‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 11 sur 55 · X. U est vm qu.il a semblé donner pour règl · texte numérisé non relu

X. U est vm qu.il a semblé donner pour règl

pr^du* *^' qw'<>» ûe peut pas se sauver dans TE^ise anticlii*4^

nistre , oh û tienne : ce qui est très ^yra;i dans le fond ; parce

du qu'on se q\xe comme dit. le ministre, il n y ?tpoint de corn-

peut sauver ^ '. ^ ru. * 1 i>yi- 1 iti •

dansiesEgii. i^umon entre Christ et Sélial. MaM ce qui en soi ses les plus est indubitable , dans les principes du ministre ne Cl "^usquT^ peut être qu'une vaine exagération que cet autans celle de teur réfnte Juirttiême par le di«cpui*Si que voici. 1 Antechrût. ^^ j^ j^g yevJL point définir quelles so^t les sectes 0» oili Dieu peut avoir des élus y et où U n en peut » avoir :. Tendi^oit est. trop délicat et trop pé- » rilléux. Mais! ce que je puis assurer/ c'est que >i Dieu peut se conserver des élus dans les corn- 9> munions et dans les sectes très-corrpiapues : ce V qui est-daîr ; parce quil s'en :esb conservé dans >) le règne même de l'Antéchrist et dsfns Celle de » toutes lés religions, qui, sans avoir renoncé aux i> principes de la religion , est pourtant Ja plus 3» antichrétien ne . Sain t Paul nous dit expressément » que l'Antéchrist doit être assis dans le temple » de Dieu, c'est-à-dire, dans une Eglise qui sero » chrétienne , et qui aura assez de reste du véri- )) table christianisme pour conserver le nom d'E-

Sirll LES LETTTRISS DE H. JURIEU. 17^

4 glise et de temple de Dieu. Ces cent quaranten quatre mille de TApocalypse sont représentés » êti*e dans Fempire de rAntechrist, comme les » Israélites étôîent dans FËgypte, où les poteaux 3» de leurs maisônsfurent marqués , afin que Fange » destinicteur- né les touchât point (0 ». Voilà, ce me se'mble^dèS'élus en assez grand nonibre, et Bsse% bien marqués dans TËglise de FÂntêchrist ; c*est'-à-dire^ selon le ministre dans la romaine^ sans que son antichiûstianisme le$ en empêche. Mais achevons le passage , puisque nous y sommes. « Les Eglises de FOrient et du Midi sont assuré- » ment dans une grande décadence >>. Sans doute, selon les principes du ministre ^ puisqu'on y voit bien assurément tout le culte et des images et des saints , qu'on nous impute à idolâtrie. « L'Eglise » des Abyssins nest pas trop pure »^ puisque outre ces idolâtries ^ on y suit les erreurs de Dib&core , et on y déteste la sainte doctrine du concile de Chalcédoine. c< Cependant y poursuit le mi- » nistre , il li'y a pas lieu de douter que Dieu ne » s'y conserve un résidu selon Félection de la » grâce ; car jamais la parole n'est préchée en un » pays y que Dieu ne lui donne efficace à Fégard » de quelques-uns »« Voilà toujours son grand principe, qui est la fécondité de la parole d^ Dieu partout où elle est préchée.

Mais afin que cette parole ait cette fécondité et cette efficace , il ne faut pas s'imaginer qu elle doive être prêchée dans sa pureté ; puisque ,

(0 Avis à tous lot ChréL avant Vacc, /•• ^8 ^ 49* Pré^J* l^gif-

I'j4 TROISIÈME AVERTISSEMENT

comme on voit j ces Eglises ne sont guère pures. II n y a point d'Eglise moins pure que celle de FAntedirist ; et néanmoins on y ti'ouve cent qua^ rante>({uatre mille âus. Votre' ministre a écrit ces choses ; vous les voyes , vous les lises de vos propres yeux ; et toutefois , mes çhers Frèrw , il se tient si assuré de vous faire croira tout ce qu'il voudra, qu*il ose nier qu il les ait é<»îte8| et il se fait fort de vous persuader que jamais il n'a songé à mettre des élus parmi nous , ni à confesser qu on se sauve dans notice commimioa , parce que c est la communion de VAntecIirist* :xi. Ce qu il dit dans le Système de^ TEglifie est en-

^"*"rA*l ^^^ P^"^ ^^^ » puisqu'il entreprend d y prouver met le peu- par FApocalypse^ « que l'Eglise peut 4tre dan$ pie saine j, Babylone , et que Babylone peut entrer dans foMJuaqu'rû » l'Eglise (0. Il cfit vrai , poursuit-il, nous soujour de sa j» teuons , et aou$ avon9 raison de soutenir que '*"*^; ^'p"* ^ l'Eglise romaine est la Babylone spirituelle dé^ r Apocaljp- » peinte dans l'Apocalypse ; mais Dieu dit de cette ^' » Babylone ; Sortez de Babylone y mon peuple ^

» de peur que participant à aes péchés^ ypua ne » participiei à ses peines )»• Voilà donc eucore une fois le peuple de Dku dans Bebylpoe \ et cela jusqu'au moment où ses crimes sont mcmtét si haut 9 qu elle n'a pins à attendre que la dernière sentence y et qu il n y a plus aucun délai à son supf^ce.

Entreprenez sa défense y iesagipez tout ce qu'il peut dire.; et lui- même au même yioment il le réfutera. Vous pourriez, croire que ce peuple ,

(0 Sfsu iiy, t, ck, lyp» i44» i4^- ^^' ^V.*ZT| n. S6.

SUE LES LBTTEE8 DE M. JUElËU. I7S

qui est renfermé dans Babylone jusqu'à ce moment fatal , tkest appelé le peuple de Dieu que selon la prédestination éternelle. Afais y non, dit M. Jurieu (0 f « il ne faut pas dire que le peuplé » de Dieu sorte de Babylone , comme les chré-^ » tiens sortent du milieu des Païens^ quand ceux-ci » se convertissent ^ car Dieu n'appelle point son » peuple des gens en état de damnation ; et si tè » peuple de Dieu renfermé dans Babylone étoit 9 îui'^même un peuple Babylonien ^ Dieu ne le » pourroit plus appeler son peuplé. Il e^ plus «clair que le )0ur que Dieu dans ces paroles^ » Sortes de Babylone ^ mon peuple , fait allusion » au retour du peuple Juif de la captivité de Ba*^ m bylone ; et pendant que les Jui& furent dans » Babylone, ils ne cessèrent pas d'être Juifs , et le » peuple de Dien >»• Vous le voyez , mes chers Frères: il ne dît pas seulement , mais il prouve, par tous les prindpes dont on convient dans la Béforme^ que le vrai peuple de Dieu , le^ peuple justifié, le peuple saint et séparé des mécbans par la ^ce qu'il a reçue , se trouve dans sa Baby* lone , qui est l'Eglise romaine ^ jusqu'au moment de sa diute : et œt homme ose dire encore qu'il n'a jamaii enseigné qu'on se sauvât parmi nous.

Mais , dit-^il , ceux qui s'y sauvent ce sont les xn. enfa&8 1 car U avoue dans sa lettre , qu'il dit bien ^"^^^^ d*

j itT-» li • -1 \ • c '.^ ministre, qui

« que dans 1 E^^ romaine u y a une mfinité répond qu'il » drames sanctifiées par la v^tu du christia- » « Muvé ji nisme ; mais qu'il a ajouté , que ces âmes sont ^^^ ^ ^ j> celles des enfans qui ont été baptisés au nom les enfam

1^6 . TROISIÈME AVERTIS8BXEZIT

» de Jésus-Christ , et qui étant morts avant Tâge » de raison , n*ont pris aucune part aux abomi* » naUoas du papisme (0 ». Ce qu U répète encore une fois en ces termes : c< Nous ne reconnois- » sons d*élus dans. TEglise romaine qu entre les ^ enfans qui ne sauroient prendre part à ses ido- » latries ('^) ». Sans doute , c*est aux enfans qui n'ont pas atteint Tâge de raison que s'adresse cette parole : Sortez de Babylone ^ mon peuple : ils entendront à merveille que Babylone c'est l'Eglise romaine ; que c'est celle-là d'où il faut sop» tir y et qu'il faut passer en Hollande pour se joindre au peuple de Dieu. Les enfans entendent cela avant l'usage de la raison ^ et ils sont le peuple de Dieu à qui s'adresse cette voix du del. Qu'on espère de vous faire croire de telles absurdités ! Mais si vous n'avez pas oublié ce que votre docteur vient de vous dire , ceux qui se sauvent dans la communion romaine , c'est-à-dire , dans la Babylone spirituelle y ont été comparés aux Juift qui étoient dans la Babylone temporelle ou en Egypte y qui sans doute étoient des adultes, et non pas de petits enfans avant l'âge' de raison. On attribuoit tout-à-l'heure le salut de ce grand nombre d'élus , qui se trouve dans Babylone et sous le règne de l'Antéchrist , à l'efficace de la parole , qui n'est jamais préchée inutilement (?h Est-ce que ces enfans écouteront cette parole y et qu'à la faveur des vérités qu'elle contient , ils sauront bien se séparer de la corruption 7 Pour qui

(0/ttr. £eu. Il, p. 8o.-.^W Ihid, — W /x-q^, ci-dcMus, n. io.

veut-on

SUE tE« LCTrrKES DB M. JUKIfeV. 1']'].

veut-on vous faire passer , et dans quel rang- met* on ceux qu'on espère de contenter par de tels moyens? U n*y a donc rien à répondre à des passages si clairs : les plus sourds les entendent > les plus ignorans en sont frappés ; et il ne vous reste que le seul refuge où Ton se jette ordinairement quand on n*en peut plus ; c'est de dire ce que tous les jours nous entendons de votre bouche : Nous ne saurions vous répondre ; mais notre mi* nistre ^ s*il étoit ici , vous répondroit bien. Quelle réponse pour des gens à qui tout est clair , et qui croient pouvoir décider seuls au-dessus de tous les docteurs et de tous les synodes ! Mais.^ncore , ce misérable refuge vous est-il fermé à cette fois. Il n'est pas question de dire que votre ministre répondra quand on lui objectera ces passages tira de ses livres : on les lui a. objectés dans TListoire des Variations (0 ; vous les trouverez dans ce livre xv, qu'il reconuott avoir lu,. et auquel il s'est engagé de répondre , du moins pour les. endroits qui le touchent. Il ne dit mot néanmoins de ceux-ci; et ces témoignages qu'il a portés contre lui-même lui ferment la bouche.

