‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 86 sur 177 · Il élude le miracle qu'il reconnoît dans la Cène · texte numérisé non relu

Il élude le miracle qu'il reconnoît dans la Cène

11 élude avec le même artifice ce grand miracle qu'il se sent obligé lui-même à reconnoître dans l'Eucharistie : c'éfoit, disoit-il, un secret incompréhensible; c'étoit une merveille qui passoitles sens, et tout le raisonnement humain. Et quel est ce secret et celte merveille? Calvin croit l'avoir exposé, quand il dit ces mots : « Est-ce la raison qui nous apprend » que l'âme, qui est immortelle et spirituelle par sa création, » soit vivifiée par la chair de Jéaus-Christ, et qu'il coule du » ciel en terre une vertu puissante?» {Dilue, exp. Opusc. pag. 485.) Mais il nous donne le change, et se le donne à lui-même. La merveille particulière que les saints Pères, et après eux tous les Chrétiens, ont crue dans l'Eucharistie , ne regarde pas précisément la vertu que l'incarnation met dans la chair du Fils de Dieu. Cette merveille consiste à savoir r(?/w/weiîfs^ vérifie cette paxok ; Ceci est mou corçs, lorsqu'il ne

^ tif. 'lire Heshusius,

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e-ci : La cir-

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" (,^ leil même ; qu'il faut recon-

lie , où le nom de la chose est

ise do Sun embarrai.

' <49v é dans une semblable contradiction ,

•^ que de lui reprocher qu'il étoit ivre;

1 e , je l'avoue , et il ne s'embrouille que

ve point, dans ses explications, de quoi

«rit. Il désavoue ici ce qu'il dit à chaque

tvec mépris la figure où , dans le même mo-

jtraint de se replonger; en un mot, il ne peut

jrtain; et il a honte de sa propre doctrine.

TU lu difficulté que le» autres Sacraiiieiitaires. Cainmeiit il a tâché de la résoudre.

pourtant avouer qu'il étoit plus délicat que les autres

.entaires, et qu'outre qu'il avoit meilleur esprit, la dis-

^ai avoit duré si longtemps , lui avoit donné le loisir

lieux digérer cette matière. Car il ne s'arrête pas tant

allégories et aux paraboles : Je suis la porte, je suis la

i, ïïï aux autres expressions de même nature (Admon.

^ Vestph. Opusc, p. 812.), qui portent toujours leurs

jealions avec elles si claires et si manifestes, qu'un enfant

le n^ pourroit pas s'y tromper. Et d'ailleurs, si sous pré-

iaae Jésus-Christ s'est servi de paraboles et d'allégories.

a donc point de miracle dans TEucharistie, si Jésus-Christ n'; est présent que par sa vertu : c'est pourquoi les Suisses, gei de bonne foi , qui s'énoncent en termes simples , n'y en jamais voulu reconnoître aucun. Calvin , en cela plus péni trant, a senti avec tous les Pères et tous les fidèles qu'il avoit dans ces paroles , Ceci est mon corps , une marque toute-puissance aussi vive que dans celles-ci : Qi*e la lum\ soit faite {Gènes, i. 3. ). Pour satisfaire à cette idée , il a fallu faire sonner du moins le nom de miracle ; mais au f( jamais personne n'a été moins disposé que Calvin à croi du miracle dans l'Eucharistie : autrement, pourquoi nous f te procher sans cesse que nous renversons la nature, et qol fe corps ne peut être en plusieurs lieui, ni nous être doi H tout entier sous la forme d'un petit pain? N'est-ce pas \ki ^ raisonnements tirés de la philosophie? sans doute; et Cab (ii qui s'en sert partout, déclare en plusieurs endroits, « qu'il! i\ » veut point se servir des raisons naturelles , ni philosopb » ques, et qu'il n'en fait nul état» {Dilue, exp. Opusc. 858, mais de la seule Écriture. Pourquoi ? Parce que , d'un côté ne peut pas s'en défaire, ni s'élever assez au-dessus de l'homi pour les mépriser: et de l'autre, qu'il sent bien que les rec< voir en matière de religion , c'est détruire non-seulement mystère de l'Eucharistie, mais tout d'un coup tous les tères du christianisme.

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Qi, Embarras et contradictions dans la défense du sens figuré.

Le môme embarras pareil , quand il s'agit d'expliquer « paroles. Ceci est mon corps. Tous ses livres, tous ses sermon^ tous ses discours sont remplis de l'interprétation figurée, de la figure métonymie, qui met le signe pour la chose. Ce la façon de parler qu'il appelle sacramentelle , à laquelle veut que les apôtres fussent déjà tout accoutumés, quao Jésus-Christ fit la Cène. La pierre étoit Christ, l'agneau est! pâque, la circoncision est l'alliance. Ceci est mon corps, ci sont, selon lui, des façons de parler semblables : et voilà m qu'on trouve à toutes les pages. i

Savoir s'il en est content, ce passage le va faire connoîbnrt Il est tiré de ce Wvre iuWVvA^ \ Glaite ex-^Vx^iation , dont iioirt

fait mention , et qui est écrit contre Heshusius , thérien. « Voici , dit Calvin (Ibid, 86i.), comme $au nous fait parler. Dans cette phrase , Ceci est s, il y a une flgure semblable à celle-ci : La cir-

est ValUance ; La pierre étoit Christ ; Tagneau est

Le faussaire s'est imaginé qu'il causoit à table , et santoit avec ses convives. Jamais on ne trouvera

écrits , de semblables niaiseries ; mais voici sim- 3e que nous disons ; que lorsqu'il s'agit des sacre- [ faut suivre une certaine et particulière façon de li est en usage dans l'Écriture. Ainsi sans nous

à la faveur d'une figure, nous nous contentons ) qui seroit clair à tout le monde, si ces bêtes n'obs- 2nt tout, jusqu'au soleil même; qu'il faut recon-

la figure métonymie , où le nom de la chose est i signe. »

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