XVIII. ' Que si à la fia on est forcé d'avouer que cette
La conjura- conjuration est un crime abominable , il faut
tion exprès- i a • ^ --.^ » ^
fiément ap- avouer eucore avec la même sincérité que c est prouvée par m^ crime de la Réforme y un crime entrepris par TëmolgnMe ^^g™^ > P^^ cxpressc délibération de juriscon* deBèze,dis- suUes et de théologiens protestons , comme Tas* dmulé par ^^^ jj ^ ^hou en termes formels (0 ; un crime
BS. Basnaffe
comme ton- approuvé des ministres et en particulier de Bèze , tes les autres qui en fait reloge dans son Histoire Ecdénasd-^
n'a^'ricnTré- 9"® ^^^' ^®^ pasiages en sont rapportés dans le
pondre. Uvre dcs Variations (3) : le prince de Condé , se-»
Ion Bèze (4) y est un héros chrétien pour avoir ea
cette occasion postposé toutes choses kv deyoi*.
çuil at^oii à sa patrie, à sa mofesté et à son
sang : la province de Saintonge est louée d^avoir
fait soH DEVOIE comme lès autres : combien Qxr*uEB
SI IVST8 entreprise, par la délotâuté de çuelfues
hommes ne succédai comme on le désiroit. Ainsi
ces Réformateurs renversent tout : ils appellent
justice une affreuse conspiration ; et délojrauié le
remords de ceux qui se repentent d^un crime ; ils
sanctifient les attentats les plus noirs , et iU ^en
font un deyoir, tant pour les princes du sang ,
que pour les auti*es sujets.
M. Basnage a vu cet endroit de Bèze dans THistoire des Variations , et il fait semblant de ne le pas voir. C*est sa pei*pétuelle coutume : ce
(») Thuart. 670. — (*) ffisu Ecoles, iir, p, aSi. — (') Var,
DES yARlATIOVS. $27
minifitre croit tout sanver ^ en dissimulaût ce qui ne souffre point dé repartie ; en récompense , il soutient que parmi les consnltans qui autorisèrent la conjuration ^ il y avoit ^es furisconsvdtes papistes.: du moins il n'ose avancer qu'il y eût des théologiens de notre religion y ni démentir M. de Thou qui n'y admet que des Protestans. Mais ai le ministre veut mettre des nôtres parmi les ju<risconsultes y qu'il les nomme : qu'il nomme un seul auteur catholique qui ait approuvé oejtte entreprise, comme nous lui nommons Bèze qui en fait réloge. Mais pourquoi lui nommer ce Réformateur et les autres de même temps ? Je nomme ^ à M. Basnage, M. Basnage lui-même y et je lui demande devant Dieu quel intérêt il peut prendre à excuser y comme il fait y une si noire entreprise y si la Réforme y comme il le prétend , n'y a point de part ?
Enfin y pour dernière excuse y on nocis dit que xix. plusieurs des diefe du parti improuvèrelit ce des^ Dernière • sein. M. Bayle nomme F Amiral , k <jui oiti tiosk R^forae * Jamais le confier , et s'il l'eût su, dit Brantosme, Calvin mal il aurait bien rabravé les eomurateur^ et ré^^éU ïf ''S* **"'
~' M. oasnage.
le tout (1). Calvin même, qui sut l'entreprise^ dit M. Basnage ip) y dédara une et deux fois qu*U en avoit de l'horreur^, et il le prouve par seb lettres ^que j'ai aussi alléguées dans l'Histoire des Variations (3} : mais si Calvin et l'Amiral ont en effet et de bonne foi dételé un crime si noir y comment ose-t-on aujourd'hui le justifier ? Qui ne voit ici qu'on se moque y et qu'il n'y a dans les réponses
W Far. Uv. X, «. 33. — W P. 5i6. — (3) Far. /xV. x, n. 33. ' i
5a8 DÉFEJIS2 BE L HISTOIRE
des ministres ni ânoéritë ni bonne foi? Calvin^ leTavoue, impronva beaucoup Fentreprise, après qu'elle eut -manqué y et s'en disculpe autant qu^il peut : mais si Bèze avoit remarqué dans le fond et dès l'origine qu'elle lui eût para criminelle plutôt que mal concertée^ en auroit-il entre* pris si hautement la défense? Y avoit-il si peu de concert entre ces deux chefs de Ija Réforme sur la règle des mœurs, et sur le devoir des sujets? Bèze auroit-il proposé comme une chose approuvée par les plus doctes théologiens^ ce que Calvin auroit détesté jusqu'à en avoir dei'horreur? Calvin tenoit-il un si petit rang parmi les théologiens de la Réforme ? M. Basnage, selon sa coutume, dissimule tout cela , et se contente de dire . que M* de Meaux fait éclater son injustice con" tre CaWin d'une manière trop sensible (0. Pourquoi ? Parce que j.e dis que ce Prétendu Réformateur, à prendre droit par lui-même^ agit trop mollement en cette occasion ^ et qu'il devoit dénoncer le crime ip)^ Mais l'Amiral lui en donnoit l'exemple ^ puisqu'on vient de voir qu'il étoit en disposition de . tout révéler , s'il l'eût su : il ne falloit pas qu'un réformateur sût moins son devoir qu'un courtisan. M. Basnage devoit répondre à cette raison , avant que de m'àccuser d'une injustice si sensible envers Calvin. Mais il ne pénètre rien y et ne fait que supprimer les diflScultés. Cependant, comme s'il avoit satisfait à celle-ci , qui est si. pressante et si clairement exposée dans l'Histoire des Variations, il demande avec un ton
C<) Bwi. ikiil. -* W Far. ibid,
de
de confiance : Que poux^oUfaire Calpin çuUl n*aù fait? Ce qu'il pouvoit ! Rompre absolument Teur treprisé, en la faisant dédarer au roi ou à la jusf* tice. L'ordre des empires le veut : la loi étemelle l'ordonne : si Calvin en ignoroit les rè^es sévères, pourquoi prenoit-il le titre de Réformateur? Il étoit français^ et faisoit semblant de conserver dans Genève les sentimens d'un bon citoyen et d'un bon sujet (0. Quand donc il l'ep fiiudroit croire , i et se persuadei^ sur sa parole qu'il a fait véritablement tout ce qu'il raconte après que le coup a failli y toujours de son aveu propre il demeurera impliqué dans le crime , puisqu'il Pa su sans le révéler. Lorsqu'on sait un complot d'assassinat y on n'en est pas quitte pour rim-* prouver : il faut avertir celui qui est en péril ^ et en matière d'Etat il faut du moins faire en* tendre au coupable que s'il ne se désiste d'un si noir dessein contre son roi et sa patrie , on ^i avertira le magistrat : auti*ement on y '^rticipe* Et voilà le chef de la Réforme, quoi qu'en dise M, Basnage , . complice manifestement ^ seloD la loi éternelle, du crime des conjurés.
