VO
il4t AVERTISSEMENT
peu un honneur divin, que c'est chose qu'il n'est pas possible d'attribuer à d'autre qu'à la créature : ce n'est donc pas un honneur divin , ni enfin rien au dessus de la créature, puisqu'au contraire son apanage naturel est qu'on lui demande de prier.
Et cela n'est pas seulement constant par la raison naturelle; c'est une chose expressément révélée de Dieu, puisque saint Paul a dit à la créature , et qu'il a répété souvent : Mes Frères, priez pour moi. C'est donc chose révélée de Dieu, en termes formels , que demander des prières ne peut être un honneur divin ni au dessus de la créature. Il n'en faudroit ' pas davantage pour confondre M. Jurieu et tous les ministres, j Car voilà, en termes précis, cette demande : Priez pour nous, déclarée par un apôtre un honneur humain et convenable à | la créature : or, cet honneur, qui est humain en le faisant aux I fidèles qui sont sur la terre , ne peut pas devenir divin en le i faisant aux l^prits bienheureux^ puisqu'on fait l'un et l'autre i dans le même esprit de demander la société des prières de ^ nos frères.
Vn. Calomnie des ministres qai irea]e|^i^ nous faire accroire qoe nous demandons aux saints antre chose que des prières, ou que nous les prions dans un autre esprit que nos frères qui sont sur la terre.
Il ne reste à vos ministres que de nier, comme ils osent le faire, que nous prions les bienheureux esprits dans le même esprit que nous prions nos frères. Mais c'est là nous contredire dans la chose du monde la plus claire, puisqu'il est clair et attesté par tous les actes de notre religion , que nous ne demandons aux plus grands saints et même à la sainte Vierge que des prières. C'est ce que démontrent tous nos conciles , tous nos catéchismes, tout notre service , tous nos rituels , et ; en un mot, tous les actes de notre religion ; et pour en venir j à un exemple, c'est ce qui paroît dans le Confiteor, prière si familière à tous les fidèles, où, après avoir confessé nos péchés à Dieu, à ses anges, à ses saints et à nos frères présents, pour nous humilier non-seulement devant Dieu, mais encore devant tonies ses créatures , nous finissons en disant : a Je o prie la sainte Vierge, les BamVs aw^es, ç»a\wV. ^^^w\^%:^\[\^\r.^
SUR LE REPROCHE DE l'iDOLATRIE. 175
» saint Pierre, saint Paul , tous les autres saints, et vous mes 0 frères, de prier pour nooi notre Dieu tout-puissant x>.
Yons le voyez, mes chers Frères ; nous ne prions point les saints et la sainte Vierge elle-même de prier pour nous autrement que nous en prions nos frères , parmi lesquels nous lirons. Cette prière adressée à nos frères vivants avec nous , se trouve, en termes formels, dans TEcriture ; donc celle que oons adressons aux saints qui sont avec Dieu , étant de même nature, est clairement autorisée dans l'équivalent.
VVl. Extrayagance do ministre Jorien lorsquMl dit qu*il est moins permis de prier et d*honorer les saints dans la gloire , que lorsqu'ils sont en cette YÎe.
Qui veut voir combien ce raisonnement embarrasse les ministres , n'a qu'à entendre les extravagances où il jette M. Jurieu. Il entreprend de prouver que la glorification des bienheureux est un obstacle à cette prière qu'on leur pourroit faire ; et la raison qu'il en apporte , est , dit-il , « qu'il » seroit moins criminel d'invoquer un homme sur la terre , 0 que de l'aller chercher dans les cieux. Sur la terre , un » homme est loin de Dieu : il est ou il paroît être quelque chose » étant seul ; mais uni à Dieu , réuni à sa source, comme un B fleuve est réuni à l'Océan quand il s'y est jeté, il n'est plus t rien , il est englouti et abîmé , pour ainsi dire , dans les trayons de la gloire de Dieu ». Quelle vision de s'imaginer ço'un bienheureux , uni à Dieu , n'est plus rien , qu'il n'agit plus et ne vit plus ! C'est du Dieu des Siamois que le ministre veut sans doute parler. Que si l'on dit que c'est une exagération qui fait voir qu'à comparaison de la gloire immense de Dieu, celle de la créature doit être comptée pour rien, il faut donc avouer en même temps que le bienheureux, loin d'être effectivement anéanti et sans action dans ce glorieux état, est ta contraire d'autantplus, vit et agit d'autant plus, qu'il est plus intimement uni à la source de la vie et à la plénitude de l'être. S'imaginer maintenant qu'il n'est plus permis de l'honorer dans cet état, ce seroit dire en mêfiie temps qu'on ne le peut plus honorer ni glorifier, à cause qu'il est arrivé au comble de }a gloire, ce qui seroit la plus grossière de toulesles ab^utAvVé.^ .
176 ATERTISSEMENT
IX. Vain discours et absurdité du même ministre , lorsqu'il dit quMI n'est pas permis d'honorer les saints devant Dieu.
Que veut donc dire ce vain discours de votre ministre : a On est obligé de s'abstenir de rendre tout hommage à un » sujet ep présence de son souverain, et Ton ne sera pas obligé » de s'abstenir de rendre un culte religieux à une créature » devant le Créateur» ? Quand on tient de pareils discours où il n'y a qu'un son éclatant et des couleurs spécieuses , oi montre bien qu'on ne veut qu'éblouir le monde. Car laisi à part l'équivoque du terme de religieux dont on parlei bientôt, demandez, mes Frères, à votre ministre, sMl perm de louer et de glorifier les bienheureux Esprits dans l'état gloire où ils sont. Voilà donc cette espèce d'hommage, puii qu'il veut l'appeler ainsi; et pour parler plus correctemeotiT voilà les justes louanges et la glorification rendue aux saints^' sous les yeux de Dieu, sans qu'il s'en offense. Niera-t-on qud les louanges soient un culte, et les louanges de Dieu la principale partie du culte divin ? Donc les louanges des sainte sont un honneur qu'on leur rend. On sait bien , et il ne faul pas se tourmenter à nous, l'expliquer, qu'on ne les loue pai comme Dieu; mais enfin en les louant on les honore. Le mL nistre nous dira , quand il lui plaira , si cet honneur qu'oi leur rend, pour l'amour de Dieu , est religieux ou profane En attendant, il est constant qu'on ne les regarde pas de van Dieu comme des riens, puisqu'on les loue à ses yeux, et que c'est là proprement que nous les devons glorifier, puisque c'est là que Dieu les glorifie.