A 1 SeloiiM.Ja
anciens^ est pire que leur erreur même; car leur ^.^ ^ erreur, poursuit le ministre CO y tt venoit en partie mitn ciir<-
l6 PAËMIER AVË&TISSEiCEH:^
tiens ne cro- » d*uiie m^dhante philosophie, parce qu'ils n'a*"
^^e^Sieaftt ** ^^*^^* P^ ^^^ j^ste idée de rimmutabilité de inimitable. ^ Dieu ». En effet , puisqu'il survenoit à Dieu quelque chose, et encore quelque chose de substantiel, une nouvelle gënérdtion et une nouvelle personne qui n*y avoit point été de toute éternité, là substance de Dieu se changeoit et s'altéroit avec le temps. Ainsi ce qu'on croit Dieu est nouveau, et ne prévient la créature que de quelques heures : ce qui n'est pas seulement, comme l'avoue le ministre, n'avoir peis une juste idée deVimmu" taiilité de Dieu^ mais la détruire en tennes formels : de sorte que tout le secours que donne votre ministre aux chrétiens des trois premiers siècles, pour les distinguer des Ariens, c'est dé les faire plus impies; puisque c'est une impiété beaucoup plus grande d'ôter à Dieu l'immutabilité de son être, qui étoit connue même des philosophes , que de lui ôter seulement avec les Ariens la personne de son fils, bien moins nécessaire à connoître la perfection de son être, que son immutabilité, sans quoi on ne peut pas même le concevoir comme Dieu.
L'eussiez- vous cru, mes chers Frères, qu'on dût jamais vous débiter cette doctrine dans des lettres qu'on ose nommer Lettres pastorales? Est'Ce un pasteur qui écrit ces choses , ou bien un loup ravissant, qui vient ravager le troupeau? N'est-il pas temps de vous réveiller, lorsque celui qui fait parmi vous le docteur et le prophète, et à qui vous avez remis la défense de votre cause , en vient à cet excès d*égarement ^ de ne distinguer
les
8VR LES LETTRES DE M. lURIEVé IJ
les dirétiens des trois premiers siècles^ et les mar^» tyrs mêmes d'avec les Ariens, quen les faisant plus impies y qu'en lem* faisant rejeter non-«ealé^ ment le dogme le plus essentiel du christianisme , qui est réte^rnitë du Fils de Dieu, mais encore ce que les Païens n ont pu méconnoître, Timmuta^ bilité de FÊtre divin; de sorte que les saints doc-^ leurs y en perdant la foi, n'aient pu même retenir les restes de la lumière naturelle que lesphilosojphes païens avoient conservée.
Et celui qui vous annonce de tels prodiges , loin d'en rougir , s'en glorifie. « Je me suis, dit- » il (>)y un peu étendu à expliquer la théologie 3» de l*EgUse des trois premiers siècles sur la Tri« 9 nitéy parce que je n'ai trouvé aucun auteur » juscpi'ici, qui l'ait bien comprise ». C'est la lumière de notre siècle : fl se vante de découvrir^ dans la théologie des trois premiers siècles, ce que personne n'avoit compris avant lui. Mais enr core, qu'a-t-il découvert dans leur théologie? Il y a découvert ce grand mystère , que Dieu n'étoit pas immuable, et qu'un Dieu n'étoit pas éterneL Voilà la belle découverte de ce grand personnage M. Jurieu : c'est pour cela qu'il nous vante sa grande science, et qu'il avertit « l'évéque de ?• Meaux , qu'un évéque de Cour comme lui , et n les autres dont le métier n'est pas d'étudier ^ » devroient un peu ménager ceux qui n'ont point n d'autre profession W ». C'est dommage, en effet, qu'on ne se tait pas par toute la terre, pour
0) Leii. Ytfp. 44* "* (*^ ^^' ^"') P ^'* BossvET. Averti aux ProL i. a
|8 PaEHIBR ATESTI8SEHEHT
laisser M. Jurieu écrire tout seul ^ afin que &atd
la chrétienté apprenne cette merveille ; que les
siècles les plus voisins des apâtres^ où est la force
^ la gloire du christianisme , ne croyoient pas
Dieu immuable y ni la génération de son Fils éter-'
nelle^ et que cette erreur est de celles qui ne sont
ni essentielles ^ ni fondamentales,
T^ Si cette horrible flétrissure du christianisme ^ si
M Jori^^"* une corruption si manifeste de la foi n'est pas
les premiers Taccomplissement de ce que dit l'apôtre sur les
chréiiciw hérétiques , que leurfoUe sera connue de tous ( ' ) ,
personnesdi- )^ ^^ ^^ f^^^ quand il Le faut attendre. Mais votre
vinca inéga- docteur Continue : « et il est vrai, poursuit-îK'»),
» que les anciens ^ jusqu'au quatrième siècle , ont
>i eu une autre fausse pensée au sujet des per-**
» tonnes de la Trinité : c'est qu'ils y ont mis de
^ l'inégalité ». Ils n'ont donc pas adoré en un
seul Dieu trois personne& égales : ik ont adoré le
Fils comme Dieu; mais ils ne Font pa& connu
comme étant égal à son Père. Un Dieu n'est pas
égal à un Dieu c il y a de l'imperfection^ puis^
qu'il y a de l'inégalité dans ce qui est Dieu : on
pfeut concevoir un Dieu qui n'est pas parfait.
Voilà ks prodiges qu'on vous enseigne ; voilà, dit
votFe ministre ^ ce que cix>y oient les m^œtyrs et
les ^cles les plvs purs.; Que réste-t-il à conclure^
' sinon, que lesÂriens raisonnoient mieux , et avoient
une doctrine plus pure sur h^ divinité ^ que les
docteurs de l'Eglise?
XÏ. Mais remarquez^ mes chers Frères» quev nou
Qne, selon content d'attribuer de tels prodiges aux siècles les
M. Jnriea,
(0 il. Tim. III. 9. — W Lew vi , p. 45.
