XXVI. Or , cela , c'est formellement ce qu'enseignent
Fanatisme j^g fanatiques, comme il paroit par leurs thèses :
manifeste de • . n i î-^ i i rw^
relie dociri- ^^^ voici celies que les Quakers ou les Tremiie,etsapar- bleurs, c'est-à-*dire, les fanatiques les plus a vérés,
faite confor*
' (0 Dtf. de la Réf. IL paru çh, 9, p. 196 e< suiv. Jûr. Syst, 7/V. 111^ ch, 1, p. ^5^.
SUA LES LETTRES DE M. ^VRlfiU. 217
•nt publiées, et quils ont ensuite traduites en ««^ avec Tes français par ces paroles (0 : « Les révélations di- qu^^v,, ^ » vines et intérieures , lesquelles nous croyons » absolument nécessaires pour former là yràie u FOI ; comme elles ne contredisent point au té- » moignage extérieur des Ecritures ^ non plus 3» qu'à la saine raison ; aussi n^ peuvent -elles a> jamais contredire. Il ne s'ensuit pas tc^utefois » de là que ces révélations divines DoivBirr être » SOUMISES à Texamen du témoignage extérieur » des Ecritures y non plus qu à celui de la raison » naturelle et humaine^ comme à la plus noble et » à la plus certaine règle et mesure : car la révé- » lation divine et illumination intérieure ^ est 9 une chose qui de soi est évidente et claire^ et •» qui contraint , par sa propre évidence et clarté ^ » un entendement bien disposé à consentir, et 3» qui le meut et le fléchit sans aucune résistance; 3» ne ptus ne moins que les principes naturels » meuvent et fléchissent l'esprit au consentement » des vérités naturelles , comme sont : Le tout » est plus grand que sa partie : Deux contradic - 3> toires ne peuvent être ensemble vrais ou faux- ». D'où s'ensuit la troisième thèse , que de ces saintes révélations de l'Esprit de Dieu sont émanées les Ecritures , dont la thèse fait une espèce de àé^ nombrement; et puis elle poursuit en cette sorte : « Cependant ces Ecritures n'étant seulement que » la déclaration de la source d'où elles procèdent ,
(>^ Le» Ptinc. de la Vér, etc, avec les Thiies théolog. impr, à Koterd. en 1675. Th* 3, /». ar, aa.
SX8 TROISIEME A VEB TI8SEHEHT
» et non pas cette même source, elles ne doivent » pa» être considérées comme le principal fonw demeiit de toute vérité et connoissance y ni n comiae )a règle preoiière et très-parfaite de la 9 foi et de« mcettrs ; quoique rendant un fidèle 9 témoignage de la premièFe vérité ^ elles e^ soient w et puissent être etstîmées la seconde règlfs , su- » bordonnée àTesprit^ duquel elles tirent tout^ » rexcellence ^i toute la certitude qu elles ont )>•
QuAud Us diseçt que FEcriture n est que la seconde reglen^ conforme néanmoins à Id première ^ . qui est la foi déjà fermée dams Tintéiieur avec tonte sa c^ertit^de par la réyélatî^n ayant TEçri-ture ; ils ne font que dire ^n autres termes ce qu*on vieQt d'e^tondre de la bouche de vos ministr^i ; qu*avant toute lecture des livres divins y» on a d^ seQti au dedans tonte vérité, comme oa sent le fr^^id ^t le chaud , c'est4i^ire , d une ma-nière doet oj» ne peut jamais douter; ce qui opère n^^efisaimment , non qu'on {uge de c^ s^qtîmen^ par l'Ecriture y et qu on les rapporte à cette règle oraune à la première , ainsi qu on IV voit toujours cru dans la Ré£or»^; mais qu'on accommode TEditure à sa prévention , et qu od appelle cette prévention de son jugrâient viv^ révélation i» lesprik de Dieu. Qn on me çherdxe un moyen plus sûr de faii^ des fanatiques. Lu B/éforme toml)e à la fin dans ce malheur ; et c*6ioit TeiFet nécessaire de ces enseignemens.
