Les Suisses s'échauJGfent contre Luther
Les Suisses furent scandalisés de la conférence de Luther, non tant à cause que le diable y paroissoit comme docteur; ilsétoient assez empêchés de se défendre d'une semblable vision dont nous avons vu que Zuingle s'étoit vanté {Hosp. ad an. 1555. 151.) : mais ils ne purent souffrir la manière dont il y traitoit Œcolampade. Il se lit sur ce sujet des écrits trèsaigres : mais Bucer ne laissoit pas de continuer sa négociation; et on tint par son entremise une conférence à Constance pour la réunion des deux partis (FIosp, 156. ). Là ceux de Zurich déclarèrent qu'ils s'accommoderoient avec Luther, à condition que de son côté il leur accorderoit trois points , l'un, que la chair de Jésus-Christ ne se mangeoit que par la foi; l'autre, que Jésus-Christ comme homme étoit seulement dans un certain endroit du ciel ; la troisième, qu'il étoit présent dans l'Eucharistie par la foi , d'une manière propre aux sacrements. Ce discours étoit clair et sans équivoque. Les autres Suisses, et en particulier ceux de Bàle, approuvèrent une déclaration si nette de leur sentiment commun. Aussi étoit-elle conforme en tout à la Confession de Baie : mais encore que cette Confession donnât une idée parfaite de la doctrine du sens figuré; ceux de Baie, qui l'avoient dressée, ne laissèrent pas d'en dresser une autre deux ans après , à
l'occasion que nous allons dire.
49. Autre Confession de foi de Bàle, et la précédente adoucie.
(1536) En 1536, Bucer et Capiton vinrent de Strasbourg.
substantielle, naturelle même, c'est-à-dire sur la présence de Jésus-Christ selon sa nature : il trouva encore des expédients pour le faire réellement recevoir aux fidèles qui communioient indignement. Il demandoit seulement qu'on ne parlât point des impies et des infidèles, pour lesquels ce saint mystère n'a point été institué, et disoii néanmoins que sur ce sujet il ne vouloit avoir de démêlé avec personne (Hosp.p. 2./bL 155.).
(1536.) Avec toutes ces explications, il ne faut pas s'étonner s'il sut adoucir Luther jusqu'alors implacable. Luther crut qu'en effet les . Sacramentaires revenoient à la doctrine de la Confession d'Ausbourg et de l'Apologie. Melancton, avec lequel Bucer négocioit, lui manda qu'il trouvoit Luther plus traitable, et qu'il commençoit à parler plus amiablement de lui et de ses collègues (Hosp.p, 2. an, 1.555. 1536.). Enfin on tint l'assemblée de Yitemberg en Saxe , où se trouvèrent les députés des Églises d'Allemagne des deux partis. Luther le prit d'abord d'un ton bien haut. Il vouloit que Bucer déclarât que lui et les siens se rétractoient, et rejeta bien loin ce qu'ils lui disoient, que la dispute n'étoit pas tant dans la chose que la manière. Mais enfin, après beaucoup de discours où Bucer montra toute sa souplesse , Luther prit pour rétractation ces articles que lui accordèrent ce ministre et ses compagnons.