Les cérémonies et le signH de la croix retenus
Parmi ces altérations, trois choses sont demeurées, lei cérémonies sacrées, les fêtes des saints, les abstinences et li carême. On a bien voulu que , dans le service , les prêtre eussent des habits mystérieux, symbole de la pureté et de autres dispositions que demande le culte divin. On regard les cérémonies comme un langage mystique (P. 121. 508.) et Calvin parut trop outré en les rejetant. On retint Tusag du signe de la croix (P. 120. ) , pour témoigner solennelle ment que la croix de Jésus-Christ ne nous fait point rougir On vouloit d'abord que « le sacrement du Baptême , le set » vice de la Confirmation et la consécration de TEucharisti » fussent témoins du respect qu'on avoit pour cette saint » cérémonie. » A la fin néanmoins on Ta supprimée dans l Confirmation et dans la consécration ( P. 258. ) , oii sain Augustin, avec toute Tantiquitê, témoigne qu'elle a toujour été pratiquée ; et je ne sais pourquoi elle est demeurée seu Icinent dans le Baptême.
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sentent comme une fort bonne fennne. » Ces caractères mtbien différents de ceux de sa rivale, Anne de Houleii. [uand on youdroit la justifier des infamies dont ses favoris i chaînèrent en mourant, M. Burnet ne nie pas que son ojouement ne fût immodeste, ses libertés indiscrètes, sa onduite irrégulière et licencieuse (Ibid, p, 268. 271. 282, Ec). On ne vit jamais une honnête femme, pour ne pas dire ne reine, se laisser manquer de respect, jusqu'à souffrir des léclarations telles que des gens de toute qualité, et môme do iplus basse, en firent à cette princesse. Que dis-jc, les souf- Wr? s'y plaire, et non-seulement y entrer, mais encore se les attirer elle-même, et ne rougir pas de dire à un (Ut ses plants, a qu'elle voyoit bien qu'il différoitdese marier, dans » l'espérance de l'épouser elle-même après la mort du » Roi. » Ce sont toutes choses avouées par Anne; et loin d'en TOir de plus mauvais œil ces hardis amants, il est certain, sans vouloir approfondir davantage, qu'elle ne les en Iraitoit qae mieux. Au milieu de cette étrange conduite, on nous M8ure qu'elle redoublait ses bonnes (rnvres et ses aumônes |(T. I. liv. m. p. 266.)-; et hors l'avancement de la Réforma- I lion prétendue, que personne ne lui dispute, voilà tout ce iQ'on nous dit de ses vertus.
21. Snite du parallèle, et marque \isihle dti jugement de Dieu. Cranmcr casse le mariag^e du Roi et d*Anne.
Hais à regarder les choses plus à fond, on ne peut s'empêcher de reconnoître la main de Dieu sur cette princesse. Elle ne jouit que trois ans de la gloire où tant de troubles l'avoient établie: de nouvelles amours la ruinèrent, comme le nouvel amour qu'on eut pour elle Tavoit élevée ; et Henri, qui lui avoit sacrifié Catherine, la sacrifia bientôt elle-même à la jeunesse et aux charmes de Jeanne Seymour. Mais Catherine, en perdant les bonnes grâces du Uoi, conserva du moins son estime jusqu'à la fin ; au lieu qu'il fit mourir Anne sur un échafaud comme une infâme. Cette mort arriva quelques mois après celle de Catherine. Mais Catherine sut consenrer jusqu'à la fin le caractère de gravité et de constance :|u'dle avoit eu dans tout Je cours de sa vie ^P. 1^i\, 1^.^«
aimé avoir des commandements du Roi que des commandements de l'Église.
U5. Grannier renverse tout Tordre dans sa Réforme.
I^Iais ce qu'il y a de plus surprenant dans la Réformation anglicane, c'est une maxime de Cranmer. Au lieu que dans la vérité le culte dépend du dogme, et doit être réglé par là, Cranmer renversoit cet ordre ; et avant que d'examiner la doctrine, il supprimoit dans le culte ce qui lui déplaisoit le plus. Selon M. Burnet, « l'opinion de la présence de Jésus- » Christ dans chaque miette de pain a donné lieu au retrari- » chement de la coupe (Ibid. 251.). Et en effet, poursuit-il » (//. part, p, 61.), si cette hypothèse est juste, la commu- )) nion sous les deux espèces est inutile. » Ainsi la question de la nécessité des deux espèces dépendoit de celle de la présence réelle. Or en 1548 l'Angleterre croyoit encore la présence réelle, et le Parlement déclaroit que « le corps du » Seigneur étoit contenu dans chaque morceau, et dans les » plus petites portions de pain » (P. 97,). Cependant on avoit déjà établi la nécessité de la communion sous les deux esr pèces, c'est-à-dire, qu'on avoit tiré la conséquence avant que de s'être bien assuré du principe.