Mais vous trouvierez dans ce même livre de xm. quoi le confondre plus démonstrativemént. > Le paJ^-g^ ^^j„ ministre propose deux voies dont Dieu se sert ministre, où pour sauver son peuple au milieu de la corrup- " "'^"j^ tion de Babylone : la première est la voie de romaine tolérance , parce qu'i7 supporte les erreurs et d'aatrea élus

que les en*

les superstitions en ceux qui y foivent de bonne f^^^

(») Var, liv. XV, n, 56.

Bos6VET. Avert* aux Prot. u la

||}9 TROISlisME ÀVERTISSEKEm

foi , et gi^ d'aiH^urs mt àeaiàCQ¥p iie piéfé et d0 charité (»J l h ^^onA^y est la voie d^ séparation, parc^ qu'il 4çiAire eeuoç (fuil ateutfouifer^j'us^^ ^14'^ hf4r fqire séparer la doctrine dii^me des a4d^^ hu^naines W. C'est ainsi, dit-il, çuo^ se s^ve d^ns le règne wiéme d^ V Antéchrist^ Or oQnstawmwt c^ n'est pas ainsi que Dieu veuÇ sauwr k4^»fenl : i^i il ue supporte leurs erreurs, ni il ne leur dpi^ç de dUcer^eweut. Ce n'est doacpaseux qn'on «ntw4 V^^ <^ peiiiple sauvq d^ns Babylone 5 ce acvit lea adulte^ : e§ sont,, disr je, ceuKrlà qui , selon les prinoipçs dj5 votre uûjiistre , sont sauvés dans TEgiise TOiwine , nonseulen^nt en reîetaut SiB% prétwdws erreurs^ mais encoTO en les eroyapi^ de bopne foi.

Vous ne croyiez pjfts, çips oUrs Frères, qu'on en ïi<tt venir parw you^s, dan^ U copjonotufe pH-r sente jiiisqu ^ P^^^s donner cet avantage ; «a^

Dieu r^ vçuJn ^w4 : 1%**» q.*^ » s<^i^ ^ v^^*^^ salut , a voulu ^oyus donner ce témoignage par la bpuphe d'uu ministi-e , d'ailleurs si imfaacabl^ ^overs nous -, çt il n'a pu s'en défendre. C^ il s^ déclaré fprmeftf meut que la voie de la tolérance pourlegerreurs regarde çeuç quÀy vivej^t dçbonne JQÎ ; e^ ce qu'il n'a dit jtju'ep passant; d^na ses Pr^ j^gés légitimes (5J, il ^explique à foud daps soii Sy$tégiç, QÙ. il parle ^si (4^^ « Pouir ce qui ^t » djes ^çtes qui re^yers^ut le Ç^ement par ad*" », ditions, sansl'ôtej: pçurtaut >>, (vous entende? bien que c'est de nous, et de nos semblables. qu'il

(i) Jur. ihid. n. 5;. — (>) Préj, L parL eh, i, p. 1 7, — (î) Pt^J. iUd, — W SjsU lit*, h p. iSa, 159, 164, 174, 175, 195, aSg.

suit LSS LETTRES DE M. lUItlEU. fjg

teut parler) « il est certain qu^on n'y peut com« M miinier sans p^ehë j et afin (îe pouvoir espérer de » Dieu quelque tolérance , il faut premièrement n qu'on y soit engagé par la naissance. 2. Qu^oa » ne pnîsse cbmmunier avec aucune autre soci^tf s pliK pure. Cest pourquoi il n'eAt pas été per* » mis de communier tantôt avec les Yaudois, et » tantôt atec les prétendus Catholiques. 3. Qu^on 9 y ccnmmnie debonnefoi^ ci*oyant qn^elle a con-' » sefvé l'essence des sacreméns, et qu'elle n'oblige » à rieo contre la conscience ». Vous voye« donc clairement que ceux qui se sauvent dans ces conimimions impures ^ ôâ^ néanmoins les fondemens sid)tt8tent toujoui^y ce sont ceux qui y vivent de bonne foi et qui croient qu'on ny obKge k rieti fui èiesse la conscience. « Car, poursuit-il , si % on croit que cette société oblige à quelque » chose contre la conscience y on pèche môitelle* » ment quand on participe à ses^acremens ; c'est » pofurquoi il ne vous est pas permis de commuli nier alternativement avec les prétendus Catho- » liques et avec les Réformés ; parce qu'étant » dans les sentimens des Réformés , nous sommes » persuadés que le papisme nous oblige dans sa » communion à bien des choses contre la con- * science, comme , dit -il, à adorer le sacré- » meut » T Par 06 Ton voit manifestement -qu'il a compris l'Eglise romaine avec celles où Ton pe«t se saurver , en y vivant de bonne foi , c'està-dire, en participant sincèrement à sa doctrine et à son culte ^ et c'est pourquoi il n.'oblige à

l8p TROISISUB AVERTISSEMENT

péché mortel, que ceux qui communieraient ,. ouadoreroient avec nous, sans croire deitonne foi notre doctrine.

On voit par -là le pas important qu*il .a £sdt au-delà de M. Claude et du commun de sa secte. M. Claude , avant la Réforme , ne sauvoit parmi nous que ceux qui n'étoient pas de bonne foi ^ en. demeurant dans le sein de notre Eglise sans j croire : M. Jurieu, qui a bien vu combien il étoit absurde de ne sauver que les hypocrites^ a été forcé de passer outre , et d'accorder le saljut plutôt à la bonne foi qu à la tromperie.

Il est vrai qu'il semble y mettre deux condi*: tions ; Tuné, qu on soit engagé à une communion par la naissance ; l'autre ^ qu'on ne puisse communier avec. une société plus pure* Mais il tempère lui-même la première condition ^ en disant que ceux qui passent de bonne foi et par persuasion y dans les sectes qui ne ruinent ni ne renversent le fondement^ au nombre desquels il nous met, comme on a vu, ne sont pas eo autre état que ceux qui y sont nés : et pour l'autre condition, qui est celle de ne pas pouvoir communier avec une société plus pure, il est fort commode pour cela ; puisqu en disanjt qu'il faut rompre avec les conciles qui détruisent les fondemens de la religion, soit en les niant ^ soit en les renversant, il y appose la condition , si ort est en état de pouvoir le faire {}). Les questions qu'il propose ensuite, vous feront encore mieux

' SXrm IiBS> LETTRES DE À^. JtTItlEU. l8l

jconnottre ses inteotions* « Il semble , dit-il {^^ » que si Tidée de FEglise renferme généralement )» toutes les sectes, pn puisse sans scrupule passer » de Tune à Tautre; être tantôt Grec y tantôt La- » tin, tantôt Réformé, tantôt Papiste,, tantôt » Calviniste, tantôt Luthérien ». Telle' est la question qu'il propose , où Ton voit qu il met égà-' lement les Latins et les Grecs, les Papistes et les Prétendus Réformés : et il répond premièrement, qu^il n^est pas permis de passer d'une communion à une autre pour /aire profession de croire ce çuon ne croit pas; ce qui est très-assuré :.mais, ' secondement, il ajoute qu'on y peut passer, comme on vient de voir, sans risque de son 3alut, ce en changeant de sentiment, lorsqu'on 3> passe dans les sectes qui ne ruinent ni.ne ren* 9 versent le fondement W ».

Lorsque pour répondre *à ce passage il dit qu'il faut entendre sa proposition des sectes qui ne renversent en aucune sorte le fondement de la religion, ni en le niaat, ni en y mêlant des erreurs mortelles, telles que sont les idolâtries qu'il no^s in^ute (3) : il est battu premièi*e|nent par tous les endroits, où il a sauvé, non-$euler ment les Grecs aussi idolâtres que nous, m&is encore les Nestoiiens et les Eutychiens , qui joi* gnent d'autres erreurs à ces prétendues idolâtries ; et secondement par toutes les preuves par lesquelles on a démontré qu'il met des idolâtres, reconnus pour tels par lui-même, uourseukmenl:

(') Srst- p- a59. — W Jhid, 175. — (5) Lett. xi.

l82 TROIVlim ÀVXftTIftgEMElffT

au nombre des sauvés ^ mais encore au rs^g des plus grands saints.