11 l'a été beaucoup davantage des guerres ci- ^^ viles. Que diriez-vous d'un docteur, si écrivant nJl^J^ri^^j^ k un chef de rebelles ou de voleurs , qui se glori- gaerres ciWfierait d'être son disciple; au lieu de lui faire sen- jf"^**"^*^tir l'horreur de son crime^ il lui prescrivoit seule- m. Baanage ment comme à un homme autorisé par le public, ^'^^ défend les lois d'une milice légitime ? Cest précisément
- (0 r".« Avcrt, w. 64. *
fiossuET. Avert. aux Prot* i. 34
Ç3o DÉFERAS PE L^BIftTOI&E
ce qu'a fait Calvio. J'ai rapporté ui^e lettre qu^il écrit au baron des Adrets (0, le plus ardent et le plus criiel d^ tous les diefe de la Réforme* Dans ^ttç lettre il nç blâpae que les violences , la déprédatiop des reliquaires , et les autres choses de cett^ pâture faites sans Vq^torité puhUque. Mais il se garde bien de lui dire que le titre même du com-p mandement qu^il usurpoit, étoit destitué de cette autorité: par conséqu^sit que la gueri*e, centrepiise dç cette sorte , étoit non-seulement dans ses e^cès ^ q^aîs encore dans son fond y une i*évoIte , un attentat ^ et en un mot un brigandage plutât qu*i|nç guerre légitime. Au lieu de lui reprodier ^n impiété à tou|*ner ses armes infidèles contre s^ patrie et çpQtre $on prince ^ il se contente de lui dire, comme saint Jean faisoit aux soldats légitim^Bnent enrôlés sous les étendards publics : N^fiùles point de violence , et conientez-^ous de voim pme W. Les Catholiques et les Protestans concluent d'un commun accord de cette décision de saint Jean , ^vec saint Augustin et les autres Pères y que la guerre sous un légitime souverain est permise : puisque saint Jean n*en reprenant que les excès , il s'ensuit qu'il en approuve le fond. Mais y par la même raison, on démontre manifestement à Calvin qu'il autorisoit la guerre civile. M. Basnage répond premièrement , fuon ne dit pas toujours tout dans une lettre (3) , et que Calvin avoit assez expliqué ailleurs (4), ^u'ilfaUoU, obéir aux rois lors même qu'ils étoieni méehans et m*
(0 Fat. 2cV. x, h. 35. — (») Luc. m. 14. — (3) Ibid. 5i6. — (4) Calff. Inst, iv. c. ao, «rt a5.
DÏ8 TÂAIÀTIOH8. 53l
dignes de porter le sceptrp. Le ministre voudroit nous donner le change. La question n'étoit pas 8*ii falloit obâr aux mauvais rots. La Réforme ne prenoit pas pour prétexte de sa révolte leur inîustice en général, mais en particulier la seule persécution : c*étoit donc C(mtre cette erreur que Calvin la devoit munir pom* lui ôter les armes des mains j et il falloit lui montrer qu'à rexemplte de Tancienne Eglise , on doit obéir même aux princes persécuteui^s. Cest ce que devoit faire im Râbrmateur : mais c'est de quoi Calvin ne dit pas un mot dans le passage allégué pai^ notre ministre; et s'il eàt eu ce sentiment dans le coetir^ il le falloit expliquer en écrivait à un chef de la révolte ; car c'est le cas d'appliquer les grandes maximes au fait particulier , et d'instruire à fond de ses devoirs celui qu'on entreprend d'enseigner* Mais M. Basnage répond en second lieu ( 0 : « que » c'étoit assez entreprendre contre le baron des • Adrets, que de vouloir d'abord réprimer sa fa-> » reur : on n'obtient rien , poursuit -il, quand on 1» demande beaucoup ». Je vous entends, M. Bas- Aage : en effet c'est trop demander à la Réforme que de lui prescrire de poser les armes qu'elle a prises contre sa patrie. Mais si Calvin n'eût rien obtenu., si ses disciples avoiait persisté contre son avis dans une guerre criminelle , la protestatiaa qu'il eût faite contre leur infidélité , eût servi de témoignage à son innocence. Je crois ici que M. Basnage se moque en son cœur de notre simplicité^ de demander à Calvin de semblables dé-
(0 Calv, Insu iT. «. ao, arL aS.
iclarations. Ce n'est pas le style des ministres ; nous trouvons bien dans Bèze les protestations qulls firent contre la paix d'Orléans : afin que la postérité fùl avertie comme Us s'étaient portés dans cette affaire (0. Mais des protestations. contre la guerre civile , on n'en trouve point dans leui* histoire : ce n étoit pas là leur esprit , ni celui de la Réforme.
XXI. ' M. Basnage ose soutenir cette protestation des Protesta- Q^nîgtreg . QQ^s la raison qu'il en rend . est admi-
tion dea mi- . , -^ '
nistrea con- rable. « Les ministres , dit-il C^) y avoient raison de
ire ]• paix „ s'opposer à ce traité , puisque le prince vouloit
raiaon de îf. ^ ^^ Sacrifier à sa grandeur ». Sans doute , il va*
Basnagepoar loit bien mieux que les ministres le sacrifiassent
a soutenir. ^ \^^^ intérêts avec toute la noblesse et le peuple
qui le snivoit , et que toute la France fftt en sang»
plutôt que de blesser la délicatesse de ces doc*
teurs j qui vouloient être les mattres de tout. L'aveu
au moins est sincère ; « mais^ poursuit M. Basnage y
•» leurs demandes étoient justes dans le fond > puis»
» qu'ils souhaitoient seulement qu'on observât un
1» édit qu'on leur avoit donné : il ne s^agissoit pas
'» de décider â la guerre étoit juste ou non »«
Quelle erreur de prédier la guerre, sans avoir
auparavant décidé qu'elle étoit juste ! M. Basnage
«e moque-t^il d'alléguer de telles raisons? Mais les
ministres ne songeoienty continue-t-il, t/u'àpour^
. foir à la sûreté de leurs troupeaux, Nous avons
fait voir cdlleurs (3) que le prince y avoit pourvu ,
jet que toute la question n'étoit que du plus-au
(0 Hiit t. II , Uu. Ti , 28a. Var. Uv. x , 1». 47. — W Ibid. p, S20.
