‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 44 sur 177 · I. Le commencement des agitations de Mekinclon · texte numérisé non relu

I. Le commencement des agitations de Mekinclon

Mais enûn Tarrogance de ce maître impérieux se déclur;i. Tout le monde se soulevoit contre lui, et même ceux qui vouloient avec lui réformer TÉglise. Mille sectes impies s'éh- Yoientsous ses étendards ; et sous le nom de réformatiori , hts armes, les séditions, les guerres civiles lavjigeoient la chrétienté. Pour comble de douleur, la querelle s.icramentairc partagea la Réforme naissante en deux parlis presque égaux : cependant Luther poussoit tout à bout , et ses discours n • faisoient qu'aigrir les esprits au lieu de h^s calmer. 11 panil. tant de faiblesse dans sa conduite, et st's excès furent si étrau ges, que Melancton ne les pouvoit plus ni excuser, ni supporter. Depuis ce temps ses agitations furent imiiM uses. A cha(|ue moment on lui voyoit souhaiter la mort. Se . larmes ne tarirent point durant trente ans (Lib. iv. cp. \\'- ). 119. 842.); ^iYElbe , disoit-il lui-même (Lib, u. op. 202.). ^/' ."; fous sns fotx^ ne lui aurait pu fournir assez (Teaux ])(y.\: pleurer \Qi^ malheurs de la Réforme divisée.

ô. Melancton reconnoît enGn que les (grands succts de Ltitlicr avaiiMit un mauvais principe.

Les succès inespérés de Luther dont il avoit été ébloui d'abord , et qu il prenoit avec tous les autres pour une marque du doigt de Dieu , nVurcnt plus pour lui qu'un foihle agré-

ment , lorsque le temps lui eut découvert les véritables causes de ces grands progrès, et leurs effets déplorables. Il ne fut pas longtemps sans s'apercevoir que la licence et Tindépéndance faisoient la plus grande partie de la Rëformation. ' Si Ton voyoit les villes de l'Empire accourir en foule à ce nouvel Évangile , ce n'étoit pas qu'elles se souciassent de la doctrine. Nos Réformés souffriront avec peine ce discours ; mais c'est Melancton qui l'écrit, et qui l'écrit àLuther {Lib. i. cp. 17.): c( Nos gens me blâment de ce que je rends la juridiction aux » évoques. Le peuple accoutumé à la liberté, après avoir une » fois secoué ce joug , ne le veut plus recevoir , et les villes » de l'Empire sont celles qui haïssent le plus cette domina- » tion. Elles ne se mettent point en peine de la doctrine et » de la religion, mais seulement de l'empire et de la liber- » té. » Il répète encore cette plainte au même Luther : « Nos » associés, dit-il (Lib, i. ep. 20.), disputent non pour TÉvan- » gile,*mais pour leur domination. » Ce n'étoit donc pas la doctrine, c'étoit l'indépendance que cherchoient les villes ; et si elles haïssoient leurs évêques, ce n'étoit pas tant parce qu'ils étoient leurs pasteurs que parce qu'ils étoient leurs souverains.

6. n prévoit lei désordres qui arriveroient pour avoir méprisé Pautorité des évêques.

Il faut tout dire : Melancton n'étoit pas beaucoup en peine de rétablir la puissance temporelle des évêques : ce qu'il vouloit rétablir , c'étoit la police ecclésiastique , la juridiction spirituelle, et en un mot V administration épiscopak ; i^divce qu'il voyoit que sans elle tout alloit tomber en confusion, a Plût à Dieu , plût à Dieu que je pusse, non point confirmer » la domination des évêques , mais en rétablir l'administra- » tion ; car je vois quelle Église nous allons avoir , si nous » renversons la police ecclésiastique. Je vois que la tyrannie

» SERA PLUS INSUPPORTABLE QUE JAMAIS » (Lib. IV. ep. 104.).

(^est ce qui arrive toujours quand on secoue le joug de l'autorité légitime. Ceux qui soulèvent les peuples sous prétexte \ de liberté, se font eux-mêmes tyrans ; et si on n'a pas encore j|J- assez ru que Luther étoit de ce nombYe, la suite le fera paroitre

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nanière à ne laisser aacun doute. Melancton continue; i avoir blâmé ceux qui n'aimoient Luther qu'à cause son moyen ils se sont défaits des évéques, il conclut se sont donné une liberté qui ne feroit aucun bien à térité. Car quel sera, poursuit-il , l'état de l'Église , si changeons toutes les coutumes anciennes , et qu'il n'y K de prélats ou de conducteurs certains? »

rite et la discipline ecclésiastique entièrement méprisées danf les nouvelles Eglises.