^IV- Si tout cela ne démontre pas qu*il a sauvif

oite e a p^j^jjj jjQ^jg d'autres cens que les enfans décèdes

même ma- * .

tiére. avant Fusage de raison ^ je ne sais plus ce qu'il y

a de démonstratif. Mais voici encore une auti*e preuve y qui nest pas moins concluante. « Nous » avouons^ dit -il (0^ à M. de Meaux, que TEglise 30 dont Jésus -Christ parle là » (dans le passage de saint Matthieu y xti , où il dit que Fenfer ne prévau* dra point contre rEglise ) ^ « est une E^ise confe»* » santé ^ une Eglise qui publie la foi, une Eglise » par conséquent extérieure et visible ; mais nous » nions que cette Eglise confessante , et qui pu^^ » blie la foi y soit une certaine communion chré* » tienne, distincte et séparée de toutes les autres« 30 Cest Tamas de toutes les comQiunions qui pré^ 3» cbent un même Jésus -Christ , qui annoncent » le même salut, qui donnent les mêmes sacrea» mens en substance , et qui enseignent la même ^ doctrine » ; en substance encore j et quant aux points fondamentaux y comme il vient de dire; car s'il voul<ût qu en tout et partout on ensei^ f;nât jusqu*aux moindres points la même doc* trine, il sortiroit visiblement de son système, et . ne. pourroit plus sauver, comme il fait, ni les - Nestoriens, ni les Jacobites, ni les Grecs;- et c'est pourquoi il ajoute que TEglise, dont Jé^ sus-Christ parle ici , « est un corps qui renferme » toutes les communions , lesquelles retiennent

n le lomteâként de là foi »4 Ol"^ il ttt^Us tédiprend dam ée cort)s ; il hotis Miét dan» oel éiÉléB > t^^Ai'iûté Oïl â tu , et cômilké il lé dit à cha<|uë j|)àgè de sôA litre , iél éri )>ài^tictiliter dàtté cet ettâroit; puisque c'eàt de hoiis ei^ parllûHlier et <lé TEglisé romaine qu'il s'agita CTést dahs tet àih^i que sont les élus : le ministre lé décidé aitisi pétt ces pa-^ rôles : « Dàiïs ce tfotpè visible et èiïfefàe est ren^ » fermée lamé dé FE^Iise , lëS fidèles et leà vraii ^ saints (0 ^ ; et uh peu pitié bas ^ « qMlqilé ^nft 9 qu'on donne à cet article , ( o'é&t à Fa^rtiele dtt to Sjrmbole où fou croit TËglise tinivéïsélte) et >> quoique Yi>tk atoUé qUe pa¥4à il feut eàtéftâl^ » une vraie Eglise visible^ les ptétéi^dcis GàAid* jr Jiques n eh peuvent tirer auéun avautagé; puis^ » que cette Eglise visible ^ laqueUé nous faisoM 3> profession de croire , est celle qui est rëpktt^ » due da^s toutes les COâimûni^oiis véritablement » <^télieikies f et dans làqudlé est tëhferkuée la » pallie iutiâible , qui ftcM téiB <âûi et léS vtidk » saints »^ Nom totmft^ ^ o<Srtfimè ô« à tu plu^ sieorft teis y Une de ces c^ttlMuions véritad^lè^ ment chrétietibès ^ é'èftl^-di^è > dé eaUéi où fou retient lés fohdeiifie^ dé la foi f et nous Souimeé par conséquent une dé ées coUiUlunfioUs où Foti est contraint d'avouer que lés Saints àoUt renfeîV mes. Qu'en ne nous objecté donc plus nos idolâtries prétendue^ comme e^olusivés du salut. Nous annonçons dans lé fond le méa^ saluE qtie les autres qu'on reconuoit poui" véritables éhfétiens : en l'annonçant, nous y conduisons , puisque^

0) Sf*L p. 2x6,

l84 TROISIEME AVE&TISSEXBIVT

selon les principes du système , on ne Tannonce pas inutilement , et que la parole dç Dieu n'est : pas stérile. Qu on ne nous'objiecte plus que nous retranchons avec la coupe une partie substantielle de TEucharistie. Nous avons les sacr^mens en substance ; et il n y a aucune raison ni gêné* raie ni particulière de nous priver du salut. On ne peut ici se réduire aux enfans qui meurent parmi nous après le Baptême et avant Fâge de raison : car il n auroit fallu parler, ni de la doctrine ,* ni de la prédication y puisqu'ils n'y ont aucune part eaFétat où ils sont. Les adultes se sauvent donc parmi nous , comme panni les autres vrais chrétiens qui fdnt une communion et retiennent les fondemens; et c'est en vain qu'on voudroit tâcher de renfermer le salut dans les enfans.

En effet, dans le même- endroit oîi le ministre semble s'y réduire, sentant bien en sa conscience qu'il n'y a pas moyen de s'en tenir là, il ajoute que s'il y avoit quelques élus entre les adultes, cela étant absolument inconnu ne pouvait servir à n'en (0 : comme s'il y avoit sur la terre une communion où l'on connût lés élus , ou que l'on sût qu'il y en a par une autre voie que par celle qui a forcé le ministre à en mettre selon ses principes, dans toutes les sociétés où la parole de Dieu est prechée, c'est-à-dire, par l'efficace et par la fécondité de cette parole.

XT. . C'en seroit trop sur cette matière, si elle étoit peut" san/^ ^® moindre importance , et si le ministre à qui

(0 Leu. XI.

SUR LES LETTRES DE M. JUEIEU. l85

nous avons affaire vouloit agir de bonne foi : trop d'înja». mais comme il ne cherche qu'à éluder tout cç J*^* nou« requ'il a dit de plus clair , il, faut f accabler de après ravoir preuves. Car, après tout, quelle raison Tanroit «ccordc k

A 1 >• j -^ 1 . tant d'autre*

empêche de nous sauver avec. tous les. autres, g^^ Jq^ c'est-à-dire, non-seulement avec les Luthériens, lacormpuon qui font partie des Protestans , mais encore, avec **^*^®"^** ceux qu'on ne met point en ce. rang ; avec les Grecs , les Jacobites et les Nestoriens , à qui ^il ne dénie pas qu'il ait accordé 1^ salut ? Commençons par ce qui regarde le culte; .car. c'est ce qu'on ^ait passer pour le point le plus essentiel. On ne nie pas que les Grecs n'aient avec nous le culte des saints, celui des reliques et des images, ni que ce culte n'ait passé en dogme constant au second concile de Nicée tenu. et ap« prouvé dans l'Eglise grecque. Les Nestoriens et les Jacobites sont dans les mêmes pratiques : le fait est constant, et personne ne le conteste : ils sont donc déjà idolâtres comme nous .et comme les Grecs; et néanmoins on se sauve parmi eux. Venons à ce qui regarde la personne de Jésus? Christ et son mcarnation. Sans disputer main-» tenant du sentiment des Nestoriens et des Euty^ chiens, ou demi -Euty chiens et Js^cobites, vous avez vu que M. Jurieu les a sauvés (0, en présup^ posant dans la doctrine des Nestoriens , la désu* nioi(.des personnes, et dans celle des Eutychiens^ la confusion des natures. Vous avez vu , dis -je y qu'on peut être sauvé en croyant Ihumanité ab-

(*) Ci-d«wiiSy n. a.

l86 VROIfilÈME ÀVBKTISSEMEKT

^rbée dans la nature divine y et la personne de J^sas-Christ diviftëe en d^nx.

Passons à la doctrine de la grâce et de la prédestination. Vous sauvez les Luthériens, encore que , de Taveu de M. Jurieu ^ ils soient demi^ Pélagiens , et qu'ils attachent la conversion de rhomme à des actes purement humains où la grâce n'a aucune part. Vous en avez vu les passages danft le second avertissement.

Vous ave« vu, dans le^méme endroit , que les mêmes Luthériens nient que les bonnet œuvres soient nécessaires au salut, et qu'ils avouent qu'on se peut sauver sans exercer les vertus et sans ai^ mer Dieu ; ce qui va à Textinction de la piété, et n'empêché pas néanmoins qu'ils ne parviennent au salut.

Disons un mot des sacremens. Ce seroit une cruauté, selon le ministre (0, de chasser de l^E- . glise et d'exclure du salut ceux qui admettent d'autres sacremem que le Baptême et la Gène ; et loin de nous en exclure pour y avoir ajouté la Confirmation , l'Extréme'^onction et les autres , il n'en exdut même pas les dirétiens d'Ethiopie , à qui il fait recevoir la Circoncision k titre de sa^ crement , encore que saint Paul ait dit : Si o^u^ recmvez ta Circonàùian > Jésus ^ Christ ne vous servira de rien i^i. Tout ceta est objecté dans les Variations (?) , et tout cela a passé sans contradiction.

Pour la présence réelle, on n'a plus besoin

(0 Syst. pr 539, 548. — W Gui. V. a. — C^ rar. fcV. xr, n, 60.

^en parler; et il y a trop long - temps qa*on est convenu, ai faveur des Luthériens , que cette doctrine ^ qui nous rangeoit autrefois au nombre des anthropophages, est devenue mnoœnte et sans venin. L'ubiquité , doctiine insensée et monstrueux, s'il en fîit jamais, de Taveu de vos mi*» ni^tres^oùTon fait Jésus-Christ, en tant qu'homme, aussi immense que Jësns^Christ en tant que Dieu, est tolérée dans les Luthéneas avec la présence réelle ; quoiqu'au fond cette doctrine empoite avec elle Teutychianisme tout pur, et Thuma* nité absorbée dans la nature divine : mais cela même est d^à passé aux Jacobites , avec tout le reste.

Pour peu qu il y ett de bonne foi, il ne faudroit plus disputer de la transsubstantiation, puisqu'il n y a pi^sque j^us de Protestans qui ne la reconnoissent parmi les Grées, et que les savans la trou^ vent si elaire dans les liturgies des Nestoriens et . des Eutychiens , qu'il n'y a pas moyen de le nier : mais du moin», à ^elque excès que l'on porte TimpadetiLce, on ne niera pas parmi eux, non plus que parmi les Grecs, une oblation et un sa* crifice dans la célébration de l'Eucharistie , et un sacrifice ofiert à Dieu pour les morts comme pour les vivans, ^t pour les péchés des uns et des autres. Tout oela passe ^ et on se sauve avec tout cela; avec le culte <les saints et^'idolàtrie des reliques et des images; avec un sacrifice propitiatoire po«r les vivans et les morts, puisque cfest pour les pé« chés des uns et des autres; avec la présence réelle

l88 TROISIÈME ÂVERTlSSEKElfT

et toutes ses suites ; et ce qui est bien plus étrange, avec Tubiquité des Luthériens, avec le nestoria* nisme, Teuty^ûanismey le semi-pélagianisme. Et qu'est - ce qui ne passe point avec ces monstres d'erreurs? Ce ne sont point seulement les enfans que le nùnistre a voulu sauver dans toutes ces sectes en vertu de leur Baptême ^ ce sont les adultes qui y vivent de bonne foi y et ne songent seulement pas à ep sortir : autrement il retomberoit dans la cruauté qu'il rejette , de damner tant de chrétiens qui lui paroissent de bonne foi* Ouvrant la porte du ciel à tant d'hérétiques , quel front eût-il fallu avoir pour nous en exdure?