DBS TARIATI0298. * 533^
moins; mais^ en quelque façon qu'on le prenne , c étoit donc^un point résolu par le sentiment deïv ministres^ que la guerre étoit légitime, puisqu'il quelque prix que ce fût, et aux dépens du sang de tous les Français , ils Youloient qu on la continuât.
Voyons, maintenant les^ raisons par lesquelles 3^'^* . notre auteur ose soutenir que cette guerre étoit sons du mijuste : il les réduit à trob principales : la pre- ni*^« ^^^ mière, « qu'il s'agissoit delà punition du maasacre* ferres de U » de Vassi commis par le duc de Guise, laquelle Réforme : la » la Reine avec son conseil avoit s<dennellement i«'«™^'^« *
• , qm est tirée
9 promise , malgré les c^positKms du Roi de Na- du prétendu
» varre et du cardinal de Ferrare ; et qu'ainsi les ""««•«•e de
» Protestans avoient droit de la demander , et de gontcndbic!**
» se plaindre si on ne la fai^oit pas (> ) » . La seconde
raison de M. Basnage , « c'est qu'on ne s'unissoit
2» que pour un édit que les parlemens de France
» et lès Etats avoient vérifié W » . La troisième , qui ^
paroU la plus vraisend>Iable^ c'est queleprinde,
sous la conduite duquel la Réfonne se réunit ^
agissoit parles ordres de la reine régente : o'étoit
donc lui qui étoit muni de l'saitorïté publique y^
et il ne regardoit le duc de Guise ^ qui étoit le
chef du parti contraire j que comme un parti»-
culier contre lequel on avoit droit de s'^ever^
comme contre un ennaxû de FEtat (3). Au reste ,
M. Basnage déclare d'abord « qu*il no prétend pas.
ji traiter cette matière épuisée par d'autres au-
» teuTs y et qu'il touchera seulement les réflexions
» que M. de Meaux a faites ». Mais cest juste*
(0 P. 519. — CO Ihid, — ^3) lUéL 517 , Sia.
534 DÉFENSE BB L*HI8TOlBE
ment ce qu'il oublie. Sur le prétendu ma^aerû de Fassi, ma principale reàiarque a été que ce n'était piLS une entreprise préméditée ^ ce que j'établis en un mot (0 , mais d'une manière in\dncHÀey parle consentement unanime des historiens non suspects. Ma preuve est si convaincante , que M. Bumet s'y est rendu. le lui avbis fiût le reproche d'avoir pris le désordre de f^assi pour une " entreprise préméditée W , et voici comme il y répond : ce II m'accuse (M. de Meaux ) de m'étre » mépris sur le but du massacre de Y assi. Mais il » n'y a rien dans Tanglais qui marque que faie » cru que ce fÙt un dessein formé , et je ne suis 3» responsable que de l'anglais (^) ». Je n'en sais rien y puisqu'il a donné à la version française une approbation si authentique. Quoi qu'il en soît, ,je le prends au mot, et je le loue de désavouer de bonne foi ce qu'il dit que son traducteur avoit ajouté du sien. M. Basnage« n'a qu'à rîmiter : puisqu'il le comble de tant de louanges , en lui dédiant sa réponse ^ il ne doit pas avoir honte de suivre son exemple. Qu'il avoue donc de bonne foi que ce qu'on appelle le massacre de Fassi, ne fût qu*une rencontre fortuite, et que c'est un fait avéi*é par l'histoire de M. de Thou , et par celle de la Pop^nière, autetu's non* suq[>ecCs : qu'il ajoute sur la foi des mêmes auteurs, que le duc de Guise fit ce qu'il put pour empêcher le désordre, et qu'ainsi c'^toit à la Réforme une manifeste injustice d'exiger par tant de^dameurs,
(0 fV. iV.x, If. {a. — W rar. ibid. — W Ciit de PHirt. des Variai. ,n,xi, p. 33.
DBS TÀKIATtOHS. $3$
ensuite par tiBe gaerre déclatrëe ^ tfâe Mis côn-^ noissance de cause et stir la ^ule aooiMiktt dé ses ennemis^ on le fnmitd'tift dtittiel doiâri îl <tdî| innocent. Mais après tout^ qfuàâd lé dtfc'de Quistf seroit aussi criiAinel (fÈLê \éù Prcftèstafîs }e fvL^ blioient , le foible du l-àisOftiûeiftCflit de M. Basnage n'en est pas moins dâirv puiscJtféTy métt^ eti M accordant tout ce qu'il demartfâe, 6tf ^i1^ ^ii^^lie conclut rien ^ et qu'enfin lotit té fa- if coiàdat ) c'est çue la reine a¥éc ^h èdlUeit ayëntprofhi$ ïd punUion de ce pr^teridù malssacrè y- les Pr&ièstàns at^oieni droit de la demander j eft de éë ptéHMré , si on ne lafaisoit. Mais qu'ib eussent- dràit dé la demander par la force cfi^érte et "pét uiié gtferrd déclarée ^ ou de se plaindre lés accotes à* la main ; c'est précisément dé qti6i il s^agit : c'est ce qu'il falloit étabKfy pour jti^lifier lu RéforÈbé* Mais M. Basnage lui-même ne Fà odé dire : il a àenti la loi étemelle qui lui cno^t daiid sa conscience qu'on renverse Fordre du mond^, lorsque des sujets entreprennent de se feire justk^à ettx-ÉlÉfémes contre tes plns^ crimlinels , et à j^ut dytte raisod contre un innocent.
La même raison détruit encoi^'Ié i^iA prétexte XKXa, tiré des édits. Car sans se totnlnfeiHer vainement ^«««î^?^»
nuon, tirée
Fesprit par la discussion des faits y dans tfàe ùo des édita de casion où Fon s'accusoit mutuellement d'avoir pacification, manqué à la foi donnée : la règle invariable de la j^^^ q^u. vérité dédde que les sujets doivent conserver les valse. édits qu'on leur accorde , par les mètnes voies dont ils ont dû se servir pour les mériter, c'est-àdire par d'humbles supplications et de fidèles ser^
536 BÉFBHSB I>B L*SISTOXRB
vices. Ainsi de ({uelque contravention qu on ait à se plaindre y cette règle de 1% vérité et de Tordre public revient toujours : qu'on ne sexloit pas faire justice à soi-même : que les sujets n'ont point de^ fbree contre la puissance publique/et que le glaive^ n*est donné qa'auic souverains* Nos ancêtres les martyrs nont pas fldt la guerre à Sévère et à Yalérien, pour rappeler en usage les favorables édits d'Adrien et de Marc-Aurèle ; ni à Julien FApostat^ en faveur de ceux de Galère et de Maximin , de Cqnstantin et de Constance. Le bel prdre dans un Etat | si toutes les plaintes de contravention aux libertés et aux droits de chaque corps I se tournoient en guerre civile! Mais quel porpdige d*égarement de s'imaginer qu en donnant des privilèges y le prince donne le droit d'armer contre lui, partage son autorité , et se dégrade lui-même : ou que Ifss grâces quil accordera ^ en faveur d'une religion contraire à la sienne, soient plus inviolables etplussao^ées que les autres ! Que si l'on nie que ces édits fussent des grâces , c étoit donc de deux choses Tune, x>u un efièt de la violence faite au souverain , ce qui est un attentat manifeste , ou un droit également acquis, et une justice due à toutes les sectes; ce qui est une prétention trop nouvelle, encore même parmi les Protestans , pour faire une loi.
