‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 6 sur 55 · PAR CE MINISTRE · texte numérisé non relu

PAR CE MINISTRE

»Sm

SVK

La Réforme cbwaincue d^ erreur et Hmpiété

par ce ministre.

Vous avez tu^ vbs cHt&s F&ekbs^ selon ma pro- '/ l. messe, dans un premier avertissement le christia- !>«««*» ^«* BÎsme flétri, et le socinianisme autorisé par votre «^smens fuU ministre. Vous avez été étonnés de ce qu'il a dit Tans. en faveur d'une secte qui se vante d'avoir porté la Réforme à perfection , en niant la divinité du Fils de Dieu, et en afibiblissant tout le christianisme» Mais cessez de vous.arréter à tant de chose? étranges, que vous avez vu qu il a avancées sur le sujet des Sociniens : il en a dit de plus essentielles contre lui-même et contre toute 1^ Ré* forme -, puisqu'il Ta chargée d'erreurs capitales^ et dans son commencement, et dans son progrès, n en a dit encore de plus importantes en faveur de l'Eglise catholique , puisqu'il a dit qu'on peut se sauver dans sa communion. Il a dit tout cela^ mes Frères : vous l'allez voir dans la dernière évi-7

94 SBVXlkniS ▲YB&TISSEMEXIT

depce. n a nie de Favoir dit : vous ne le verrez pas moins clairement. Il ne s'agit pas de conséquences que je veuille tirer de sa doctrine : ce sont des termes formds pour l'affirmative ^ et formels pour la négative, que fai à vous rapporter ; c'est-à-dire , qu'il y a des vérités contraires à la Réforme, et favorables à l'Eglise, si claires, qu'un ministre ne les a pu nier ; et i^ la fois si décisives contre lui, qu il a honte de les avoir avouées. Si à ce coup vous n'ouvrez les yeux , vous les aurez bien assoupis. Commençons.

^* Ecoutez-le, mes chers Frèreà, c'est lui qui

ment du mi- Patrie dans la dixième Lettre^e cette année , et la nistre,qai cinquième de celle qu'il oppose aux Variations. uiu'^del'HiA- ^ s'agit d'une Addition au livre xiv, qui a jet^ toii-edèsYa- M. liifieti dâif^ d'étrangês étûpcatèiHeliâ. « Si, riâtiôtts m ^ ^^jj (i> cette Adthtl6û est litiportâfite . d*est Dîed,cominé 'V^ ^^1^*^ VOIT lé (îàfâctèfé de M. Boâ^et ; car il un calomàitt- ^j ést Vtaî qtié rieti tïe&t plus pfopfé 'à lé faire'

**""• ji récdttnottre àattÉ le motidé pouf tiii dé(ikiha-

jr <ear sàùs hfitoirétlf et sans dftcérité jA Void la causé de ces reproches, tt On itôxi^e'f cômlttùe-tis Û , dans cétté befle AddftJoïi , qtté )é saisi dea meure d'âdcôfd que Luther, âAià son livi^ér de » Setvô arbiiHô, ârvôït éîripioyé dés tertoès tfop

» durs au ^ujet dé là liécéssit^ qui réposé sur » fo volonté .' et tout <5é que f ai eoncïu', c'est » que Votk tié doit pâS' coûdâtùhér lés gens Sur >i de$ étpresdôûs dtîré^, qiiafid té$ séntimens a datiâ le fôiid sont iùnoéeri», et quoù doit se 4 totérér daùs ces expressions ». Il poursuit :

(0 £ett. x,p. 77.

Dieu auteur

av% LES LETTRES DE X. Jm^IXU. gS

« On trouvera dans cette^ Additiion ces .parties » pleines de calomnies ^ ^t indices d'un hoHuno » d'honneur .* M. Jurieu a raison d'avouen de V bonne foi des Réformateurs en général ^ qu'ils 9 ont enseigné que Dieu poussoit fie» pécheurf ^ aux crimes énormes.: M. Jurieu n apoint ayoué

» cel»^ et M. Bossuet rendra compte qn^u^ » jour devant Dieu d'une imposteire aussi âuHSse » et aijssi maligne »..