Mais le grand principe du ministre l'oblige encore plus à nous recevoir. Car , comme on a vu souvent y ce qui l'oblige à sauver tant de sectes, et des sectes si corrompues de son aveu propre, c'est la fécondité, qui selon lui est inséparable de la parole de Dieu , quoiqu'impuretnent prêchée. Or , la parole de Dieu se prédie parmi nous autant et plus sans difficulté, que parmi les Jacobites et les Grecs. Dieu seroit cruel , selon le ministre , si cette parole n'étoit préchée que pour rendre les hommes plus inexcusables ; et c'est de là qu*il Conclut qu'elle a son effet entier dans toutes ces sectes , et quelle y sauve quelqu'un. C'esit pousser la haine ti*op avant et trop au-delà de toutes les bornes , que de nous faire les seuls pour qui Dieu puisse être cruel ; les seuls qui , en retenant les fbndemens dusàlut, et les préchant si solideiifient, ne puissions àauvér personne ; les seuls à qui il

SUR LES LETTRES DE M. TURtEU. 189

faille iÎQputer les conséquences que nous nions. Avoir un Pape à sa tête pour maintenir Tunité et le bon ordre, même en tempérant sa puissance par Tautorité des canons , est-ce un crime si détestable y qu'il vaille mieux nier la grâce , rejeter la nécessité des bonnes œuvres y diviser la pei*sonne de Jésus " Christ y absorber son humanité dans sa nature divine , et tout cela en termes formels? Ce seroit une cruauté et une absurdité tout ensemble, qu un front humain ne pourroit soutenir.

Après cela, si on nous demande d'où vient XVI. donc que lès Protestans sont si diflSciles envers ""®*^"*?^ nous, et que M. Jurieu, qui nous admet au salut , tique qu'ont £aît semblant de s'en repentir: la raison en est ccasédansU

• . . , ^ . .\ 11. Réforme de

bien aisée ; et ce ministre nous apprend lui- qqq^ ^^^ jnéme que c'est une fausse politique. C'est ce qu'il voir au «alni, a dit clairement à la fin de la préface de son Sys- ^^ ^1^ tême. Ce Système, qui met tant de sectes dans mémedéooul'Efidise universelle, et les admet au salut, selon ^^^^^'^^ lui est un dénouement des plus grandes difficultés qu*on pui^ faire à la Réforme ; et ce ministre déclare que si on rCa pas encore beaucoup ap^ puyé là' dessus ^ c'est l'efiet de la politique do, parti; c'est, en un mot, qu'on a vu qu'il seroiÇ facile d'attirer les Protestans qui aiment la paix , dans la cominunion de l'Eglise, si une fois oix leuravouoit qu'on s'y pût sauver. 11 n'y a personne qui ne fût bien aise d'assurer son salut par ce moyen ; et voilà bien certainement ceue poli" tique dont se plaint M. Jurieu , et qui a empêché jusqu'ici qu'on n'appuyât beaucoup sur son système.

igo TROISIEME ATCKflSSESEKT

Je lui ai fait cette (éjection dans le liyre àeê Variations (0 , et il n a eu rien à répliquer : mais nous pouvons maintenant entrer plus avant dans ce sdCret de la Reforme. U est certain qu*au commencement on n y osoit dire qu'il n*y eût point de salut dans la communion romaine ; au con-* traii^ y on faisoit semblant de ne pas vouloir aln solument y renoncer. Les deux partis de la Réforme f c est-à-dîre, tant les Zningliens qae ceux de la Confession d'Ausbourg^ se somneltoient au concile que le Pape assembleroit (^). Nous avons vu qu*oa meltoit au nombre des saints les plu^ zélés défenseurs de FEglise et de la croyance romaine^ un saint Bernard^ un saint Bonaventure, un saint François ; et Luther reconnoissoit en termes magniÊques le salut et la sainteté dans cette Eglise (3).

Je ne parle point des autres auteurs dont les discours vont au même but. Si dans la suite on a usé de plus de réserve^ c est l'appréhension qu'on a eue de rendre la Réfwme moins nécessaire au salut y et de faire voir, si on se sauvoit dans la communion romaine^ qu*i} valoit mieux s*y tenir, que d'aller risquer ailleurs son éternité. On sait ce qui se passa dsms la conversion de Henri IV. Quand fl pressoit ses théologiens^ ils lui avouoient de bonne foi^ pour la plupart , qnavec eux Tétat étoit plus parfait ; miàs* qu avec nous , il suffisoit pour le salut. Ge prince ne trouva jamais aucuit Catholique qui lui en dtt autant de la prétendue

(0 F'ar. AV. xv, n. 5i. — (») yar, m. 5o, $g. Go, 6i , 6a, Prœf. Conf. Auq. Conclus. Conf. ArgenL — {^) Far, lu. 60.

suai LKS LSXTRB8 DS M. ^V&IBU. igi

Jléforme où U étoit. De la donc il concluoit qu'il faodroit étr9 iii$en$^ pour ne pt& aUar au plus sûr ', et Dieu se servoit de laveui de ses xuiiùstres pour faire eatrer sçs Imoière^ dans le graud cœur de ce prince. La chose étoit publique dans la Cour : les vieux ^e^neura, qui le savoient de leurs pères» nous Tout raconté souvent^ et sî on ne veut pas nous en croire, on en peut croire M* de Sully , qui tout %élé Huguenot qu'il étoit , non-* seulement déclare au rqi , qu il tient infaillible qu'oQ se sauve étimt Catholique , mais nonuxu» encore k ce prince cinq des principaux ministres qui ne s'éloignoient pas de ce sentiment (0. Ce* pendant un $i grand exemple et la conversion d*un si grand roi, fit peur aux docteurs de la Ré* forme , et ils n osoient presque plu& dire qu on se sauvât parmi nous. M. Jurieu lui-même avoit peine à se déclarer dans se& Préjugés légitimes* Nous avons vu W le passage où il dit, a qu'il » ae veut point définir quelles sont les sectes » où Dieu peut avoir des élus, et où il aes^ n peutavoi,!* ; l'endroit, poursuit-U, est trop dé* >i licat et trop périlleux ». Ule dit pourtant dans la suite, comme on a vu : mais la. politique du parti le fai^it euQore ua peu hésit^^ alors; et ce n'e&t que daiis ^on System^ de l'ËgUse qu ii blâme ouvertenj^Qut. cettie politique*

Demw4ez-lui maintenant ee qinfil y t^voit da si détifiof ^$, 4e si pèrUieu^ 4ans c^ syst^jq^e :t

étoit-c^ à(à 4auv^r l^ Orec^, ]»a Aus^qs^ les Jacobiies, les Nestorîens? QraignQit-il que se& Frote»-

0) Hém> de Sully, c//. 38. — {*) Ci-dessus, n. lo.

IQS TROISièMÎS ATÎBRTISSEMERT

tans n^aUassent en Orient rechercher le patriarche de Gonstantinople , ou celui'des Nestoriens ? Et qui ne voit au contraire que ce qu'il craigiioity c'étoit de faciliter le passage'de la Reforme vers nous? Il n'en faut pas davantage pour vous convaincre que, puisqu'à la fin il s'est élevé au-dessus de la politique du parti , c'étoit nous qu'il vouloit sauver; etce n'étoit pas les enfans qu'il avoit en vue : ce ne sont poiût les enfans qu'il faut empêcher d'aller chercher leur salut dans une autre communion : les adultes seuls étoient l'objet de la politique qu^il avoit enfin méprisée en tkous recevant au salut. S*il semble s'en repen* tir et révoquer son aveu, c'est que la politique qu'il avoit blâpiée reprend le dessus dans son esprit; et en deux mots, mes chers Frères, il craint d'en avoir trop dit, et que, pour assurer votre salut , vous ne le cherchiez à la fin où luimême il vous le montre, xvn. Non, direz-vous, cet inconvénient n'est pas à

Combien craindre, puisqu'après tout, en avouant quoa

est impor- j i • -i

tant l'aveu P^*^^ ^® sauver dans la communion romame, il du ministre, y met des reistrictions qui font trembler, et n'ouks^rotM^ vre aux Catholiques la voie du salut que par une tana inezca- espèce de miracle. Mais mes Frères, tout cela sables. est vain; et, malgré les restrictions odieuses et

excessives de votre ministre , l'avantage que nous remportons de son aveu est grand en toutes manières. Premièrement , parce qu'il s'ensuit que l'accusation d'idolâtrie et celle d'antichristianismè est tout*à-fait nulle ; puisque ces deux choses ma^ nifestement sont incompatibles avec le salut, et

que

'SITE LES LETTRES DE M. 7URIEU. IqS

que le ministre n a pu le nier que par la con«* tradiction qu^on a remarquée entré ses principes; marque évidente et inévitable de leur fausseté.