Je ne m'étonne donc pas si M. Jurieu a tant déguisé l'accusation que je lui faisois, aussi bien
SUA LSS LETTRES DE «• IlTItlEU. 210
qu*àM. Claude; et s'il en a dissimula la moitié, c'est-à-dire , cette formation , pour ain$i parler , de la foi indépei^daBweat de rEcriture. Pressé par la vérité y pn has^rd^ 4e telles choses dans un long discours, o(k les simples ne les sentent pas au milieu d'un QiQbarrsis infini de questions et de distinctions dont on \^ «muse ; mais s'il eÀt êlIIu dire la chose en trois mots précis dans un article d'une lettre, on eût feit trop tôt setntirà la Réforme l'étrange variation qu'on introduit dans ses maximes les plus .essentielles ; et tout le monde auroit frémi à un établissement si manifeste du fanatisme , o^ l'on veut que qbapun ju^ de sa foi par son goût, c'est-à-dire » qu'il prenœ pour inspiration tout^ \^ pensées qui lui montent dans le c^nr \ en un mot , qu'il appelle Dieu tout ce qu'il songe»
Ainsi cette accusation de l'EvéqUie de Meaux , xxvn. qui devoit faire sentir toute la maavaise foi de ^5^* Juîicu ce conVi^tisseur , (pl&t à Dieu^ encore une fois, n'apuezdaqrue i'^uase pu mériter ce titre ! ) se trouve à la fin '* ^** ,^*^1"
. . meiu du u-
.trè^véritatle : mais le ministre sera encore plutôt ^^ d EglUe, confondu dans sa dernière plainte. Elle est fondée mus en exsur ce qu'il eyclu^ les Sociniens et les autres sectes ^ ^^^^ \ semblables d'être des cQmnumions et des commu- aveu mémonions chrétiennes^ à cause qu'elles ne stminian- ".H^ ^* ^®
„ , . - , ministre sur
eienne^ ni étendmss; a ou j ai conclu qu u recon- la succession noU donc que toute communion chrétienne doit et retendue avoir l'antiquité , c est-à-dire, la succession, qui * ^ ^^' manque visiblement aux Calvinistes' (0. Cette conséquence est claire ; ce raisonnement est court
{^) Sjrst, /iV. m y ch. i, p. aSa. F'ar. Ut», zt, a. 99 , 93, 94*
220 ' TROISliëifE ÀYERTISSEMEirT
.et démonstratif. Toute commahion chrëiienne, selon M. Jurieu, doit avoir l'antiçuité ou la succession, et en même temps rétendue : elle ne doit pas venir d*elle-méme; mais elle doit montrer ses prédécesseurs dans tous les temps précédens : elle ne doit pas s'élevei* comme une parcelle dé* tachée du tout, ni comme le petit nombre qui se soulève contre le grand et contre l'universalité; c est-à-dire , en autres termes , que toute société chrétienne doit être universelle, et pour les temps et pour les lieux : et voilà ce beau caractère de catholicité , tant loué par les chrétiens de tous les âges; caractère inséparable de la vraie Eglise y et en même temps inimitable à toutes les hérésies, dont aussi M. Jurieu se sert lui-même pour confondre les Sociniens. Mais il ne veut pas entendre qu il confond en même temps toute la Réforme : car ayant trouvé dans le livre des Variations cette objection tirée de lui-même : ce Cela ^ est faux, répoq4-il (0 : si le ministre a dit que, » par les communions qu il renferme dans l'E- » glise universelle, il n'entend que les grandes » communions qui ont de l'étendue et de la durée, 3> c'est à la vérité pour en exclure les Sociniens, » qui n'ont ni étendue ni durée ; mais il n'a pas » voulu dire que quand cette secte auroit éten- » due et durée, il voulût la renfermer dans le » vrai christianisme ». Je l'entends. La succession et l'étendue ne font pas qu'on soit compris dans l'Eglise : à la vérité on en est exclus par le défaut ' de ces deux choses : il faut plus que cela pour
rinclusion ; mais pour Texclusion cela suffit : je n'en veux pas davantage. On est exclus du titre d'Eglise et de communion chrétienne , lorsqu'on . " manque de succession et d'étendue : (c'est la proposition de M. Jurieu contre les Sociniens) or ^ est-il que les Calvinistes et les Luthériens, comme toutes les autres sectes , n'avoient au commencement ni antiquité ou succession, ni étendue ^ non plus que les Sociniens : comme eux donc ils ëtoient alors exclus de TEglise universelle ; qui est tout ce que je voulois dans l'Histoire des Variations, et à quoi M. Jurieu n'a pas seulement songé à répondre , quoiqu'il traite expressément cet endroit là.
