septembre. {ibid., t. VI, p
plantées sur le haut des portes, leurs corps réduits en cendre et jetés au vent. Après s'être arrêté à Lussac-le- Chateau, il vint dîner au château de Busserolles *, le jour où il y eut une grande éclipse de soleil, durant laquelle il se fit apporter un fagot de paille, se coucha dessus, comme s'il eût été dans un camp, et s'endormit paisiblement. Il écrivit de là à la reine : — a Nous allons coucher aujourd'hui à Bellac et demain à Limoges*. » Mais arrivé à Bellac, où il fut hébergé par le consul Génébrias, il retarda son départ, et y resta deux jours pour se livrer au plaisir de la chasse dans les environs, alors couverts de vastes forêts. Il en fit autant à la Croix-du-Breuil, près de Bessines 3 , d'où il écrivit encore à la reine : — « Je suis tombé, cet après-dîner, malade de la maladie qui court (la dyssenterie) ; je n'en sais pas encore au sang, mais j'ai peur d'y arriver : cela est cause que je ne ferai pas demain mon entrée à Limoges 4 . »
Pendant ce temps le comte de Ventadour recevait à Brive, selon les ordres du roi, le serment de fidélité des consuls, celui des magistrats de Tulle et de plusieurs seigneurs des environs qui ne répondaient plus à l'appel du duc de Bouillon. L'intendant du vicomte de Turenne avait trahi la confiance de son maître, en instruisant les amis du roi que les conjurés se réunissaient au bourg de Salles, dans la maison de la Roque, et quelquefois dans un bois voisin, appelé Lus-Massadas. Alors Roissy était venu investir le château de Turenne, et y était entré sans opposition; il y trouva
1. Commune de Bussière-Poitevine. Dans cette commune, au lieu de Champagnac, existait en 1484 un autre château fort appartenant à Pierre de Bourbon, comte de Clermont et de la Marche, qui en confia la garde à Jeau de La Lande, seigneur de Bussière-Poitevine, lequel y fut installé par Gautier des Gars, sénéchal de la Marche. \Mss. de Robert du Dorât.)