XTÙY. Il n'y a donc plus aucune ressource pour la
Trowicme Réforme SI souvent rebelle, que de dire qu elle
raison torce i, . . > i !• «
des lettres i€- a armé par lautonté publique, et den revecrètesdeCt- nip à ces ordres secrets donnés par la reine au MédkL k ^^^ ^^ parti. Mais d'abord il est manifeste que
DES TAmAtlONfi. 537
celte excuse ii*est bonne ^ en tout cas, que pour Louis prince les premières guerres commencées durant la f "^^^'z
^ ^ , , - Première rc«
régence de Catherine de Mëdicis. Car ce n'est ponse à ces qu'en cette occasion qu'on peut alléguer de lettres rsilen-
-1 1 *•!». À l'-i cède M. Bas-
tels ordres y et il n y en a pas même le moindre ^^-^
vestige dans les guerres qui ont suivi , depuis
Charles IX jusqu'à Louis XIII de triomphante
mémoire. Quelle misérable défaite, qui, dans la
vaste étendue qu'ont occiipéeces guerres civiles,
ne trouve à justifier qu'une seule année; puiscpie
la première guerre ne dura pas davantage? Mais
après tout, quepeut-ron conclure de ces lettres
de la reine? J'y ai donné deux réponses (>}, la
première entièrement décisive : « Que la reine,
» qui appelait en secret le prince de Condé au
» secours du roi son fils, n'en avpit pas le poù-
» voir -y puisqu'on est d'accord que- la régence
dIuî avoit été déférée, à condition de ne rien
» faire de conséquence que dans le conseil, avec
» la participation et de l'avis d'Antoine de Bour*
» bon, roi de Navarre, comme premier prince
j» du sang et Uentenânt générsil du roi dans toutes
» ses provinces et dans toutes ses armées durant
» sa minorité »• C'est ce que portoit Facte de
tutelle arrêté dans les Etaits généraux : le fait est
constant par l'histoire (3). Cette réponse ferme la
boucKe aux Protestans : aussi M. Basnage, qui
avoit promis de répondre à mes réflexions, de*
meure muet à celle-ci , comme il fait dans tout
£on ouvrage à celles qui sont les plus décisives :
(0 yar. Uv, X, n. 45. — (') Thuan. T. 1, Uh» xxvi, 719. EdiL 1606.
538 DÉFXHSB DE L*HISTOI&E
on appelle cela répondre à l'Histoire des Variai tions , comme si répondre étoit faire un livre , et lui donner un vain titre.
^XY • Le ministre , qui passe sous silence un endroit si
Leminûtre • i i
impose à essentiel de ma réponse , en touche un autre , mais
Fauteur den pour le con^ompre. M. deJtfeaux soutient que le
anauons, ^^ ^^ Guise ne fûisoit rien que par V ordre du
et ne repond *^ ^ 7 r
rien a ses rot (0. Il m'impose : il n*étoit pas même question
preuves. j^s ordres du roi, qui étoit mineur, et qui avoit
à peine douze ans : je parle du roi de Navarre ,
et je dis, ce qui est certain, que le duc de Guise
ne fit rien tfue par les ordres du roi (^) , comme
il devoit. Le ministre , qui n'a rien à dire à une
réponse û précise, change mes paroles : est-ce là
répondre , ou se moquer et insulter à la foi pu*
blique? Il poursuit : « Maimbourg ne chicane
» point, et il avoue que la reine écrivit coup sur
» coup quatre lettres extrêmement fortes, où elle
» conjure le prince de Condé de conserver la
» mère, les enfans et le royaume en dépit de
» ceux qui votiloient tout perdre (3) ». On diroit,
k entendre le ministre, que je dissimule ces let*
très ; mais j'en rapporte tous les termes qu'il a
relevés, et je reconnois que la reine les écrivit
pour prier ce prince de vouloir bien conseruer
la mère et les enfans, et tout le royaume contre
ceux qui vouloient tout perdre (4). Est-ce ânca-
ner sur ces lettres que de les rapporter de si
bonne foi? Mais j'ajoute ce que vous taisez, M.
Basnage : que la reine, qui écrivoit en ces termes,
(0 Batn. ihid. Si'], — W fV. liv, x, n. 45. — W Sasn.
X>B8 VAmiATlOlU. 53g
et qui sembloit youloir se liirrer arec le roi et ses enfans aa chef cTun parti rebelle et aux Hu«g^enots, n'en avoit pas le pouvoir : répondez , si vous pouvez ; et si vous ue pouvez pas, comme vous Favouee assez par votre silence ^ caesse^ de tromper le inonde par une vaine apparence de réponse.
Tavois fait une autre remarque qui n^étoit pas XXYI. moins décisive : que « ces sentiraens de la reine ^^^ "~
^ marque sur
» ne durèi*ent qu*«n moment : qu après qu'elle les lettres de » se fut rassurée, eUe rentra de bonne foi dans ^,'^*'."**A"
Medicu : M.
» le sentiment du roi de Navarre , et qu'elle fit Basnage fait » ce qu'elle put par de continuelles négociations BembUnt de » avec le prince de Condé , pour le ramener à r|^i*J^*' » son devoir ». Tons ces faits, que favois rap- choses. portés dans THistoire des Variations (0 , sont incontestables, et en effet ne sont pas contestés par M. Basnage. rajoute encore , dans le même endroit, que la seine écrivit ces lettres c< en secret » par ses émissaires , de peur qu'en Êrvortsant la » nouvelle religion , eUe ne perdtt l'amitié des 3» grands et du peuple , et qu'on ne lui ôtftt enfin » la régence »» Ce sont les propres termes- de M« de Thou : et voilà ce qui fit prendre de meil* leurs conseils à cette princesse , que son ambition avoit jetée d'abord dans des conseils déses^ pérés. M. Basnage n'a rien à répondre, sinon çua la reine- changea, parce qu'eUe se vit opprimée par les Guises qu^il fallut fiaUeri'^). 11 disâmule que tout se faisoit par les ordres du roi. de Navarre, selon l'acte de tutelle autorisé par les Ëtats^
(0 Far. ibid. Tkuan. t u, lib, xxix. — (•) làtd. 5iS.