Mais s!il craignoit ce jugement de. Dieu: .oik il m'appelle, il songeroit qunn jonr on y h&itera "'au péché. ces paroles ^ aii traitant la p$iix avec: les- hu$bé* Premierblasriens (0 4 aprè&leur avoir re|^ocUé que leurs ;pre- ^ Réforme QÛers Réf<urmial;eurs , .^'estrOrdise > Melancton • et^prouvé parle Luther mén^e, <>nt approi^vé^ du moins mr leur ^^^^^ ^^'

. ' ■ . 1 Vn 1 • 1 ri . ï ncu. Parole»

silence, les écrits de Calvip,, cçux de Ziumgtey de Melanc-

ceux de Zapchius, que lesl4ith^riens d'aujour4 ton^approu-

dluû accusent de ce détestable partbcukcisnie/ ^^* ^" ^"

comme ils l'appellent , qui 6te le libre arbitre et

fait Dieu auteur du péché ; il oontiniie ainsi son

discours : « Mais ce n*est pas seulement par lenc

9 silenae^ ou par l'approbation :que vos RéSormàr

» leurs ont été de duvsr prédeÉtisi^teurs, et ont

» enseigné su PAi^fNuia iaceiBasE&'^ et enco^ des

» phis dures, le particularisme^ lai prédestinati^a

9 et la réprobalioit^ a^'ec une. néoeesité qni.pro^

» wtnt de la force désu décrets^ i^ne Melancton

9 parcdsse le premôer : c'est de lui qu'est cette

» p%role que nos calomniateiuri ont tant relevée i

9 Qcie Tadultère de Datvid, et la trahison de Ju^

{*) CûiuhU. d€ inwnd. pue. p, 309.

96 pfeUXIÈMB AVSATISSKMBBTT

» das, n'est pas moins Tœuvre de Dieu , que la » coDversioa de saint Paul ».

U cite en marge le commeptaire de cetjauteur sur le chapitre ma aux Romains , où il est vrai <{a'on trouve en autant de mots cet exécrable blasphème. Sont-ce donc là seulement des paroles dures y comme M. Jurieu avoue qu'il en a lui* mdme impute aux premiers Réformateurs; ou, comme nous le disbns, une doctrine abominable ? A continue : « Mais on lisoit ces paroles dans les 3» premières éditions des Lieux communs de Me- » lancton : La divine prédestination ôte la liberté 9 à rhomme; car tout arrive selon ses décrets » dans toutes les créatures; et non-seulement les » œuvres extérieures , mais, encore les pensées in- 9 térieures (0 ». Tout arrive selon les décrets de Dieu, et au dedans «t au dehors de Fhomme : par conséquent toutes ses pensées bonnes et mau« valses^ et autant ses crimes que ses bonnes œuvres : et de peur quon ne crût que Melancton eût enseigné ces blasphèmes sans Faveu de Luther; M. Jurieu ajoute : « Luther a vu cela^ et il a ap- 3» prouvé le livre de Melancton , jusqu'à le juger 9 digne non-seulement de l'immortalité ^ mais en- 9 core d*étre inséré parmi les Ecritures cano- » niques ». Il cite, pour le prouver^ le livre du Serf arbitre de Luther, oh il est vrai que se trouve cette approbation très -expresse d^s blasphèmes de Melancton ; et pour ne laisser aux Luthériens aucun moyen de s'échapper ^ il se fait cette ob«

jection :