voit que dans ce désordre chacun se rendra le maître, aissances ecclésiastiques , à qui l'autorité des apôtres e par succession, ne sont point reconnues, les nouainistres qui ont pris leur place, comment subsiste- ? Il ne faut qu'entendre parler Capiton, collègue de ms le ministère de l'Église de Strasbourg: « L'autorité inistres est, dit-il (Ép, ad FareL Int. ep, Calv, p, 5.), ement abolie: tout se perd, tout va en ruine. Il n'y a nous aucune Église, pas même une seule, où il y ait discipline... Le peuple nous dit hardiment :Yous ! vous faire les tyrans de l'Église qui est libre : vous s établir une nouvelle papauté. » Et un peu après : me fait conrioître Ce que c'est qu'être pasteur, et le ue nous avons fait à l'Église par le jugement précipité, véhémence inconsidérée qui nous a fait rejeter le Car le peuple, accoutumé et comme nourri à la li- , a rejeté tout à fait le frein ; comme si, en détruisant issance des papistes, nous avions détruit en même ; toute la force des sacrements et du ministère. Ils nous ; : Je sais assez l'Evangile : qu'ai-je besoin de votre rs pour trouver Jésus-Christ? Allez prêcher ceux qui \\ vous entendre. » Quelle Babylone est plus confuse te Église, qui se vantoit d'être sortie de l'Eglise rolomme d'une Babylone? Voilà quelle étoit l'Église de urg, elle que les nouveaux Réformés proposoient sans Erasme, lorsqu'il se plaignoit de leurs désordres, la plus réglée et la plus modeste de toutes leucs

Égiises; voilà quelle elle étoit environ Tan 1537, c'es dans sa force et dans sa fleur.

Bucer, le collègue de Capiton, n'en avoit pas meille nion en 1540, et il avoue qu'on n'y avoit rien tant re que le plaisit de vivre à sa fantaisie (Int. ep. Calv. 510.).

Un autre ministre se plaint à Calvin qu'il n'y a m dans leurs Églises, et il en rend cette raison : « qu'une » partie des leurs croit s'être tirée de la puissance de » christ, en se jouant à sa fantaisie des biens de l'É » en ne reconnoissant aucune discipline «(/n^ep.Coiu. Ce ne sont pas là.des discours où l'on reprenne les d( avec exagération. C'est ce que les nouveaux pasteur; vent confidemmeut les uns aux autres; et on y voit le effets de la Réforme.

s. Autre fruit de la Réforme. La servitude de TEglise, où le i se fit pape.

Un des fruits qu'elle produisit fut la servitude oi l'Église. Il ne faut pas s'étonner si la nouvelle Rcforn soit aux princes et aux magistrats, qui s'y rcndoient de tout, et même de la doctrine. Le premier effet du Évangile dans une ville voisine de Genève, c'est Mont fut une assemblée qu'on y tint des principaux habitam apprendre ce que le prince ordonnerait de la Cène (C p. 50. 51. 52.). Calvin s'élève inutilement contre ce il y espère peu de remède; et tout ce qu'il peut fain s'en plaindre comme du plus grand désordre qu'on pu duire dans l'Église. Mycon, successeur d'Œcolarapm le ministère de Bâle, fait la même plainte aussi vair Les Laïques, dit-il {Int. ep, Calv, p. 52.), s'attribuent le magistrat s^est fait pape.

C'étoit un malheur inévitable dans la nouvelle R( elle s' étoit établie en se soulevant contre les évêques ordres du magistrat. Le magistrat suspendit la messe bourg, l'abolit en d'autres endroits, et donna la forme vice divin. Les nouveaux pasteurs étoient institués ] autorité : il étoit juste après cela qu'il eût toute la pi

gljse. Ainsi .ce qu'on gagna dans la Réforme, en rejeape ecclésiastique, successeur de saint Pierre, fut de T un Pape laïque, et de mettre entre les mains des \8 l'autorité des Apôtres.

irend la mission du prince pour faire la Tisite ecclésiastiqae.

* tout fier qu'il étoit de son nouvel apostolat, ne se idre d'un tel abus. Seize ans s'étoient écoulés depuis 3ment de sa réforme' dans la Saxe, sans qu'on eût it songé à visiter les Eglises, ni à voir si les pasteurs ivoit établis faisoient leur devoir, et si les peuples du moins leur catéchisme. On leur avoit fort bien lit Luther {Visit. Sax. cap. de doc, caj). de libert. te), « à manger de la chair les vendredis et les saà ne se confesser plus, à croire qu'on étoit justifié ;eule foi, et que les bonnes œuvres ne méritoient > mais pour prêcher sérieusement la pénitence, Lucien connoître que c'étoit à quoi on pensoit le moins, rraateurs avoient bien d'autres affaires. Pour enfin ' à ce désordre en 1558, on s'avisa du remède de la îonnue dans les canons. « Mais personne, dit Luther Vcp/".), n'étoit encore parmi nous appelé àceminist saint Pierre défend de rien faire dans l'Eglise, sfins 5uré par une députatioii certaine que ce qu'on fait ivre de Dieu : » c'est-à-dire en un mot, qu'il faut . une mission, une vocation, une autorité légitime. ez que les nouveaux Evangélistes avoient bien reçu t une mission extraordinaire pour soulever les peure leurs évoques, prêcher malgré eux, et s'attribuer itration des sacrements contre leur défense; mais 3 la véritable fonction épiscopale, qui est de visiter riger, personne n'en avoit reçu la vocation ni l'ordre tant cette céleste mission étoit imparfaite; tant ceux Qtoient, s'en défioientdans le fond. Le remède qu'on ce défaut, fut d'avoir recours au Prince, comme à la » indubitablement ordonnée de Dieu dans ce pays CTesl ainsi que parle Luther. Mais cette puissance