Il est donc vrai, mes chers Frères, que la vérité XXVni. l'accable. Il a conçu une injuste horreur contre gurcciiedocl'Eglise romaine; sa haine le porte jusqu'à dire trine. Yictoiqu'on se sauve plus aisément avec les Ariens qu'a- " >ji«vi»*>|^ vec elle : mais à la fin il faut avouer qu'on fait «t sa |force son salut dans sa communion. Il fait semblant P^'*' sefaire d'être impitoyable aux Sodniens , jusqu'à les mettre sans miséricorde au rang des Mahométans : cependant les principes qu'il pose, le forcent à reconnoitre que leur erreur n'empêcheroit pas que leur prédication ne produisît devrais saints dans leur communion, s'ils pouvoient venir à bout d être une communion ou une société chrétienne. Il entreprend de leur montrer qu'ils n'en sont pas une , et qu'ils ne méritent pas le nom d'Eglise, à cause de leur état malheureux où man-. quent ces deux caractères , l'antiquité ou la succession et l'étendue. Mais quoi ! un Calviniste re-
222 TAOISIËME ÀVEnTISSEM EIVT
pi-ocher aux autres le défaut de siicceâsion ou d'étendue ! ne songe-t-il pas à lui-même et à la société dont il est ministre? Cette sodété se méconnoit - elle ? Un siècle ou deux de durée lui ont^ilafait oublier ses Cotnmenceméns, et nesentira-'t-elle jamais <|u'eUe les condamne? Non, mes Frères, la vérité est plus forte que toutes ces considér'ations. Parle , parle, dit-elle au ministre, condamne les Sociniéns par une preuve qui retombera corntre toi-même : ainsi deux mauvaise? sectes seront percées d'un même coup , et à travers du Socinieii le Calviniste portera le couteau jusque dans son propre sein. Je vous avois dit , mes Frères y dès mon premier Avertissement, quef ^ . cela devoit arriver ; mais maintenant le fait est
' constant par Texpérience.
XSHL Que si vous dites peut-être qu'aussi votre mi- ^ *^*' nistre s'est trop avancé , et qu'il a eu tort de se
avetK au nu-
sistre esifof^ servir de ces preutes dont les papistes tirent de ce en cet en- gj grands avantages; désabusez-vous/ mtes ehers bien que Prères; car il n'avoit^oint d'autre moyen d'ex-' dans tons les clure les Socinieus de l'unité de l'Eglise, et du autres. nombre des sociétés vraiment chrétiennes. Vous avez vu ses varïatioiis sur leur sujet ; mais dans les temps où il a voulu les exclure da titre d'Eglise et de communion chrétienne^ il n'avoit point de meilleur moyen de le faire , qu'en leur montrant, par le défjlut de la succession et de l'étendue, qu'ils ne méritoient même pas le nom «de communion, qu'il ne pouvoit refuser aux sociétés i qui il attribuoit la succession et l'étendue. Voilà donc une première raison qui l'obli-
su» LES LETTRES DE M. JURIEU. îiaS
geoit à condamner les Sociniens par le défstal d*ëtendue et d^antiquité. Mais tine autre raison ' plus pressante l'y forçoit encore ; c'est qu'il seiltoit en sa conscience que cette preuve , quoîqtie fatale à votre Réforme , en effet et par elle-métiié ëtoit invincible : car, mes Frères, ce âera toujours, quoi ({u'on en dise, un coup ui<nielàuié Sociniens , et à tous ceux qui trient ou qui -tmt nié la divinité du Fils de Dieu, toutes les fois qne vous leur direz : Quand vous êtes venus au monde il n'y avoit dans le monde personne de votre Croyance : M donc votre doctrine est la vérité^ il s'ensuit que k vérité étoit éteinte sur là ten^ Cette objection suffit pour fermer la bouche à ces hérétiques : ils n'ont rien eu , ils n'ont rien encore, ils n'auront jamais