Secondement, tout le monde ne^ donnera pas dans les idées de M. Jurieu, où il faut composer l*Eglise catholique de tant de sectes ennemies qui poussent le schisme et la division jusqu'à sfexcom-^ munier mutuellement y eijus^'aux épées tirées, comme parle ce ministre (0. C'est détruire le christianisme, que de donner cette foible idée de l'unité chrétienne ; c'est ôter au royaume de JÀus^Christ le caractère de paix qui le rend étér*» Bel, et lui donner le caractère du royaume de Satan, prêt à tomber, selon la parole du Fik de Dieu, parcequ'il est divisé en lui-même W. Si donc on ouvre une fois les yeux à la vérité, si on voit qu'il n est pas possible de nous refuser le titre de vraie Eglise, où l'on peut trouver le salut que nous cherchons tous , ceux qui le cherchent véritidi>lement ne tarderont pas à pousser leurs ré« flexions plus loin. Us reconnottront les avantages plus édatans que le soleil de* l'Eglise catholique romaine au-dessus de toutes les autres sociétés qui s'attribuent le titre d'Eglise. Ils y verront l'antiquité, la succession, la fermeté à demeurer dans le même état , sans qu'on puisse lui marquer par aucun fait positif, ni la date du commencement d'aucun de ses dogmes , ni aucun acte où elle renonce à ses anciens maîtres. Us y verront Jadiaire devint Pierre, où les chrétiens de tous

BossviT. Assert* aux Prot. i. i3

194 TROISIÈJfE ▲VERTISSCMENI'

les temps ont fait gloire de conserver Funit^Y dai^s oette chaire une ëminente et inviolable au-, torité, et l'incompatibilité avec toutes les erreurs qui ont toutes été fiDudroyées de ce haut siège. Os 7 verrottt en un mot tous les avantages de la' catholicité, qui forcent ses ennemis , au milieu de leurs calonmiesy à lui rendre témoignage : ce qui fera confesser à tous les gens de bon seni ^ qu^on devoit d'autant moins la quittet*, qu'à la fiti il faut avouer qu'on y trouve la vie étemelle; et il parottra évident , que comme on est sorti de soir seiui c'est à ee sein maternel qu'il faut retour-' ner de tous les coins de la terre pour assurer son salut.

En effet y en troisième lieu , les difficultés qu*on /imagine à le trouver parmi nous ^ ne sont point fondées en raison y mais dans la haine la pluii aveugle qu'on puisse jamais imaginer ; puisque même oa a osé dire qu'on se sauveroit plus aisé-ment parmi les Ariens (0, quoiqu'ils bient la di« vinité du Ffls de Dieu. Voilà ee qu'a dit votre ministre, où vous voyéi^ clairement que c*est la. haine seule qui lefâit parler ; et rien ne le prouve mieut que là raison doi^t il ^ sei*t pour donner la préférence aux Ari^s : car c'est , dit- il , que parmi et% on ne nié que cet article fondamental , d'est-à-dii^, la divinité de Jésus -Christ , et que parmi \ei Catholiques romaiiis on en nie plusieurs. Mais voiis veneZ' de le voir forcé d'avouer que nous d'en niotis aucun : et j'il dit que nous les

CO Pr€j. Ug. UparL ci t . fysùp. àa3. F'ùr. xr, 15 a.

èVt LES LtTTlLES BË VL. lUftlÈU. IqS

mous par consëquence ^ outre qu'il a justifia ceux qui relettebt les cotisëquences qu'on leur impute ^ toujours nous serions en meilleur état que les Ariens y qui nient directement le fondement de la foi avec la divinité de Jésus •- Christ. Or y con- $tamment et selon les propres principes de M. Juriea , ceux qui nient directement le fondement du salut f sont en pire état que ceux qui ne le nient qu'indirectement et par des conséquence! qu ils rejettent. Nous sommes de ce dernier nombre selon lui ; par conséquent , sans aucun doute et selon lui-même , préférables aux Ariens ^ au-des« sous desquels il nous Aiet : c'est donc manifestement la haine qui le fait parler^ et non la raison. D'où y premièrement y je confirme ^ quoi qu'il dise^ qn^il ne dierche qu'à diminuer l'impiété de ceux qui nient la divinité de Jésus- Christ ; et je conclus, secondeiaient y que tous les obstacles qu'on dierdie avec tant d*ai^ur au salut des Catho^* liques , sans en avoir aucune raison y ne servent qu'à faire voir dans leurs adversaires une avei*sion injuste et insupportable.

Une objection si pressante , pi*oposée au livre xv des Variations 9 est demeurée sans réplique. Vous y voyee d'un côté la haine la plus excessive et la {dvs aveugle qu'on puisse imaginer; et d^autre part y malgré cette haine ^ l'aveu le plus audien^ tique et le plus formel , qu'on peut se sauver parmi nous. Dieu ne vous donne pas en vain ce témoignage ; Dieu ne permet pas en vain que ce Gaîphe prophétise ; trompé et trompeur en tant d'endroits , il est forcé à dire cette vérité , pour

196 TROISI^HE' AVE&TISSBXSRV

aider les foibles^ pour, ramener les gens de bonne foi , et à la fin rendre les antres autant inexcasables qu ils sont endurcis.

Enfin ^ si Taveu que fait le ministre y qu'on peut se sauver parmi nous et dalis l'Eglise romaine , n'étoit pas pour elle d'une extrême conséquence, ce ministre y après l'avoir fait si solennellement et tant de fois dans ses Préjugés légitimes ^ dans son Système y et ailleurs > conune on a vu , ne feroit pas tant d'efforts dans sa lettre onzième , pour nous cacher un aveu si constant, ou plutôt pour se dédire s'il pouvoit. Mais il se tourmente en vain : et de peur que vous ne croyiez que ce ministre n'en est venu là que parce qu'il l'a biea voulu y ou qu'il en pourroit revenir s'il lui plaisoit , il est bon de considérer par quelle force in** vincible il y a été entratné. L'histoire en est courte, et je veux bien répéter ici en abrégé , ce qui en est expliqué un peu plus au long y mais encore trèsbrièvement au quinzième livre des Variations (0* XVTH. Tout est fondé sur la question : Où étoit l'E-

Par qacllcs ^^^ avant la Réforme ? La .chimère d'Eglise inr nistre a été Visible ayant été vainement tentée , et à la nix forcé à cet étant reconnue pour insuffisante ^ il a fallu avouer^ mTo&^i^n non-seulement que l'Eglise étoit toujours , mai* peat plus re- encore qu'elle étoit toujoxurs visible et visiblement Ycmr. subsistante dans une immortelle société de pas-

teurs et de peuple. C'est cet aveu qu'on a démontré autant nécessaire qu'important dans les écrits des ministres Claude et Jurieu , qui après tout A'étoit qu'une suite des principes déjà avoués dans

(*) / V. /iv. xT, w. sa a *«•>.

SUA LIS LETT&CS DB If^ YURIBU. tgj

la Réforme. La question est donc toujours revenue : où y avoit-ii dans le monde une Eglise semblable à celle desProtestans avant là Réformation* Prétendue ? Là^ après avoir vainement cherché' par toute la terre une Eglise qui eût la même foi que celle qui se disoit réformée , il a fallu enfin avouer qu*on n^en reconnoissoit aucune de cette sorte dans quelque partie que ce lût de Funivers ^ et ajouter que l'Eglise subsistoit visiblement dans ce corps de pasteurs et de peuple y qu'on appeloit l'Eglise romaine^ où les Prétendus Réformateurs et tous ceux qui les ont suivis avoient été élevés et avoient reçu le Baptême. On pouvoit donc se sauver dans cette communion : les élus de Dieu j étofent. Quoiqu'on la dit idolâtre , quoiqu'on la dit antichrétienne / ce qui est le comble des jaaxoLy des impiétés et des erreurs parmi les chrétiens ; il a £aBu en même temps lui^ donner la gloire de porter les enfans de Dieu , sans qu'elle eût perdu sa fécondité par tous les crimes et par toutes les, erreurs qu'on lui imputoit. La question étant ainsi résolue du commun aveu dé la Ré^formCy une autre question s*élève naturellement. Si ou. pouvoit se sauver dans la communion ro^ maine avant la Réfoime^ qui empêche qu'on ne s'y sauve depuis? N'y avoit-il pas, quand on s'y sauvoit, la même messe, les mêmes prières, le jnême culte , qu'on y veut regarder aujourd'hui jcomme un obstacle au salut? On s'y sauvoit néanmoins : d'où viendroit donc aujourd'hui q[u'oane pourroit s'y sauver ?

198 TROISIBMB ATE&TI88IMBST

Dire qu*elle eût ajouté depuis dans le concile de Trente de nouveaux articles de foi ; quand cela seroit y ce ne seroit rien : car il étoit bien constant qu on n avoit pas de nouveau ajouté la messe , ni tout ce que la Réforme Touloit app^t idolâtrie \ et tout cela y étoit , pendant qu'il faut confesser qu ons*y sauvoit: pourquoi donc encore un coup ne poiirroit-on maintenant que s*y damner?

Allég^er ici Fignorance ^ et la faire servir d ex^ cuse aux bonnes intentions de ceux qui vivoieni avant la grande lumière de la Réforme y c'est , premièrement , une fausseté manifeste ; puisque la Réforme prétend que dans le fond la même lumière a précédé dans les Hnssit^ ^ dans les Vi-^ défîtes y dans les Vàudois y dans les Albigeois » dans Bérenger y dans les autres : et c^est y secondement, une vaine excuse pour des abus qu'on taxe d'idolâtrie manifeste; étant chose avouée parmi les chrétiens y comme elle Test encore tout nouvellement par le ministre Jurieu y qu'on n a jamais cru ni pensé qu'on pût sauver un idolâtre , sous prétexte dlgnorance ou de bonne foi. Ainsi excuser nos pères sur leur ignorance (0, c^étoit détruire entièrement l'accusation d'idolâtrie ^ ôter tout le fondement de la Réforme et toute excuse du schisme. H falloit donc ou damner nos pères y et ne laisser durant tant de siècles aucune ressource an christianisme , ou nous sauver avec eux : et l'argument ne souffroit aucune réplique^

sua LES LETTRES DE X. l^tlEU. ipQ

Ajoutez à lont cek les Latbériens , que toute Ist Ri^fonne sauye aTec la présence réelle , a^c le BnoBSIre de Tubiquiré» aTecl0«eini-'pâagiamsme, ennemi de la grâce de JësufihChsist^ avecTerreuB où Ton nîe la oépessité de$ biHUtes couvres. Faites la comparaison de cas dogmes qu'on veut tolérer^ avec ceux qu'on veut trouver intolérables ; ajou-» tez Tambiguité des articles fondamentaux, énigme indissoluble à la Réforme : voilà par où, M. Jurieu $'est trouvé forcé à Faveit que nous avons vu , et dont il est maintenant si embarrassé.

