‹ Histoire des variations des églises protestantesChapitre 13 sur 59 · I . Dessein des deux Ayertissements suivants · texte numérisé non relu

I . Dessein des deux Ayertissements suivants

Il n'y a rien de si sacré dans les mystères de la religion, que M. Jurieu n'ait cru devoir attaquer pour défendre votn cause , vous Tavez vu dans les Avertissements précédents. Les deux suivants vous feront voir qu'il attaque encore les fondements que Jésus-Christ a donnés à l'union des familles e au repos des empires ; et ce ministre n'a rien épargné.

n. Permission donnée par les chefs de la Réforme à Philippe, landgrav( de Hesse, de tenir deux femmes ensemble, nécessité de défendre cett( scandaleuse permissiou.

C'étoit pour lui et pour toute la Réforme un endroit fâcheux que le vi^ livre des Variations, où l'on voit la permission donnée à Philippe, landgrave de Hesse, le héros ei le soutien de la Réforme , d'avoir deux femmes ensemble . contre la disposition de l'Evangile et la doctrine constante des chrétiens de tous les siècles. Il n'y avoit rien de moins convenable à une Réforme et au titre de Réformateurs, qu( d'anéantir un si bel article de la morale chrétienne , et la Ré forme que Jésus-Christ même avait faite dans le mariage lorsque s'élevant au dessus de Moïse et des patriarches , i régla la sainte union du mari et de la femme , selon la form< que Dieu lui avait donnée dans son origine. Car alors en bé

nissant Tamour conjugal comme la source du genre humain, il ne lui permit pas de s'épancher sur plusieurs objets, comme il arriva dans la suite lorsqu'un même homme eut plusieurs femmes : mais réduit à Tunité de part et d'autre , il en fit le lien sacré de deux cœurs unis ; et pour lui donner sa perfection y et à la fois le rendre une digne image de la future onion de Jésus-Christ avec son Église, il voulut que le lien en fut étemel comme celui de FÉglise avec Jésus-Christ. C'est sur cette idée primitive que Jésus-Christ réforma le mariage , et comme disent les Pères, il se montra le digne Fils du Créateur, en rappelant les choses au point où elles étoient à la création. C'est sur cet immuable fondement qu'il a établi la sainteté du mariage chrétien, et le repos des familles. La pluralité des femmes autrefois permise ou tolérée , mais pour un temps et pour des raisons particulières , fut ôlée à jamais , et tout ensemble les divisions et les jalousies qu'elle introduisoit dans les mariages les plus saints. Une femme qui donne son cœur tout entieretà jamais, reçoit d'un époux fidèle un pareil présent, et ne craintpointd'êlre méprisée ni délaissée pour une autre. Toute la famille est unie par ce moyen : les enfants sont élevés par des soins communs ; et un père qui les voit tous naître d'une même source, leur partage également son amour. C'est l'ordre de Jésus-Christ et la règle que leschrétieûs n'ont jamais violée par aucun attentat.

Mais Luther , Bucer et Melanclon , trois chefs principaux de la Réforme', ont osé y donner atteinte : ce sont -les premiers des chrétiens qui ont permis d'avoir deux femmes à un prince qui confessoit son intempérance. On ne pou voit pousser plus loin la corruption ; et comme cette permission est inexcusable, il en falloit abandonner les auteurs à la délestation de tous les fidèles. Mais l'endroit est trop délicat. Quel abus oseroit-on dorénavant reprocher à l'Église catholique si on en avouoit un si criant dès le commencement de la Réforme, sous ses chefs et dans sa plus grande vigueur? C'est pourquoi M. Jurieu rappelle ici tout son esprit pour excuser les Réformateurs le mieux qu'il peut; et lui qui ne fait que courir on pour mieux dire voltiger sur les autres variations des Protestants , prend un soin particulier de défendre celle-ci.

croyable : mais néanmoins il est vrai en même temps qu'il ne cite rien pour prouver ce qu'il avance. 11 ne produit point ces décrelshonteux signés par les papes : on ne peut pas deviner où il les a pris, non plus quesesautrescalomnies.il n'y a que le père de mensonge, dont le nom propre estcelui de calomniateur, qui puisse lesavoirinventées. Mais quoi! plus la raison manque, plus un homme violent répand d'injures ; et il n'y a plus à s'étonner que de ce qu'on l'écoute parmi vous.

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