‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 93 sur 177 · Il est aussi violent, et plus al{^e que Luther · texte numérisé non relu

Il est aussi violent, et plus al{^e que Luther

Ceux qui oift rougi de celles que l'arrogance de Luther lui a fait écrire, ne seront pas moins étonnés des excès de Calvin. Ses adversaires ne sont jamais que des fripons, des fous, des méchants, des ivrognes, des furieux, des enragés, des bêtes, des taureaux, des ânes, des chiens, des pourceaux; et le beau style de Calvin est souillé de toutes ces ordures à chaque page. Catholiques et Luthériens , rien n'est épargné. L'école de Vestphale, selon lui, est une puante étable à pourceaux (Opusc. 799.). La Cène des Luthériens est presque toujours appelée une Cène de Cyclopes, où on voit une barbarie digne des Scythes (Ibid. 803. 837.) : s'il dit souvent que le diable pousse les papistes, il répète cent et cent fois qu'il a fasciné les Luthériens, et « qu'il ne peut pas comprendre pourquoi » ils s'attaquent à lui plus violemment qu'à tous les autres; » si ce n'est que Satan, dont ils sont les vils esclaves, 1<îs )) anime d'autant plus contre lui , qu'il voit ses travaux plus » utiles que les leurs au bien de l'Église » (Dilue, expos, Ibid. 839.). Ceux cfù'il traite de cette sorte sont les premiers et les plus célèbres des LulYvfemxv^. Kmi \xv\l\eu de ces injures il

les autres affections de Tesprit. Que veulent dire aussi ces paroles vagues, que nous recevons de Jésus-Christ ce qui nous est utile, sans déclarer ce que c'est? Si ces mots de notre Seigneur : La chair ne sert de rien, s'entendent, selon les ministres, de Ja vraie chair de Jésus-Christ considérée selon la substance, pourquoi tant vanter ensuite ce qu'on prétend qui ne sert de rien ? Et quelle nécessité de tant prêcher la substance de la chair et du sang si réellement reçue? Que ne Tejette-t-on donc, concluoient les Catholiques, tous ces vains discours? et du moins, en expliquant la foi, que n'emploiet-on, sans tant raffiner, les termes propres?

96. Sentiment de Pierre Martyr sur les équivoques des autres ministres.

Pierre Martyr Florentin, un des plus célèbres ministres qui ftt dans cette assemblée , en étoit d'avis , et déclara souvent i|ae pour lui , il n'eutendoit pas ce mot de substance ; mais pour ne point choquer Calvin et les siens , il l'expliquoit le mieux qu'il pouvoit.

87. Ce que le docteur Despense ajouta aux expressions des ministres, pour les rendre plus recevaoles.

Claude Despense , docteur de Paris , homme de bon sens , 6t docte pour un temps où les matières n'étoient point encore tatant éclaircies et approfondies qu'elles l'ont été depuis par tant de disputes, futmis'au nombre de ceux qui dévoient travailler, avec les ministres, à la conciliation de l'article de la Gène. On le jugea propre à ce dessein , parce qu'il étoit siacère et ^'un esprit doux ; mais avec toute sa douceur , il ne peut souffrir la doctrine des Calvinistes, ne trouvant pas supportable qu'ils fissent dépendre l'œuvre de Dieu, c'est-à-dire la présekice du corps de Jésus-Christ, non de la parole et de la promesse de celui qui le donnoit , mais de la foi do ceux qui dévoient le recevoir : ainsi il improuva leur article dès la première proposition , et avant toutes les additions qu'ils y firent depuis. De son côté , pour rendre notre communion avec la substance du corps indépendante de la foi des hommes , et uniquement attachée à l'efficace et à l'opération de la parole de Dieu , en laissant passer les premiers mots jusqu'à ceux où les ministres disoient , que la foi rendoit les

84. Les Pères se font respecter ys\t 1rs Pi nlf slaiits , malgré qu'ili fn aient.

Il s*agis8oit dans ce lieu de la prière pour les morts. Tous ses écrits sont pleins de pareils discours. Mais , malgré Torgueil des hérésiarques , Tautorité des Pères et de Tantiquité ecclésiastique ne laisse pas de subsister dans leur esprit. Calvin, qbi méprise tant les saints Pères, ne laisse pas de les alléguer comme* des témoins dont il n'est pas permis de rejeter Tautorité , lorsqu'il écrit ces paroles, après les ayoir cités : « Que diront-ils à Fanciénne Église? Yeulent-ils dam- » ner Tancienne Église? » Ou bien , « Veulent-ils chasser de. y* TÉglise saint Augustin? » (//. Def. Opusc. p. 777. Admonit, uU. 836. ibid,) On pourroit lui en dire autant dans lé point de la prière pour les morts , et dans les autres , où il est certain, et souvent de son aveu propre , qu'il a les Pères contre lui. Mais sans entrer dans cette dispute particulière , il me suffit d'avoir remarqué que nos Réformés sont souvent contraints par la force de la vérité à respecter le sentiment des Pères plus qu'il ne semble que leur doctrine et leur esprit ne le porte.

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