établie de Dieu, Ta-t-elle été pour cette fonction? Non, Luther Tavoue : et il pose pour fondement que la visite est xm fonction apostolique. Pourquoi donc ce recours au Prince^ C'est, dit Luther, qu encore que par sa puissance séculière i ne soit point chargé de cet office, il ne laissera pas par char^ de nommer des visiteurs ; et Luther exhorte les autres prince à suivre cet exemple ; c'est-à-dire qu'il fait exercer la fonclioi des évêques par l'autorité des princes ; et on appelle celli entreprise une charité dans le langage de la Réforme.

10. Les Eglises luthériennes ne sont pns mienx dtscipIinèes^etMelaocta le reconnoit.

Ce récit fait voir que les Sacramentaires n'étoient pas le seuls, qui, destitués de l'autorité légitime, avoîent rems! leurs Eglises de confusion. Il est vrai que Capiton, aprè s'être plaint, dans la lettre qu'on vient de voir, que la disci pline étoit inconnue dans les Eglises de la secte, ajoute qui n'y avoit dç discipline que dans les Églises luthériennes (Jnt Epist. Calv. p. 5. n. 7.). Mais Melancton, qui les connoissoit, raconte en parlant de ces Eglises en 1532, et à peu p ,dans le même temps que Capiton écrivit sa lettre : « que » discipline y étoit ruinée ; qu'on y doutoit des plus grandes «choses: cependant qu'on n'y vouloit point entendre, no^ » plus que parmi les autres, à expliquer nettement les dog-' » mes; et que ces maux étoient incurables » (Lib, iv. ep. 155): si bien qu'il ne reste aucun avantage aux Luthériens , si ce n'est que leur discipline telle quelle, étoit encore si fort audessus de celle des Sacramentaires, qu'elJe leur faisoit envie.

Ai, Melancton déplore la licence du parti, où le peuple déoidoit à table des points de la religion.

Il est bon d'apprendre encore de Melancton comment les grands du parti traitoient la théologie et la discipline ecclésiastique. On parloit assez foiblement de la confession des péchés parmi les Luthériens ; et néanmoins le peu qu'on y en disoit, et ce petit reste de la discipline chrétienne qu'on y avoit voulu retenir, frappa tellement un homme d'importance, qu'au rapport de Melancton il avança dans un gi*aii<^

fesliû ( « car c'est là, dit-il (Lib, iv. ep, 71.), Stiulement » qD'ib traitent la théologie ) qu'il s'y falloit opposer ; que I » toos ensemble ils dévoient prendre garde à ne se laisser > pas ra?ir la liberté Qu'as àvoient recouvrée : autrement » qu'on les replongeroit dans une nouvelle senitude, et que » déjà on renouveloit peu à peu les anciennes traditions. » Yoilà ce que c'est d'exciter l'esprit de révolte parmi les peuples, et de leur inspirer sans discernement la haine des traditions. On voit, dans un seul festin, l'image de ce qu'on faisoit dans les autres. Cet esprit régnoit dans tout le peuple : et Melancton dit lui-même à son ami Gamerarius, en parlant de CCS nouvelles Eglises : Vous voyez les emportements de la multitude, et ses aveugles désirs (ibid. 769.) ; on n'y pouvoit établir la règle.

42* La juftiœ imputatWe diminiioit la nécessité des bonnes œuvres. Décision des Luthériens et de Melancton.

Ainsi la réformation véritable, c'est-à-dire celle des mœurs, recaloit au lieu d'avancer, pour deux raisons: l'une, que l'autorité étoit détruite; l'autre, que la nouvelle doctrine portoitau relâchement.