SUE LEê LETTRES DE U. JU&IEU. 97

jection (0 : « Mais, dites-vous, Melancton a rë- » tracté cette opinion dans les éditions suivantes » de ses Lieux communs^ au titre de la cause » du péché, n est vrai, il Ta rétractée , et avec » raison ; car qui pourroit souffrir cette parole » QUI DârauiT' TOUTE RELiaiON : Que {la divine xTprédestiniation ôte à Thonmie son libre arbi* » tre » ? Voilà Tobjection proposée , et Melancton bien convaincu d^avoir enseigné une impiété manifeste' et détruit toute religion^ Mais de peur qu il ne lui échappe ', non plus que son maître Luther y il ajoute premièrement contre Melancton y qu i7 n'a rétracté cette opinion que molle^ ment et en doutant; et contre Luther , que lors^ qu'il approuva les Lieux cooûnuns de Melancton, ils n'avoient point encore été corrigés : donc^ poursuit-il y il a admis cette dure opinion de la prédestination, qui âtoit le libre arbitre à l'homme. Est-ce là dire seulement des paroles dures, et non pas admettre une opinion qui détruit toute religUm, et éublit Timpiété 7

' Cen est assez pour confondre ce téméraire IV. ministre dans le jugement. de Dieu, où il m'ap- ^^l^^^^J^^ pelle : mais il passe encore plus avant; et voici vésdansLa-* comme il parle de Luther C^») : « Il n'a pas seule- ^J^, v^^ }^ 9 ment approuvé les paroles de Melancton, mais ^eu. • il en a dit de semblables dans le Uvre du Serf 9 arbitre, dont le titre seul fait connottre le senti- . » ment de Fauteur. Ecoutons donc comme il A parle : C'est le fondement de la foi de croire

- (0 Jur, ihid, p. aiz. — («) Consult. ibid,

BossuET. Avert* aux Prot. u n

^8 D^VXIÈMC XTERTIBSEMEHY

» ifoe Dieu est clément , quoiqu'il sauve A pei\ » d'kommes , et en damne «n si grand nombre ; » de croire qu'il est juste ^ quoiqu'il nous fasse » DAMNABLEs nécessairement 'pk% sa volov^é ; en » sorte qu'il semble prendre plaisir au supplice to des lâalheui^nx y et être plus digne de haine :» que d*amoHt. Si donc je pouvois entendre par •» quelque moyen que Dieu est miséricordieux et ^ juste f pendant qu'il ne fait parcrfti^ que colère 3» «t injustice y je n^aurois pas besoin de foi. Dieu i> caché dans sa majesté ni ne déplore la mort deè i> pécheurs y ni ne la détruit ; mais il opère la vie » et là mort y «t toutes clioses dans tous. Il né s> veut point la mort du pécheur , eh parole; jtb » L*Avoi7E, mais il la veut par cette secrète et j» impénétrable volonté ». Voilà les paroles de liutfaer, où il reconnoit que Dieu fait les hommeâ damnables par sa volonté, et les fait inévitable-^, ment et nécessairement damnables. Les faire dam«^ nables de cette sorte, c'est sans doute les faire pécheurs : et Luther l'enseigne ainsi en termes formels , puisqu'il prouve ce qu'il avance , en disant c^ilfiiit fouies choses, et par conséquent le péçhé'dans'los hommes. D'ûù il s'ensuit que Dieu veut effectivement , et leur péché , et leur perte | quoiqu^à l'entendre parler, ( c'est toujours Diea qu'il entend ) il fasse semblant de ne les vouloir pas ; in ^yerho seiUcet. Qui jamais parla ainsi de Dieu , si ce n'est ceux qui n'en croient point, ou qui ont perdu toute la révérence qu'inspire na^ turellemënt un si grand nom ? Voilà ce que M. Jurieu a tiré du livre du Serf arbitre de Lu-

