Si Melancton étoit calviniste sur TËucharistie
Pour ce qui regarde la Cène , Calvin se vante partout que lelancton étoit de son avis : mais comme il ne produit aucune arole de Melancton qui le dise clairement, et qu'au contraire
l'accuse dans toutes ses lettres et dans tous ses livres de ne être jamais assez expliqué sur ce sujet, je crois qu'on peut outer raisonnablement de re qu'avance Calvin; et il me ?mble que ce qu'on peut dire avec le phis de vraisemblance, est que ces deux auteurs ne s'entendoicnt pas bien l'un
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l'autre ; Meiancton étant ébloui des termes de propre substance que Gal?in alîectoit partout, comme nous verrons; e^ Calvin aussi tirant à lui les paroles où Meiancton séparoit Je pain d'avec le corps de notre Seigneur , sans néanmoins prétendre par là déroger à la présence substantielle qu'il reconnoissoit dans les fidèles communiants.
S'il en falloit croire Peucer, le gendre de Meiancton, son beau-père étoit un pur Calviniste. Peucer le devint lui-même, et souffrit beaucoup dans la suite à cause des intelligences qu'il entretint avec Bèze pour introduire le calvinisme dans la Saxe. Il se faisoit un honneur de suivre les sentiments de son beau-père , et il a fait des livres exprès où il raconte ce qu'il lui a dit en particulier sur ce sujet (Peuc, narr. hist. de sent. Mel, It. hist, carcer, etc.). Mais sans attaquer la foi de Peucer, il pourroit, dans un matière qu'on avoit rendue si fertile en équivoques, n'avoir pas assez entendu les paroles de Meiancton , et les avoir accommodées à ses préventions.
Après tout, il m'importe peu de savoir ce qu'aura pensé Meiancton. Plusieurs Protestants d'Allemagne, plus intéressés que nous en cette cause, ont entrepris sd défense ; et la bonne foi m'oblige à dire en leur faveur que je n'ai trouvé nulle part dans les écrits de cet auteur , qu'on ne reçoive Jésus- Christ que par la foi ; ce qui est pourtant le vrai caractère du sens figuré: Je ne vois pas non plus qu'il ait jamais dit avec ceux qui le soutiennent, que les indignes ne reçussent pas le vrai corps et le vrai sang ; et au contraire il me paroît qu'il a persisté en ce qui fut arrêté sur ce sujet dans l'accord de Vitemberg. (Ci-dessus, lib. iv. n. 25.).