SUR LB8 LETTRJES DTE M. JUKIEU. I9
jdaspurs de la religion^ votre docteur est encore on .peut écré coQtraÎDt de dire, comme vous venec de l'en- <*•"•***«"**■' tendre , que ces prodiges ne sont pas contraires et reconnoiaux fondeinens de la foi ; car Terreiir des anciens ^ ^® ^^ ^^'^'^'' dit-a^ n'est lii essentiéUe nifondamenuOe : et il ^^^^^J™ &at bien qu'il eu parle ainsi, à itioînsde condam- de Bien, sans Ber Tancieuae Eglise, lorsqù*eÛe enfàntoît les "^°^' ^^ martyrs , et de dire qu^eUe éCoii EgKse sans avoir ae la foi. les fondemens de la foi. Triompfae2i donc , Ariens et Soeîniens : on peitt , saDcs blesser Fessence de la piété, dire que la personne du Fils de Dieu nest pas étemelle, qu'il est engendré dans le temps y qu'il n'est pas égal à son Père. Mais triom-* pbeK en particulier, è Sociniéns , qui osez dire qu'il arrive à l'être de Dieu qàelque chose dé nouveau : M. Julien vous* donne le^ mains, puifr^ qu'il avoue qu'on peut droîre, sans blesser le fokid de la piété , non pas qu'il survient à Dieu des acd-i deas , comme à nous, et de nenivelles pensées , ce ^i autrefois fiiisoit hoih^eur ; mais , ce qui esll beaucoup' pis, qu'il diamge date l'a substance,- et qu'une personne divine comosence d'être : nonseulement on peut kr croire ^ sans aucun péril de son sabit, maïs on Fa cru autrefois, et c'étoit la* Soi des martyrs;
Je ne m'étonne pourtant pas que ce* ministre Xii. parie ainsi ^ après avoir vu y non ce' quf il tolère ^^J^ "*" dans les autres^ mais'oe qu'il enseigne lui-même.' prouve lui- Car en parknt de TertikUlen et de sôn^ Kvre contre "»^™* ,*ï'"'^J*
. ,. 1. ^1 / \ » , > . mette le Fils
Praftéas: « Là d exphque, dlt-4l( M, là génération ae Dieu au » du Fils, comme nous,, par l'entendeB^nt di-^ rang des ch<>
aO . »EBKIBR AYBETISSBMEnT
«ès fattBB, et » vifiy qui^ en se comprenant et s'en tendant lui^ que person- ^ même, a ÉBÛt son image et son Verbe qui 'est prend de se» » son Fils : cela va bien jusque-là ». Remarquez , ^rêun, , Y0es Frères , ce blasphème : Dieu a fait son Fils. Que disoient de pis les Aiîens? Mais lé ministre Tapprouve : « TertuUien , dit - il , Tentend comme 3» nous, et cela va bien jusque-là ». Gela va bien de dii*e que Dieu fait son Fils , et que celui par qui Dieu a fait toutes choses , est lui -même au nombre des choses faites. Un homme qui ne ix>u^ git pas de se donner pour savant , tombe dans une erreur qu'un théologien de quatre jours auroit évitée ; et vous ne. voyez pas encore que ce téméraire théologien, dans les embarras oà le fette la défense de votre cause , hasarde tout , et que rheure est venue , où , comme disoit l-apôtre^ la folie de vos docteurs doit être connue de tout tunivers.
n n'est pas ici question d'expliquer le senti* ment de TertuUien : d'autres docteurs et des Pror lestans l'ont fait devant nous, et ont très ^ bien justifié qu'il n'^a jamais dit absolument que le Fils de Dieu eût été fût, ni autrement qu'il est écri€ du Père même , qu'il a été fait noire rejfuge , et le refuge du piiuvre (0. Mais quand Tertullien se ^roit trompé , selon M. Jurieu , avant que la loi de la Trinité e&t é\jé formée ; maintenant que de son aveu elle a reçu sa forme, falloit^il en**' core errer avec lui, et mettre le Fils de Dieu au rang des choses faites ? et on lui laisse dire parmi vous toutes ces choses» Il n'en est pas moins mi-*
0) Pt, IX. lO.
SUR 1.1M tETX&ES »B X. IVmtEV. »f
Bistre, pas moins professeur en théologie. Il adresse toutes ces erreurs à tous ses frères , sous le titre le plus vénérable que pût prendre un vrai pasteur y sans que personne le contredise. Il a trouvé parmi vous des contradicteurs sur ses prétendues prophéties : on Ta traité ^ur cela de vKàonnaire : on s^est moqué de ce qu'il a dit sur ces prétendus prophètes de Yivarais et du Dauphiné, où toute la marque de l'Esprit de Dieu est de se laisser tomber par terre, et de mer de toute leur force y)en fermant les yeux et faisant semblant de dormir. On lui a reproché publiquement qu en autorisant ces illusion^ , il autorisoît la tromperie et le fanatisme; et exposoit le parti protestant à la risée de tout Tunivers : on ne Ta pas épargné sur toutes ces choses. Il attaque le fondement de la foi ; il impute à rancienne Eglise , dès Forigine du christianisme , des en*eurs essentielles sur la Trinité; il les tolère , il les approuve , il les adopte : cependant on ne lui dit mot sur tout cela ] et ses Lettres pastorales courent Vuni- . vers sans être , je ne dis pas notées par les Eglises , mais reprises par aucun particulier ; tant le soin de Tordiodoxie > si je puis parler de la sorte , ecrt abandonné parmi vous. Vos^ gens , délicats sur Tesprit, craignent qu on ne leur impute des vir Âons et des foiblesses , et ils ne craignent pas qu'on leur impute des erreurs.
Si les anciens ont été si aveugles dans le mySr xnt 1ère de la Trinité , ils n'auront pas mieux entendu ^ Jjf °^^ celui^de l'Incarnation , dont la Trinité est le fou- ^^^ ^g^^i^dément : aussi votre ministre vous enseigne -t-il mcm ignoré
par les pre- que les anciens dacteurs , et ^c surtout ceux du
tiens selon ^ troisième siède y et même ceux du quatrième ^
U. Jurieu. j> ont mêlé d'épaisses ténèbres les lumières qu^ils
» avoient sur œ mystère ; qu'ils ont confondu le
» Fils et le Saint-Esprit; qu^ilsnous ont fait un
» Dieu coHVE&Ti EST CHAIR y sclon Fhérësie qu*on
a» a attribuée à Eutychès ; et que ce n'est que par
» la voie des longues contentions , qu'enfin cette
S) vérité venue de Dieu est arrivée à la perfec^
» tton(v)»; de sorte que loin d'y être d'abord^
comme sont les œuvres où Dieu met la main d'une
façon particulière , à peine y étoit-elle aprè&
quatre siècles.
^)^IV. Comment )es anciens auroient-ils compris les
W ^^"tés particulières au christianisme , puisque
tiens igno- même ils ont ignoré ce que la raison naturelle a
roientceque enseigné aux Gentils? Ecoutez parler votre mila raisonna- . . . ». . .1 / \ turellc ensei- ûistre : Je ^oudrois oten, poursuit -il W , que lé^
gnoît aiù ^éque de Meaux me prouvât cette maxime^ ( que nTéme Fimitë ^^ vérité venue de Dieu ne peut soullnr de variade Dieu y et tions, et qu'elle atteint d'abord toute sa perfec- 6CB perfec- j-j^u) seulement dans le dogme d'un Dieu unique, •tout-puissant j tout sage, tout bon, infini et infiniment parfait. Avons-nous bien entendu ? Quoi ! ce n'est plus l'immutabilité de l'être divin que ce ministre fait ignorer aux premiers chrétiens ; c'est encore tous les antres attributs divins que nous venons de nommer. Répétons encore ces paroles, de peux* de nous être trompés en lui faisant dire . des nouveautés si étranges : « Je voudrois bien que » l'évêque de MeaUx mé prouvât rette maxime ,
9 ( que la vérité arrive d'abord à sa perfection ) » seulement dans le dogme d'un Dieu unique, » tout - puissant , tout sage , tout bon , infini et 9» infiniment parfait. U n'y a point d'endroit , » continue-^t-il , oh les Pères de l'Eglise auroîeut 9 dû être plus uniformes et plus exempts de v£e- » TÎations que celui-là; puisque c^est celui qu'ils V dévoient savoir le mieux ^ s- y exerçant perpétuel- » lement dans leurs disputes contre les païens» : cependant ils ne le savoient qu'imparfaitement ; car y poursuit^il, «combien trouve*t-^n dans tous « ces dogmes de variations et de fausses idées » 7 Ainsi l'unité de Dieu , qui étoit le dogme le plus éclatant du christianisme , n'étoit qu'inqyarfaite^ ment connue par les fidèles des trois premiers siècles. Il le faut bien ^puisqu'ils adoroient comme Dieu le Père, la personne du Fils et le Saintf- Esprit, qui ne lui étoient, ni égale», ni coéter«nelles^cen'étoit donc pas un même Dieu, puisque Dieu ne peut être inégal à Soi - méme« Les* dbfr& tiens , qui faisoient semblant de tant détester la multiplicité des dieux, en avoient trois bien comr ptés dans les premiers siècles i et afin de ne point errer sur ce seul article , selon eux , « la bonté de -» Dieu étrât un accident , comme la couleur jJia » sagesse de Dieu n'est pas sa substance i» : et ce n étoit pas seulement ia pensée d* Athénagoras et de Tertullien : « c'étoit , dit - il , la théologie du » siècle ». On ne croyoit pas « que Dieu f&t pai^ 9 tout , ni qu'il pût être en même temps dans le •» del et dans la terre : la plupart des anciens ont
â4 PREMIER ÀTBRTIS8BMBRT
' » cru Dieu corporel et étendu y comme Tertul^ )> lien » ; afin que les Sodniem^ qui ont de Dieu cette basse idéé^ aient pour garans la plupart des saints docteui'S. Quel prodige ne peut -on donc pas soutenir par rautorité dé TEglise primitive ? Et il ne faut pas s'en étonner ^ « puisqu on y re- >i-préséntoit Dieu muable et divisible , changeant » ce germe de son Fils en une personne , et divi- » sant une partie de sa substance pour son Fils ^ » sans la détacher de soi (0 ». Qui peut dire que Dieu est muable et divisible , peut lui attribuer toutes les passions, tous les défauts , et même tous les vices, avec les païens. S'il peut changer et devenir ce qu'il nétoit pas, il n*est plus cehd qvx ef£^ il tient plus du néant que de Tétre ^ il n'est plus la vérité même , la sainteté même ; et il peut perdre tout ce qu'il peut acquérir : ainsi on peut lui âter non-seulemëntson Fils et son Saint-Esprit» mais encore tous ses attributs et son propre être* C'est oik vous conduit votre ministre; et il conclut otX. étrange discours, en disant , « que cette belle
^ » et juste idée que nous avons aujourd'hui de -» l'être parfait , quoique vérité venue de Dieu. , » n'a pas atteint toute sa perfection d'abord ».