ther; et il ose encore prendre Dieu en son redou^ table tribunal à témoin , t&itnme il n'attribue k Luther que des paroles trop dures, pendant qu'à le convàiiici avec tant de foreè de ces exëcrablés iBentililënft. Mâts il le pn^e encore par des paroles tirées de ce triêmé livre du Serf arbitre : te GeA » en Vain , disait Luther, qu'on tâdhe Jexcuser * BSéù , eh adcusànt le libre arbitre. S*il a pr^vU % la trahison dé Judas ^ Jndaé letOit t^it traître » PAft HicBssiTÉ ; et il fi'ëtoit poitit en éOn pouvoir , SI ni dàUB ds^ltti d'aucune créature de fôire autres » tuent ni de changer la voloùté de Dieu (0 31, En eét^-ce assee pour convaincre Luther? Mais, pottr ne lui laisser ]^às le loiMr de respirer^ le liii^ fiistrc lui reproche encore d'avoir dit : « Si tious 3» trouvons bon que Dieu couronne des indignes^ n il ne faut pas trouver moin^ bon qu'il ddnine » des innocens : en.l'UU et en ràuti^é^ilést èsccè^ n sif selon les hommes ; ftiàîs il est juste et véritable » eA lui-m^ittev C'est maintenant une ôhose în- » compréhensible dé damner des innocéns ;* mais n ob le croit jusqu'à te que le Fils de lliommë al soit révélé W ». C'est ddnc Fobjet de la fçi, que Pieu damne des innocéUs ^ et les fait lui ^ même coupables; puisque les faire damnables, comme^ dit Luther, et lei faire pécheurs et coiipables, cèst la même chose; et voilà, selon Luther, le grand mystère qui nous sera révélé dans la vi^U Menheureuse.

Ltfthér eét tefriblènient pressé, vtms lé voyez }

tOO OBUXISMB ATERTISSEMEITT •

maïs le miaistre revient encore à la charge t^ Jf^oici, dit-il (0 , par oh il faut, c'est toujours de Luther qu'il parle : « Si nous croyons qu il est » vrai que Dieu prévoit, et préordonne toutes )} choses, et que d'ailleurs il n'est pas possible 3| qu'il SQ trompe , ou qu'il soit empêché dans sa » science et dans la prédestination, et enfin, que » nen ne se fait sans sa volonté : la même raison » nous fait voir qu'il ne peut y avoir aucun libre » arbitre ni dans l'honune, ni dans l'ange, ni » dans aucune créature. Tout ce qui se fait par » nous , dans ce qui regarde le s^ut et la dam-. » nation, se fait par une pure nécessité, et non » point par le libre arbitre : l'homme n'en a » point; il est esdave et captif de la volonté de » Dieu ou de celle de Satan ; en sorte qu'il n'a » aucune liberté ni libre arbitre de se tourner » d'un autre côté , ou de vouloir autre chose , » tant que l'esprit ou la grâce de Dieu dure en » rhomme. : et j'appelle nécessité , poursuit Lu- » ther, cité par le ministre, non pas la nécessité » de contrainte, mais celle d'immutabilité »; et le reste toujours soutenu de la même force : ce qu'U achève de prouver par Calixte , Luthérien ^ dont voici les propres termes cités par M. Julieu W : « Tout le but du livre de Luther est de 3» faire voir que toutes les actions des hommes, et » tous les événemens qui en dépendent , ne peu- » vent arriver autrement qu'ils arrivait , ni se 3» faire avec contingence , ou par la volonté du

(0 Pag. ai3. — (•) P. 2i3.

%Vl tB8 LEYTRS9 X)B X. It71iIEU( lOI

n libre arbitré de rhommey mais par la pure et » unique volonté , disposition et ordre de Dieu ».

Ce n'est dbnc pas seulement le sentiment de Luther, que Dieu veut et fait tout le bien et tout le mal qui se trouve dans le monde , mais c^est là encore tout le but de son traité du Serf arbitre : et ce n^est pas seulement M. Jurieu ou les Calvinistes qui objectent ces énormes excès à Luther; mais ce sont encore ses sectateurs mêmes et les Luthériens les plus doctes et les plus célèbres j du* nombre desquels est Calixte y dont les paroleis citées par le ministre Jurieu y se trouvent en efièt dans lé livre de ce fameux Luthérien , intitulé , Jugemeni sur les Côntroiferses , etc.