Je n'entreprends pas de prouver que la nouvelle justification avoit ce mauvais effet; c'eit une matière rebattue, et qui n'est point de mon sujet. Mais je dirai seulement ces faits constants, qu'après l'établissement de la justice imputée, la doctrine des bonnes œuvres baissa tellement, que des principaux disciples de Luther dirent que c'étoit un blasphème d'enseigner qu'elles fussent nécessaires. D'autres passèrent jusqu'à dire qu'elles étoicnt contraires ai# salut; tous décidèrent d'un commun accord qu'elles n'y étoient pas nécessaires. On peut bien dire dans la nouvelle Réforme que les bonnes œuvres sont nécessaires comme des choses que Dieu exige de l'homme : mais on ne peut pas dire qu'elles sont nécessaires au salut. Et pourquoi donc Dieu les exige-t-il? N'est-ce pas afin qu'on soit sauvé? Jésus-Christ n'a-t-il pas dit lui-même : Si vou>s voulez entrer dans la vie, gardez les commandements (Matth. xix. 17.)? C'est donc présisément pour avoir la vie et le salut éternel que les bonnes œuvres

sont nécessaires selon TÉvangile; et c'est ce que prêche toute rÉcriture: mais la nouvelle Réforme a trouvé cette subtile distinction, qu'on peut sans difficulté les avouer nécessaires, pourvu que ce ne soit pas pour le salut.

Il s'agissoit des adultes : car pour les petits enfants, tout le monde en étoit d'accord. Qui eût cru que la Réformation dût enfanter un tel prodige, et que cette proposition, let bonnes oeuvres sont nécessaires au salut, pût jamais être condamnée ? Elle le fut par Melancton et par tous les Luthériens {MeL ep. lib, i. 70. coL 84-), en plusieurs de leurs assemnlées, et en particulier dans celles de Yormes en i 557, dont nous verrons les actes en son temps.

'IS. Nulle réformation des mœurs dans les Eglises protestantes : témoignage d'Erasme.

Je ne prétends pas ici reprocher à nos Réformés leuw mauvaises mœurs; les nôtres, à les regarder dans la plupart des hommes, ne paroissoient pas meilleures : mais c'est qu'il ; ne faut pas leur laisser croire que leur Réforme ait eu les fruits véritables qu'un si beau nom faisoit attendre, ni que ^ leur nouvelle justification ait produit aucun bon effet. ]

Erasme disoit souvent que de tant de gens qu'il voyoit en- , trer dans la nouvelle Réforme (et il avoit une étroite familiarité avec la plupart et les principaux), il n'en avoit vu aucun qu'elle n'eût rendu plus mauvais, loin de le rendre meilleur. Quelle race évangélique est ceci? disoit-il ( ^/». jp. 818. 822. lib. xix. Ep. 3. xxxi. 47. p. 2053. etc. L. vi. 4. XVIII. 6. 24. 49. XIX. 54. il5. xxi. 3. xxxi. 47. 59, efc.), jamais on ne vit rien de plus licencieux, ni de plus séditieux tout ensemble, rien enfin de moins évangélique que ces évangéliques prétendus: ils retranchent les veilles et les ofûces de la nuit et du jour. C'étoient, disent-ils-, des superstitions pharisaîques : mais il falloit donc les remplacer de quelque chose de meilleur, et ne pas devenir Epicuriens à force de s'éloigner du judaïsme. Tout est outré dans cette Réforme: on arrache ce qu'il faudroit seulement épurer ; on met le feu à la maison pour en consumer les ordures. Les mœurs sont négligées; le luxe, les débauches, les adultères se multiplient

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lus que jamais; il n'y a ni règle ni discipline. Le peuple idocile, après avoir secoué le joug des su])6rieur8, n'en vent lus croire personne ; et dans une licence si désordonnée, .Qtheraura bientôt à regretter cette tyrannie, comme il Tap- Klle, des évêques. Quand il écrivoit de cette sorte à ses amis irotestants des fruits malheureux de leur Uéforme (Lih. xix. Lxxx. 6â.)9 ils enconvenoientavcc lui de bonne foi. « J'aim(; • mieux, leur disoit-il (Lib. xix. 3.), avoir alfaire aux pa- » pistes que vous décriez tant. » Il leur reiuoclie lu malice Tun Capiton; les médisances malignes d'un Farel, ((u'OIOcotmpade à la table duquel il vivoit, ne pouvoit ni souiïnr, ni éprimer; l'arrogance et les violences de Zuingle; et enfin elles de Luther, qui tantôt scmbloit parler comme les apôres, et tantôt s'abandonnoit à de si étranges excès et à de si lates bouiîonueries, qu'on voyoit bien que cet air aposto- ^ue, qu'il affectoit quelquefois, ne pouvoit venir de son ond. Les autres qu'il avoit connus ne valoient pas mieux. J(i rpuve, disoit-il (Lib, xxxi. epist. HO. col, 2118.), plus de >iété dans un seul bon évéque catholique, que dans tous ces louveaux Évangélistes. Ce qu'il en disoit n'étoil pas pour llat- Brles Catholiques, dont il accusoit les dérèglements par des liscours assez libres. Mais outre qu'il trouvoit mauvais (pi'on Rt sonner si haut la Réformation sans valoir mieux que les antres, il falloit mettre grande différence entre ceux qui néiJigeoient les bonnes œuvres par foiblesse, et ceux qui en tonuoient la nécessité et la dignité par maxime.