Je ne m'étonne donc pas si les ministres, et en XIX, général tous les Protestans, évitent autant qu'ils J^'ll^J^^^'J^^ peuvent la question de l'Eglise, oomiûe Técueil sur rartîcle où ils se briseDLt Us parlent tous et toujours de de l'Eglise il cette question , comme si elle n'étoit pas du fond ^J'/^ ^ recoiide la religion : c'est, disent -ils, une dispute noitrerE^Uétrangère, et une chicane où on les jette. Mais il •c*«^»W»'>ïe. fandroit donc effacer cet article du Symbole, Je crois l'Eglise universelle : c'est de cet article qu'il s'agit dans la question de l'Eglise ; si on l'entend bien ou mal, ou, pour mieux dire, si on l'entend, ou si on ne l'entend pas. Il s'agit donc du fond de. la foi et d'un article principal du christianisme ; et il n'y a pas moyen de le nien Bien plus, il ne s'agit pas seulement ici d'un des articles prin-. dpaux, mais d'un article dont la décision entratne celle de tous les autres. Car considérons où il nous mène , et commençons par considérer où il a conduit M. Jurieu. Je ne parle plus de la conséquence qu'il a tirée malgré lui et forcé par la vérité, qu'on peut se sauver parmi nous : en

300 TftOlSlkKB ÀVERTI88EMC1IT

voici d'autres aussi importantes, et aussi certaines. S'il Y a toujours une Eglise où Ton se sauve y et que cette Eglise soit toujours visible , Ce doit être en vertu de quelque promesse divine , et d'une assistance particulière qui ne la quitte jamais : car la raison nous enseigne , l'Ecriture décide , l'expérience confirme , qu'un oiwrage humain se dissiperoit de lui-même (0. Les ministres passent condamnation , et ils avouent que l'Eglise subsiste visiblement dans ses pasteurs et dans son peuple y en vertu de cette promesse^ Je suis avec vous; de celle-ci, Les portes d'Enfer ne préi^audront point , et des autres de cette nature. Mais FEglise ne peut subsister sans la pi^ofession de la vérité : c'est pourquoi M. Jurieu avoue, après M. Claude, que l'Eglise, à qui Jésus-Cbrist promet une étemeUe durée, est'KTie Eglise eonfessante, une Eglise qui publie la foi, et par conséquent qui a pour cela une assistance particulière : on en a vu les passages (^); et ces deux ministres l'avouent en termes formels. Il est vrai que c'est avec restriction ; car ils confessent que Jésus-Christ assiste l'Eglise visible , quoique non pas jusqu'au point de ne la laisser tomber en aucune erreur , du moins jusqu'au point de ne la laisser tomber en aucune erreur capitale. C'est pourquoi M. Jurieu demeure d'accord que « YEr- » glise universelle est infaillible jusqu'à un cer- » tain degré, c'est-à-dire, jusqu'à ces bornes qui » divisent les vérités fondamentales de celles qui

Wji^L V. 35 «t Hg* — W F'ar. /«V. xy, n, 34 et suiu.

SUR LIS LETTRES DE M. JURIÈU. aoi

3» ne le sont pas (0 ». Cest d^ un attentat mani-* feste de donner des restrictions à la promesse de Jésus-Christ qui est absolue y et trois raisons s'y opposent y tirées Tune du côté de Dieu/ Fautre du côté des dogmes qu'il révèle , et la troisième du côté des promesses mêmes. Du côté de Dieu ^ il est tout -puissant; il sauife en peu, comme en beoMicoup, ainsi que dit l'Ecriture (s); et il ne lui est pas plus difficile de garantir de toute erreur, que de quelque erreur , ni.de conserver tous les dogmes j que de conserver salement les principaux, en laissant périr cependant ceux qui en sont des accessoires et des dépendances. Il les conserve donc tous dans son Eglise ; d'autant pins qu'à considérer les dogmes mêmes, Jésus- Christ qui nous les a révéla, ou par lui-même ou par ses apôtres, n'est pas, un maître, curieux qui enseigne des dogmes inutiles et dont la croyance smt indifférente; au contraire, c'est de lui qu'il est écrit dans Isaïe, Je suis le Sei* gneur qui t'enseigne des choses utiles , et qui te conduis dans la voie ou tu dois marcher (3). Il n'a donc rien enseigné qui ne soit utile et néçe&* saire à sa manière : si quelqu'un de ses dogmes ne Test pas à tous et toujours, il l'est toujours au général, et il Test aux particuliers. en certains cas : autrement il n auroit pas dû le révéler ; et par la même raison qu'il a dû le révéler à son £glise , il a dfû aussi l'y conserver par l'assistance

(0 SyML p. a56. Var, Uv. xy, n. qS. — (•) 1. Jteg, ur. 6. — (5) Iê, XLTiii. 17.

202 TAOISIÈMS A¥E ATI 88 EME9T

perpétuelle de son Saint-Esprit. C'est pourquoi , et c'est la troisième raison, c'est pourquoi y dis-je, les promesses de cette assistance n ont point de restriction; car Jésus-Christ n'en apporte aucune^ quand il dit ^ Je suism^ec vous, et quand il dit ^ X^es. portes d* Enfer ne prévaudront point* H no dit pas y Je suis auee vous dans certains articles ^ et je vous abandonne dans les autres ; il ne dit pas, L'Enfer prévaudra dans quelques points , et dans les autres je* rendrai ses efforts inutiles : il dit y sans restriction , l'Enfer ne prévaudra pas^ U n'y a point là d'exception , ni aucun endroit de sa doctrine que Jésus-Christ veuille abandonner au démon ou à lerreur : au contraire il a dit que rKsprit qu il enverroit à ses apôtres leur ensei^ gneroit, non pas quelque vérité, mais toute vé^ rite (0 : ce qui devoit durer éternellement, à cause que cet Esprit ne devoit pas seulement être en eux, mais encore^ demeurer i"^) ^ et que Jésus-Christ les avoit choisis, non-seulement pour porter du fruit, mais encore , afin que le fruit çu*ils porteroient demeurât (3) ; et , comme dit Isaïe (4)^ afin que V esprit qui étoit en eux , et la parole qu'il leur mettroit à la bouche passât de génération en génération , de la Jfouche du père à celle du fis > et à celle du petitfls , et ainsi à fouie éternisé» Ces promesses n'ont point d'exceptions ou de res^ trictiobs , et on n'y en peut apporter que d'arbi* traires qu'on t^e de son cœur et de son esprit

(0 Joan. XVI. i3. — (») IM, xiv. i6, 17. — W lUd. xv. 16.

*- (4) /j. LIX. 21.

SVE LES LETTAKS DE M* JURIBXT. ao3^

particulier; ce qui e$t la peste de la. pi^té. Que le Seigneur fiige doue entre kious et nos Frères j ou plutôt qu'il prëvienne sou jugement ^ qui se-^' roit terribli^, en leur mspiirant la docilité pour les jugemens de TEgUse à qui Jésu^^Christ a tout promu. Mais y sans les pousser plus loin qu'ils ne veulent^ œquils nous donnent suffit pour les tirer de tons leurs doutas ; et vous en sereis convaincus en li^nt le xv.^ livre de THistoire des Y^riatiçns : car je ne veux ici répéter ni soutenir que œ que \M« Jurieu en a attaqué dans ses rér ponsM.

IL traite avec un grand air de mépris les so* ^^ phîsmes de ce Uvre^ comme il les appelle ^ et ne ^^ ond^^luidaigne entrer dans cet examen ; mais puisqu'il y. même à ce a quelques endroits qu'il a jugés dignes de i^ponse^ qu'ilnows obvoyons s'il y en aura du moins un seul où il ait ^^^^ ^^ ^^^ pu se défeddre. Comme il ne songe, à dire vr^\\ miérement à qu'à rendre tout difiicile , il prétend qu'on tombe . f^y^^^^ parmi nous dans des embarras inévitables , par le nous jeter , recenrs qu'on y a dans les conU^oveises aux dé- P^ur comioîdsio^s de l'Eglise universelle ; parce que l'Eglise rggiige uninniverselle n'enseigne rien , selon lui y ne décide vcrselle. rien, ne juge rien M, et qu'on n'en peut savoir les sentimens qp'avec un travail immense*

On voit bien oh cela va : c'est à jeter tout particulier f savant ou ignorant , et jusqu'aux femmes les |4us incapables y dans la discussion du fond des controverses, au hasard de n'en sortir jamais, ou de n'en 'sortir que par une chute; et au hasard , en s'imaginant avoir tout trouvé de soi-

{}) Kar, Uu. XV, n. 67. Syst. p. 6, 217 , a33 e« sui9.

Bo4 T&OISIÈME AVBATISftEMCHT

même p de se laisser emporter -au premier venu. Voilà où M. Jui^ieu et ses semblables ont entrepris de mener tous les fidèles.

