‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 12 sur 55 · XXV. Mais encpre , qui pou voit obliger deux minift · texte numérisé non relu

XXV. Mais encpre , qui pou voit obliger deux minift

Raîsonsinc ^j.^ ^\ précautipnpés et si subtils à un aveu si

lesontpous- considérable? Je le dirai en peu de mots : c'est

fiés H celle qu^eafln ils ont reconnu qu'on ne peut plus son-

contraire' A ^^^""^ ^^^ article de la Réforme : « Qu'on con-

leurii maxi- » uoissolt les livres divins pour canoniques, non

» tant par le consentement de l'Eglise universelle^

» que par le témoignage et la persuasion inté-

» rieure du Saint-Esprit (^) :d. Les ministres ont

bien senti qtie de faire croire à tous les fidèles

(0 //. Haçlh mu 43 ctsetj. — » Ps, x«?i, la. -»^ P) Conf, d9 foi, aiL 4*

mes.

8Vft LES LETTRES DE M. JURIEU. âlS

qu^ils vont connoitre d aboi d par un goû^ sensible la divinité du Cantique des Cantiques , ou du commencement de la Genèse^ on d antres livres semblables y sans le secours de la tradition ; ce seroit une illusion trop manifeste ^ ôn^ ptinr enfin trancher le mot ^ un frahc fanatisme. De renvoyer les fidèles au consentement de^rEglbe, que^ pour ne point donner tout à Tinspiration fanatique , on étoit force en cette occasion de reconnottre du moins tomme un moyen subsidiaire ; cela seroit dangereux : car à quelque prix que ce soit, on veut qœ ce consentement de TËglise, moyen que l'antiquité a toujours donné pour si facile , soit d^une recherche si abstruse et si embarrassante, que les simples n*y connoissent rien* Que faire donc? Le plus court a été de dire que la question d^ livres canoniques et apocryphes^ où il s'agit d établir le foiidement de la foi et la pa*role qui en règle tops les articles ^ n'appartient pas à la foi et n est pas nécessaire' aux simples.

Mais comme enfin il a bien fallu dontm* aux sim{^es un moyen facile de discerner les livres divine d'avec les autres, k moins de les exposer à autant de chutes que de. pas , on a trouvé ce moyen dans nos jours , de dire que la foi com^ mence par sentir \ei choses en elles -mandes, et que par le goftt qu'on a pour les dioses^ on apprend aussi à goûter les livres où elles sont con^ tenues. C'est ce qye le ministre Claude a dit le premier , cet homme que les Protestans nomment maintenant leur invincible Achille : c'est ce que

ai6 TROISIÀ'ME AVEATISSEMElfT

le ministre Jurieu a suivi depuis : et voici ses propres paroles (?) : « C'est la doctrine de l'Evangile » et de la véritable, religion qui fait sentir sa divi- V ni té aux sitnples, indépendamment du livre où » elle, est contenue » ; et pour conclusion : « En n un mot, continue -t-il, nous ne ci*oyons pas )» divin ce qui est contenu dans un livre, parce » que ce livre est canonique ; mais nous croyons » qu'un tel livre est canonique, parce que nous » avons senti que ce* qu'il contient est divin : et » nous l'avons senti comme on sent la lumière » quand on la voit, la chaleur quand on est auprès ^> du feu, le doux et l'amer quand on mange ».

Ainsi, contre les maximes qu'on avoit crues jusqu'ici les plus constantes dans la Réforme , le fidèle ne forme plus sa foi sur FEcriture ; mais après avoir formé sa foi en lui-même, indépenclamment des livres divins, il conmience la lecture de ces livres. Ce n'est donc point pour apprendre ce que Dieu a révélé qu'il les lie : il le sait, déjà ou plutôt il le sent ; et je vous laisse à penser avec cette prévention s'il trouvera autre chose dans ces divins livres que ce qu'il aura déjà cra voir comme on voit le soleil, et sentir comme on sent le froid et le chaud.

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