%,Yous l'entendes , mes chers Frères , l'idée de l'Etre parfait est une idée d'aujourd'hui. Quand TertuUien a djt que Dieu étoit « le souverain » grand, et par-là unique, sans pouvoir avoir son sk égal , autrement qu'il ne seroit point Dieu (s) » ; quand tous les Pères des premtei^s siècles , aussi
StJft Lfid LËVmiSA DE U. JURIEU. 2^
bien que de tous les autres, ont soutenu aux païens la même chose ; quand ils leur ont prouvé mille et mille fois Tunité de Dieu par la souveraineté et la singulaiûté de sa perfection ; quand ils ont dit que jamais nul n'avoit prononcé le nom de Dieu , qu'en y attadiant Tidée de la perfection y ils n'étoientpas entendus, et ils ne s'entendoient pas eux-mêmes : selon M. Jurieu, cette idée que nous avons aujourdhui , n*est pas celle de Fanti* quité ; et il semble que ce ministre ne Tauroit pas eue y ou n'y auroit pas fait d'attention , si un philosophe moderne n'étoit venu lui apprendre que l'idée de Dieu étoit jointe à celle de l'être parfait» Quoi qu'il en soit, il est certain, selon lui, que
xy,
les Pères, et même ceux des trois premiers siècles, ^^^^ *j* ne Favoient pas, non plus que celles de l'éternité ministre : et de l'immutabilité de l'être de Dieu , ni des pei^ ^'" ^^ f^"'
. * démens de la
sonnes divines, et lès autres que nous avons vues, foi ignorés et C*est ce que dit ce ministi*e dans la sixième lettre combauns de cette année, qui est la première qu'il a oppo- ^^sdesqua! •ée à l'Histoire des Variations. La seconde , qui tre premiers est en ordre la septième , n^est pas moins pleine >^^<^®'* d'erreurs, et d'égareme^s. Il la commence en répétant ce qu'il y a trois vérités essentielles et fonj» damentales , imparfaitement expliquées par les 9t plus anciens docteurs de l'Eglise, la Trinité ji des personnes , l'Incarnation de la seconde , et a» l'idée d'un Dieu unique , qui est l'être infini- V ment parfait (0 » ; et l'on a vu que ce qu'il apjpeUe explication imparfaite de ces dogmes, c'étoit les anéantir tout-^-fait, et établir en termes
(0 i^n. TP, p. 49-
!]|6 YREMIBIL ÀTERTISSEMEnT
formels des dogmes contraires. Il est bien aisé de comprendre que le reste ne se soutient plus, après qu'on a renversé ces fondemens* Aussi étoit-oe « l'opinion constante et régnante dans ces pre- » miers siècles de l'Eglise , que Dieu avoit abau'^ » donné le soin de toutes le^ choses qui sont au- » dessous du ciel, sans en excepter même les » hommes y et ne s'étoit réservé la Providence im- » médiate que des choses qui sont dans les cieux n • Ainsi la providence particulière tant célébrée dans l'Ecriture y et poussée par Jésus-Christ même jusqu'au moindre de nos cheveux, étoit oubliée par les chrétiens, quoiqu'elle ftlt si sensible, que les philosophes platoniciens et stoïciens, mieux instruits que les chrétiens et que les martyrs , la reconnussent. O Dieu ! quelle patience faut -* il avoir pour entendre dire des choses, si fausses et si avantageuses , non - seulement aux Sociniens , mais encore à tout le reste des libertins et des * impies ! Ce n'est pas tout : « La grâce , qu'on re« » garde aujourd'hui, avec raison, comme l'un » des plus importans articles de la religion chré* :> tienne , étoit entièrement iitforxe jusqu'au y^ temps de saint Augustin. Avant ce temps les » uns étoient Stoïciens et Manichéens ; d'autres A étoient purs Pélagiens ; les plus orthodoxes ont » été semi - Pëlagiens (0 ». Quoi ! même sans en excepter saint Cjrprien, tant cité par saint Augustin contre ces hérétiques i?) ? quoiqu'il ait dit
(>) Lett. Tii, p. 5o.— ^*) lÀh. de Dono persew. cic^n. 48. Conu Jut /. I , n. aa, eC alibi, ii, «. aS. Ad Bonif. lib. it, c. 8 et »eq. I». a5y etaUU, t. x. S. Cjrpr. TesUm, lib» m, c. 4. edii. Bulux^p. 3^5 •
SVft LES LETTRES DE K. 7UEIEU. S^
en troiÉ mots tout ce qu'il falloit pour les oon^r fondre ^ en disant $i précisément^ et en prouvant avec tant dç force qfjCilnefmt se glorifier de rien, parce que nul bien ne vient de nous ? Lefs autres Pères n'en ont pas mpins dit :. et néanmoins, dit notre ministre, tous en général ont discouru sur cette matière d'une manière h faire voir qu'Us n'y avoientfait aucune attention ^ quoique ce soit le fondement de la piété et de Thumilîté chrétienne, et n'a%H>ient pas 'étudié f Ecriture là^s^ sus. Mais quoique saint Augustin et les conciles de son temps eussent fait sur ce sujet , selon le ministre même, des décisions si justes, on n'a pas laissé de varier : dans le sixième siècle et dans les suii^ans, t église romaine devint quasi pélor gienneM, pendant que le pape saint Grégoire, un si fidèle chipie de saint Augustin , y présîdoit : ^article de la satisfactUm de Jésus^Ckrist, celui de la justification et celui du péché originel, sont mal enseignés par les anciens Pères : le pé^ ché originel est conçu comme Vun des importons articles de la religion chrétienne: cependant le ministre me « défie de lui faire voir oette impor<a> tante vérité dans lesPèreaquî ont précédé saint » Augustin, toute formée, tonte cotnçue, comme » elle a été depuis » ; encore qu'il sache bien ^ pour ne pas citer ici tous les auteurs , qu'on la trouve dans un concile tenu par saint Cjrprien (^) aussi constamment et* aussi clairement posée que
(0 Leu, VII , p. 5o, €oli. — W EpUu ad Fia, Je infknt.haptii.
d8 VREMIEft AVERTI881S1IE9T
<)aii8 saint Augustin même ; et que sur ce fondement du pèche' originel on y établisse la néces* site du Baptême des petits enfans ^ en termes aussi forts qu*on Ta fait dans les conciles de Milève et de Carthage.