4 A. Témoignage de Bucer.

Mais voici un témoignage pour les Protestants qui les serrera de plus près: ce sera celui de Bucer.- En 15^2, et plus lé vingt ans après la Réformation, ce ministre écrit à Calvin, lue parmi eux les plus évangéliques ne savoient pas seulelient ce que c'étoit que la véritable ^pénitence (Int. ep. Calv. p. U.): tant on y avoit abusé du nom de la Réforme et de l'É- ^gile. Nous venons d'apprendre la même chose de la bouche de Luther {Visit. Sax, cap. de doct. a. de lib. Christ, etc. ci-dessus, n. 9.). Cinq ans après cette lettre de Bucer, cl

parmi les victoires de Charles Y, Bucer écrit encore au même Calvin (Int, ep. Calv. p, 100.): « Dieu a puni Finjure qaa » nous avons faite à son nom par notre si longue et très- I) pernicieuse hypocrisie. » C'étoit assez bien nommer la licence couverte du titre de Réformation. En 1549, il marque en termes plus forts le peu d'effet de la Réfomiation préten-, due, lorsqu'il écrit encore à Calvin (Ibid, 509. 510.): a Nos » gens ont passé de l'hypocrisie si avant enracinée dans la » papauté, à une profession telle quelle de Jésus-Christ; et » il n'y a qu'un très-petit nombre qui soient tout à fait sorti » de cette hypocrisie. » A cette fois il cherche querelle, veut rendre l'Église romaine coupable de l'hypocrisie qu' reconnoissoit dans son parti, car si, par l'hypocrisie romaine^ il entend, selon le style de la Réforme, les vigiles, les abstinences, les pèlerinages, les dévotions qu'on faisoil à l'honneur des saints, et les autres pratiques semblables, on M: pouvoit pas en être plus revenus qu'étoient les nouveanx Réformés ; puisque tous ils avoient passé aux extrémités opposées : mais comme le fond de la piété ne consistoit pas dans ces choses extérieures, il consistoit encore moins à les abolir. Que si c'étoit l'opinion des mérites, que Bucer appeloit ici notre hypocrisie ; la Réforme n'étoit encore que trop corrigée de ce mal, elle qui ôtoit ordinairement jusqu'au mérite, qui étoit un don de la grâce, bien que la force de la vérité le lui fît quelquefois reconnoître. Quoi qu'il en soit, la Réformation avoit si peu prévalu sur l'hypocrisie, que très-peu, selon Bucer, étoient sortis d'un si grand mal. « C'est pourquoi, pour- » suit-il, nos gens ont été plus soigneux de paroître disciples » de Jésus-Christ, que de l'être en effet; et quand il a nui à » leurs intérêts de le paroître, ils se sont encore défaits de » cette apparence; Ce qui leur plaisoit, c'étoit de sortir de la » tyrannie et des superstitions du Pape, bt de vfvre a leur » FANTAISIE. » Un peu après: (c Nos gens, dit-il, n'ont jamais » voulu sincèrement recevoir les lois de Jésus-Christ ; aussi » n'ont-ils pas eu le courage de les opposer aux autres avec » une constance chrétienne... Tant qu'ils ont cru avoir quel- » que appui dans le bras de la chair, ils ont fait ordinairement D des réponses assez vigoureuses : mais ils s'en sont très-peu

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I soavenns, lorsqae ce bras de la chair a été rompu, et qu'ils t D'ont plus eu de secours humain. »

Sans doute jusqu'alors la Réformation véritable, c'csl-àdire celle des mœurs, avoit de foibics fondements dans la Uforme prétendue; et Tœuvre de Dieu tant vantée et tant désirée ne s'y faisolt pas.