rien à y répondre toutes les fois que vous la ferez : car nulle oreilk thrëtienne ne souffrira qu'on assure que sous un Dieu si puissant, si sage, si bôn^ la vérité soit éteinte sur la terre. Mais en tnéme temps que f^û§ aurez lâché le mot, et que vous aure^ fait betiÉ objection aux hérétiques qui venoient nier la divinité du Fils de Dieu; en même temps nous re-, tombons sur vous, et nous volis forçons d* avouer que la vérité, qu on se vantoit de rétablir dam la* Réforme, étoit donc éteinte avant que la Réforme parût, aussi bieti que ceDe que les Sociniens et avant euit les Ariens , les Pàulianistes et les autres se vantoient de rétablir.
n n'est pas vrai ^ direz^voùs ; il y avoit les sept xxx. mille qui n*avoiehi peint fléchi le genou des^ant 7^*** **** BiMol* Mais qui empêche les Ariens ^t les Soci* ^01111^*0^4
224 TEOISliSMS À V ERTISrSEMEM T *
n'ont pas fié- niens, et en un mot tous les hérétiques d'en dii-e chi le genou autant ? On les confond , en leur montrant que Flirévident la vérité ne vouloit pas seulement être cnie , qui démon- mais encore annoncée , et que TEglise ne devoit ue que ces .^^^ seulement , mais encore être visible ,
Bept mille r ' v i . -^^
n'ont jamais ainsi que nous 1 avons vu très-dairement reconnu ^^' par vos ministres. Mais sans avoir recours à cet
argument y quoiqu'invmcible, on les confond encore par une voie plus courte, en leur disant : Si lorsqu'un Artemon, un Paul de Samosate^ ua Berylle , un Arius , et les autres qui s'opposoient à la divinité de Jésus -Christ, ont commencé à prêcher , leur doctrine eût déjà été dans l'Eglise , en quelque sorte que ce fût , cachée ou publique , on ne se seroit pas étonné de leur nouveauté , ils n'auroient pas été réduits à n'être d'abord que quatre ou cinq , ni contraints d'avouer qu'ils avoient eux-mêmes été élevés dans une croyance contraire à celle qu'il^ vouloient introduire dans le monde , sans pouvoir nommer personne , je ne dis pas qui la professât , mais qui la reçût aupal'avant. Osez faire le même argument k ces hérétiques ; vous les réduirez à la honte de ne pouvoir trouver dans tout l'univers un seul honune qui crût comme eux quand ils sont venus. Mais en même temps vous Voilà perdus , puisque vous ne sauriez vous sauver du même reproche.
La preuve en est bien facile , en vous faisant seulement cette demande. Mes Frères, donnez gloire à Dieu. Quand on a commencé votre Réforme, y a»voit-il^ je ne dis pas quelque Eglise, (car il est déjà bien certain qu'il n'y en avoit aucune )
SUR LES LSTTliKS DE M. JXJRIBU. 22$
cane) mais du moins y avoit-<-il un. seul homme, qui en se joignant à Lutker, à Zuingle^ à Calvin , à qui vous voudrez , lui ait dit en s y joignant : J'ai toujours cru comme vous, je n*ai jamais cru ni à la messe, ni au Pape, ni aux dogmes quev-ous reprenez dansl'Eglise romaine? Mes chers Frères, pensez-y bien, vous a-t-on jamais nommé un sesul homme qui se soit joint de cette sorte à votre Réforme? En trouverez-vous quelqu!un dans vos an« nales, où Ion a ramassé iautant qu'on a pu tout ce qui pouvoit vous justifier contre les reproches des Catholiques, et surtout contre le reproche de la nouveauté , qui étoit le plus . pressant et le plus sensible? Donnez gloire à Dieu encore un coup; et en avouant que jamais vous n*avez rien oui dire de semblable, confessez. que vous êtes dans la même cause que les Sociniens, et que tout ce qu'il y a jamais eu d'hérétiques.
