Si Calvin a varié dans sa doctrine
Ceux qui ont vu les variations infinies de Luther pourront demander si Calvin est tombé dans la même faute. A quoi je répondrai, qu'outre que Calvin avoit l'esprit plus suivi, il est vrai d'ailleurs qu'il a écrit longtemps après le commencement de la Réforme prétendue ; de sorte que les matières ayant déjà été fort agitées, et les docteurs ayant eu plus de loisir de les digérer, la doctrine de Calvin paroît plus uniforme que celle de Luther. Mais nous verrons dans la suite que par une politique ordinaire aux chefs des nouvelles sectes qui cherchent à s'établir, ou par la nécessité commune de ceux qui tombent dans l'erreur, Calvin ne laisse pas d'avoir beaucoup varié non-seulement dans ses écrits particuliers, mais encore dans les actes publics qu'il a dressés au nom de tous les siens, ou qu'il leur a inspirés.
Et même sans aller plus loin, en considérant seulement ce que nom avons rappotlé de ?»îl dociriue, nous avons vu qu'elle
DE5 VARIATIONS, L1V. IZ. it?.')
f^st pleine de cuulradictiuns , qu'il ne suit \m* %e% prinnppk, r( qu'avec de grands mots il ne dit rien.
SG.Vnriationii dans let actes des Oh'tiuhlen : rnrconl de Getifvn nom paré atuc le Catéchisme et la ( oiift^Mion de Fraiinr.
(1554.) Et pour peu qu'on fasse de réflexion sur les acte» qu'il a dressés, ou que les Calvinistes ont publias de son aveu en cinq ou six ans , ils ne pourront se laver ni lui ni eux tous d'a¥oir expliqué leur foi avec une dissimulation cri> ininelle.
En 1554 nous avons vu qu'il se fit un accord solennel entra ceux de Genève et de Zurich {Opiis. Calvin. 752. Hoëp.an. 1554.) : c'est Calvin qui le dressa; et la foi commune de r^s deux Églises y est expliquée.
Sur la Cène, il n'y est dit autre chose, sinon « que ces pa- » rôles : Ceci est mon corps, ne doivent pas.Atre prises pré- « cisément à la lettre , mais ligurément ; en sorte que le nom » de corps et de sang soit donné par métonymie au pain el » au vin qui les signifient; et que si Jésus-Crist nous nourrit » par la viande de son corps et le breuvage de son sang, cela » se fait par la foi et par la vertu du Saint-Esprit, sans aucuns » transfusion ni aucun mélange de substance ; mais parce que )> nous avons la vie par son corps une fois immolé , et son » sang une fois répandu pour nous » (Art, xxii. xxiii.).
Si on n'entend parler dans cet accord ni delà propre substance du corps et du sang reçus dans la Cène , ni des lûoneilles incompréhensibles do ce sacrement, ni des autres choses semblables que nous avons remarquées dans le Caté> chisme et dans la Confession de foi des Calvinistes de France, ia raison n'en est pas malaisée à deviner. C'est, comme nous • avons vu, que les Suisses, et surtout ceux de Zurich instruits F^rZuingle, n'avoient jamais voulu reconnoîtrc aucun miracle dans la Cène; et contents de la jnésence de vertu, ils ne savoient ce que vouloit dire cette communication de propre ''«hstance que Calvin et les Calvinistes vantoicnt tant; dp ^'ïric que , pour s'accorder, il fallut supprimer ces choses , et présenter aux Suisses une Confession de foi dont ils pussiont s'accommoder»
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