‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 7 sur 55 · CENT ANS · texte numérisé non relu

CENT ANS

vm. Il avoue donc , en termes forjtnels y que ses aa-

Que le mi- teurs ont avancé ces propositions impies : « Que dii » pour ^ Dieu préordonne aux péchés ; que Dieu pousse toute excn-- » aux crimes énormes; qu'il est en quelque sorte Tme^'est*^ » cause du péché ». U ne sert plus k rien de le corrigfëe de nier , ni de dii*e que je lui fais une calomnie aussi ce» blwphé- jjg^g^ gtfg maligne , en disant qu'il a avqué des

(0 Jug. sur les MM. p. i4a.— («) Ibid. p. i^.

en

y Sun LB8 LETTll£8 DB H. JUBIEU. IO9

Rëformateurs en général ^ et même de ceux de mes depuis son parti y qu'ils enseignent qae Dieu pousse ^^^ ^ ^ Vhomme aux crimes énormes : le docteur Gérard même temps lui reproche que cette proposition et d'autres ^^ ,^^^ ^^''^

- . . ^ ^ , , qaeDeyper-

aussi unpies se trouvent en autant de mots dans ^^^^^ \^^^ ses auteurs. Loin de dire ici qu'on le calomnie , re, et qu'elle ou d appeler le docteur Gérard au redoutable "*■"' ^^ tribunal de Dieu , il confesse tout ^ quoiqu'il tâche apparence, de pallier ce fait honteux^ et d'adoucir ces pro^positions qui sont autant de blasphèmes , en les appelant seulement des expressions trop dures et des manières propres à scandaliser. Enfin il avoue la chose : ces propositions se trouvent dans les auteurs du calvinisme comme dans ceux du luthéranisme : il n'y a point d'aveu plus formel que de dire tout simplement, // est vrai. La Ré* forme ne trouve d'excuse à cet excès, qu'en disant qu'on n'y tombe plus depuis cent ans^ et se trouve bien honorée, pourvu qu'on accorde qu'elle n'a été que soixante ou quatre-vingts ans dans le blasphème. Mais encore n'aura-t-elle pas cette misérable excuse : on lui montre qu'elle y est encore^ et on le monU<e par les paroles du ministre même qui la défend. Si elle étoit bien revenue de l'abominable erreur de faire Dieu au- ^ teur du péché , de dire qu'iZ le préordonne , et pousse les hommes aux crimes énormes , elle ne diroit pas seulement que ce sont des expressions trop dures , des manières propres à scandaliser^ et dures à digérer : car, en parler de cette sorte , c'est, en avouant qu'on a avancé des propositions si impies , soutenir qu'au fond on les tierit en-

IlO DEUXIEM8 ATERTlSSEMElfT

core pour vëritables ; qu'on jtient^ •dis-ji^ /pout" véritable y tjue Dieu pousse aux crimes ériàf*més > et t/uil est cause du péché. Que k minîétrc^ ne réponde pas y que selon la |>ropôsiUD2i on dit qii'ii en est cause en queU/ae séné : car , oiitrè que ce pitoyable adoucissement ne se ti'ouve pas dahis les autres propositions qu'on vient de voir, c'est ^ en se tenant à celle-ci , une proposition assez impie contre le. saint d'Israël , que le faire en quelque sorte ^ et pour peu que ce soit^ cause du péché ; car c'est de quoi il est éloigné jusqu^à l'infini par sa sainteté ^ par sa bonté , pftf sa j^erfectioh : il n'est donc cause du péché en aui^une sorte. Lé ministre veut s'imaginer que ses auteurs , qui ont dit que Dieu le préordomie^ et que Dieu y pousse (0 y n'entendaient pas néanmtoins le lui attribuer. Mais que falloit^il doilc difis pour cela ^ si ce n'est pas assez de dire que Dieu préordonhë ^ que Dieu pousse y que Dieu est cause 7 Qu'il pense donc tout ce qu'il voudra de ses Réfok'lnateurs ; lé fait demeure pour constant : les propositions im« pies 9 qui font Dieu cause du péché, se trouvent , non par conséquence, mais en tenues fbltliels, dans leurs écrits. S'il ne tient qu'à dire que de sont seulement des expressions ou des mafiières trop dures, j'excuserai quand il me plaira toutes' les impiétés et tous ceux qui les profèrent ; et dans le fond il n'j aura plus de blasphémàteuk*s ni d'hérétiques.

Page 1