54Ô DÉVftirSE DE L^HISTOIÉE
et qu'à la réserve du piînce de Gondé et Aê TAmirai, ce roianroit avec lui les autres princes du sang, les grands du royaume , le connétable et les principaux officiers de la couronne y la ville et le parlement de Paris » les parlemens, les pro«vinceSy et en un mot toutes les forces de TEtat. M. Basnage oublie tout cela, et il appelle oppres^ sion les ordres publics : tout cela étoient les rebelles et les ennemis de VEtat : et le prince de Gondé fut le seul fidèle , à cause qu il avoit pour lui les Huguenots seuls, et <{u*il ëtoit à leur tête. Peut -on s*aveugler soi-m.éme jusqu'à cet excès , sans être frappé de Fespiit d-étourdissement ?
XX.YII. ' Si Ton se- souvient maintenant de ce qu'entre- Suite des -^ ^^ j^ temps après « et dans les secondes
attentaU de «^ * y. .^ f . , .
la Réforme, fS^etTes ^ ce parti JSdble et si obéissant a la reine, où M. Basna- on sera bien plus étonné. U appela Fétranger au ^^" *'" sein du royaume : il livra le Havre -de -Grâce, c'est-à-dire, la clef du royaume aux Anglais, anciens ennemis de FEiat, et les consola de la perte de Calais et de Boulogne. U n'y avoit point là de lettres de la régente : elle fut contrainte de prendre la fuite avec le roi devant ce parti Jidile : on les attaqua dans le chemin au milieu de ce redoutable bataillon de Suisses : il fallut fuir pendant la nuit , et achever le voyage avec les ter--' rëurs qu on sait : cependant ceux qui poûrsuivoient le roi et la reine, sans garder aucune mesure, étoient les fidèles sujets; et ceux qui les gardoient étoient les rebelles.
M. Basnage, qui se tait à tous ces excès, croit
DES TARIATIOJNS. 54l
excuser la Réforme ea nous alléguant en tout cas d^autres rebellions. : il n'a que de tels exemples pour se soutenir. Mais toutes les rebellions sont foibles à comparaison de cell^ de la Réforme : les rois y pour ne pas ici répéter le reste , s'y sont TUS assiégés dans leurs palais , comme François II à Ajnboise, et au milieu de leurs gardes, comme Charles IX dans la fuite de Meaux à Paris. Quelle rébellion poussa jamais plus loin son audace ? Oubliera-t-on cette réponse de Montbrun à une lettre où Henri III lui parloit naturellement avec l'autorité convenable à un roi envers son sujet 7 Que lui répondit ce fier Réformé : « Quoi, dit-* » il (0 y le roi m'écrit comme roi, et comme si » je devois le reconnottre? Je veux bien qu'il » sache que cela seroit bon en temps de paix, et » que lors je le reconnoitrois pour tel; mais en » temps de guerre , qu'on a le bras armé et le » cul sur la selle y tout le monde est compagnon » . C'est l'esprit qui régnoit^dans le parti; et je ne finirois jamais, su je commençois à raconter les paroles, et ce qui est pis, les actions insolentes des héros de la Réforme.
Si ce ne sont là des rebellions et des félonies manifestes, je n'en connois plus dans les histoires. Encore pour les autres révoltes on en rougit; mais pour celles-ci , on les soutient , on les loue , , on les imite : il le faut bien , puisqu'elles ont été faites par religion, et autorisées par les synodes.
M. Basnage ose le nier , et nous avons déjà dit XXYm. que par-là il se réfute lui-même. Car si ces con- ^^^ed"'"'*.
(0 Brant. L. Lab. Addit, aux Mdm. de Castêln. lom. n,p, 643.
84^ DéFEKSE DE L^HIâTOIRE .
fier le synode jurations et ces guerres sont légitimes ^ pourquoi national de ^^ rougir , et u oser y faire entrer les synodes ? articles de ce Mais c'est que riniquité se dément toujours ellesynode : le m^me : ces révoltes couvrent de honte ceux qui ne souffre ^^^ Soutiennent :, ce sont de bonnes actionis , dipas la moin- sent les ministres y mais que chacun seroit plus dre réplique, ^j^^ ^^ n'avoir point faites, et dont on youdroit
est dissiiniile '^^ '
par M. Bas- du moins pouvoir laver les synodes.
^6^ Le ministre le tente vainement ^ et il est en-
core plus foible et plus faux dans cet endroit de sa Réponse que dans tous les autres : on le va voir. La pièce la plus décisive contre la Réforme est un décret du synode national de Lyon en x563 'dès Forigine des guerres. Nous en avons produit deux articles, que, malgré leur ennuyeuse longueur, )e ne craindrai pas de remetti*e encore devant les yeux du lecteur. Car il faut une fois confondre ces infidèles écrivains , qui osent nier les faits les plus constans. J'ai donc produit deux articles de ce synode (0 : le xxxvin.* où il est écrit cr qu'un ministre de Limosin-, qui AnT&BifBST » s*éToiT BIEN PORTÉ, a écrit à la reine-mère, » qu'il n'avoit jamais consenti au port des armes, » jaçoit qu'il y ait consenti et contribué : item , » qu'il promettoitde ne plus pi^écher , jusqu à ce » que le roi le lui pei^mettroit. Depuis , connois- » sant sa faute , il en a fait confession publique » devant tout le peuple ; et un jour de Gène en i> la présence de tous les ministres du pays et p de tous les fidèles : on demande s'il peut ren- » trer dans sa charge ? On est d'avis que cela
{*) Var, ZtV. X, n. 36. V,* Avûrt, n. lo.
DES rAnikTiov». 543
» suffît : toutefois il écrira à celui qui Ta fait ^ tenter y pour lui faire connottre sa pénitence : » et le priera-t-on qu'on le fasse entendi*e a la » AEiBE y et là où il adviendroit que le scandale j» en anîvât à son Eglise : et sera en la prudence » du synode de Limosin de le changer de lieu ». L'autre article du même synode , qui est le XLviu.% n'est pas moins exprès : c( Un abbé venu, » dit-on, à la connoissance de TEvangile, a brûlé 9» ses titres, et n'a pas permis depuis six ans qu'on » ait chanté messe en l'abbaye ; ains s'est tou*
» jours POETE FIDÈLEHEIfT , Ct a pOrté LES ABMES
3» pour maintenir l'Evahou^e : il doit être reçu à » la Cène » : conclut tout le synode national.
