Le mérite des œuvres dans la Confession de Yirtemberg
Je ne sais pourquoi Melancton ne mit pas dans la Confession saxonique ce qu'il avoit mis dans la Confession d'Ausbourg et dans F Apologie sur le mérite des bonnes œuvres, Mais il ne faut pas conclure de là que les Luthériens eusseni rejeté cette doctrine ; puisqu'on trouve dans le môme tempi un chapitre de la Confession do Yirtemberg , où il est di « que les bonnes œuvres doivent être nécessairement prati )) quées ; et que , par la bonté gratuite de Dieu, elles nériteiï' » leurs récompenses corporelles et spirituelles » • ( Confes Virt. cap. de bonis operib. ibid. p, 106.). Ce qui fait voir, ei passant, que la nature du mérite s'accorde parfaitement aye» la grâce.
31. La conférence de Yormes pour concilier les deux religions. Divi sion des Luthériens.
(1557.). En 1557 il se fit à Yormes, par l'ordre de CharlesV une nouvelle assemblée (1) pour concilier les religions. Pflu-
(I) C«tte conférence se tint au mois d'août 1557, par les soins de Ferdinand, successeur de Charles Y, son fr^re. Quoique ce prince eût abdiqm en faveur de Ferdinand, d^9V^vuw^c V&"oG,<:ev<îudautcehii-ci ne fut reconni
VËS YARIATIONS, LIV. VIII. 163
gios, raateorde Vlnterim, y présidoit. M. Uurnet, toujours attentif à tirer tout à Tavanli^e de lu nouvelle Réforme , eu fait un récit abrégé , où il représente les Catholiques comme geusqui « ne pouvant vaincre leurs ennemis , les divisent , » et les animent les uns contre les autres dans des matières peu importantes » (Burn, IL part, liv. ii. p. Kol. ). Mais In récit de Melancton va découvrir le fond de rafTairc (J^fel. lib, I. ep. 70. Ejusdem, ep, ad Aller. Hardcnh. et ad Hulh'ny. opttdHosp. an, 1557. 250.). Dès que les docteurs protestants nommés pour la conférence, furent arrivés à Vormcs, les ambassadeurs de leurs princes les assemblèrent, pour leur dire, de la part des mêmes princes, qu'il falloit, avant toutes choses, et avant de conférer avec les Catlioliques, « s'accor- 9 der entre eux , et en môme temps condamner quatre sortes > d'erreurs: 1. celle de Zuingliens; 2. celle d'Osiandre sur ) la justification ; 3. la proposition qui assure (|ue les bonnes • œuvres sont nécessaires au salut; A. et enfin Terreur de ceux qui avoient reçu les cérémonies indifférentes. » O lernier article regardoit nommément Melancton ; et c'étoit llyric, avec sa cabale, qui le proposoit. Melancton avoit été verti de ses desseins, et il écrivit durant le voyage ,à sou mi Camerarius, «qu'à table et parmi les verres, (m dressoit certains articles préliminaires qu'on prétendoit faire signer à lui et à Brentius » {Lib. iv. 4G8. et seq.). Il étoit alors »rt uni avec le dernier, et il représente ïllyric, ou quelqu'un 3 cette cabale comme une furie qui allait de porte en porte limer le monde. On croyoit aussi, dans le parti, Melancton isez favorable aux Zuingliens, et Brentius à Osiandre. Le ême Melancton paroissoit porté pour la nécessité des )nnes œuvres; et toute cette entreprise le regardoit visibleent avec ses amis. Ce n'étoit donc pas jusques ici les Catbojues qui travailloient à diviser les Protestants. Ils se divisent assez d'eux-mêmes; et ce n'étoit pas, comme le prend M. Burnet, sur des matières peu importantes ; puisqu'à la îserve de la question sur les choses indifférentes, tout le iste, où il s'agissoit de la présence réelle, de la justification
ipereur qu'en 1558 : mais il gcroit les affaires de l'Empire , en qualité de M des Romains. (ItJdii. de Versai lies.]
monstrueuse d'Osiandre , et de la maDière dont on jugérob t les bonnes œuvres nécessaires, étoitde la dernière consè^ — quence.
52. Lei Luhériens condamnent tout d^une toix la néceisité des bonnes œuvres pour le salut.
Sur le premier de ces points , Melancton demeuroit d'accord que les ZuingUens méritoient d'être condamnés aussi bien que les Papistes ; sur le second, qu'Osiandre n'étoit pas moins digne de censure ; sur le troisième, que de cette proposition les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, il en Mîoit retrancher le dernier mot (Loc. sup. cit.); de manière que les bonnes œuvres , malgré TÉvangile qui crie que sans elles on n'a point de part au royaume de Dieu , demeuroient nécessaires à la vérité , mais non pas pour le salut. Et ai^ lieu que M. Burnet nous a dit que les Protestants admettoien t* tout d'une voix cette nécessité des bonnes œuvres pour êtr^ sauvé {Voyez ci-dessus, liv, vu. n 108. ) , nous la voyons at»> contraire également rejetée par les ennemis de Melanctor^ et par lui-même , c'est-à-dire par les deux partis des Pro^ — testants d'Allemagne.