Uesprit profane d'Osiandic; remarqué par Calvin
C'est qu'il faisoit le plaisant, surtout à table , et qu'il y disoit de bons mots , mais si profanes que j'ai peine à les répéter. C'est Calvin qui nous apprend dans une lettre qu'il écrit a Melancton sur le sujet de cet homme , « que toutes les » fois qu'il trouvoit le vin bon dans un festin , il le louait en » lui appliquant cette parole que Dieu disoit de lui-même : Je suis celui qui suis » (Cal. ep. ad. Mel. 156.). Et encore: Voici le Fils du Dieu vivant. Calvin s'était trouvé aux banquets où il proféroit ces blasphèmes qui lui inspiroient de l'horreur. Mais cependant cela se passoit sans qu'on en dit mot. Le même Calvin parle d'Osiandre comme «d'un bfutal et » d'une bête farouche, incapable d'être apprivoisée. Pour lui, » disoit-il , dès la première fois qu'il le vit, il en détesta l'es- » prit profane et les mœurs infâmes, et il l'avait toujours re- » gardé comme la honte du parti protestant. » C'en étoit j pourtant une des colonnes : l'Église de Nuremberg, une des . premières de la secte , l'avoit mis à la tête de ses pasteurs dès /'ail i,522 , et on le tro\\\e \^^tIov\V ^^w"$^\^^ ç,^w^^\^wç.«8 avec
DES VARIATIONS, LIV. VIII. Xy'.)
es preiiiiei-s du parli : mais Calvin s\Uoune « qu'on ait pu Ty • endurer si longlomps; et on ne comprend pas apn>s toulos
> ses fureurs comment Melanclon a pu lui donner tant de ) louanges » .
t '. Sentiment de Melaiicton et des mitres ProtesiniitR aur Oiiandrc.
On croira peut-être que Calvin le traite si mal pur une laine particulière ; car Osiaiidre étoit le plus violent ennemi les Sacramentaires ; et c'est lui qui avoit outre la matière de a présence réelle, jusqu'à soutenir (pfil falloit dire du pain le rEucharistie : Ce pain est Dieu (Ci-dessus, liv. ii. n. 5.). lais les Luthériens n'en avoient ]ms meilleure opinion ; et lelancton qui trouvoit souvent à propos, comme Calvin lui eproche, de lui donner des louanges excessives, no laisse as en écrivant à ses amis, de blâmer .son exirduie arrogance, 9s rêveries, ses autres excès, et les prodiges de ses opinions Lib. II. ep. 240. 259. 447. etc.). Il ne tint pas à Osiandre ;tt'il n'allât troubler l'Anglet^îrre, oii il espéroit (pie la ronsiiération de son beau-frère Cniiinier lui donneroit du crédi! : nais Melancton nous apprend que des personnes de savoir ei Taulorité avoient représenté le péril (ju'il y avoit « d'attirer"
> en ce pays-là un homme qui avoit répandu dans l'Église un » si grand chaos de nouvelles opinions. » Cranmer lui-même entendit raison sur ce sujet, et il écouta Calvin, qui lui parloit des illttëions dont Osiandre fascinoit les autres, et se fas- ■^•noit lui -môme (Calv. ep. ad Cranm. roi. 1:^4.).
14. Osiandre, niifl/* de s^ favRiir nu|)rès du prince, ne n;ardc plus de mesures.
Il ne fut pas plus tôt en Prusse , qu'il mit en feu l'unrverité de Konisberg par sa nouvelle doctrine de la Justification Acad. Regiomontana.), Quelque ardeur qu'il (îùt toujours eue
la soutenir, il craignit, disent mes auteurs, la magnantnité de Luther (Chytr. ibid. p. 445.), et durant sa vie il n'osa ien écrire sur cette matière. Le magnanime Luther ne le raignoit pas moins : en général , la Réforme sans autorité nft mgnoit rien tant qfip.dp. nouvelles divisions , <\\\ç^\\^ w^^?v.-
voit comment fînir ; et pour ne pas irriter un homme dont réloquence étoit redoutée , on lui laissa débiter de vive voix tout ce qu'il voulut. Quand il se vit dans la Prusse , affranchi du joug du parti , et, ce qui lui enfla le cœur , en grande faveur auprès du prince qui lui donna la première chaire dans son université , il éclata de toute sa force , et partagea bientôt toute la province.