Et pai^ce qu^on pourroit penser que LutKer v. auroit dit ces choses comme douteuses, ouproèté^ , ,**• ''■"•" maUçues, continue M. Jùrieû : au contraire ', dit queLuihera ce ministre (») , lï les pose comme dès dogmes cet^ ^*»*>1* ««• tains, ifu il n'est ni permis ni sûr de révoquèr^'eh ^^^^^ j™^ doute ; et pour le prouver , il aUèguè ces paroles', mei capipar où Luther conckit : « Ce que f ai dit dans ce î*"* ' ^ "•

^ , les a îamau

» livre y je ne Tai pas dit comjne en disputant ou efi rétractés. » conférant, mais je Tai assuré et je l'assure, et je » n'en laisse le jugement à personne ; mais je » conseille à tout le monde de s'y soumettre 9. Ce qu'il veut qu'on reçoive avec une entière soumission , c'est que tout est nécessaire d'une d)Solue nécessité: « et souvenes-vous, poursuit-îl, vous » qui m'écoutez , que c'est moi qui l'ai enseigné 3» ; en sorte qu'il ne paroit pas seulement que Luther

a (fU^bK cçs dpgines impies, mais epçore q^ il le« a établfs avec tQute la oertitude qu'op peut )a^ Ipais doaiier à un dogme, et çoiQmeundfsfoiide-i meps, qu il yeut le plp§ i|ic|ilqi|ei? ^ ^ se^slateuis. Si j avpî^ à coQvaîpc^ JiUth^r -devaiH; Pieu et devapi; le^ hommes dfi <m biOrribleB i»piiéiés , je op prodi4r.Qi^ 9i|tri9 ckosj) qu^ ^^ que produit ici M. ^^ri^})- Mlais IMHir le oGQvaiiicre luirm^e d'avoir Fegai^dff tou$ çes.dîsQoiirs d» Luther, uon-i ^etfl^iupnt çpmine durs., mai^ CQpifue impies, et |icm-<eul.emept; /çpi^me. icopt^paiit des eaj^pres^oo^ f zpes^vei^i nvii^ei^ore OQOliae p(mt^iaiit df s dog-r ip^ ^firpui; : )e n'ai encore qu à produire oés paroles de c^, miui^ti^ au liutbiérien Scuker. ^ YsH^f hfi dit-il(»), toute qette suite de dogmes V ^i^.x\^s 9pp^i 4ana 909 tuteurs de grainb 3»; 9[UH%|t|P]f3§ , dp§ PWi>nrtf.e$! aQmilic et Mci'ihles* 2> yqil^ to9^ x^os 4pgl9^e$ , et b0at^couf> plus ^ue 3?iMftÇ'4'w dfco w , f t ee qi|e uotts jserÛHi^ bien » U^^ de, dure » . 0e$t deois 4e tou^ ces dogmes qu'pu ' vij9tot 4e voir , et daprt il témoigne luimêm^ tAUt 4'horreur, qu U a eopivaiucu Luther; e| afip d^ ue UQUs laiaeep aucun doute 4e œ qu'il dd» test<$ dgn^ ce pb.ef de la iléforine ^ apfàs atoir rap» porté' X4fm les dogmes qu il eu reçoit , « Noua

ï> ;e^i9fi^opS| 4i|^-il^^)7 de tput notre aomr tous 3^ eps 49gme$ 4e Lptbev 9 mius en veici qui lui ?► spnt propre^ ; Qpe Pi^w per sa volonté no^us 9. R^nn nAMNA|its& VfiçMs^jkifLEuzjfT ; que c est en a^ y^ifib qu'oQ excusa Pieu en accusant le libre

(0 Jur. Ihid, — i (•) Pug. 2x4.

8t^a LES LETTRES DE H. JUE^EIT. 10?