Voilà qui est clair : il n'y faut point de notes , ni de commentaire : c'est le déci'et d'un synode national, qu'on a en forme authentique avec tous les autres ; c'es.t' l'acte d*un de ces synodes, où , selon la discipline de nos Réformés , se fait la suprême et finale résolution , tant au dogme qu'en la discipline ; et il n'y a rien au-dessus dans la Réforme : tout y enseigne , tout y autorise , tout y respire la guerre et la désobéissance. Que fera ici M. Basnage 7 ce que font les avocats des causes déplorées: ce que lui-même il fait partout dans sa Réponse, comme on a vu, et comme on verra dans toute la suite. C'e$t de passer sous silence ce qui ne souffre aucune réplique , et si on trouve un petit mot par où l'on puisse embrouiller la matière , de s'y accrocher par une basse chicane. L'article de l'abbé est dune nature à ne point souffrir de répartie : les circons-
544 DÉFEMSE DE L^HISTOIRE
tances du fait sont trop bien marquées : cest un abbé huguenot , . qui garde six ans son abbaye^ sans eu acquitter aucune chaîne ^ ni faire dire aucune partie de l'office ; les revenus Taccomtmodoient y et c'est assez pour garder le bénéfice : ce qui Texcuse envers la Réforme, c'est qu'il a brûlé tous les titres, pour. abolir la mémoire de l'intention des fondateurs , et toutes les marques de la papauté dans son abbaye. Car, au reste ,' un homme de main comme lui n'avoit besoin que de la force pour se maintenir, dans la possession :et un abbé de cette trempe, qui sait se porter ^fidèlement et prendre les armes pour r Evangile, n'a que faire de titre. Voilà au moins le cas bien posé : la cause ,de la guerre bien expliquée : l'abbaye en très-bonnes mains : on r^ çoit l'abbé à la Cène, et la guerre qu'il fait à son roi et à sa patrie lui en ouvre les enti*ées. Il n'y a ici qu'à se taire, comme fait M. Basnage. XXIX.* Personne ne peut douter que l'article du mênie Chicane de gynode sur le ministre limosin , ne soit de même
M. Basnage . , ^
sur le pre- ^sprit et de même sens : mais parce qu'il y est micr article parlé du déni que fait le ministre d'avoir consenti
rapporté du . , • «^ *•! ^ .
synode na- ^^ P^^^ "^^ armes , jaçoU quiljr eût consenU et tional de contribué j et de la promesse qu'il fait de ne pré- Lyon : il est çjjgj. Yxxs sons la permission du roi; M. Basnase
démenti par * '^ ' *»^
M. Jurieu. S attache à ces derniers points : « U suffit, dit- }> il (0, de savoir lire pour voir que la censure » tombe sur deux choses : la première^ que le » ministre avoit proféré un mensonge public ep 31 écrivant à la reine qu'il n'avoit jamais consenti
(0 Basn, l II, art, rt , p. 5i8. et Jurieu.
• au
DB& ▼AHIATIOnS. ' 54s
» au port des armes^ quoiqu'il 7 eût consenti et i> conti^ibué ; et la secoAde , parce qu'il aban«- » donnoit son ministère. 11 ne s agissoît donc pais » de la repentance de ce ministre ^ et encore » moins d'une décision en faveur de la ^erre x>; Quoi I le ministre n'est pas loué de s'être bien parlé, {faHleurs , et d'avoir contribué comme les autres au port des armes 7 Ce n'est pas là todt l'air du décret , et cet homme n'est pas contii^u^ dans le ministère ^ encore qu'il ait consenti et jconiribué à la guerre y en sorte que tout le scan^ dale qu'il a donné à l'Eglise y c'est d'avoir eu honte de sa révolttC, et d'avoir promis sur ce fondement .de ne prêcher plus? J'en appelle à la conscience jdes sages lecteurs. Car aussi pourquoi le synbdé auroit-il refusé à ce ministre la louange de coniientir à la guerre , puisqu'on a bien loué l'Abbé de l'avoir faite lui-même? Et quand nous you^ jdrions nous attacher à ce que M. Basnage recon-^ noit pour la seule cause de la censure: si la guerre contre sa patrie et ccMitre »n roi étoît> réputée dans le synode un fait honteux et reniable^ cotnme on parie y seroit*ce un si grand scandale de le dê^ savouer? Si contribuer à la révolta ^ en y aniu^ant les peuples y eût été réputé un. attentat contre soti roi Qt sa patrie , quelle honte y auroit-il eu d^aban^ donner le ministère dont on auroit abusé? N'eûtil pas.faUu se souvenir de cette parole du Saîtit-^ ^sprit : Di^u a dit au picbmir : Pourifuoi *àri^ nonces-tu ma justice , eVportés*iu mon aBiàinàâ dans ta bouche? Tu as haï la discipline, et tu BossuET. Averi. aux Proi. i. 35
546 ^ DÉPEliaS DE L HISTOIRE
0t tejûU nuk parole loin de toi: lu £es)oint aoee les tmléurt (0 i qvl ce cpû n'est pat moins impie : Tq aa avgAftcnté le notnbre daa rebeUes^ et tu as aUumtf dans ta patrie le flambeau de la guerre Ciyife i ta boiuÂe m abondé en màUoe, et ta iangmt A été adroite à forger des fraudes ^ pour engager daàs la révolte œuz qui tfcoutoîent tea diàqoiftfSr Quoi de pluà piste en cet état que d'ab^ d^ai^r }fi: ministère dont on auroit abusé contre «on prjnoe^ et du moins de ne le reprendre qu*a« yec sa permission? Mais^ ce qui feroit Fédifica* tioAd^une vraie Eglise ^ fait un scandale dans la fi^rme r.il faut qoe toutes les Eglises du parti ^ il faut <iue la reine mâme sache qu'on se repent d'avoir eu ]«a guerre civile en horreur ; et il ne reste (pie ce moyeu là d*étre maintenu dans le ipinîstère. Yoiik .comme Mi Basnage sauve son £)(^is^ et le synode national de Lyon. M. Jurieu $»t plus sincère : il a tâché comme les antres de déguiser autant qu'il a pu le fait des guerres ci* ifiim : lof$q)l!il a vu^ qn^on savoit le décret du ^yjf^à» national ^ il areconnu la vérité ^ mais aussi en^^ipe temps il :a repris son audace^ qu'il n'ayoilf >qi4ttée que pour unmmnent : et, dit4I C^); 4f^ de^. Meam^p doit smwrçue nous ne nousfaiions pas une homte de ces décisions de nos sy^ nodeé. ^oUk deni; ministres bien of^oses : l'uis accorde ce que l'autre nie : l'un est contrainf fX9^owr qua le synode approuve la prise des j^i^es r et soutient qu'^ a eu raison de le faire i
.(») i**. lux. -. (•) /ttr. Zea. IX.
