‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 20 sur 130 · Chron. mss · texte numérisé non relu

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l'obligation de prendre à l'avenir la coiffure alors en usage en France. Depuis que les religieux de saint Dominique étaient venus s'établir à Limoges, et avaient travaillé à mettre des bornes au luxe des vêtements, les femmes, dociles à leurs conseils, portaient un voile de toile, et sur les épaules des collets qui en voilaient la nudité. Après ces frivoles prescriptions, tant le goût du luxe se développait à l'exemple de celui de la cour, le dauphin accorda à la ville d'importants privilèges. — « Concédons aux consuls passés, présents et à venir l'augmentation du consulat; et, au lieu des bourgeois, et en faveur de ceux qui habitent avec eux, que, comme étant relevés d'une marque de noblesse que nous leur laissons, tous ceux du Château qui ont été, sont et seront honorés du consulat, puissent acquérir toutes sortes de fiefs nobles, et les posséder et tenir, comme nobles, librement et sans reproches..., afin que, par l'action de cette charge, cette prérogative soit aussitôt conférée, sans autre titre; et qu'en tous temps et à perpétuité, ils en jouissent. Laquelle concession nous déclarons s'étendre à tous les fiefs qu'ils ont déjà acquis, et qu'ils pourront acquérir 1 . » Une nouvelle noblesse surgissait; mais devaitelle avoir plus de patriotisme, plus d'amour du bien public, plus de courage que son aînée; son désintéressement devait-il être à la hauteur des services qu'on pouvait en attendre? l'orgueil d'avoir un 'blason ne devait-il pas être sa grande préoccupation?' Les établissements religieux n'eurent pas une grande part dans les libéralités du roi de Bourges. D'ailleurs l'argent que lui accordaient les États, ne devait servir qu'à expulser les Anglais. Le clergé lui dut un plus grand bienfait, là Pragmatique, c'esl-à-dirc la liberté.

1. Ces lettres sont datées du Château de Limoges, du moi* de janvier 1421. (Origioal aux Àrch. de Pau : F, de la vicomté.)

On ne vit point le vicomte de Limoges dans le cortège du prince. CMivier, menacé jusque dans ses manoirs d'être livré au duc de Bretagne par quelques chevaliers de Guyenne qui parcouraient le pays, prit la fuite quelques joars après, se dirigea vers Lyon, par l'Auvergne, passa a Genève et se Tendit sur sa terre d'Avesnes, dans Je HainauL La mauvaise fortune l'y attendait. Le marquis de Bade, irrité d'un vol commis dans ce pays par quelques-uns de ses gens, le fit arrêter. En vain Je duc de Bretagne fit offrir au marquis des Sommes .considérables, s'il lui livrait son prisonnier; celui-ci ne voulut traiter qu'avec le vicomte, qui acheta sa liberté trente mille écus d'or. Olivier,, pendant son séjour en Hainaut, épousa en secondes noces Jeaune de Lalain, dame de Quievrain 1 . Sa vie politique était finie : il n'avait trouvé de sympathies qu'auprès d'un très-petit nombre de familles dans sa vicomté de Limoges. Les Mortemart, les Rochechouart et Paul Audier, abbé de Saint-Martial, qui arrivait de Jérusalem avec un dessin du Saint-Sépulcre, modèje de celui dont il voulait doter son église, furent à peu près les seuls qui lui témoignèrent quelque affection 2 . r i i(<

La mort de €harles VJ, arrivée -un ab après que le vicomte eut quitté la vioomté qu'il ne éevajt plus revoir (4422), surexcita en - France le patriotisme qui devait .rétablir ta fortune: do Charles VIL La «nation réunit ses decr. nières forces pour finir cette guerre de cent ans qui avait fait tant de ruinés; pour rejeter de . l'autre côté. de. la,

1. 11 mourut, sans laisser d'enfants, le 24 septembre' 1433." ' ' '

2. Paul Audier descendait de .Pierre Audier, d'abord sénéchal du Limousin,, puk de la .tyarche, .Cette famille était ocigiuaire d'Angleterre. Barthelemi Audier fut un de ses membres les plus distingués; et' la souche des" seigneurs de la Chepelle-Moutmoreau, eu Périgord. Paul Audier, Abbé th Saint-Martial, fit construire uu calvaire près de Limoges, à une dislance d<* la ville égale à celle qui séparait à Jénwalem le <2*lvaire de la maison dp Pilate. , M ■ « . i : i \ «»;. >• t m \ . , ; ' î ;

Manche la race anglo-saxonne qui, appelée sur le continent par des traîtres et par des femmes, devait enfin se retirer vaincue par le bras d'une héroïne, sainte victime inspirée par la religion, aimant la France plus qu'ellemôme, quand les grands semblaient lui préférer les factions. L'Église prépara cette grande victoire et refit la patrie, comme elle avait refait la civilisation. A peine le dauphin s'appelait-il Charles VII, qu'Audier, abbé de Saint- Martial, et tout le clergé de la ville des saints, indiquèrent pour Tannée suivante la grande Ostension des reliques, qu'ils firent publier dans toute l'Aquitaine et dans le Nord. Ce grand et pieux spectacle annoncé au monde catholique émut peut-être le cœur de la vierge de Vaucouleurs. Quoi qu'il en soit, le clergé de Limoges crut dans la suite n'avoir pas été étranger à la noble mission de l'héroïne. La môme année aussi, les consuls de Saint-Léonard exposèrent au roi que leurs murailles n'étaient plus assez fortes pour soutenir de nouveaux combats, et lui demandèrent la permission de les réparer avec les matériaux du château de Noblac, détruit par les Anglais

J. Le château de Noblac, ancien fief de l'évèché de Limog-e?, était possédé, en 1277, par Aymeri Marcheys, d'une famille dont un des membres, Aymcrigot Mar»*''!, est sauvent cité dans les chroniques de Froissart.

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