» aibitrej qu'il a'étoU paîat s^u pouvoir de indas 9 de n'êif^e point traître.;, ({o^ |)iea d^Mpqe 1^ » hommes par aa propre voWQte ^ qu'il d,aHine 4e$ » innoceilia comme il cou90«m de$ {u<%Bes; q^"jL

n nopeutyavoirdeUiurearbitre^Di^UÂsriiOïKlQie^ » oî dttûÊê fange, ni dAn& aucune cr^aturî^y et qu^ a» tout oe qui se £adt par bqus., se fait VMk ffHut « par le libre arbitre , mais par une pw^ lii^^^ j» sîté. Nous refetons^ pou.^wit-iJlj toutes, ce^ » choses y et nous les re|^ton$( «^vec I]^Q^eU|i'^ » Gonune daioaes^ qui ntfr^yiBmx vo.i?te. n^^co^ir., » et qui ressente&t le uajw^méhbm^ J[e ie difi; è » i^egret y. et m^lgi^é moi ^ &vorisa9t autapt. qui^ ». )e le puis la mémoire ds^ c^ gr^nd hc^ai^is » : ^rand homme cooune \om Yo y e9 y qfû. yomit de^ impiétés et deablasphâmmq.u on a ^ntji^^i^diP^uV être pas dans Fenfer .mémbe. M^ voil^ les gran(]^ honames de la Kéforme ^ et yoilà Coififfè^ ik, soi\t traités pat" eeuxnlà mêmes qi^ifoiit profes$ionk dj? les révérer. .

Et parce qu'on pojurroit ^ps^, eq faveur^d^ Luther, qail auroit 4u moin» ^:km^4: de s^pti^ mettt 'i quoiqu'en avoir en un a^MJl Q)XMpi;ient. die ^i damnableây et avoir çomt^ncé pm de tels li^l^s-r phâioca la r^formatioA de VE^i^ ^ ce «eroit to^n |ou» une praUve- d'un hPUMi^ li3ffi^i k. S-ataig^j il n^ laisse pas iiièm.e aux L^th^ie^^ c^tte^ xnisérabjl^ consolation : ^ Car , poi»^uit-iil M^ on we dir^ » quil s'est rétracté :'mai& qu'on m^ f^oAtre oik tt est 4:ette rëbractati(m.^C)tn.nfe VQÎt^ di^-il^ $^v lA

W /iir. ihid, ;>, 2 1 7.

Io4 DEVXlkHB ÀVIETISSEXEITT

» libre arbitre aucane rétractation. S'il a râractë 3» et condamné son livre du Libre arbitre , où » est Tanathéme qu'il lui a dit? comment ra->^-il X laissé parmi ses ouvrages? Il a parlé plus dou«- » cément dans la visite Saxonique, en reconnois* \ sant le libre arbitre dans les choses civiles et » morales ^ et pour les œuvres extérieures de la » loi ; mais il ne nie nulle part ce qu'il avoit as- 1» sure dans son livre du Serf arbitre ; et oh peut » aisément concilier ce qu'il a dit dans ces deux » livres ». U le concilie en effet, en remarquant que Luther pourroit avoir admis le libre arbitre , « en entendant sous ce mot, qu'on n'agit pas » malgré soi , mais très-volontatremept ; ce qui , » poursuit-il, n'empécheroit pas qu'il ne filit tou- » jours véritable , comme Luther l'avoit dit dans 3> le livre du Serf arbitré , que Dieu par sa vo- » lonté rend les hommes nécessairement damna* » blés , et que par sa pure volonté il damne des . » innocens. Luther, dit-il (0, n'a point rétracté » cela ». Il a raisqn : on a quelque part adouci , quoique foiblement, les expressions : on a nommé le libre arbitre même dans la Confession d'Aus» bourg, sans bien expliquer ce que c'étoit; mais on ne trouve en aucun endroit la condamnation d'un livre si abominable, ni aucune rétractation de tous ces excès. Il ne falloit pas attendre de Luther, que jamais il avouât, ou qu'il crût avoir failli; et il valoit mieux certainement laisser en leur entier tous les blasphèmes du livre du Serf

(s) Pag, ai8.