DBS TÂRiATxoira. 547
rautrê/ qui ne iest pa»«ncore dtirCi la freni jiisr qu*à croife que les sywAas doii^nt autoristr d& tdr excès / ne se saute qa'ev ûiaiit tm fiût oon^ tant : mais la Réforme demeure tiHl^urs ^g^Jekftnent confondue; soîl quelle craigne d'atouef te fait honteux ; ou qu*dle ait Vaudace de leapur tenir. .
«Question est terminée par ces eeub décrets ^xx.
d*im igrnode si solennel ^ et si wm dans tout le Synode* parti. Mais fai encore d'autres sjmodes à pro- y^j^ ^j^^ doire^ et ce sont ceux défi Vaudois oalvmsésj en pb« àe m. Tan i56o. 5^"!«* ;?,'**
m «ccuse d a-
Cest ici que M, Basnage lemble triompher <, voir falsifié puisqu'il se tante d'avoir prouvé que je cite Kaux; ^' ^^ "^^'^î* et voici comment, « On tâche , dit -il (0, en niëre/pen- » passant d'Allemagne dans les vallées de Piér ^ ^nt que » mont , d'y trouver qudque ombre de rébellion » . l^^a^^^ Que le lecteur attentif prenne garde à ces parole^ tronqae. . on tâche, c'est de moi qu'il parle p de irouyer dam tes nattées éfuehfue ombre de rébellion ; il n'y a donc eu dans ces vallées selon le ministre ^ ni au*' cun attentat contre lé prince , ni pas même une ombre de rébellion. D'où viennent donc tant* de sièges y tant de pombats j et tant de sang if'épandu ? Mais gans encore entrer dans ce détail , que M. de II10U et la Popelinière racontent si amplement'; que répondrart-on s^i traité transcrit mot à mot par ces historiens Wj dont voici le commencement; Ca/HtuUxtionet articles denderement accor^ dis entre M. de Raconis de lapartde SonAUesse^
(■) Bain, IL part, e, ti, p. ^i^. -— CO La Pop. L i, /iV. 7» / a53.
548 DÉFB98S I>B L*HI8T0IKE
-«I ceux desJ^édUesde Piémont, appelés Faudois. U en rapporte les paroles^ et «conclut ainsi : Que Von expédiera lettres '-patentes de Son Altesse par ksifuelles 'il constera qu'il fiUt rémission et pûtrdon à ceux des vallées d'uàngrogne, et des antres qu'il nomme toutes , tant pour aiwr pris les armes contre Son Altesse , que contre les seigneurs et gentilshommes particuliers [ à qui ces lieux appartenoient ] lesquels il reçoit et tierU en sa sauue-garde particttlikre. Voilà, ce me semble , toutes les vallées spécifiées avec assez de soin / qui toutes ensemble demandent pardon d'avoir pris les armes contre leurs seij^eurs et contre leur prince souverain. Gepçndant^à entendre, notre ministre , il n*y a pas eu parmi les Y audois une ombre de rehellion/ etcest en vain que M. de Meaux tâche d'y en trouver le moindre vestige. Ce traité , que f ai tiré de la Popelinière est raconté en un mot , mais toujours dans le même sens , par M. de Thon , puisqu'il dit qu'on fit un traité d'am^ nistie, par lequel le prince pardonnait à ses sw fets des Fallées tout ce qui s'étoit passé dans les guerres (0. Cependant M. Basnage m'insulte coinme si j'avois faussement cité cc^ deux auteurs» Je rapporterai ses paroles ^ afin qu'on voie une fois ce qu'il faut croire, de son jugement et de $a sincérité. « Les Vaudois y dit M. de Meaux , » avoient enseigné tout nouvellement cette doc- » trine ( qu'on pouvott armer contre son prince ; ) 9 et la guerre fut entreprise dans les Vallées contre » les ducs de Savoye qui en étoient les souve-
(0 Thuan, t. n, Uh, xxrii, p. i8.
SB8 tJÎftIÀTIOBS. 54$
3» raint (0 ». Je recoanois mes paroles , et il est ^rai que je demie pour garans M. de Thou et. la Popdiniàre , deux historiens non suspects* Ecou^ Ions sur cela M. Basnage : « On ci4e M. de Thou n pour le prouver : mais il dit précisément le con* » traire de ce que M. de Mèaux lui fait dire. U » est vrai / poursuit M. Basnage (9), que les.miv: » nistres permirent aux Vaudoîs de repousser la » violence de quelques soldats qui's^attroupoi^it 9 pour les piller. Car il est permis de s'armer 9 contre des voleurs. Mais quand les armées du » duc de âavoye commandées par un chef s'ap- » prochèrent , M.. <)« Thou dit qu'on délibéra s'il M étoit permis de prendre tes armes contre son n princépour la défense de la'religion ^ et que les » syndiesêt les pasteurs des : Vallées décidaient » que cette défense n'étoit point permise : qu'il » falloit se retirer sur les montagnes, et se^repor M ser sur la bonté de Dieu qui n'abandonneroit n pas ses enfans : et il remarque comme une espèce 3» de prodige , qu'après^ cette décision il n'y en eut » pas Jia seul qui ne quittât ses- maisons et ses biens » au lieu de les défendre ». Ainsi conclut le ministre, «on ne peut parler d'une manière plus » contraire à M. de Meaux ». H est vrai, si ces belles résolutions avoient duré. Mais le nunistre déguise d'une étrange sorte ce qu'ajoute M. de Thou. fc U ajoute , dit M. Basnage , que dan^ la » suite quelques ministres varièrent , s'imaginant » qu'on^pouvoit se défendre ,, parce qu'il ne s'a«»
55o * DÉFBirSE 1>E L^fflSTOlRE
^ gidsoit point de la religion ^ mais de la oonserik 'vfationdfesesfemmeset desesenfims^quialloient » être immolés à la violence des per«écateiirs; et ^ que d'ailleurs on fie fkisoit pas la guerre à um j> souverain ^ mais au Pape qui ëtoit Fauteur de ^ cette violence. Mais^ continue M. Bagage ^ ces 1» raisons y qui ëtoient soutenues par le^mouve- % meils de la natuns , ne furent point suivies , et » on demeura fermé dans la première décision. >i La Popelinière rapporte précisément la même 3^ éhose que M. de Thou : et ces deux historiens yf font voir que M. de Meaux est souverainement »' injuste dans ses accusations p.