Mais il ne s*agît pas ici de soutenir la doctrine de l'Eglise y il s'agit de manifester aux yeux du monde la basse idée que Ton en a dans la Réforme. « S'il y a y poursuit le ministre /quelque » doctrine importante dans toute la religion ^ » et qui soit clairement enseignée dans l'Ecriture, 3» c est celle de la satisfaction de Jésus^Christ , qui » a été mis en notre place et qui a souffert les » peines que nous avons méritées. Ce dogme si » important et si fondamental est demeuré si is- » FORMB jusqu'au quatrième stède , qu'à peine » peut-on rencontrer un ou deu^ passages qui » l'expliquent bien ». On trouve même dans saint Cyprien des choses « très-in)urieuses à cette doc^ » trine ; et pour la justification , les Pères n'en » disent rien ; ou ce qu'ils en disent est faux y » mal digéré et imparfait ». Ainsi ^ de tous les articles qui servent de fondement à la piété, il ne s'en est trouvé aucun où la foi des trois pvemiers siècles ait été pure : que dis-je ? aucun où il n'ait régné des eri'eurs essentielles : et ce n'étoit pas seulement trois ou quatre auteurs qui se trompoient; le ministre répète encore çue cétoit la théologie du siècle, dont il rend cette raison; « que dans un temps où le savoir étoit rare entre » les dirétienSy deux ou trois savant entrainoieiiA
Sim LSS LBtT&BS DE II. IVtXBV. 2^
» la foule dans leurs opinions »; tant le fondement de la foi étoit foible et mal établi : en sorte que la théologie de ces sièdes étoit non-seulement imparfaite et floUante [}) ^ lûais encore pleine d*en*ears capitales , sur tous les articles qu'on vient de voir y quoique ce soit sans difficulté les plus essentiels du chaistianisme.
U ne faut pas s'en étonner : « C'est , dit le XYI. » ministre (^), que la vérité n'a pris sa dernière Q"**!*»!**-
res» selon le
» forme que par une très-longue et très-attentive minûtre , » lecture de l'Ecriture sainte; et, poursuit-il, il loind'cntcn- » ne parott pas que les anciens docteui^ des trois resain^^nê 3t premiers siècles s'y soient beaucoup attachés » • la lisoient O Dieu , encore un coup , est-il bien possible que "*"*• ^^' ces saints docteurs , un saint Justin, un saint Irénée , un • saint Gément d'Alexandrie , un saint • Cyprien , tant d'autres qui passoient les jours et les nuits à méditer l'Ecriture sainte, dont leurs écrits ne sont qu'un tissu , qui en faisoient toutes leurs délices, et y ti:ouvoient leur consolation durant tant de persécutions , ne s'y soient point attachés, ou qu'ils n'y aient point im lemystère de la piété qu'on prétend y être si dair , qu'il ne £wt à présent aux plus ignorans, aux artisans les plus grossiers , aux plus simples femmes, qu'ouvril^ ks yeux pour Fy trouver I G!est ainsi qu'mi parle de ceux qui ont fondé après les apôtres l'Eglise dirélienne, non-seulement par leurs prédications et par leurs travaux, mais enofxe^ par leur sang: Non-seulement le savoir étoit rare parmi enx , comme on vient d'entendre , qudiqiï'il y eût alors
(«) LttL V4I, p. Si. — M Md.
3a VHBXlSft AVBATiaSBMBSrr
tant de philosophes , tant d'exoellens orateurs ; tant de doctes jurisconsultes^ et en un mot tant de grands hommes de tovtes les sortes ^ qui embrassaient le christianisme avec connoissance de cause : mais ce qu'il y a do pin» étrange , c*ëtoit le savoir qui« regardoit la religicrn et FEèriture elle-même qui était rare alors, même parmi ceux qu'on regardoit comme les docteurs, ce Ils sor- » toient y dit votre ministre (0 ^ des écoles deS » Platoniciens ; ils étoient pleins de leurs idées ; » et ila en ont rempli len^ ouvrages^ au lieu dé » s'attacher umquenent aux idées du Saiiit- ~^» Eqsrit 3».
XVH. H faut ici se souvenir que lorsque l'on accuse
Réflexion ^iji^oi^g^ des a&cieBs d'être imparfaite et sans
sur les er- " *
reurs attri- foime ^ il ne s'agit paa seolement de certaines buées aux cfxpres^o&s précises qu'on a opposées^ depuis aux SmTu cLiis^ subtilités et aux faux - fiyyanB des hérétiques ; il tianîsme. s'agit dU'fond derla doctrine, puisque le ministre» sonlieBty comme on a vu ^ qu'on alioit jusqu'à^ détruire l'étemîté et la Trinité des personnes divines, rimnmtaMbtérb spiritualité, Fimmensité,' Funité et la; petfirctaon de f être divîn , Flncar-^ nation de Jâus* Chriist, la corraption aussi bien quela réparatiKNK de ttofene naAure , la; providence^ la fgt^^cs^y liisqu'à être Stoïcien- et Manidiéea , ou Pâagien^ et demv-^Pâagien; je di» méine lei» plus> orthodmxe^ t. ew sorte qu'il n'y avoitaucune partie> du vsfBtàier et dv hi doctrine die JésuiOhrist , je' ne dis pas qpi fui dismeurée en son/ entier , mais, qui ne fttt pas- altérée dans son fondi. C'est ainsi
(0 £ett. Tiiyf. 5i.
que là Réforme se défend. Attaquée dans ses yanations elle ne peut se défendre qu'en accusant Fantiquité, et surtout les trois premiers siècles , non - seulement de la plus grossière ignorance ^ mais encore des erreurs les plus capitales. M. Jurieu est Fauteur d'une si belle défense : au moins, dit-il y nous ne périrons pas tout seuls; nous nous sauverons par le nom et la dignité de nos corn-* plices ; et s'il faut que la Réforme soit couvain-* cae d'instabilité , et par-là de fausseté manifeste ^ elle entraînera tous les siècles précédens, et mém6 les plus purs y dans sa ruine. N^importe que les Sodniens gagnent leur cause : ils nous sont moins odieux que les papistes ; et puisqu'il nous faut périr j périssent avec nous les plus saints de tous les Pères , et périsse , s'il le faut ainsi , toute la gloire du christianisme.
