une manière divine , surnaturelle , incompréhensible , où les sens ne pouvoient atteindre : spirituelle en cela, que le seul esprit soumis à la foi la pouvoit connître» et qu'elle avoit une fin toute céleste. Saint Paul avoit bien appelé le corps humain ressuscité un corps spirituel (I. Cor. xv. 44. 46.), à cause des qualités divines, surnaturelles, et supérieures aui sens dont il étoit revêtu : à plus forte raison le corps du Sauveur mis dans l'Eucharistie d'une manière si fort incompréhensible pouvoit-il être appelé de ce nom.
8. si la présence du corps n'est que spirituelle, les paroles de Tinstitution sont inutiles.
Au reste , tout ce qu'on disoit , que l'esprit s'élevoit en haut pour aller chercher Jésus-Christ à la droite de son Père, n'étoit encore qu'une métaphore peu capable de réprésenter une réception substantielle du corps et du sang puisque ce corps etce sang demeuroient uniquement dans le ciel, comme l'esprit demeuroit uniquement uni à son corps dans la terre, etqu'iln y avoit non plus d'union véritable et substantielle entre le fidèle et le corps de notre Seigneur, que s'il n'y eût jamais eu d'Eucharistie, et que Jésus-Christ n'eût jamais dit : Ceci est mon corps.
Feignons en effet que ces paroles ne soient jamais sorties
de sa bouche, la présence par l'esprit et par la foi subsistoit
toujours également ; et jamais on ne se seroit avisé de l'ap-
peler substantielle. Que si les parok?; de Jé^as-Ghrist obli-
gent à des expressions plus fortes, c'est à cause qu'elles nous* donnent ce qui ne nous seroit point donné sans elles, c'està-dire le propre corps et le propre sang, dont F immolation et l'effusion nous ont sauvés sur la croix.