‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 29 sur 55 · CINQUIEME AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

CINQUIEME AVERTISSEMENT

^x. Valens, empereur d'Orient , A^rien comme Coh-

Icns, Justine *tance , fut eucore un plus violent persécuteur ; et en Afrique et c'est de lui qaon écrit c^ il parut ua peu s'a-- 80US a yran- ^^^^,y lorsauil changea en bannissement la

nie des Van- ' ^

dalcs. peine de mort (0 : et néanmoins les Catholiques ^

quoique les plus forts /même dan^ son empire , ne lui donnèrent jamais le moindre sujet de crain* dre y ni ne songèrent à se prévaloir des longues et fâcheuses guerres ^ où à la fin il périt misera* blement. Au contraire les saints évéques ne préchoient et ne pratiquoient que Fobéissance. Saint Basile rendit à Modeste , que FEmpereur lui envoy oit , toutes sortes de devoirs {^). Ce saint évêque Eusèbe de Samosate y craignant quelque émotion populaire contre celui qui lui portoit Tordre de se retirer , l'avertit de prendre gai^e à lui , et . de se retirer sans bruit , appaisant le peuple qui . accourut à son pasteur , et lui récitant ce pré* cepte apostùlique » (fuil faut obéir aux rois et -aux magistrats (3). Je ne finirois jamais, si je voulois raconter tous les exemples semblables. Saint Ambroise étoit le plus fort dans Milan , lorsque l'impératrice Justine ^ Arienne , y voulut faire tant de violences en faveur des héi^tiques : mais il n en fut pas moins soumis y ni n'en retint pas moins tout le peuple dans le respect, disant toujours : tt Je ne puis pas obiâr à des ordres im- -» pies ; mais je ne dois point combattre : toute i> ma force est dans mes prières : toute ma forCe » est dans ma foiblesse et dans ma patience :

(<) Greg, Nwt. OraU xs, tom. x, p, 370 et seg. Soet\ lih, ir, tap, 3a. — C») Greg. N(vt» Ihid» p, 337. — (*) Theod. Ub. IT. i4«

8VK LES LETTRES DE M. JUllIBU. 363

» toute la puissance que j*ai c est d'offrir ma vie » et de répandre mon sang (0 n. Le peuple, si bien instruit par son saint évéque , s'écria : « O » César y nous ne combattons pas; mais nous » vous prions : nous ne craignons rien ; mais nous » vous prions o : et saint Ambroise disoit : « Voilà » parler y voilà agir comme il convient à des chré- » tiens ». M. Jurieu auroit bien fait d'autres sermons j et leur auroit enseigné que la* modestie n'est d'obligation que lorsqu'on est le plus foible : mais saint Ambroise et tout le peuple parlèrent ainsi, depuis même que les soldats de l'Empereur tous Catholiques se furent rangés dans l'Eglise avec leur évêque , et dans une conjoncture où l'Empereur , menacé du tyran Maxime , avoit plus besoin du saint évéque , que le saint évêque de lui, comme la suite des affaires le fit bientôt parottre. C'en est assez; et de tous les exemples qui se présentent en foule à ma mémoire, je ne veux plus rapporter que ceux des Catholiques africains sous l'impitoyable persécution des Gensérics et des Hunérics, Ariens. Us résistèrent, dit saint Gélase ; mais ce fia en endurant avec patience les dernières extrémités (^). Les chrétiens ne connoissoient point d'autre résistance ; et pour montrer que ce sentiment leur venoit non de leur foiblesse , mais de la foi même et de la religion, saint Fulgence, l'honneur de l'Afrique comme de toute l'Eglise d'alors, écri-.

^ CO Oral, de Basil trad. post EpisL xxxii, nuno xxî. Episù xxuii , ad MffrcelL nuno xx ; tom. u , coL 854 •* •*7* "" (*) Epist XIII.

Les

tiens se

364 ClHQtllkM'E AVEUTISSEMEIIT

voit à un de ces rois hérétiques (0 : « Quand 'i » nous vous parlons librement de notre foi , nous » ne devons pas pour cela vous être suspects ou » de rébellion ou d'irrévérence ; puisque nous » nous souvenons toujours de la dignité royale , » et des préceptes des apôtres qui nous ordon- » nent d'obéir aux rois ».

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