Pour cela , ce ministre à osé dire que VEgUs^ fi enseigne rien et ne juge rien* Comment le peut*fl dire , puisqu'il dit en même temps que le consen* tement de toutes les Eglises à enseigner oenaines 'véritéjS est une espèce de jugement et de jvozummt ura-AiLLiBLE ; si infaillible , selon lui, quril fait una démonstration j ( ce sont ses paroles ) et qu*on ne peut regarder que comme une marque certaine de réprobation {^) f Taudace de s'y opposer? Ce sont encore ses paroles^ et on ne pouvoit en imaginer de plus fortes. Mais , poursuit-41, on ne peut savoir le sentiment de TEglise universelle qu'avec beaucoup de recherches. Quelle erreur! et pour^ quoi. ainsi embrouiller les choses les plus faciles? On fait imaginer à un lecteur ignorant que , pour savoir les sentimens de TEglise catholique , il faut envoyer des courriers par toute la terre habitable ; comme s'il n'y avoit pas dans les pays les* plus éloignés des choaes^lont on peut s'assurer infailliblement, sans qu'il en coûte autre chose que la peine de vouloir les apprendre ; ou que tout particulier y dans quelque partie qu'il habitât da inonde connu ^ ne pût pas aisément savoir ce qui^ par exemple y avoit été décidé à Nicée ou à Constantinople sur la divinité de Jésus-Christ ou du Saint -Esprit y et ainsi du reste. Je ne sais comment on peut contester des choses si évidentes ; ni comment on peut s'imaginer qu'il soit difficile

(0 F'ar. iiV. X V, n. 87 , 88. SysU p. 996.

«un LES LBTTEB8 DE X.^ JVEtEV. ttoi

d'apprendre des décisions ^ que ceux qui les font sont soigneux de rendre publiques par tous les moyens possibles ; en sorte qu'elles deviemient aussi éclatantes. que le soleU ^ et qu'on en peut dire ce que saint Paul disoit de la prédication apostolique : Zejiruii s*en est répandu dans toute la terre j et^la parole en, a pénétré jusquaux extrémités de Vtmivers (0, Saint Paul pàrloit aux Romfuns^ d'une vérité qui leur étoit connue , sans avoir besoin de dépécher des courriers par tout le monde ^ ni d'en attendre des réponses. Et pour venir à des exemples qui touchent de plus près les Protestans^ faut -il envoyer en Suède poui* savoir qu'on y professe le luthéranisme, ou en Ecosse pour savoir que le puritanisme y pré* vaut, et que l'épiscopat y est haï , ou en HoUande pour savoir que les Arminiens , qui y sont foi*t répandus, tendent fort à la croyance des Sociniens? Mais puisque le ministre est en humeur de contester tout, qu'il se souvienne du moins de cequ'il a dit lui-même : que ce consentement de « TElglise. universelle est la règle la plus sûre 3» pour juger quels sont les points fondamentaux, 3» et les distinguer de ceux qui ne le sont pas : » question , dit-il , si épineuse et si difficile à ré- » soudre (2) ».

Voilà les passages de M. Jurieu , que je lui ob- ^^ jecte à luirméme dans le livre xv des Variations. Le mlinistre Ils sont assez importans , et surtout le dernier , ^**''^ /** ^®

, , , que la dii-

pour montrer l'autorité infaillible des jugemens pute sar les de l'Eglise. Que croyez -vous, mes diew Frères, ^^^ ^^^'

damentaus

^o6 TROISIEME AVEnfldiEUffCNf

ne regarde ^^^ q^ ministre y r^ofide 7 Une chose rare sans

^ll""^Ab«ur- d^^** * écoute* -la, et voye* d*abbrd de quelle dite de ceue hauteur il le prend : « On veut bien que M. Bos* pensée. ^ ^^^^ sache qu'on ne parle pas à des simples , n mats à des savans, qui examinent' la question n des points fondamentaux et n<vi fondamentaux. 9 Mais, poursuit -il un peu après, à Tëgard des n simples, cette règle est de nul udage (0 ». Mais quelle règle auront donc les simples pour résoudre cette question si épineuse et si difficile? L'Ecriture. Mais commentions dites^vous, que la règle la plus sûre est le consentement des Eglises? Il y auroit donc une règle plus sûre que FEcriture ? Mais si TEcriture est claire, comme vous le sou-> tenez, cominent est-ce que la question des artideft fondamentaux est si épineuse et si difficile à ré^ soudre? Ou bien est-ce qu'elle est difficile pour les savans seulement, sans Fêtre pour le simple peuple , et que TEcriture , qui la décide pour le peuple , ne la décide pas pour les savans ? Re-*connoissez que souvent on s'embarrasse beau*coup ^ quand on ne songe , en expliquant les difficultés, qu'à éblouir le vulgaire. Mais voici un beau dénouement (^) : « Cest que les simples » ne sont guère appelés à distinguer les points » fondamentaux ; cela ne leur est aucunement » nécessaire. Mais sHls veulent entrer dans cet 31 examen , leur unique règle sera leur kaisoh et » t'EcmrruxB sainte; et par ces deux lumières ils » jugeront aisément du poids et de l'importance 9 d'une doctrine pour le salut ». Mais si les sim^

(0 Lett. XI, p. 83. 1. c. — (•) Ibid,

SUE LES LEfTaXS DE M. JUKIEU. 207

pies peuvent le juger aisément, pourquoi les savans seront-ils les soûls à qui cette question est $i épineuse et si dijtûile à résoudre ? La raison et tEcrùure ne sont-^Ues que pour les simples? Et les savans ont-ils un« antre règle de leur croyance que les antres? Mais pourquoi vous met -on ici tfotre raison avec t Ecriture? Leur raison et l'Eeriture^ éil-on y seront leur unique rhgle. Est-ce -qu'à €e coup l'Ecriture nVst pas suffisante ? ou fcîeii est-ce qu'en cette occasion il faut avoir de la raison pour bien entendre FEcriture , et que dans les autres questions la raison n'est pas nécessaire ? O peuples fascinés et préoccupés ! car c'est à vous que je parle ici, et je laisse pour un moment les superbes docteurs qui vous séduisent: ne sentirez-vous jamais que vos ministres se jouent de votre foi? Car, je vous prie, pourquoi vous exclure de l'examen des articles fondamentaux , et se le réserver k eux seuls? N'est-ce pas un article nécessaire à tous , de bicii savoir , par exemple , que Jésuë ^ Christ est le fondement i^) 7 Mais si quelqu'un venoit dire que l'article de sa divinité, ou celui du péché originel et de la grâce , ou celui de l'immortalité de l'ame et de l'éternité des peines , ou quelque autre de cette importance , n'est pas fondamental , et qu'il faut communier les Sociniens qui les nient ; pourquoi le peuple sera^-il exclus de la connoissance de cette ques^ tion? Mettons, par exemple, que quelque twh nistre ose avancer qu'il faut recevoir à la communion , non - seulement les Luthériens , mais

(•)/. Cor, III. II.

208 TROISIEME ÀVEETISSEXElfT

encore ceux qui rejettent les artides qu'on vient de rapporter , ou qui veulent qu'ils n apparu tiennent pas à Tessence de la religion : ce n'est point là une idée en Tair ; M. Jurieu sait bien que plusieurs' ont proposé et proposent encore de semblables tolérances : les docteurs jugeront -ils seuls cette question , ou seront - ils infaillibles à cette fois , et le peuple sera - 1 - il tenu de les en croire à Taveugle ? Mais si les ministres se trompent y car ils ne veulent être infaillibles p ni en particulier, ni en corps; faudra-t-il consentir à leur erreur? Peuple aveugle , oCi vous mène-t-on^ en vous disant que vous voyez tout par vous-^ mêmes ? Et à qui peut-on mieux appliquer cette parole du Sauveur : Si vous étiez aveugles j vous n'auriez point de péché : mais maintenant que vous dites. Nous voyons ^ votre péché demeura sur vous (Oî xxn. Mais voici encore une autre illusion. M. Ni-

M, Junca ^^jg pregse le ministre sur l'invincible difficulté

contraint de i /» j .- i

renvoyer lc« ^" ^^ trouvera une bonne fenmie dans un article fidèles aFau- important ; lorsque , par exemple , ( car il m'est tonte de 1 - p^rmig de réduire la question générale à un cas

g1ue,etpui8 r ^ o

de les retirer particulier) lors, dis-je, qu un Socinien viendra d« ce refuge, i^ dire, comme font tous ceux de cette secte ^ que Vintelligence des paroles par où on lui prouve la divinité de Jésus-Christ, ou le péché originel ^ ou l'éternité des peines, dépend des langues ori* gpales I dont les versions et même les plus fidèles , ne peuvent jamais égaler la force ni remplir toutes les idées. L'embarras assurément n'est pas petit ,

{})Joan. IX. 4 1*

4orsqu^avec

SUE LES LETTRES DE M. JUKTEU. âôQ.

lorsqa*avec les Protestans on tient pour certain , que dans les points de la foi on ne peut se fier qu*à soi-même; et cette fenune est agitée d'une terrible manière. Mais M, Jurieu appaise ses troubles , en lui disant (0 , « qu^une simple femme qui » aura appris le Symbole des apôtres, et qui » Tentendra dans le sens de TEglise. universelle ^ » sera peut-être dans une voie plus. sûre que les » savans qui disputent avec tant de capacité sur » la diversité des versions ». Le livre des Variations proposoit encqre à votre ministre ce témoignage tiré de lui-même , où il paroit clairement que y pour tirer d'embarras cette pauvre femme ^ il \m propose l'autorité de TEglise universelle , comme un moyen plus facile que celui de la discussion. C*étoit là parler en Catholique ; c'étoit donner à cette fenmie le même moyen d'affermir sa foi, que nous donnons généralement à. tous les fidèles ; et dans un état si embarrassant , votre ministre n'a pu s'empêcher de revenir à notre doctrine. Mais il tâche de se relever contre cet aveu, ce Vit-on jamais , répond-il (^)y une plus mj.- » sérable chicanerie ? Le ministre dit bien qu'une » femme peut entendre le Symbole dans le sens » 'de l'Eglise universelle ; mais il ne dit pas qu'elle 9 puisse savoir le sens de l'Eglise universelle »• Et un peu après : « Elle ne connottra point le » sens de l'Eglise universelle par l'Eglise univer- » selle elle-même ; ce sera par l'Ecriture. Car elle » fera ce raisonnement : C'est ici le vx*ai sens d,Q