Oà me cacherai * je , si j'ai fakifié si honteuse* ttent les deux historiens que je produis ? Mais aussi que répondra M. Basna]^e ^ A c^est hn oui lès a tronqués? La chose nW pas douteuse , puis^ qu'il fte falloit que continuer tm moment la Iec<tiire de M. de Thou , pour y trouver , trois pages après (^)y (c que lès pasteurs d'Angrogne gbâr*h «j^ÈREiTT n\vis , et résolurent d'un commun ^ consentement qu'on défendroit dorénavant la V #dig%dn par les armes ».
Api^ès une si iionteuse dissimulation de M. Ba&toagé y ôft un passage n dair est enUèrement reti^anch^ de rhSstoire de M. de Thou, il n'y aura J>!us que les aveugles ^ qui ne verront pas que les ininistres , lorsqu'ils nous répondent , ne songent qu^à faii'e dire qu'ils ont répondu , et entretenir la réputation du parti , sans au reste se mettre
(0 Thuan^t n, li&, zzvit, /?. i5.
&E8 TARtULTIOïri. S5Î
en peine de répliquer rien de sincère ni de aériettK« 2îe laissons pas de fiiire voir à M. Basnagela ùotydmte des nouveanx martyrs d4nt^ il Dons vante la oonatance. M. de Tkou lui af>{)rendim qbe pettè coorageuse résolution de toufi pèfdtè ju^fu'A sa ^ie (Oy jdutAt que de résister à son donveraia^ ne dura que peu de jours /pnisquW* peu àprh; Farmée du duc de Savoye s'étant avàneée 9ow la conduite da conte de la Trinitii y les habitant prirent les armes qu'ils avoieat auparavant refe^ tées ; qu'ils combattirent {u^qu'à la nuit , rësdus de maintenir leur religion jusques au^ dernier seu*> pir ; qu'ils envoyèrent demander secours à cent dé Pérouse^ et même à ceux de l^ragelas dane le royaume de France ; que 'le cemte de la f rinUé^ craignant de les pousser au désespoir y les porta à entrer en quelque accommodement ; qu'ite pré^ Sentèrent une requête au prince y où ils lui prô^ mettoient une prompte et inviolable fidélité , et lui demandoient pardon pour ceux qui avoient pris les armes par une extrême nécessité et comme par désespoir; le supj^ant de leur laisser la Ubeité de leurs consciences (^} : que les députés n'ayant rapporté de la part du duc que des ordres qui parurent trop rigoureux à ceux de-Luseme et de Bobio y ils écrivirent à Pragelas et aux autres Vallées du royaume de France , pour leur dfr^ mander conseil et secours &) : qu'il se fit un ti*aité entre eux de s-entre^ecourir mutuellement > sans Jamais pouvoir traiter d'accommodement les uns
(») Thuan, t, ii , UL xxtu , p. i a. — (») Ihid% 1 3. — (•) Ihid, 1 4«
5Sa DÉFBHSB 1>E X.*HISTOIAS
MDS lés abtres : que les liabitaDS enfles dii soccis de ce UmiXéy ré&ohireiitdeFéfiiserle^ conditions imposées pakr le duc ^ et désavouèrent leurs députés qui leS'dtoient aecotdées : que pon^- confirmée l?alliaiice\par quelque entreprise mémorable^ ils piJUèrefU les Vallées ^aisirtes , et sous prétexte d.'aUer- entendre le sermon dans une Eglise, es
ren¥ershr9fU les àiOèls et les images; qu'un corps de;troi:^esdu duc^ qui venoient exécuter le traité que les députés des Vallées avotent condu', tron^ vèrent au lieu de la paix qu'ils attendoient, toiss les habiMms^ armés , qui les poussèrent jusque dans la citadelle , où ils les oontraignii^nt de se rendre à disci'étion ; et qu'enfin le comte de la Trinité étant venu à Lus^rne avec son armée , et ayant mis garnison d^s Saint-Jean , ce fut aler» .quon changea d'ay^s ^ comme on a vw^ et qiiOf^ près avoir conclu çu'on prendrait les armes contre le duc, on confirma V accord arrêté avec ceux de Pragelas. .
M. Basnage a l'aison de dire que la Popdinîère a raconté précisément la même chose (0. Voilà comme ces deux auteurs disent posiiiyement le contraire de ce çue 4f • de Meaux en a rapporté. JiCs Vaudois de l'obéissance de Savoye par le . commun avis de leurs pasteurs ont renoncé à la patience et au martyre, dont d'abord ils aVoient eu quelque idée : ceux de Pragelas , sujets dû roi , qui font de telles confédérations avec des étran- .gers sans la permission de leur prince, ne sont
(■} Po/y. U». vu»
DES vjk&iATiovs. 553
l^as moins criminels ; et voilà tout ce qui restoit de Vaudois ëoupablés manifestement de la rébellion^ dont le ministre avoit entrepris de les excuser, jusqu^à dire qu'on Ven tronva pas n^me l'ombre pa^rmi eux.
^ ^ Cependant c'étoit ici cette i^ponse doût on me xxxi. menaçoit il y a deux ans, et qui devoit me con- impoJ^tc yainore d'énormes infidélités. Xes ministres ne sur ces faUimanquent pas de se vanter les^ uns les autres, et ^^^^^ ^^ ils éblouis^nt les simples par cet artifice. M. Ju^ rieu a publie qu on sautoit bien me montrer que l'avois falsifié beaucoup de passages dans FHis^ .toire des Variatiotis^ sans néanmoins en marquer un seul. Dans sa petite' critique de trente -sit pages > M. Bumet^ qui se vante d'avoir détruit toute mon histoire, ajoute Qu'une belle plume, et trop- telle à son gré pour la matière oh èUé s^entpUne, me fera voir mon peii de* sincérité. A la vérité ces Messieurs n'ont pas voulu se charge]^ de cette recherche, et M. Bnrnet me passe tous les faits que j'ai rapportés sur sa Réforme anglicane et sur son Granmer, aussi bien que sur'^ses autres héros (0, sans en contredire aucun : aussine le peut41 pas, puisque je lés ai pris de luixnéme. La gloire de découvrir mes prétendue^ faussetés dans la conduite variable, dont j'ai convaincu la Réforme , étoit laissée à M. Basnage , qui répète aussi à toutes les pages que je n'ai rien vu par moi-même : que j'ar suivi en aveugle mes compilateurs , en relisant tout au plus les endroits qu'ils m'avoient marqués, sans considérer tout le
(>) Bum, ait, des Var, it. zi y p, 3a.