45. Tyrannie insapportable de Luther; ce quo GalTin en écrÎTit à Melancton.

Ce que Melancton ayoit le plus espéré dans la Réforme de Uither, c'étoit la liberté chrétienne, et raffranchissement de ' tout joug humain : mais il se trouva bien déçu dans ses espérances. Il a vu près de cinquante ans durant TÉglise lutJiérienne toujours sous la tyrannie, ou dans la confusion. Elle porta longtemps la peine d'avoir méprisé l'autorité légitime. On'y eut jamais de maître plus rigoureux que Luther, ni de tyrannie plus insupportable que celle qu'il exerçoit dans les matières de doctrine. Son arrogance étoit si connue, qu'elle liiisoil dire à Muncer, qu'il y avoit deux Papes, l'un celui do Rome, et l'autre Luther, et ce dernier le plus dur. S'il n'y eût eu que Muncer, un fanatique et un chef de fanatiques, Melancton eût pu s'en consoler : mais Zuinglc, mais Calvin, ' mais tous les Suisses, et tous les Sacramentaircs, gens que Melancton ne méprisoit pas, disoient hautement, sans qu'il ta pût contredire, que Luther étoit un nouveau Pape. Perinne n'ignore ce qu'écrivit Calvin à son confident Bulinger {fip. p. 520.) : « qu'on ne pouvoit plus souffrir les emportc- » menls de Luther, à qui son amour-propre ne permettoit » pas de connoître ses défauts, ni d'endurer qu'on le contre- 1 dît. » Il s'agissoit de doctrine, et c'étoit principalement sur la doctrine que Luther se vouloit donner cette autorité absolue. La chose alla si avant, que Calvin s'en plaignit à Melancton même : avec quel emportement, dit-il (Calv. ep. ad MeL p. 72.), foudroie votre Périclès? C'étoit ainsi qu'on nommoit Luther, quand on vouloit donner un beau nom à son éloquence trop violente. « Nous lui devons beaucoup, je l'avoue, ■ et je souffrirai aisément qu'il ait une très-grande autorité, » pourvu qu'il sache se commander à lui-même ; quoiqu'enfui

» il seroit temps d'aviser combien nous voulons défén » hommes dans TÉglise. Tout est perdu lorsque quel » peut seul plus que tous les autres, surtout quand il ne » pas d'user de tout son pouvoir... Et certainemeni » laissons un étrange exemple à la postérité, pendan » nous aimons mieux abandonner notre liberté, que d' » un seul homme par la moindre offense. Son esprit e » lent, dit-on, et ses mouvements spnt impétueux ; con » cette violence ne s'emportoit pas davantage, pendai » tout le monde ne songe qu'à lui complaire en tout. » une fois pousser du moins un gémissement libre. »

Combien est-on captif quand on ne peut pas même en liberté ! On est quelquefois de mauvaise humeur, j voue ; quoiqu'un des premiers et des moindres effets vertu soit de se vaincre soi-même sur cette inégalité ; que peut-on espérer quand un homme, et encore un h qui n'a pas plus d'autorité, ni peut-être plus de savoir q autres, ne veut rien entendre, et qu'il faut que tout p; son mot?

46, Melaiicton tyrannisé par Luther, songe à la fuite.

Melancton n'eut rien à répondre à ces justes plain lui-même n'en pensoit pas moins que les autres. Cei vivoient avec Luther ne sayoient jamais comment ce rigc maître prendroit leurs sentiments sur la doctrine. Il le naçoit de nouveaux formulaires de foi, principalement a des Sacramentaires, dont on accusoit Melancton de r l'orgueil par sa douceur. On se servoit de ce prétexte aigrir Luther contre lui, ainsi que son ami Camerarius dans sa vie (Cam, in vit. Phil, Mel.), Melancton ne point d'autre remède à ces maux que celui de la fuite ; gendre Peucer nous apprend qu'il y étoit résolu {Peu ad vit. Theod. IIosp. p. 2. f. 195. et seq.). Il écrit Inique Luther s'emporta si violemment contre lui, sur une reçue de Bucer, qu'il ne songeoit qu'à se retirer étei ment de sa présence (Mel. lib. iv. ep. 315.). Il vivoi une telle contrainte avec Luttver, et avec les chefs du pj

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on Faccabloit tellement de travail et d'inquiétude, qu'il écrivit, n'en pouvant plus, à son ami Camerarius : a Je suis, I dit-il {Lib, iv. 255.), en servitude conmie dans Tantrc du ■ cyclope; car je ne puis vous déguiser mes sentinifnts; ctj« I pense souvent à m'enfuîr. » Luther n'étoit pas le seul qui le violentoit. Chacun est maître à certains moments parmi ceux qui se sont soustraits a Fautorité légitime; et le plus nodéré est toujours le plus captif.

47.11 passe sa Tie sans oser jamais s'expliquer tout à fait sur la doctrine.