8VIL 118 LBTTftBS DB X/ JVHIXU. lo5

j qne de se rabaisser jusque-là. Ainsi le Luthérien n*a point de réplique ; et le biedbeureux Luther (car c'est ainsi qu'on affecte de le nommer dans le parti) demeure convaincu^ par notre mi» nistre y non -seulement d'ayoir commencé sa Réforme, mais encore d'avoir persévéré jusqu'à la fin dans cette impiété.

U est donc plus dair qne le jour, que le mi« nistre n'a pas seulement avoué, mais encore qu'il a prouvé invinciblement les impiétés de Luther , et s'il les nie maintenant , s'il tâdie de révoquer son aveu , c'est qu'il a honte pour la Réfonne.da^ la voir commencer par des blasphâmès , et de lut voir pour ses dieft des blasphémateurs et des im*^ pies : et si, pour repousser ce juste et inévitable ^ reproché, il s'emporte jusqu^à m*appeler au re*doutaUe tribunal de IKeu , et à invoquer contre moi à témoin ce juste Jugé ; il-résseinble •manifes'* tement à ces profanes qui se servent d'un si grand nom pour éblouir les sim^des, et donnerdi» l^alu^ torité an mensonge.

. Ce n'a donc pas été une calomnie , mais une VI. ^rité, non-sealement àvbaée, mais encon déu J^^ «* montrée par M. Jurieu, de dire que les Réforma** Yaincns dV teurs ont fait Dieu auteur du péché. Ce ministre ▼<>*' <**V^«»

' t -x -a-- inéioeB cho-

passe déjà condamnation pour Luther et pour Me- ^ ^^ y^ lancton , c'est-à-dire ^ pour les premiers des Réfor- ministre Jnmateurs. Mais j'aifait voir que Càlvin'et flèze n'en "•""^^11"

j A nues pour

avoient pas moins dit que les deux autres (0; desblasph^ et qu'aussi M. Jurieu , sans oser entreprendre "««.^q» »1 de les justifier, nen avoit pu dire autre chose, ezcostrumt-

(0 Var. &V. xiT, r. i , a, B, 4"' -^àdiu n. 9.

fo6 DEUXIÈME AYCRTISSEMEirv >

k'îaii d'imr si|ion ipxik étoiwl sobres e» comparaison de Lu-^ piëié. ^^ (i) . ^ q^^ z|iontre y non pas qu'il les croit

innoceosy mais qu U le$ croit seulemeiàt moins coupables f c'est-À-dire , moins impies et moins grands blasphémateurs. Mais en cela il se trompa : car jài produit les passages de Calvin et de B^ze W-^ où ils disent « que Dieu fait toutes choses selon ».son conseil détaây voire même celles qui sont y méchantes et exécrables; qu ayant ordonné la V fin (qui est de gloiifier sa justice dans le sup^* » plîce des réprouvés, ) il faut qu*il ait quaiu et «quant ordodné.les causes qui amènent à cette a fin, ( c*est-«iHdipe . aaniï dîflicttlté^ les péchés;) )»f que le pédké du priemier^ homme, quoique vor » lontaire , est enj méine temps nécessaire et ioé-> V'Vitable; quÀdam n*ajpu éviter sa diùte, et » qu*il ne Ifiisse'pas d'en être coupaJale ; qu'elle a » été ordonnée de Die«^ et qu elle étoit comprise a dans son secret jdksseiuîqu un .conseil cac^é de » Dieu .est la oaus^ de • Fendaroissement; qu'on » ne peut nier que Dieu n*ait YWhv wr ntcMÉsré » I44 çD^fiHTiQH d*Àdam> pui^u il fait tout ce qu'il ». veut) que <:e déorti^t.fait horreur ; mais qu*eiiftn » ou ne peut nier ^^e Pieu «'dit pr^vu U chute ^ de l'homme, p^qu'il i'avoit ordonnée par son ' » déci^t^ qiVil ne fi^^t point se. servir du terme u de permis^n^ puis^que c'est nn oi4^*e e^prifi i yi que la volonté de Dieu lait la nécessité <ies y digises , et que. tout ce qu'il ordonne, arrive né- » cessairement ; que c'est pom: . cela qn Âdâm. est D' tombé par un <^xlre de .I9 providence d^ Oieu^