(0 Sfst. àt^, lu, ch. 4> P' 4^3. —C>) Jur^ Lm, u, p» 83, BossuET. Averti aux ProU u i4

d-IO TROISIEME ÀYERTISSEMEIf T

» l'Ecriture ; et par conséquent c'est celui de » l'Eglise univértolle ». Ne voilà- tr il pas un doute bien résolu ^ et une femme bien contente ? TrouUée en sa conscience sur l'intelligence de TEcriture > et embarrassée d*un examen où elle se perd y elle trouvoit du soulagement lorsque vous la rehvoyieï à l'autorité de l'Eglise universelle , comme h un moyen pltts connu ; et main^ tenant vous Ibi faites voir qu'elle ne voit goutte en ce moyen ! l^ôurquoi donc le lui proposer ? Qui vous obligeoit à lui parler de l'Eglise univer-^ selle , pour dans la suite l'embarrasser davantage ? Et ne valoit^il pas mieux , se!oti vos pi*incipes y sans lui parler de l'Eglise ni du Symbole , la ren* voyer tout court à l'Ecriture, que d'y revenir enfin par ce circuit embarrassant? M|^ c'est que les principes de la Réforme veulent une chose , et que lât force de la vérité ou plutôt le besoin pressant d'une conscience agitée en demande une autre.

xxn][. Que si 'le ministre Sious* demandé comment on

Que le mi- ^^^^ s'assurcr du consentement de tous les siècles

autre nous * ^ ,

donne lui- dans Certains articles , sans lire beaucoup d'hismême un toires et rèitiuei* beaucoup de livres : ce moyen bot/ rccon- ^^^^^ *^^^ tTouvé daus los principes qu'il posoit , noitre la foi sHl eût voulu les potisscT daus toute leur suite, de tous les |j ^'^voit qu'à sc souvenîr que Jésus-Christ selon

5&CC168 f Cm ^^

nousdëmon- I^i promet une Eglise où la vérité sei-a toujours u-e que «c annoncée, du moins quant aux articles capitaux ; Fautorité de ^^f^dllible par conséquent à cet égard , comme FE^Iise , ce il en est convenu. Or , une Eglise infaillible n'erre

sua LES LETTRES DE M. JURIEU. 211'

dans aucun moment ; qui n'erre point , croit n'est pas se f oaioufs la tnéme chose ; et il nV a darts ce cas soumettre

,. . , - aux hommes,

quà voir ce quon croit de sotl temps pour sa- mais à Diey. voir ce quon a toujours cru (*). Les principes sont avoues ; la conséquence est claire ; on noua' donne un dénouement sût' à la principale difficulté qu'on nous fait strr l'àutofrit^ dé rKgîise. On nous objecte! sans cesse ; et aùtarit dé fois cfiie flous recourons à cette autorité, que c*eât recoiirii' aux homufes au liefu de se toutnet du cÔté de Dieu. Que ai oti avoué maintenant que le con-t internent de TEgli^e est une règle certaine, et la plus sûfie dé toutes , il est claif qu'en é'y soiiinettant , ce n*e^t pas dut hôînmes qu'on cède ,* mais à Dieti ; et l'objection que la Réforiiiè nous faisoit est résoïcfe par la Réforme même.

C^est ce c(ué j'di dit ati ministre W ; et ^âns xxrv. ^ulement songer à y répondi*è, il continue ses ^^ minîs» plaintes contre l'Èvéque de Meaux eîi cette sorte : ^ j^^j^^ •c Vit-<m jatnaïs un plus étrange exempte de har- contrainu » diesse , ùué l'accusation qu'il fait aux ministres ^'«|^*«^<>^-

' * ^ . ner la ncces-

» C3aude et Jurieu , d'avoii^ confessé où écrit qu'il s\\é de laré- » n'est pas nécessaire aux simples de lire etd'é- glederEcri- » tudier FEcriture Mainte ? Dans quel esprit faù't-ii forcer la foi » être pout imputer à des gehs un aveu formel- da chrétleo. » lement contraire à toutes leurs disputes et à » lenfs sentimens P) » ? Le' Ministre changé un peu les termes. Je n'accuse ni M. Claude ni lui de ilief absolument la nécessité de lire ou d'étudiet* PEcrhûre sainte : je dis seulement qu'ils ont

(*) Var. Uv. XT, ». 95, 96. — C») Ibid, R. 91 . -— (3) Jur. LeU. xi, p. 83 , c. a.

ai2 T&OISIÈME A.VB&TIS8EMEIÎT

nié que TEcriture fût nécessaire aux simples pour former leur foi. Et afin de marquer les 4:ermes précis de Taccusation, je soutiens que ces deux ministres ont enseigné positivement ce que TEcri- » ture n*est pas nécessaire au fidèle pour former s> sa foi ; qu il peut la former sans en avoir lu » aucun livre y et sans savoir même quels sont les D livres inspirés de Dieu (0 ». J'avoue bien que cette doctrine est contraire à toutes les maximes de la secte ; et c'est aussi pour cette r^son que je maintiens que la secte est insoutenable , puisqu à la fin il en faut nier toutes les maximes. Mais voyons ce quon nous répond. Voici les propres paroles de M. Jurieu W : ce Les ministres » Claude et Jurieu ont avoué qu il n'étoit pas » d'une absolue nécessité aux simples d'étudier » la question des livres canoniques et apocryphes ; » donc ils ont avoué qu'il ne leur est pas permis » de lire l'Ecriture. Quelle croyance devez -vous » avoir à un convertisseur d'une mauvaise foi si » découverte » 7 Encore un coup on change les termes de l'accusation pour lui ^ter la vraisemblance : car qui croira que des ministres en soient venus jusqu'à dire que la lecture de l'Ecriture ne soit pas permise aux simples 7 Aussi n'est-ce pas là ce que je dis ; mais seulement que l'Ecriture nést pus nécessaire au fidèle pour former safi^L Voilà mon accusation , surprenante à la vérité contre des ministres ; mais par malheur pour celui-ci qui fait tant l'étonné ^ il en avoue déji la moitié y et encore , comme on va voir^ unQ

CO Var. Uv. xr, n. 1 13, 1 14- — (*) Leu. xi,p. 83.

SUftlES LETTRES DE M. JtTKIEV. ' 2l3

moitié' qui entraîne Tautre. Car enfin , qu'il biaise tanf qu'il lui plaira ^ et qu'il tâche de dissimuler «on aveu , en disant qu'il n'est pas de nécessité absolue aux simples d^étudîer la question des U-^ yres canoniques : ou cette question est indifférente, et les fidèles formeront leur foi sans connottre quels sont les livres divins ; ou s'il leur est nécessaire de le savoir, et qu'ils ne le saehent pas , il faudra bien ou qu'ils l'étudient , ou qu'ils s*en fient à leurs docteui*s et à l'autorité de l'Eglise ; ou que , comme des fanatiques , ils attendent que , sans étude et sans aucun soin , Dieu leur révèle par lui-même les livides divins. Quoi qu'il en soit , et de quelque côté qu'il se tourne , au fond il est constant qu'il accorde ce que M. Claude avoit aussi accordé , qu'il n'est pas besoin qu^un homme étudie la question des libres apocryphes et canoniques ; et il avoue lui - même en termes formels que «la question des livres » apocryphes et canoniques fait partie de cette » science qu'on appelle théologie ; mais qu elle . » ne fait point partie de l'objet de la foi (0 ». Quoi donc ! il n'appartient point à la foi , si l'Apocalypse , si l'Epitre aux Hébreux, si d'autres livres sont divins ou non? On peut errer sur ce point sans blesser la foi 7 Que deviendra donc la doctrine , que l'Eglise romaine est Babylone (^) ^ doctrine si iiQportante, qu'elle est à présent le principal fondement de la séparation , et un article sans lequel on ne peut pas être chrétien ? Que

0) Sfsi. Uy. m, cfc. i, p. 45i, 453.— W /«r. Préf, J^facc. de* Proph. LeiL xi , ete.

2l4 TROISIEME ATSRTISSBMBRT .

deviendra cet article selo^ la R^foripa ^ et quel fondement aur^-t-il, ^i Ton p^ut révpquer en doiite I4 divinité de TApocalypse? jD'ailleMrSy s'il est permis une foi$ aux siinples 4e croire , par exemple ', SMr la foi de saint Innocent et du cpncile jde C^^Uiage , pour ne point parler ici des autres fiuteurSy qpe les liyvps de^ ]yiacbabées Sont divins ; il faudra donc passer ^ëeis^sairep^ent et le sacri*liçe pavr l^s mçrt9 > çt la réoiission des péchés ^prèa cette vie (') ^ çomm^ ^choses révélées de Dieu. Je crois alors que la question dès livres canonique! PM appçryi^^s dçvi^ndra appartenante à la foi , autant pour )es simples que pour les doctes Protestans : autrement ce qu'on leur donne pour assuré par la fpi ne Je sera pliis. Que dira ici la }léfor{ney.$i vivement pre^e par les propres réponses de ^63 ministres 7 Avoiie;» que la confusion f^ uipt parm YPHs d'iine maniera terrible, et,

<;oinine disait le Psalmiste, que Vinkjui^ se 4ér

m^n^ trop visiblement eUe-¥n4me. (^),

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