. Vous pouvez dire, mes Frères, car je cherche XXXItous les moyens dont vous pouvez foitifier vos ^^^^ **^^I prétentions ; vous pouvez .donc dire : Il est vrai; ment^etemon ne nous a jamais nommé personae qui se soit ^^^^aa des rangé dans la Réforme, en disant quHl a voit ton- ciaudo et |ours cru ccunme elle; mais c]est aussi que peut- Juriea. être on n'a jamais fait cette question à nos ministres. Mes chers Frères, ne vous flattez pas de cette pensée : on la leur a faite cent fois ; on leur a demandé cent fois qu'ils montrassent quelqu'un qui crût comme eux quand ils sont venus : moi-même le dernier des évéques , et le moindre des serviteurs de Dieu, j'ai demandé à M. Claude (0, l^
(0 Copfélr, néf. xtti.
BossvJET. Ji^ert. aux ProL u i5
2!l6 TUOtSIEHE AVERTISSEMENT
plus subtil de vos défenseurs, s'il pouvoit nommer un seul homme qui se soit uni à la Réforme en disant : J'ai toujours cru comme cela'^ je n'ai jamais adliéré à la foi romaine. Qu'a répondu ce ministre si fécond en évasions ^ si adroit à éluder les difficultés? il/, de Meaux s'imagine*t-il qu'on ait iotu écrit {i)l Vous le voyez , mes chers Frères, il n'a eu personne à vous nommer. J'ai relevé cette réponse dans ma Lettre pastorale; et de ce que M. Claude n'a rien eu à dire sur un fait si biea articulé, sur une demande si précise, j'ai conclu^ comme on fait dans un légitime interrogatoire^ que le fait étoit avéré, et ma demande sans ré* plique (a). Qu'a répondu M. Jnrieu, qui se vante d'anéantir cette Lettre pastorale? Voici tout ce qu'il a répondu quand il est venu à cet endroit : « Ensuite de cela notre auteur entre en grosse » dispute avec M. Claude, pour lui prouver que » la supposition des fidèles cachés est ridicule (3) » . Vous vous trompeta ^ lui disonemotts; ce n'est point ici une grosse dispute , comme vous voudriez le faire accroire à vos lecteurs, afin de les rebuter |>âv la difficulté de la matière ; encore un coup ce n'est point ici un long procès : il ne s agit que d un simple fait ; savoir , si parmi vous on sait quel-* qu'un, qui, en se joignant aux Réformateurs, jieur ait déclaré que toujours il aroit cm comme eux. Voilà cette grasse Mspute oà vous voudrieai qu'on n'entrât jamais, parce que vous y trou*
(>) M. Claude, Séponst au dise, de M. de Cond. p, 363. -» («) Lett. patL de M. de Meaux, n, 8. — (.') Jur. LeU, iix,p,iio^ a. coh
sut tfii tïttitfis DE k. itKtcu. la^ Tei vôtre honte. Ce fait dont il s'y agit devoit être constant t)ârmi votis , s'il n'étoit pas absolu* ment faux. Répondei-y du moins, M. Jiirieu, tous qui ^tt entrepris d'y rtfpôhdre i sî vous sat^è^ lui' ce fait quelle chose de inéilléur que i/Lé Clâtidéy il est tenips de fious le dire* Méisf, meë Frères y vous Vôiis y àttendéil& eh vain , et voici tout ce que ydùs eh àurefc : u En répondant à » M< Nic^te et II M. Bossuèty on a répondu ceùt » fois à ce ëophisme f filous y avolis répondu dans % ti6S Lettres pastorales j et encore tdut nouvelto lement eu réfutant le troisième livre des Varia* » lions (0 3>» Je reconnois le style ordinaire dé vos ministres -^ ils ont toujours répondu à tout i muis ne les en croyez pas : M. Jurieu n'a pas dit on seul tnôt Sur ce fait articulé