0^. Suite.
L'année d'après on voulut douter de laprésence réelle; et la question n' étoit pas encore décidée (H. part. p. 121.), quand on supprima par provision l'adoration de Jésus-Christ dans le sacrement : de même que si on disoit en voyant le peuple dans un grand respect comme en présence du Roi : commençons par empêcher tous ces honneurs; nous verrons après si le Roi est là, et si ces respects lui sont agréables. On ôta de même l'oblation du corps et du sang, encore que cette oblation dans le fond ne soit autre chose que la consécration faite devant Dieu de ce corps et de ce sang comme réellement présents avant la manducation : et sans avoir examiné le principe, on en avoit déjà renversé la suite infaillible.
La cause d'une ronduUe si irré^ulière, c'est qu'on menoil
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! peuple par le motif de la haioe, et non par celui de la aison. Il étoit aisé d'eiciter la haine contre certaines praques dont on ne montroit ni la source ni le droit usage, sur- Dut lorsqu'il s'y étoit mêlé quelques abus : ainsi il étoit aisé le rendre odieux les prêtres qui abusoient de la messe pour m gain sordide ; et la haine une fois échauffée contre eux, i(oit tournée insensiblement par mille artifices contre le inysm qu'ils célébroient, et même, comme on a vu (Ci-dessus, ïc. VI. n. 21. etsuiv.), contre la présence réelle qui en étoit e soutien.
il). Comment on excitoit In lutine publique contre la doctrine en tholique. Exemple dans rinstruction du jeune Edouard, et sur les imB<;es.
On en usoit de même sur les images; et une lettre française que M. Burnet nous a rapportée d'Edouard VI à son oncle le protecteur, nous le fait voir. Pour exercer le style de ce jeune prince, ses maîtres lui faisoicnt recueillir tous les passages où Dieu parle contre les idoles. « J'ai voulu» di- > soit-il, en lisant la sainte Écriture noter plusieurs lieux ({ui » défendent de n'adorer ni faire aucune image, non-seu- * lement de dieux étrangers, mais aussi de ne former chose, » pensant la faire semblable a la majesté de Dieu le Créa- » leur» (Rec. II, p, liv. ii. p, 68.). Dans cet âge cçédulc, il îvoilcru simplement ce qu'on lui disoit, que les Catholiques fidsoient des images, pensant les faire semblables à la majesté de Dieu; et ces grossières idées lui causoient de Tétonnement et de l'horreur, a Si m'ébahis, poursuit-il dans le langage du •> temps, vu que lui-même et son Saint-Esprit l'a si souvent » défendu, que tant de gens ont osé commettre idoIAlrie, en FAISANT ET ADORANT Ics images. » Il atlaclic toujours, comme on voit, la même haine à les faire qu'à les adorer; et il a' raison, selon les idées qu'on lui donnoit; puisque constamment il n'est pas permis de faire des images dans la pensée de faire quelque chose de semblable à la majesté du Créateur. «Car, comme ajoute ce prince, Dieu ne peut être vu en » choses qui soient matérielles, mais veut être vu dans ses « œuvres. » Voilà comme on abusoil un jeune civf^wV *. viw
loit pas attendre de Granmer des vertus qu'il ne connoissoit pas: il n'eut pas même le courage de représenter au Roi la manifeste contrariété des deux sentences qu'il faisoit prononcer contre Anne (Jbid.), dont Tune la condamnoit à mort, comme ayant souillé la couche royale par son adultère ; el l'autre déclaroit qu'elle n'étoit pas mariée avec le Roi. Cranmer dissimula une iniquité si criante ; et tout ce qu'il fit en faveur de la malheureuse princesse, fut d'écrire au Roi une lettre, oii il souhaite qu'elle se trouve innocente (T. i. liv. m, p. 273. 274.)» qu'il finit par une apostille, où il témoignt son déplaisir de ce que les fautes de cette princesse son prouvées, comme on l'en assure : tant il craignoit de laissai Henri dans la pensée qu'il pût improuver ce qu'il faisoit.