‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 87 sur 177 · La cause do sun f^mbarras · texte numérisé non relu

La cause do sun f^mbarras

isius fût tombé dans une semblable contradiction , it pas manqué de lui reprocher qu'il étoit ivre ; a étoit sobre , je l'avoue , et il ne s'embrouille que ! ne trouve point, dans ses explications, de quoi son esprit. 11 désavoue ici ce qu'il dit à chaque jette avec mépris la figure où , dans le même moil contraint de se replonger ; en un mot, il ne peut e certain; et il a honte de sa propre doctrine.

IX vu la difficulté que les autres Sacrameiitaires. Gomment il a tâché de la résoudre.

[Nirlant avouer qu'il étoit plus délicat que les autres aires, et qu'outre qu'il avoit meilleur esprit, la dis- .voit duré si longtemps , lui avoit donné le loisir digérer cette matière. Car il ne s'arrête pas tant ries et aux paraboles : Je suis la porte, je suis la aux autres expressions de même nature (Admon. stph. Opusc. p. 812.), qui portent toujours leurs is avec elles si claires et si manifestes, qu'un enfant pourroit pas s'y tromper. Et d'ailleurs, si sous prélésus-Chrisl s'est servi de paraboles el d'^\\fe^Qm%.

il faut tout entendre en ce sens , il voyoit bien que c'éU remplir tout TÉvangile de confusion.

Calvin , pour y remédier, trouva ces locutions qu'il pelle' sacramentelles, où on met le signe pour la chose (| Def. Opusc, p. 781 , etc. 8i2. 813. 8i8, etc. ) , et en les I mettant dans FEucharistie, qui est, sans contestation, un i crement, il croit trouver un moyen certain d'y établir] figure , sans qu'on puisse la tirer à conséquence dans 1 autres matières.

6-1. Les exemplotf qu'il tiroit de TËcriture. Celui de la circoncisioql le convainc au lieu de l'aider. '

Il avoit même rapporté des exemples de TÉcriture propres que tous les autres qui avoient écrit devant luri principale difficulté étoit de trouver un signe d'institution,^ dans l'institution même , on donnât d'abord au signe le ■ de la chose sans y préparer les esprits; et dans la propre] rôle où l'on institue ce signe. Il s'agissoit de savoir s'il y avoit quelque exemple dans l'Écriture. Les Catholiques p tendoient que non , et Calvin crut les convaincre par ce t« ï- (le la Genèse , où Dieu , en parlant de la circoncision f instituoit, l'avoit nommée l'alliance : Vous aurez, dit-il,» '^"' alliance en votre chair (Gen. xvni. 15.). Mais il se troiDji ^^ visiblement, puisque Dieu, avant que de dire : Mon allia '^ sera dans votre chair, avoit commencé de dire : C'est id signe de l'alliance (Gen. xvii. H.). Le signe étoit donc inslil avant qu'on lui donnât le nom de la chose, et Tesprit él [néparé par cet exorde à l'inlelligence de toute la suite, (fi il s'ensuit que notre Seigneur auroit dû préparer l'esprit apôtres à prendre le signe pour la chose, s'il avoit v( donner ce sens à ces mots : Ceci est mon corps, ceci est iM sang ; ce que n'ayant pas fait , on doit croire qu'il a vod laisser leS paroles dans leur sens naturel et simple. Calvin I reconnoît lui-même, puisqu'en nous disant que les apôlrt dévoient déjiî être accoutumés à ces façons de parler sacn mcntelles, il reconnoît qu'il y eût eu de l'inconvénient à ei employer de semblables, s'ils n'y eussent pas été accoirtumés] Comme donc il paroît manifestement qu'ils ne pouvoienl pfiii cire accoutumés k dowwev V. wqtol^^ V^ ^.Vvose à un signe

>titution , sans en être auparavant avertis, puisqu'on ne ire aucun exemple de cet usage ni dans Fancien Testat ni dans le nouveau ; il faut conclure contre Calvin , par principes de Calvin même , que Jésus-Cbrist n'a pas dû 3r en ce sens ; et que, s'il Teût fait , ses apôtres ne Tauit pas entendu.

utre exemple qui ne fait rien à la quettion. Que TEglise est aussi appelée le corps de Jésus-Christ.

issi est-il véritable qu'encore qu'il fasse son fort de ces is de parler qu'il appelle sacramentelles, où le signe est pour la chose, et que ce soit là son vrai dénouement, il 3t si peu satisfait, qu'il dit en d'autres endroits, que ce

a de plus fort pour soutenir sa doctrine, c'est que l'Éest nommée le corps de notre Seigneur {Instit. iv. 17.).

bien sentir sa foiblesse quQ de mettre là sa principale ise. L'Église est-elle le signe du corps de notre Seigneur? ne le pain l'est selon Calvin? Nullement : elle est son 5 comme il est son chef, par cette façon de parler si vul- , où Ton regarde les sociétés et le prince qui les gou- 3 comme une espèce de corps naturel qui a sa tête et ses bres. D'où vient donc qu'après avoir fait son fort de ces is de parler sacramentelles, Calvin le met encore davandans une façon de parler qui est tout à fait d'un autre e, si ce n'est que pour soutenir la figure dont il a besoin, pelle à son secours toutes les façons de parler figurées, uelque nature qu'elles soient, et quelque peu de rapport les aient ensemble.

i. Calvin fait de nouveaux efforts pour sauver Tidoe de réalité.