à M. Claude; il n*a fnéme rien dit qui approche de cette matière* Kais il sait bien que vous n'iriez pas lire tous ses ouvrages ^ où il vous renvoie en général , sans vous en mârqiier aucun endroit y pour chercher la réponse qu'il se vante d'avoir faite. Il est vrai qu'il vous à marqué la ré/huui&n du troisième livre des f^ariationi (^). C'est dans sa septi^e lettre de téit^ année qué se trouve cette prétendue réfutation : elle Consiste en déuit ou trois pages, qui Ue fént rien h la question^ comme Vous verree eu son lieu; mais où donstamment vous ne trouverez pàS un seul mot du fait proposé i M. Glftude, lii qui y tende. Vous en pou-^ vez juger autant des autres endroits où il vous
(0 Jur. ibid. — (*) LttL vu de la 3. an,p,5^^ 55.
2^8 TROISIÈME AYERTISSEMEUT
renvoie y et par le silence obstiné de vos ministres, sur un fait de cette importance , le tenir pour avoué.
xxxiï. M.ais vous n'avez qu'à entendre ce qu'il dit barrasdiimi- ^ucore sur ce sujet4à dans sa xix" lettre, pour nUueJuriea. voii* qu'il ne sait oik il en est. L'objection qu'il vouloit détruire de ma Lettre pastorale, étoit qu'on ne pouvoit du moins nier qu'on n'eût cm la réalité et adoré l'Eucharistie depuis Bérenger, c'est-à-dire, depuis six à sept cents ans. Donc^ ai-je dit , tous les chrétiens étbient idolâtres selon vous ; et si on ne peut montrer au temps de Zuingle et de Calvin aucun homme qui leur ait déclaré , en se joignant à eux , qu'il n'avôit ja« mais pris de part à la croyance ni au culte de Ilome, il sera vrai que tout le monde adoroi€ donc ce qu'ils appeloient une fable. A cette près* santé instance M. Jurieu répond : Que cela soit^ il ne nous importe 10. Il ne nous importe que Dieu ait eu des adorateurs , du moins cachés. Et que deviendront ces^ept mille tant vantés? Cetoit déjà trop avouer que de dire qu'ils étoient cachés ; puisque le vrai culte doit être public aussi bien que la vraie croyance. Mais j'ai voulu entrer avec vous jusque dans la dernière condesceadance , et je vous disois dans ma Lettre pastorale : Que ces sept mille se soient cachés avant la Réforme , ils se seront du moins déclarés quand ils l'ont embrassée ^ et ils auront dit du moins alors : Dieu soit loué , nous voyons enfin des gens
(0 Jur. Leti. XIX, /?• i5o.
sua LBS LETTRES DE M. JURIEV. ^Sig
qui croient comme nous faisions^ et il nous est à présent permis dé déclarer notre pensée: Mais on ne trouve aucun homme qui ait parlé de cette sorte. M. Claude n'en a rien trouvé dans les registres de la Réforme y ni dans ce nombre iiifini d'écrits qu'elle a publiés pour sa défense : il n'a rien trouvé sur un fait qui eût vérifié si clairement, au grand désir de la Réforme , que Dieu s'étoit réservé des adorateurs du moins cachés ; un £siit y par conséquent , qui à cet égard eût fermé la bouche aux Catholiques, étant prouvé, et qui les rendoit invincibles ne l'étant pas. M. Jurieu n*en trouve rien non plus que M. Claude, et il est réduit à dire : Que nous importe ? sur un fait dont l'importance est si visible. Le fait est donc avéré, encore un cotip, et il n'y a rien de si certain que la vérité étoit éteinte sur la terre , si on dit que la vérité est dans la Réforme.