Noos avons observé ailleurs (0 ce que ce mi* xvm. Bistre téméraire dit des Pères de ces trois siècles : Q^e^^g^iM
chréliemie
fue c'étaient de pauvres théologiem çui ne mar- selon le michoient que wezi^ieeLrez'terre ip) \ il n'excepte que owirc, a été le seul Origène , c'est-à-dire de tous ces docteurs \iJ^^J^ ^t eelm dont les égaresMens sont les plu& fréquens ; U plus mal et il bttsse dans l'ordure et dans le mépris saint '"^^'^ ^c
toutes les so*
Justin y saint Irénée^ saint Clément d'Alexandrie^ ciétés. un si sublime théologien; saint Cyprien^ un si grand évéque et un martyv si illustie f TetrtuUîai, Hil prêtre â docte et si vénérable , taM quiLde* meura dans le sein de l'Eglise ; saint Ignace même, et saint Polycarpe , disciples de saint Pierre et de
(0 Apoc, AuerL n. 33 , 35. — (•) /or. ace. des P^ph. Ik part, pa§. 333.
3s YHEVIEK AVEETISSBHENT
saint Jean, et toutes les autres lumières de ces temps-là. Encoi^ si ces pauifres théologiens n etoient qu*ignorans> quoique ce soit un grand crime à des docteurs d*avoir si profondément ignoré lés principes de la piëte ; mais-, pour comble d*ignominie y û leur faut attribuer des erreurs plus grossières et plus impies que celles des païens "mêmes : et ceux qui ne se défendent que par de si grands outrages envers le christianisme , osent encore se glorifier d*ein être les réformateurs , et les seuls restaurateurs de la piété.
Mais ce n'est pas là tout le mal : en sortant de cette ignorance et de ces erreurs capitales des trois premiers siècles y et en venant au quatrième qui est le siècle de lumière^ on n'en vaut pas mieux. On retombe en ce moment dans Fidolâtrie, et dans une idolâtrie la plus dangereuse de toutes ^ aussi bien que la plus grossière et la plus maligne ; puisque c est Tidolâtrie antichrétienne , oix sous le nom des saints, on rétablit les faux dieux et tout le culte des païens (0. Oui, dit-on, c'est en sortant des trois premiers siècles, si grossiers et infectés de tant d erreurs , qu'aussitôt on est replongé dans une si détestable idolâtrie ; et ces grandes lumières du quatrième siècle, ces grands hommes^ sous qui on avoue que la théologie chrétienne a du moins pris à la fin sa dernière forme, saint Basile, saint Ambroise, saint Grégoire de Nazianze et saint Augustin, qui seul, dit -on, renferme plus de théologie dans ses écrits çae tous les Pères des premiers siècles fondus ensemble, sont les
(>) jipoe. AverU n, a8, et suiy.
auteurs
SUR LSS LETT&BS DE X. JURIEIT. Î3
auteurs de ce culte impie et de 'cette idolâtrie antichrétieuue.
Ce ue sont point ici des couséquences^ué nous tirions de la doctrine de votre ministre : nous avons produit ailleurs ses termes exprès (0^ où il dit que tous ces grands hommes du quatrième siècle y ont fait régner Hdolâtrie ; quils ont été séduits parles esprits abuseurs^ pour rétablir le' culte des démons W ; et enfin , que cest sous eux que se sont formés l'impiété, les blasphèmes, les* persécutions , et pour tout dire en un mot , les idolâtries de TAntechrist.
Cest ce que j'appellerois, si je le voulois, des prodiges de témérité , d'impiété , d'ignorance 3 et je ferois retomber sur le ministi*e tous les outrages dont il me charge pour avoir dit seulement que la vérité chrétienne , comme un ouvrage divin, a eu d'abord sa perfection. Je pourrois dire^ à juste titre, qu'on ne sait si on a afiaire à ua chrétien ou à un Païen, lorsqu'on entend ainsi dédûrer le duîstianisme, sans l'épargner dans ses plus beaux jours. Mais laissant à part toutes exagérations , considérons de sang froid la constitution qu'on veut donner à l'Eglise chrétienne. Les derniers siècles , depuis mille ans, sont le règne de l'Antéchrist. Autrefois les Protestans vantoient du moins le quatrième , comme le plus éclairé , et ils ne peuvent encore lui refuser cet honneur : mais' cependant c'est la source de l'idolâtrie antichré^ tienne ; c'est là qu'elle s'est formée ; c'est là qu'elle
(>) Apoe* Avtrt. n. a8 et $uiv, — (*) 'Unâ, n* 36. BossuzT. Assert* aux FroU t. 3
34 PREHISR AVEaTISBEMBIfT
règne. La Réfonne poussée dans ce siècle , vouloit , ce semble, se faire un refuge dans les siècles des martyrs ; et maintenant ce sont les plus infectés d^igno* rance et d'erreurs ; )e dis même dans les points les plus, essentiels , et dans le fond de la piété. Où est donc cette Eglise de Jésus-Christ contre laquelle l'enfer ne de$fQÙ pas prévaloir (07 Oii est cet our ▼rage des apôtres dont Jésus-Christ avoit dit : Je vous ai choisis etje^ous ai établis j afinqiàe vous allies et (fue vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ip) ? Cependant tout tombe ^ tout est renversé aussitôt après les apôtres. XIX. Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est que même
du concilc° *^ ^ redressant , on laissoit en son entier la plus d'Ephèse grande partie de Terreur. Le mystère de la Tricensurée par j^^ fyj^^y^ encore informé au concile de Nicée ,
le ministre
Juriea. Les ^omme OU a VU , el jusqu'au concile de Constan-* Sociniens tinople, qui est le second général ; le mystère de «clon^ CCS l'Incarnation n'a été formé que par de longues maximes. disputes avec les Ariens, les Nestoriens et les Eutychiens ; et ainsi il ne Fétoit pas au second concile général. Le sera*t-il du moins dans le troisième , qui est celui d'Ephèse, où, après la défaite des Ariens , on triompha de Nestorins , ennemi de rincarnation? Non, il faut encore essuyer les disputes avec Eutychès. La perfection de ce mys* tère étoit réservée -au concile de Chalcédoine et au pape saint Léon , quoique ce soit T Antéchrist. Mais le concile d'Ephèse a-t-il du moins expliqué en termes convenables le mystère de Tlncarnatioa contre Nestprius , qui le détruisoit ? On avoit cru
(0 ^ait XV2. i8. — C») Joaih xr. 1 6»
ÈVH LCS lE¥t&ÊS BE )t. JUKIEIT. 33
jusqu'ici que ce saint concile de deux cents tfvé« ques assemblés de toute la terre , et auquel tout le reste de l'univers donnoit son consentement , a^oit parlé convenablement contre cette erreur^ en déddant que Ik sainte Vierge ëtoit .vraiment mère de Dieu : car il n'y avoit rien de plus précis pour faire voir que l&us- Christ étoit né Dieu, également Fils de Dieu et 'Fils de Marie : ce qui ne laissoit aucune évasion à ceux qui divisoient sa personne, et ne vouloient pas avouer qu'un en*^ fant de trois mois fût Dieu, G'étoit donc là de ces expressions inspirées de Dieu à son Eglise, comme le consubstantiel, comme les autres que tous les siècles suivans ont révérées. Mais écoutons M. Jurieu, l'arbitre des chrétiens, et le censeur souverain de» premiers conciles œcuméniques : Ce fut, dit-il (0, OMix docteurs du cinquième siècle une témérité malheureuse d'innover dans les tenhesj en appe« lant la sainte Vierge Mère de Dieu; terme qui n'étoit point dans V Ecriture; au lieu' de se coutenter de l'appeler awé C Ecriture, Mère de Je" sus-Christ, Le ministre continue : « Aussi Dieu » n a-t-tl pas versé sa bénédiction sur la fausse sa^ i» gesse de ces docteurs : au contraire, il a permis » que la plus criminelle et la plus outrée de toutes » les idolâtries de Tantichristianisme ait pris son » origine de là » ; il veut dire la dévotion à la sainte Vierge. Mais il faut bien avouer qu'elle étoit devant ce concile , pubque l'Eglise où il étoit assemblé, et qui sans doute étoit bâtie avant
C*}Xett.XTx. i.4in.p. z3o, iSi.