Quand un homme s'est engagé dans un parti pour dire .«^on sentiment avec liberté, et que cet a[>pcU trompeur Ta fait renoncer au gouvernement établi : s'il trouve «près (pje le jon^ s'appesantisse, et que non-seuiement le nuiitre qu'il aura choisi, mais encore ses compagnons le tiennent plus sujet qu'auparavant, que n'a-t-il point à souffrir? et faut-il nous étonner des lamentations continuelles de Melanelon? Non, Melancton n'a jamais dit tout ce qu'il j^ensoit sur ladortrinr-, pas môme quand il écrivoit à Ausbourg sa Confession de foi et celle de tout le parti. Nous a\ons vu (|u'il accommodait ses dogmes à V occasion (Ci-dessus, liv. m. n, Gr>. j : il étoit pn*t à dire beaucoup de choses plus douces, c'est-à-dire, plus approchantes des dogmes reçus par les Catholiques, si ses ^^pagnons Vavoient permis. Contraint de tous colés, et plus encore de celui de Luther que de tout autre , il n'ose jamais parler, et se résenc à de meilleurs temps, s* il en vient, dit-il (lib. rv. ep. 204.), qui soient propres an:r desseins que j" ai dans l'esprit. C'est ce qu'il écrit m irri' dans rassemblée de Smalcade , où on dressa les articles dont nous v«*nons de parler. On le voit cinq ans après, et en l.'ii^, sou|»irer encore après une assemblée libre riu parti. iLih. i. ep. Mi), ^ol. \A1.), où l'on explique la doctrine d'une manière ft'rme et précise. Encore après, et vers le)> deniières années d(- sa vie, B écrit à Calvin et à Bulinger, qu'on devoit écrire contre lui sur le sujet de l'Eucharistie et de radoralion du pain : c'étoit des Luthériens qui dévoient faire cf livre : s'ils le publient, disoit-il (Ep. Mel intef- Calr. ep. p. ^218. "îô^.N, je paT\(>Ta\

franchement. Mais ce meilleur temps, ce temps de parier franchement, et de déclarer sans crainte ce qu'il appeloit la vérité , n'est jamais venu pour lui ; et il ne se trompoit pas quand il disoit que, de quelque sorte que tournassent les affaires, jamais on n'auroit la liberté de parler franchement sut les dogmes (Lib. iv. ep. 136.). Lorsque Calvin et les autres l'excitent à dire ce qu'il pense , il répond comme un homm< qui a de grands ménagements, et qui se réserve toujours i expliquer de certaines choses (Ep, MeL int, Calv, ep,p: 199. Calv. resp. 211.), que néanmoins on n'a jamais vues : de sorte qu'un des maîtres principaux de la nouvelle Réforme, et celui qu'on peut dire dire avoir donné la forme au luthéranisme , est mort sans s'être expliqué pleinement sur les controverses les plus importantes de son temps.

^8. NouYeUe tyrannie dans les Eglises luthériennes, après celle de Luther.

C'est que durant la vie de Luther il falloit se taire. On ne fut pas plus libre après sa mort. D'autres tyrans prirent la place. C'étoientlUiricet les autres qui menoient le peuple. Le malheureux Melancton se regarde au milieu des Luthériens ses collègues , comme au milieu de ses ennemis , ou , pour me servir de ses mots , comme au milieu des guêpes furieuses, et n* espère trouver de sincérité . que dans le ciel [Uel epist. ad Calv. inter Calv. epist. p. 144.). Je voudrois qu'il me fût permis d'employer le terme de démagogue, dont il se sert : c'étoit dans Athènes et dans les Etats populaires de la Grèce certains orateurs , qui se rendoient tout-puissants sur la populace , en la flattant. Les Eglises luthériennes étoient menées par de semblables discoureurs : « gens ignorants, «selon Melancton (Lib. iv. ep. 836. 842. 845.), qui ne » connoissoient ni piété, ni discipline. Voilà, dit-il, ceux » qui dominent: et je suis comme Daniel parmi les lions. » C'est la peinture qu'il nous fait des Eglises luthériennes. On tomba de là dans une anarchie, c'est-à-dire , comme il dit

. lui-même (Ibid, et L i. ep, 107. iv. 7G. 876, etc), dans un état qui enferme tous les maux ensemble : il veut mourir, et

. ne voit plus d'espérance qu'eu celui qui avoit promis de sou-

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tenir son Église , même dans sa vieillesse, et jusqu'à la fin des tiècks. Heureux, s'il avoit pu voir; qu'il ne cesse donc jamais de la soutenir!

^O.Melancton ne sait où il en est, et cherche toule sa vie sa religion.

(Test à quoi on se devoit arrêter : et puisqu'il en failoit enfin revenir aux promesses faites à TEglisc , Melancton n\v Toilqu'à considérer qu'elles dévoient avoir toujours été autant inébranlables dans les siècles passés, qu'il Touloit croire qu'elles le seroient dans les siècles qui ont suivi la Réforniation. L'Église luthérienne n'avoit point d'assurance particulière de son éternelle durée; et la réformation faite par Luther ne devoit pas demeurer plus ferme que la première instulition faite par Jésus-Christ et par ses apôtres. Comment Melancton nevoyoit-ii pas que la Réforme, dont il vouloit qu'on changeât tous les jours la foi, n'étoit qu'un ouvrage humain? Nous avons vu qu'il a changé et rechangé hraucoup d'articles importants de la Confession d'Ausbourg, après même qu'elle »été présentée à l'Empereur ( Voyez ci-dessus, lio. m. n. 5. ^miv. 29. ). Il a aussi ôté en divers temps beaucoup de choses importantes de l'Apologie, encore qu'elle fût souscrite de tout le parti avec autant de soumission que la Confession d'Ausbourg. En 1332, après la Confession d'Ausbourg et l'Apologie, il écrit encore « que des points très-importants res-