Mais ce qu'ajoute M. Jurieu n'est pas moins clair. Que nous importe , dit-il donc (0 , ji tous les chrétiens depuis ce temps - là ont été idolâtres : aloutons y et s'ils Fétoient encore lorsque la Réforme a commencé? Avouez que cela presse M. Jurieu, et qu'il seroit à désirer, pour votre défense^ qu'on pût alors trouver quelqu'un qui n'adorât pas l'idole que tout le monde servoit. Mais loin de l'assurer, voici ce qu'il dit : « C'est ce que » nous n'affirmons pas, de peur d'être téméraires^ » comme M. Bossuet qui assure que depuis ce » temps -là (depuis le temps de Bérenger) tous
(0 Jur. ibiâ.
s3o TROI^IEM^ ÀTSET188EMEHT
» les chrétiens ont adoré le Dieu de la messe^ » Nous ne le croyoï^s pas ainsi : il est fisir plu« 99 piio9iiBLB que Dieu en a garanti plusieurs de » cette idolâtrie ». Mais si c est constamment une idolâtrie y il n^est pas seulement plus probable jf il est certain et indubitable que Dieu en a garanti quelques-uns : autrement il ne serait pas certain qu'il y aurait eu des élus ou des saints , par con«* séquent des adorateurs véritables dans tous les temps. Or y c*est une vérité que personne n'a enicore osé nier, et que M. Jurieu confesse comme •constante en cinquante endroits de son Système , pour ne point parler ici de ses autres ouvrages ; il est y dis-je^ trèft-constant que Dieu a eu de tout temps un cQi*ps d'Eglise universelle y oh s'est trou«vée la communion des saints , la rémission des péchés et la vie éternelle; par conséquent, de véritables adorateurs : autrement le Symbole se^ roit faux. Mais ce qui est constant par le principe commun de tous les chrétiens , sans en excepter les Prétendus Réformés , n est seulement que plus probable quand on presse davantage les pûaistros; et ils n'ont rien à répondre , non plus que tous les autres hérétiques , quand on leur depiande oil iétoit la vérité quand ils sont venus.
Il ne faut donc plus s'étonner si cette seule de> mande les jette dans les contradictions que vous avex vues. Il a fallu trouver des élus avant la Réforme; car il en faut trouver dans tous les temps. Il en à fallu trouver même dans l'Eglise romaine y aussi bien ou même plutôt que dans les
SVK LES LETTRES DE M, lU&IEU. a3^
autres ; puisque les fondemens du salut s'y trauvoient compie chez les autres ou mieux, et. qu'ainsi on ne pouvoit lui refuser d être du moins une partie, de cette Eglise catholique qile Ybn confesse dans le Symbole, Mais dans TEglise romaine il ne pouYoit y avoir que de quatre sortes de gens i ou ceux qui y étoient de bonne foi , croyant sa doctrine et consentant à son culte, ou des impies déclarés qui se moquoient ouvertement de toute religion, ou des hyppcrites et des politiques, qui 8*en moquant dans leur cœur fai^oient semblant au dehors d'y communiquer avec les autres , ou €es prétendus sept mille Réformés avant la Réforme, qui Luthériens ou Calvinistes dans le cœur , trouvoient moyen de ne rien faire et de ne rien dire qui approuvât ou le culte ou la doc* irine de Rome. On vient de voir que ce dernier genre est une chimère , et cent raisons le démontrent. Ce ne sont ni les impies déclarés , ni les liypocrites qu*on veut sauver; ce ^nt donc les Catholiques de bonne foi , consentant à un culte impie et idolâtre , et croyant ce que croy oit Rome. Yoilà où l^on est poussé par cette seule den^ande : Où étoit la vérité, oii le vrai culte, où la vraie flglise , où les vrais saints, quand Luther a corninencé son Eglise ? Cette demande a confondu la Réforme dès son commencement, comme il a été démontré dans THistoire des Variations (0. Mais peut-être qu'à force d'y penser on se sera rassuré depuis ? Point du tout : il y a des difficultés aux-