36 PRBUIEE AVEETISSEMENT
qui! se Uni y s'appeloit Marie (0, du nom de cette Mère Vierge^ «t que long-temps avant ce concile ^ saint Grégoire de N«^zianse avoit raconté qu une martyre du troisième ûèçle a^oit prié la sainte yierge Marie d'aider une vierge qui était en péril ip). Le ministre devroit donc dire, selon ses principes y que ce fut en punition de cette idolâtrie du quatrième siècle , que Dieu livra le cinquième qui la suivit, à la téméraire entreprise d^appeler Marie, Mère de Dieu« Mais quelle est donc cette faute des Pères du concile d*Ephèse si hautement censurée par votre ministre ? Est-ce que la bienheureuse Vierge n est pas en effet Mère de Dieu? le ministre n*ose le dire. C'est donc à cause que cette expression , si propre à confondre Terreur qui partageoit Jésus-Christ ^ nétoit pas dans l'Ecriture. À ce coup, que deviendra Yhomousios de Nicée , et le Deus de Deo du même concile? Il deviendra, ce que dit Calvin (3), une expression dure qu il e&t fallu supprimer; puisque même, selon cet auteur (4), le Fils dé Dieu est Dieu lui-même comme son Père ^ et n'en reçoit pas l'essence divine. C'est ainsi que ces téméraires censeurs méprisent les plus saints conciles et toute l'antiquité ecclésiastique. Le concile d'Ephèse ne leur est plus rien ; celui de ]Nicée n'est pas plus ferme : en méprisant les ex-
(>) CondU Ephes, acL i. Lahb. tam. m, ooL 44^* *- (*) OraL in Çypr. ttJust, tom, i, p. 279. — (') Opusc» txpUc* perfid, Kor ieat. GenU p, 673,^1. •» (4j Jbid^ 665, 679, eU. L J/uHk fi* i3, 19, ete»
AUR. L^5 LBTTRFS DE H. lURIEU. 3^
pressions propres et précises, qui servoient de barrière aux dogmes contre les fiiites et les équi-^ voques des hérétiques, ils ouvrent la voie aux Sociniens. En effet, ces .téméraires docteurs n-épargnent rien. Ils nous ont fait un clu*istianisme tout . nouveau , où Dieu n'est plus quun corps,
. où il ne crée rien^ ne prévoit rien que par coin* [ectures , comme nous ; où il change dans ses résolutions et dans . ses pensées ; où il n*agjt pas véritablement par sa grâce dans notre intérieur ;
. où Jésusr Christ n'est qu un honune ; où le Saint- Esprit, n'est plus rien de subsistant ; où pour la grande consolation des libertins Famé meurt avec le corps, et Tétemité des peines n'est qu'un songe plein de cruauté. Tel est ce nouveau christianisme que Socin et ses. sectateurs ont introduit. Vous vous écriez avec raison- contre ces blasphèmes ; mais ces subtils advei^saires ne s'étonnent pas de vos cris. Pourquoi se tant récrier? vous diront-' ils : vos ministres sont pour nou^ ; vous leur avez vu attribuer aux premiers docteurs de l'Eglise la partie la plus importante des dogmes, qui. vous, font peine dans notre doctrine. Dieu change, Dieu
.est un corps; le. Fils. et le Saint-Esprit ne sont pas des choses subsistantes de toute éternité ; la grâce et le péché originel sont des do^es que les premiers siècles ne. connoissoient pas : c'est ce que nous avons, déjà gagné de Taveu 4e vos ministres. Vous vous accoutumerez peu à peu à tout le reste de nos dogmes , et alors la réforpiation
: sera vraiment accomplie. Vous le savez : c'est
; ainsi qu ils parlent; mais que leur répondrez-vous^
38 PREMIER ÀVERTiaSSMElfr
selon les principes de votre ministre? Pendant qu'ils abusent de TEcriture^ et la tournent ea mille manières plausibles au sens humain qu ellea flattent y si vous pensez , mes chers Frères, donner un frein à leur licence, en disant qu'ils ne peu-^ vent montrer un seul auteur chrétien qui ait en-* tendu FEcriture comme ils font, et plutôt,, qu'on leur montrera que tous les auteurs leur sont con-^ traires : cette preuve , la plus sensible et la pluft propre à leur conviction qu'on puisse leur op-^ poser, par le secours de vos ministres, n'est plus. ^ qu'un jouet de ces esprits libertins. Leur vànteresi-
vous le quatrième et cinquième siècle , l'autorité de leurs conciles , et les lumières admirables de leurs docteurs ? Mais c'est la source et le siège de l'idolâtrie antichrëtienne. Irea-vous aux siècles précédens? Mais tout y est plein d'erreurs et d'i*gnorance, et vos nïinistres leur y font trouver plus de partisans que de censeurs. Qu'y a-t-il done d'entier dans le christianisme, et où le trauveron&« nous dans sa pureté?
XX, Dans l'Ecriture, dites-^vous? Voilà de quoi on
L'Ecriiive y^ug blatte ; mais vous ne considérez pas que pour êubsisie plus. Thouneur de l'Ecriture , il faut trouver quelqu'un Jcsus-Chriat qui l'ait entendue : or, si nous en croyons votre nW^^lus^* ministre, il n'y eut jamais de livre plus univerd'autoriié. sellement'mal entendu que cette Ecriture , ni de doctrine plus tôt oubliée que celle de Jésu&<]hrist^ ni enfin de docteurs plus malheureux que les apôtres 5 puisqu'à peine avoient-iis les yeux fermés, que l'Eglise qu'il» avoient plantée fut toute défigurée par des eireurs capitales. Et par qui est
Les Soci-
8UE LES LETTRES DE H. JVRIEU. Sq
arrive ce malheur sur le travail des apôtres? Par leurs disciples y par leurs successeurs, par ceux qui ren^lirent leurs chaires incontinent après eux, par ceux qui versoient leur sang pour lei:^ doctrine : tant ils avoient mal instruit leurs disd^ pies ; tant leur travail y qui devoit être si sdUde et si permanent y fut tôt dissipé.
Là vous aurez à essuyer la risée et les railleries xxi. des libertins* Où sont, diront -ils, les promesses de JësH^^hrist? Où la fe^rmeté de son Eglise? Où ment les Tola pureté tant vantée du christianisme ? Les So- ^^^"^ Pp^ ciniens dédarés ne seront pas moins terribles :' ^^ ^^ ^q. Pourquoi nous condamnez -vous avec tant d'ai- manifeste greur pour des dogmes qui nous sont communs . ^^°^'*^p avec les martyrs? Mais ceux qui pressent le plus laissent an- M. Jurieu, sont ceux qu'il appdïe les Tolérans, «^^^ '^P^" c'est-à-dire des Socinieos déguisé», mitigés, si ^^* vous le voulez, dont toute la religion, dit votte ministre (0, est dans la tolérance des diffèrenieè hérésies, «r Ces sortes de gens, poursuit41, tirent » avantage des variations des anciens, et ils dî- » sent : Il faut bien que les mystères de la Trinité » et de l'Incarnation ne soient pas couchés si dai- » rement dans l'Ecriture , puisque les premiers n Pères ont varié là^dessus »•
Assurément il n*y a rien de pluit pressant que cet argument des Tolérans. Car ces anciens, qu^on accuse d'avoir varié sur ces mystères, ne sont pas les simples et les ignorans; ce sont les docteui^ e€ les évéques : ce ne sont pas quelques esprits oon-» tentieux qui obscurcissoient exprèft les Ecritures :
(0£cftvii>p. 53b
4o PREMIER ÀYERTISSElfENT
ce sont les saints et les martyrs. Si donc on avoue aux SocinienSy ou, si vous voulez, à ces ToléranSy que oes mystères n'ëtoient pas connus dans les premiers siècles , il s'ensuit qu'ils nétoient pas clairs dans TEcriture, et quil faut encore maintenant excuser ceux qui. ne peuvent les y voir.
