‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 9 sur 177 · Témoi^age de saint Bernard · texte numérisé non relu

Témoi^age de saint Bernard

Nos réformés nous allèguent saint Bernard , qui faisant le dénombrement des maux de l'Eglise (Bern. Serm. 53. in Cant. n. 10.) » et de ceux qu'elle a soufferts dans son origine durant les persécutions, et de ceux qu'elle a sentis dans sou progrès par les hérésies , et de ceux qu'elle a éprouvés dans les derniers temps par la dépravation des mœurs, dit que

ceux-<;i sont le plus à craindre, parce qu'ils gagnent le dedans , et remplissent toute TEglise de corruption : d'où et grand homme conclut que TEglise peut dire avec Isaïe , qoft son amertume la plus amère et laplxés douloureuse est dans la paix (Isaiœ xxxviii. 17.) ; lorsqu'en paix du côté des infidèles, et en paix du côté des hérétiques, elle est plus dangereusement combattue par les mauvaises mœurs de ses enfants.^ Mais il n'en faut pas davantage pour montrer que ce qu'il déplore n'est pas, comme ont fait nos Réformateurs, les erreurs où l'Eglise étoit tombée , puisqu'au contraire il la représente comme étant à couvert de ce côté-là ; mais seulement les maux qui venoient du relâchement de la discipline. D'où il est aussi arrivé que, lorsqu'au lieu de la discipline, des esprits inquiets et turbulents comme un Pierre de Bruis , un Henri , un Arnaud de Bresse , ont commencé à reprendre les dogmes , ce grand homme n'a jamais souffert qu'on en affoiblît aucun, et a combattu avec une force invincible, tant pour la foi de l'Eglise , que pour l'autorité de ses prélats (Bem. Serm. 65, 66. in Cant, ).

4. Témoignaj^e^ de Gerson et du cardinal P. d*Ailli, évêque de Cambrai.

Il en est de même des autres docteurs catholiques, qui, dans les siècles suivants , ont déploré les abus , et en ont demandé la réformation. Gerson est le plus célèbre de tous; et nul n'a proposé avec plus de force la réformation de l'Eglise dans le chef et dans les membres. Dans un sermon qu'il fit après le concile de Pise devant Alexandre V, il introduisit l'Eglise demandant au pape la réformation et le rétablissement du royaume d'Israël : mais pour montrer qu'il ne se plaignoit d'aucune erreur qu'on pût remarquer dans la doctrine de l'Eglise , il adresse au pape ces paroles : « Pourquoi , dit-il , » (Gers. Serm, de Ascens. Dom, ad Alex. v. tom. ii. pag. J31.) » n'envoyez-vous pas aux Indiens, dont la foi peut être faci- (( lement corrompue , puisqu'ils ne sont pas unis à l'Eglise » romaine, de laquelle se doit tirer la certitude de la foi? » Son maître , le cardinal Pierre d'Ailli , évêque de Cambrai , sonpiroit aussi après la réformation : mais il en posoit le fondement sur un principe bien différent de celui que Luther

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'ïtablissoit ; puisque celui-ci écrïvoit à Melancton , a que la ù bonne doctrine ne pouvoit subsister, tant que Tautorité du D pape seroit conservée (Sleid. L vu. fol. 1 12.) » : et au contraire ce cardinal estimoit que « durant le schisme les mem- 1» bres de TEglise étant séparés de leur chef, et n*y ayant » point d'économe et de directeur apostolique , » c'est-à-dire, n'y ayant point de pape que toute TEglise reconnût , « il ne » falloit pas espérer que la réformation se pût faire iConc. i. de D S. Lim/.). » Ainsi l'un faisoit dépendre la réformation de la destruction de la papauté, et l'autre du parfait rétablissement de cette autorité sainte que Jésus-Christ avoit établie pour entretenir l'unité parmi ses membres , et tenir tout dans le devoir.

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