2^2 TROISiktfE AVEUTlSSEMeirT
quelles plus on pense y plus on se confond; et c^est pourquoi ,M/'CIau(ie et M. Jurieu, qui y ont pensé les derniers /et qui ont pu profiter des découvertes ^e tous les autres , ont été, comme ou a vu y ceux qui se sont le plus confondus eux:mêmes. M . Jurieû fait enfin un dernier efibrt dans ses lettres pour se tirer de cet embarras r mais vous avez vu que tous ses efforts ne servent qu'à •llembarrasser davantage / et à seiTer de plus près le nœud où il e^t pris. Que reste -t- il donc, mes Frères, sinon que vous donniez gloire à la vérité, qui seule peut vous délivrer d^ ces lacets ? xxxm. Voilà de très-bonne £bi toutes les plaintes de Conclusion ^otre ministre sur le livre xv des Variations. On ce discours. ^ démontré dans ce livre trente autres absurdités de la doctrine des Protestans sur Funité de TEglise : je le dis sans exagérer; et vous pouvez vous en ^ convaincre par une lecture de demiheure. De toutes ces absurdités qu'on démontre à M. Jurieu, il n'a relevé que celle que vous venez d'entendre , où il succombe manifestement comme vous voyez. Un de ces Messieurs de Hollande , qui entretiennent le public des ouvrages des gens de lettres, remai*que ici , en parlant de ce XV* livre des Variations, que sans doute, en l'écrivant je n'avois pas hi le livre de l'Unité, où M. Jurieu répond à M. Nicole. Je n'avois garde de l'avoir vu , puisqu'à peine étoit-il imprimé lorsque mon Histoire a paru. Je l'ai vu depuis; et je m'assure que M. Jurieu ne dira pas qu'il y ait seulement touché, ou prévu la
Stlll LES LETTRES DE M. TIT&lEtr. 233
moindre des observations qui me sont particu* lières. Chacun a les siennes ; et outre la diversité qui se trouve dans les esprits ^ on prend divei'ses vues selon la matière qu on se propose! Concluons donc que toutes mes remarques sont en leur entier ; mais concluons encore plus cer^ tainementy après toutes les raisons quon vient de voir y que j'ai très- bien démontré , que de Faveu du ministre on peut se sauver dans TEglise romaine ; qu!elle n^'est donc ni idolâtre ni antichrétienne; quil y faudroit revenir pour assurer son salut y comme à celle à qui ses ennemis mêmes rendent témoignage ; puisque les ministres, qui Tattaquent avec tant de haine, qui osent même donner la préférence sur elle à une Eglise arienne, sont forcés par la vérité à la reconnoltre ; qu ils sont encore obligés à reconnoitre dans certains points l'autorité infaillible de TEglise universelle, et les promesses sur lesquelles elle est fondée; qu'ils n'ont aucune raison de les limiter, et quils n'y apportent que des restrictions arbitraires ; que soumettre son jugement à TEglise universelle, ce n'est pas se soumettre à l'homme mais à Dieu ; que cette soumission est le plus sûr fondement du repos et des savans et des simples ; que faute de se soumettre à une autorité si inviolable, on se contredit sans cesse , on renverse tous les principes qu'on a établis , on renverse la Réforme même et tout ce que jusqu'ici on y avoit trouvé de plus certain ; et qu'enfin on se jette dans le fana-
â34 TROISIÈME ÀYEETISSEHEIÎT^ etC.
tisme et dans les erreurs des Quakers : au reste ^ qu'après avoir posé des principes par lesquels on est forcé de recevoir les Sociniens dans TEglise, jusqu'à mettre des prédestinés parmi eux ^ lors*qu'on songe à les exclure du nombre des con>munions chrétiennes» on ne peut le faire » que par des moyens par oà on s'exclut soi-même ; en sorte qpe d'un côté on rend témoignage à l'Eglise y de l'autre on tend la main aux Sodniens» et de l'autre on ne se laisse à soi-même aucune ressource.
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SUR