Que répond ici votive ministre? Ecoutez et étonnez-vous de la prodigieuse contradiction de sa doctrine. « Il faut répondre à cela, dit ^ il (0, 31 qu'il n'est pas vrai. que les anciens Pères aient » varié sur les parties essentielles de ces mystères. » Car ils ont tous constamment reconnu qu'il n'y s», avoit qu^un Dieu, et une seule essence divine : » dans cette seule essence trois personnes , et que » la seconde de ces trois personnes s'est incarnée » et a pris chair humaine ». Voilà une réponse qui tranche; mais lesTolérans lui feront bien voir qu'il ne la peut avancer sans se contredire. Vous nous assurez maintenant, diront-ils, que les anciens n'ont point varié dans les parties essentielles de ces mystères : mais vous nous disiez tout- àl'heure qu'ils nioient l'éternité de la personne du Fils, et qu'ils croy oient que pour en expliquer la génération , il falloit 4ire qu'il étoit arrivé du changement en Dieu; en sorte que son propre Fils ne lui étoit pas coétemel : par conséquent , ni réternité de sa personne^ ni l'immutabilité de son étemelle génération, ne sont pas parties es* . sentielles du mystère de la Trinité.
Cela est embarrassant pour votre ministre, et
(>) Leu, Yii| p. 5S.
SUR LES IrETTRBS DE M, JURIEU. J^t
VOUS voyez bien qu U n en.soi^tira jamais. Mais ces Tolérans le poussent encore plu$ avant : Les anciens Pères, dites-vous, n'ont pointvarié là-dessus, c est-à-dire sur le mystère de la Trinité et sur celui de rincamation : et c'est une preuve évidente que r Ecriture est ckure sur ces articles. Tout ce donc où ils ont varié n'ëtoit pas clair : or, selon vous, ils ont varié, non -seulement sur Téternité de la personne du Verbe , et sur Timmutabilitéde l'être divin , mais encore sur la providence particulière, sur la spiritualité et rimme'nsité de Dieu, sar la grâce, sur le libre arbitre, sur la satisfaction de Jésus -Qu*ist, et sur tous les autres points qu on a vus : donc l'Ecriture n'est pas claire sur tous cça. points , et il fout tolérer ceux qui les rejettent.
Que sert ici à votre ministre la distinction de la foi et de la théologie? La foi des anciens, dit-il, n*apas varié, mais seulement leut théologie. Ces importuns Tolérans ne le laisseront pas en repos. Qu appelea^vous leur théologie, que vous distinguez de leur foi? C'est , dit le ministre, l'explication qu'ils ont voulu fair« des articles de la foi. Mais voyons encore quelle explication ? Etoit-ce une explication qui laissât en son entier le fond des mystères, ou bien une explication qui le détruisit en termes formels?
Ce n'étoit pas une explication qui laissât en son entier le fond du mystère , puisqu'on lui a démontré que, selon lui y c'étoient les choses les plus essentielles, que les anciens ignoroient; comme sont l'éternité du Fils de Dieu, la perfection de l'Être divin ,\et les autres choses semblables. Ainsi
4^ PUBHIER AVËRTIfiSEMEIÏT
leui*8 explications regardoient immédiatement lé fond de la foi : la distinction de théologie, dont on vous amuse y n'est qu'une illusion et un discours jeté en l'air pour tromper les simples. XXIL Reconnoisser donc, mes cbers Frères, que
Que emi- ^^^j,^ docteur, incertain de ce qu'il doit dire, ha-
nislre, poiu- ' ^ ^ * . '
•é parles em- sarde tout Ce qui lui vient dans la pensée , selon barras de sa ^^'jj g^ ^^^ pressé par les difficultés qu'on lui
cause , yisi- ^ . » i i
blcmcnt ne propose , et VOUS le donne pour bon , sans vous sait oii il en ménager. Dans son Système de F Eglise (0 , il a ^^^ eu besoin de dire qu'elle n avoit jamais varié dans,
les articles fondamentaux : il Ta dit y et s'il y a une vérité qui ne puisse être contestée, c'est cellelà, puisqu'il est de la dernière évidence que 1^glise ne subsiste plus quand on en a renversa jusqu'aux fondemens. D'ailleurs il n'a point trouvé de meilleur moyen pour distinguer les articles fondamentaux d*avec les autres , qu'en disant que les articles fondamentaux sont ceux qui ont toujours été reconnus : on n'a donc jamais varié sur ces articles. G'étoit ici une doctrine oii il falloit absolument demeurer ferme , et selon ses principes particuliers , et selon la vérité même : mais 1 l'Histoire des Variations a fait changer un principe si constant. Pour justifier les variations de la Réforme, il a fallu en trouver dans l'ancienne Eglise. Votre ministre avoit cru d'abord qu^il lui suffiroit d'en montrer dans la manière seulement d'expliquer les choses; mais dans la suite de la dispute il a bien vu qu'il n'avançoit rien, s'il ne montroit'des variations dans le fond même : il a
tO Sjst, de VEgl. p. ^56 , et suw, ^5^ et suiv» etc.
donc fallu en attribuer aux premiers siècles ^ et dans les matières les plus essentielles. Les Tolé* rans sont venus qui lui ont prouvé par ses prin« cipes que ces matières n étoient donc plus si essentielles, s*il étoit vrai que les premiers siècles les eussent ignoi^es ou rejetées. Alors il a fallu revenir à ses premières pensées , et répondre que les premiers siècles n'avoient point varié dans tous ces points. Ainsi dans la même lettre (0 on trouve les trois premiers siècles accusés d^erreurs capitales sur la personne du Fils de Dieu, sur la foi de la Providence ^ sur la satisfaction et la grâce de Jésus * Christ ; et le reste que nous avons vu; et on y trouve en même temps qu'on ri a jamais 'Varié sur les parties essentielles de ces mystères W» Le même homme dit ces deux choses dans la même lettre ; et pour s^expliquer plus clairement, il commence par assurer « que la foi des simples n*a » jamais varié sur la Trinité , sur llncamation, > et sur les autres ai^ticles fondamentaux, comme » sur la satisfaction que Jésus-Christ a ofièrte par » sa mort pour nos péchés, et enfin sur la Provi- 9 dence, qui seule gouverne le monde, et dis- » pense tous les événemens particuliers »• Voilà donc déjà la foi des simples , c*est-à<^ire, du gros des fidèles , en sûreté : mais de peur qu'on ne s'imagine que les docteurs ne fussent ceux dont la subtilité eût tout brouillé , il ajoute : « que cette » foi des simples étoit en même temps la foi des » docteurs ». Voilà ce qu'on trouve en termes foiTuels dans les mêmes lettres de votre ministre :
(0 LtU. Til y /». 49 ^ '<mV. — (•) ihiâ, p. 56,
44 PnE-JCIER ÀVERTISSEMEKT
c est-à-dire y quon y trouve en termes formels dans une matière fondamentale , les deux propositions contradictoires; tant il est peu ferme dans le dogme y et tant û est manifestement de ceux dont parle saint Paul ^ qui n'entendent ni ce qu'ils disent eux-mêmes, ni les choses donê ils parlent .wec le plus d'assurance (0.