\ reste de la doctrine ne lui donne pas moins de peine ; s expressions violentes dont il se sert le font alisez voir. \ avons vu comme il veut que la chair de Jésus-Christ ; pénètre par sa substance. Nous avons dit qu'il ne veut tant nous insinuer autre chose par ces magnifiques paj, sinon qu'elle nous pénètre par sa vertu : mais cette 1 de parler lui paroissant foible, pour y mêler la sub- ^e, il veut que nous ayons dans l'Eucharistie comn^e « un

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» élirait de la chair de Jésus-Christ, à condition toutefois » qu'elle demeure dans le ciel, et que la vie coule en nous de » sa substance o (Dilue, exp, Opusc, 864.), comme si nous recevions une quintessence et le plus pur de la chair, le reste demeurant au ciel*. Je ne veux pas dire qu'il Fait cru ainsi : mais seulement que Tidée de réalité dont il étoit plein ne pbuvantêtre remplie par le fond de sa doctrine, il suppléoità ce défaut par des expressions recherchées, inouïes, extravagantes. •

07. n ne peut satitfaire Fidée de réalité qu'imprime Tinstitution de notre Seigneur.

Pour ne dissimuler ici aucune partie de la doctrine de Calvin sur la communication que nous avons avec Jésus- Christ, je suis obligé de dire qu'en quelques endroits il sem^ ble mettre Jésus-Christ aussi présent dans le Baptême que dans la Cène : car en généval il distingue trois choses dans 4e sacrement, outre le signe, a la signification, qui consiste » dans les promesses; la matière ou la substance, qui est » Jésus-Christ, avec sa mort et sa résurrection; et Teffel, » c'est-à-dire, la sanctification, la vie éternelle, et toutes le^ » grâces que Jésus-Christ nous apporte » (Instit. lib. i' c. 17. n. il.). Calvin reconnoît toutes ces choses dans le sacrement de Baptême comme dans celui de la Cène, et en particulier il enseigne du Baptême, a que le sang de Jésu* » Christ n'y est pas moins présent pour laver les âmes qw » l'eau pour laver les corps; qu'en effet, selon saint Paul, y> nous y sommes revêtus de Jésus-Christ, et que notre vétey> ment ne nous environne pas moins que notre nourriture nous pénètre » (Dilue, exp, Opusc. 864.). Par là donc il déclare nettement que Jésus-Christ est aussi présent dans le Baptême que dans la Cène ; et j'avoue que la suite de sa doctrine le ipène là naturellement : car au fond, ni il ne connoil d'autre présence que par la foi, ni il ne met une autre io\ dans la Cène que dans le Baptême : ainsi jç n'ai garde de prétendre qu'il y mette en effet une autre présence. Ce que je prétends faire voir, c'est rembarras oii le jettent ces \^' rôles : Ceci est mon corps. Car, ou il faut embrouiller tous les mystères, ou il faut pouvoir rendre une raison pourqa^'

lus-Christ n'a parlé avec cette force que dans la Gène. Si 1 corps et son sang sont aussi présents et aussi réellement :us partout ailleurs, il n'y avoit aucune raison de choisir 1 fortes paroles pour TEucharistie plutôt que pour le Bapie, et la sagesse éternelle auroit parlé en Tair. Cet endroit a réternelle et inévitable confusion des défenseurs du sens [iré. D'un côté, la nécessité de donner à FEucharistie, à jard de la présence dii corps, quelque chose de particur; et d'autre part, l'impossibilité de le faire selon leurs ncipes, les jetteront toujours dans un embarras d'où ils ne arront se démêler ; et c'a été pour s'en tirer, que Calvin a tant de choses fortes de l'Eucharistie, qu'il n'a jamais osé e du Baptême, quoiqu'il eût, selon ses principes, la même son de le faire. *

Les Calvinistes dans le fond ont abandonné Calvin ; comment il est expliqué dans le livre du Préservatif.

Ses expressions sont si violentes, et les tours qu'il donne à sa doctrine si forcés, que ses disciples ont été contraints l'abandonner dans le fond ; et je ne puis m'empêcher de ffquer ici une insigne variation de la doctrine calviuienne. 5st que les Calvinistes d'à présent, sous prétexte d'interpréles parole» de Calvin, les réduisent tout à fait à rien. Ion eux, recevoir la propre substance de Jésus-Christ, c'est ilement le recevoir par sa vertu, par son efficace, par son nte (Préserv. 195.); toutes choses que Calvin avoit rejetées inme insuffisantes. Tout ce que nous pouvons espérer de i grands mots de propre substance de Jésus-Christ reçue ns la Cène, c'est seulement que ce que nous y recevons ^< pas la substance d'un autre (Ib. 196.) : mais pour la 'Qne, on ne.la reçoit non plus que l'œil reçoit celle du soleil ^u'il est éclairé de ses rayons. Cela veut dire qu'en effet " ne sait plus ce que c'est que celte propre substance tant culquée par Calvin ; on ne la défend plus que par honneur, ppurne se point dédire trop ouvertement; et si Calvin, qui établie avec tant de force dans ses livres, ne l'avoit encore sérée dans les catéchismes et dans les Confessions de foi, ii ^longtemps qu'elle seroit abandonnée.