* tent indécis , et qu'il failoit chercher sans bruit les moyens

* d'expliquer les dogmes (Lib, iv. ep. 135.). Que je souhaite, ^dit-â, que cela se fasse et se fasse bien! » comme un homme qui sentoit en sa conscience que rien jusqu'alors ne 8'étoitfait comme il faut. En 1555 : « Qui est-ce qui songe,

* dit-il {/6îd. ep. 140.), à guérir les consciences agitées de •doutes et à découvrir la vérité?» En 1555 : « Combien,

* dit-il {Ibi'd. ep. 170.), méritons-nous d'être blâmés, nous

* qui ne prenons aucun soin de guérir les consciences agi-

* tées de doutes, ni d'expliquer les dogmes purement et sim- •plement, sans sophisterie? Ces choses me tourmentent

* terriblement. » Il souhaite dans la même année, « qu'une » assemblée pieuse juge le procès de rEucharisUc et «v.ws

» tyrannie » (Lib. m. ep. 114.). Il juge donc la chose indécise; et cinq ou six manières d'expliquer cet article, qu( nous trouvons dans la Confession d'Ausbourg et dans l'Apologie, ne l'ont pas contenté. En 1536, accusé de trouver encore beaucoup de doutes dans la doctrine dont il faisoit profession, il répond d'abord qu'elle est inébranlable {Lib, iv. ep, 194.); car il falloit bien parler ainsi, ou abandonner la cause. Mais il fait connoître aussitôt après , qu'en efiFet il j restoit beaucQup de défauts : il ne faut pas oublier qu'il s'agissoit de doctrine. Melancton rejette ces défauts sur les vicei et sur l'opinicUreté des ecclésiastiques, « par lesquels il es » arrivé, dit-il, qu'on laisse parmi nous aller les choses » comme elles pouvoient, pour ne rien dire de pis ; qu'on y » est tombé en beaucoup de fautes , et qu'on y fît au com- » mencement beaucoup de choses sans raison. » Il reconnoît le désordre; et la vaine excuse qli'il cherche, pour rejeter sur l'Eglise catholique les défauts de sa religion, ne le couvre point. Il n'étoit pas plus avancé en 1557, et durant que tous les docteurs du parti, assemblés avec Luther à Smalcalde, y expliquoient de nouveau les points de doctrine , ou plutôt qu'ils y souscrivoient aux décisions de Luther. « J'étois d'a- » vis, dit-il (Ibid. ep. 98.), qu'en rejetant quelques paradoxes » on expliquât plus simplement la doctrine : » et encore qu'il ait souscrit, comme on a vu, à ces décisions , il en fut si peu satisfait, qu'en 1542 nous l'avons vu « souhaiter encore une » autre assemblée, oii les dogmes fussent expliqués d'une )) manière ferme et précise » (Lib, i. ep, 110.). Trois ans après, et en 1545, il reconnoît encore que la writé avoit éé découverte fort imparfaitement aux prédicateurs du nouvel Evangile. « Je prie Dieu, dit-il (Lib, iv. ep, G62.) , qu'il fasse » fructifier cette telle quelle petitesse de doctrine qu'il nous » a montrée. » Il déclare que pour lui il a fait tout ce qu'il a pu. (( La volonté, dit-il, ne m'a pas manqué; mais le temps» » les conducteurs et les docteurs. » Mais quoi! son maître Luther, cet homme qu'il avoit cru suscité de Dieu pour dis-siper les ténèbres du monde, lui manquoit-il? Sans doute i* 5efondoitpeu sur la doctrine d'un tel maître, quand il se plaint si amèrement d'avoix m^wc^wé de docteur. En effet,

après la mort de Luther, Melancton qui en tant d'endroits lui donne tant de louanges, écrivant confidemment à son ami Gamerarius, se contente de dire assez froidement , qu^7 a du moins bien expliqué quelque partie de la doctrine céleste (Ibid. ep. 699.). Un peu après il confesse que lui et les autres sont tmbés dans beaucoup d'erreurs, qu*on ne pouvait éviter en iwtant de tant de ténèbres (Ibid. cp. 757.), et se contente de dire {^e plusieurs choses ont été bien expliquées; ce qui s'accorde parfaitement avec le désir qu'il avoit qu'on expliquât mieux les autres. On voit , dans tous les passages que nous avons rapportés, qu'il s'agit de dogmes de foi; puisqu'on y parle partout de décisions, et de décrets nouveaux sur la doctrine. Qu'on s'étonne maintenant de ceux qu'on appelle Chercheurs en Angleterre. Voilà Melancton lui-môme qui cherche encore beaucoup d'articles de sa religion , quarante Ips après la prédication de Luther, et rétablissement de sa ftéfonne.

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