n et parce que Bien Tavoit ainsi trouvé i pro^ » pps; que les réprouvés sont inexcusables , quok- » qu*il8 ne puisent éviter la nécessité de pécher^ » et que cette nécessité leur vient par ordre de » Dieu ; que Dieu leur parle y mak que c'est pour » les rendre plus sourds ; qu'il leur envoie des « remècles , maïs afin qu'ils ne soien( point guéris ; 9 et que si les honunes veulent i^éfdiquer qu'ils m n'ont pu arésbter à la volonté de Dieu , il les » feut laisser plaider contre celui qui. saura biep . m défendre sa cause » ^ sans qu'il soit permis ^ comme on voit^ dé la défendre , en disant qu'il laisse l'homme ^ sa liberté ^ et qu'il iie veut point aon péché, YQJik ce qu'ont dit Calvin et Bèae$ ce qui, coiume on moît , u'e^t p«$ qtioîus mauvais que ce qu'pnt dit Luther ei Melancton,

Aussi vçiyons - poi|^ manifestement que si le ^^* Calviniste ^rmf» la boudie au Luthéri^i sur sdu nisile JuTeu Hdanctoii ,et 3ur son Luther , de Luthérien ne n'a rien eu à remporte pas un' moindre avantage sur les Cal- ^ZZ^^i vinistes : car écoutez comme les presse le doc* convatnteur Gérard (') : « Qu^ib donnent donc gloire à q«en«^l«»Cal.

^ ^ vmistes des

» Dieu et h la vérité , eu désavouant publique^ mêmes blas- » ment telles et semblables expressions qui se trou- phémc8,doni

» vent dans les écrits des gens de leur parti : que ^ |^ ^^^,

» Dieu a préordonné par un décret ^soln cer^^ vainquent, et

.tainsI.Qmmes,etinêmcUpIupartd6«hanme», ^'^''^

■9 aux péchés et aux peines des péchés; que la

s Providence divine a créé quelqqes hommes ^

» afin qu'ils vivent dans Fimpiété ; que Dieu pousse *

» les méchans aux crimes énormes ; que Dieu eu

(') Ger, de tkcL ff teproh. cap, 10, n. 137.

Io8 DEUXIÈME AVEKTiaSEMEtVT

» qaelqùe sorte, est cause du péch^: qvLÎis con^ » damnent de semblables propositions qni se » trouvent en autant de tei*mes dan9 leurs écrits i> publics y s^ils veulent être réconciliés avec TE- 9 glise ». Voilà les impiétés que les liiithé** riens !reprochent aux Calvinistes ; et le passage qu'on vient de voir du docteur Gérard , est dté mot à mot par M. Jurieu (0. Mais qu'y répond ce ministre? Nie*t-il le fait ? Je v$ux dire y nie*t-il que ceux de son parti aient enseigné que Dieu « préordonne les hommes aux péch^ , lés pousse » aux crimes énormes ^ et soit en quelque sorte » cause du péché »? PcHnt du tout : voici sa réponse (^) : « Il est vrai : nous reçonnoissons qu'entre » ces expressions il y en a de trop dures. Nous » n'avons pas pour nos auteurs la même soumis»- » sion que ces messieurs les Luthériens ont pour » Luther; et nous ne nous faisons pas une honte » d^abandonner leurs manières ^ quand elles nous » paroissent propres à scandaliser ^ et dures à » digérer. Telles sont celles que nous venons de 9» voir y dont aussi nul des nôtres ne se sert plus » àuiouhd'hui y et dont on ne s'est plus servi depuis

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