60. Suite det explications qu'on donne aux p^irolei de CaWin.

J'en dis autant de cette parole de Calvin et du Catéchisrai^ que Jésus-Christ est reçu pleinement dans rEucharistie, etc partie seulement dans la prédication et dans le Baptêio (Dim. 52.). A Tentendre naturellement, c'est-à-dire qm l'Eucharistie a quelque chose de particulier que la prédicatioi ni le Baptême n'ont pas : mais maintenant c'est tout aoU chose : c'est que trois c'est plus que deux; c'est « qu'apri » avoir reçu la grâce par le Baptême, et l'instruction pari » parole, quand Dieu ajoute à tout cela l'Eucharistie, la grâç » s'augmente et s'affermit, et nous possédons Jésus-Chrii » plus parfaitement » {Préserv. p. 197.). Ainsi toute laper fection de l'Eucharistie, c'est qu'elle vient la dernière; « encore que Jésus-Christ se soit servi en l'instituant de terme si particuliers, au fond elle n'a rien de particulier, rien enft de plus que le Baptême, si ce n'est peut-être un nouveai signe ; et c'est en vain que Calvin y mettoit avec tant de soii la propre substance.

Par ce moyen les explications qu'on donne à présent aiï paroles de Calvin, et à celles du Catéchisme et de la Confes^ sion de foi, c'est c'est sous couleur d'interprétation une varia tion effective dans la doctrine, et une preuve qi^e les illusiofl dont Calvin avoit voulu amuser le monde pour entreteni l'idée de réalité, ne pouvoient subsister longtemps.

70. S'il n'y a que de simples défauts d'expressions dans ces endroits d Calvin.

Il est vrai que pour couvrir ce foible visible de la secte, le Calvinistes répondent qu'en tout cas on ne peut conclut autre chose de ces expressions qu'on leur reproche, si c n'est peut-être qu'au commencement on ne se seroit pas eï pliqué parmi eux en termes assez propres (Ibid, 194.) : ï"** répondre de cette sorte, c'est faire semblant de ne voir pa la difficulté. Ce qu'on doit conclure de ces expressions d^ Calvin et des Calvinistes, c'est que les paroles de notre ^^ij gneur leur ont mis d'abord dans l'esprit, malgré qu'ils eé eussent, une impression de réalité qu'ils ne pouvoient rero-j plir, et qui ensuite les obligeoit à dire des choses, '/'"♦

'ayant aucun sens dans leur croyance, rendent témoignage la nôtre, ce qui n'est pas seulement se tromper dans les tpressioDS, mais confesser une erreur dans la chose même, en porter encore la conviction dans sa propre Confession

) foi.

71. Calvin a voulu fdire entendre plus qu*il ne disoit en effet.

Par eiemple, quand d'un côté il faut dire qu'on reçoit la opre substance du corps et du saug de notre Seigneur; et l'autre, qu'il faut dire aussi qu'on ne les reçoit que par ir vertu, comme on reçoit le soleil par ses rayons, c'est "e des choses contradictoires, et se confondre soi-même. De même, quand d'un côté il faut dire que dans la Gène rinienne on reçoit autant la propre substance du corps et sang de Jésus-Christ que dans celle des Catholiques, et 3 n'y a de différence que dans la manière; et qu'il faut e d'autre part que le corps et le sang de Jésus-Christ somt leur substance aussi éloignés des fidèles que le ciel l^est la terre, de sorte qu'une présence réelle et substantielle se ttve au fond la même chose qu'un si prodigieux éloignent .c'est un prodige inoui dans le discours; et de telles tressions ne servent qu'à faire voir qu'on voudroit bien ivoir dire ce qu'en effet on ne peut pas dire raisonnable- Qt selon ses principes.

Pourquoi les hérétiques sont obligés dUmiter le langage de TEglise.

ît afin de faire voir une fois, pour n'être plus obligé d'y enir, la conséquence de ces expressions de Calvin et des miers Calvinistes, songeons qu'il n'y eut jamais d'hérées qui n'affectassent de parler comme l'Église. Les Ariens ss Sociniens disent bien comme nous que Jésus-Christ Dieu, mais improprement et par représentation, parce 1 agit au nom de Dieu et par son autorité. Les Nestoriens nt bien que le Fils de Dieu et le Fils de Marie ne sont la même personne;* mais comme un ambassadeur est i la même personne avec le prince qu'il représente. Diraqu'ils ont le même fond que l'Église catholique, et n'en renique dans la manière de s'expliquer? On dira au con-

traire qu'ils {miient comme elle, sans penser comme elle parce que le mensonge est forcé d'imiter du moins la vérii C'est justement ce que fait la propre substance, et leç auti expressions semblables dans le discours de Calvin et des ( vinistes.

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