XXIIL II faudra enfin toutefois que ce ministre cboi-
QaetoQtce sîgse^ puisqu'on ne peut pas soutenir ensemble les dire serait deux contradictoires. Mais, mes Frères, que choi* lement cod- sîra-t-il, puisqu il est également pris, quoi qu'il ^^ ^"'* choisisse? Dira-t-il que la foi de l'Eglise n'a jamais
varie? Il fait pour moi , et il confirme ma proposition qu'il a trouvée si étrange , si prodigieuse, si pleine de témérité et d'ignorance j et plus digne enfin d'un Païen que d'un chrétien. Prendra-t-il le parti de dire que TEglise des premiers siècles a varié dans ses dogmes ? Us ne seront donc plus fondamentaux, ni si certains que le prétend ce ministre même : il sera forcé de recevoir ceux qui les nieront; et les Tolérans, c'est-h-dire, comme on a vu, des Sociniens déguisés, gagneront leur . cause.
Peut-être que , pour couvrir ses contradictions et son erreur, il dira qu'à la vérité les Pères qu'il a cités ont enseigné ce qu'il avance : mais que c'étoient des particuliers qui n'entendoient pas les vrais sentimens de l'Eglise. Mais déjà , ^il est ainsi , ma proposition, tant condamnée par votre ministre , est en sûreté ; puisqu'il demeure pour constant qu'on ne peut plus accuser la foi de
(0 /. Tint. I. j.
sua L^S LETTRES DE M. JtTRIEU. 4^
l^Eglise, ni soutenir qu elle ait varié : «t d'ailleurs ce n est ici qu une échappatoire ; puisque le mi-* nistre n'a pas prétendu montrer de Terreur dans la doctrine des particuliers , mais par la doctrine des particuliers y en ifaire voir dans TEglise même, y faire voir, comme il dit, iies erreurs capitales dans la théologie de ces siècles-là ^ une opinion régnante et constante:, et le reste que nous. avons vu (i) : et quand il n'auroit voulu rapporter que des erreurs particulières y il ne, laisseroit pas d*étre convaincu de ne les avoir pas rejetées; puisque, pour les rejeter autant qu'il faut, il faut le&rejeter jusqu'à dire qu'elles sont damnables. Or elles ne sont pas damnables, si elles se sont trouvées dans les martyrs , si l'Eglise les y a vues ^ et les y a tolérées : il faudra donc mettre au rang de ceux qu'on tolère, ceux qui nient que la génération et la personne du Fils de Dieu soient étemelles* La conséquence est si bonne, que votre ministre a été contraint de l'avouer ; d'avouer, dis-^|e, que l'erreur oà l'on nioit l'éternité de la personne du Fils de Dieu, n'étoit pas essentielle et fonda-* mentale : ce qui donne aux défenseurs de cette impiété la même entrée qu'aux Luthériens dans la conmmmOn de la vraie Eglise.
Mais enfin, direz-vous, venons au fcHid. Est-il XXIV. vrai, ou ne l'est -il pas, que les saints docteurs Etrange eut aient varié sur tous ces- dogmes ? Hélas , où en ^" ^m^'^e* êtes-vous, si vous avez besoin qu'on vous prouve Protestans* que les articles les plus essentiels , et même la Trinité et l'Incarnation ont toujours été reconnue3
(>) Lett. Yt, p» 45. Tii, p» 49- Ci-dessus, n. i5.
46 PltEltlÉII ATfiRtlSSSMEHT
"par rEglise chrétienne? Il n y a que les Sociniens qui aient besoin d^étre instruits sur oe sujet-là. Que si vous âtes ébranlés par Tautorité de M. Jurieu ^ qui vous dit si hardiment que ces importantes vérités n'étoient pas connues des anciens , vous devez en même temps vous souvenir que sa doctrine ne se soutient pas, et que ce qu'il assure si clairement dans un endroit , il ne le désavoue pas moins clairement en Fautre. Ce ministre n'est donc plus bon qu'à vous faire voir la confusion qui règne dans vos Eglises, où ce qu'il y a de plus important et de plus certain devient douteux* XXV. Mais après tout, que vous dit -on pour vous
Les Pércs p^Q^^gj. igg variations qu'on attribue aux anciens?
calomméfl » ^ ^ ,
par M. Ju- Pour VOUS faire croire, par exemple, que les anrieu, justifiés (iens admettoient en Dieu du cHangement, on ment par les ^^^^ produit Athénagoras : mais cet auteur, dans Catholiques, le propre endroit qu'on vous allègue (0 , répète mais^ jncorc ^^j^ ^^ quatre îois que Dieu est non - seulement
testans : Li un être immense ^ étemel , incorporel, çuinepeut calomnie du être entendu ioue par V esprit et par la pensée zmaÀs
muufitrecon- . ,
tre Aihéna- encore ce qui est précisément ce qu'on nous con« goras. teste, indivisUfle, immuable; ou qu'on me montre
ce que veut dire ce mot ot«rix9j)ç , si ce n'est inalté^ rable, inmiuable, imperturbable, incapable de rien recevoir de nouveau en lui-même , ni d'être jamais autre chose que ce qu'il a été une fois. Voilà, ce me semble, assez clairement l'immu* tabilité de l'Etre divin, et en passant son immense perfection, que votre ministre ne veut pas qu'on
(0 Athenag. Légat pro Christ Edit Btntd. inier Opéra Jtist. n» 8^ p. 385.
SUR LES LETTRES DE U« Jt7RZfi0. 4l
ait connue distinctement en ces temps t là. Il ne me seroit pas plus difficile de défendre les auti^es Pères d une si grossière erreur ; et si je parle d'Athénagoras à votre ministre , c'est à cause que c'est le premier qu'il a cité , et le premier de ces saints auteurs qui m'est tombé sous la main : mais à Dieu ne plaise^ mes Frères, que j'aie à défendre la doctrine des premiers siècles contre vous, sur l'étemelle génération du Fils de Dieu.
Si votre ministre en doute , et qu'il ne veuille pas lire les doctes traités d'un Père Thomassin (0, qui explique si pl*ofondément les anciennes traditions, ou la savante Préface d'un Père PétauC^), qui est le dénouement de toute sa doctrine sur cette matière; je le renvoie à BuUus (3) , ce sa^^ant Protestant anglais , dans le Traité oi^ il a si bien défendu les Pères qui ont précédé le concile de Nicée. Vous devez , ou renoncer , ce qu'à Dieu ne plaise , à la foi de la sainte Trinité , ou pré^ supposer avec moi que cet auteur a raison. L'an« tiqnité n'a pas moins connu les autres points; et sans m'arréter ici à vous nommer tous les Pères, le seul saint Cyprien suffiroit pour confondre M. Jurieu. Je le défie de me faire voir dans ce grave auteur la nioindre teinture des erreurs dont il accuse les trois premiers siècles : an contraire, il seroit aisé de lui faire voir toutes ces erreurs condamnées dans ses écrits, si c'en étoit ici le lieu ; et vous pouvez en faire l'essai dans un des passages que votre ministre produit. .
(0 Dogm. TheoL ThomasM. lom. ui. — (*) Petav. Frctf. fomuii, Theol.dogm.^{,^)BulLdef.PP,